ATTAQUE DE NANTES, SAMEDI 29 JUIN 1793...suite et fin

Publié le par culture

Le commandant Meuris -ferblantier dans le civil - et ses 500 hommes tiennent fermement le pont sur l'Erdre et ses abords, côté bourg de Nort ; cette position inexpugnable exaspère Jacques Cathelineau qui perd vainement des hommes, un temps précieux, des munitions, sans espoir de changement. Lorqu'une femme s'approche du Généralissime et lui annonce qu'il y a un gué, là-bas, plus haut, à deux kilomètres. Emmenant ses cavaliers, Cathelineau trouve le gué, passe l'Erdre, s'engage dans le chemin creux qui va l'amener dans le centre du bourg , dans le dos des soldats de Meuris.

 

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Les Gardes nationales opèrent une retraite accélérée qui s'apparente davantage à une fuite ; d'autant que le pont étant maintenant décongestionné l'Armée Catholique et Royale peut s'y engouffrer et prendre, elle aussi, la route de Nantes, dans le dos de ses adversaires.

C'est la ruée vers Nantes de l'Armée Catholique qui traverse les villages et hameaux sans rencontrer d'adversité : le Pas Chevalier, Grands Bois, le Houssay, le bourg de Sucé sur Erdre, le hameau de la Turbalière, les Chapelières. Elle se signe devant les croix rencontrés, passe le pont du ruisseau l'Hocmard, arrive à La Chapelle sur Erdre puis direction Nantes.......

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.....Les faubourgs de Nantes, le quartier Bel Air, la rue des Hauts Pavés où cette vieille maison (une des seules à subsister) voit passer cette Armée audacieuse qui vient montrer à ces patauds des villes de quel bois on se chauffe à la campagne, lorsque les libertés sont en péril !

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Au sud Charette est bloqué au Pont Rousseau que les habitants ont barré. Ce n'est pas par enthousiasme qu'ils se défendent mais Beysser, en charge de la défense de Nantes, et en accord avec le maire Baco de La Chapelle, n'a guère laissé de choix par son décret du 28 juin:  "Tout citoyen nantais est et demeurera soldat tant que durera le siège...

1-Tout citoyen, soldat ou officier qui aura abandonné son poste pour songer à sa propre sûreté sera puni de mort.

2-Tout soldat, citoyen, convaincu d'avoir, dans une affaire avec l'ennemi, abandonné ou jeté lâchement ses armes, sera puni de dix ans de fers.
3-Tout soldat trouvé endormi, en faction ou en vedette, dans les postes les plus près de l'ennemi, sera puni de mort. 

4-Il est expressément interdit à toute femme ou fille de paraître à la fenêtre dans les moments d'alarme et de troubler les citoyens par ses cris ; et si, à la troisième injonction, elle n'obéit pas, il est ordonné de faire feu sur elle."

Au nord Fleuriot de la Freulière, second de Bonchamps, sur la route de Paris, est arrivé en face de la maison saint Clément, ancien Grand séminaire, maison de rétention des prêtres réfractaires ou qui, âgés, n'ont pu s'exiler.En vue la cathédrale et juste avant, la colonne sur laquelle il n'y a pas encore la statue de Louis XVI. Ils sont  presque au centre: "On a gagné!"

 

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Philippe de La Trémoïlle, prince de Talmont, accompagné de Stofflet, est chargé de la route de Vannes (au départ de la rue Félibien vers Savenay), Cathelineau, secondé par Maurice Gigost d'Elbée, s'approche de la place des Agriculteurs, saute de cheval (il en a déjà eu deux de tués sous lui) et se met à la tête de 300 hommes pour prendre ce poste défendu par le 109ème, après lequel s'ouvre la ville, sa municipalité ses provisions, son image forte. La Victoire !

De sa fenêtre un cordonnier guette à sa fenêtre, ajuste celui qu'il pense, hélas avec raison, être le chef tire et atteint Jacques Cathelineau qui s'effondre sous la violence du choc.

 

 

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Certains parlent d'une blessure au coude ; ce qui est certain est que Jacques Cathelineau n'a été que blessé, et que l'on ne peut, sur l'instant, parler de blessure mortelle. Le terme de grièvement est plus approprié.La balle se serait plutôt logée dans la cavité entre l'humérus et l'omoplate, d'où l'impossibilté de l'extraire ; la gangrène serait l'explication de la mort du grand Jacques dans seize jours.

Les huit heures perdues à Nort sur Erdre, la fatigue supplémentaire s'ensuivant, le rythme qu'il a fallu mener pour essayer de rattraper le temps perdu, sont peut-être les raisons d'un bref moment d'inattention, défaut de vigilance.

Toujours est-il que Cathelineau est blessé, ses hommes vont le ramener à Saint Florent le Vieil, toute l'Armée Catholique, si près du but, fait retraite.

L'erreur de Talmont et de Stofflet a peut-être été de ne pas laisser d'issue de secours en barrant la route de Vannes ? De toutes les façons les citoyens nantais n'avaient pas d'autre choix que de se battre; Baco recevra une balle dans la cuisse, Canclaux aura très chaud.

L'erreur fondamentale a surtout été d'adresser un ultimatum avec 6 jours de réflexion au lieu de quelques heures, laissant à Baco, Beysser et  Canclaux, le temps de prendre des initiatives pour la défense de Nantes. Dommage que la brave femme de Nort sur Erdre n'ait pas révélé plus tôt le passage du gué... si...,si...,si...

Ce pélerinage a été réalisé en temps et en heure par le seul Souvenir Chouan de Bretagne.

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