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LE JOURNAL LE TÉLÉGRAMME ET SA VUE DE CARRIER ET DES NOYADES.

Publié le par culture

LE JOURNAL  LE TÉLÉGRAMME  ET SA VUE DE CARRIER ET DES NOYADES.

Le journal Le Télégramme a publié dernièrement un article sur Carrier, agrémenté d’un tableau réalisé par Joseph Aubert en 1880-1881 (à une époque où on assiste à une nouvelle poussée de la gauche) et déposé au musée d’Art et d’Histoire de Cholet. Ce musée est à visiter si vous ne le connaissez pas car il contient des pièces très émouvantes. J’ai en mémoire ces fameux bâtons ferrés ou munis de faux emmanchés à l’envers ; sur ces bâtons des encoches comptabilisent le nombre de victimes Bleus. Un aide-mémoire pour demander une quelconque aide pécuniaire dans des temps meilleurs ?

S’il y aura des temps meilleurs rares seront les aides pécuniaires ou la reconnaissance par la royauté restaurée envers ceux qui se sont battus pour elle.

Cet article du Télégramme est loin d’être parfait ; il a au moins le mérite d’évoquer une période dont le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle est très mal connue. Quant elle n’est pas travestie. Pour certains politicards elle fait partie des « valeurs de la république ».

Le journaliste évoque « les brigands opposés à la révolution » ce qui n’est pas exact car les réformes avaient été bien acceptées par les régions soulevées contre la révolution ; l’assassinat du Roi n’avait déclenché aucune réaction. Ce sont les persécutions religieuses associées à la conscription des 300.000 qui mirent le feu aux poudres. Mais les prisons étaient déjà bien remplies des opposants au système et ce « remplissage » avait commencé alors que Louis XVI, qui n’est plus de la monarchie absolue mais de la monarchie constitutionnelle, règnait encore.

Carrier, arrivé à Nantes début  Octobre, repartit aussitôt sur le théâtre des opérations sur le front vendéen et ne reviendra qu’après la défaite des Blancs à Cholet ; Son nom est signalé pour la première fois à la date du 30 octobre dans le registre des délibérations du Conseil général de la commune dirigé par Renard, municipalité nouvellement désignée au premier passage du Représentant en mission début octobre alors qu’il arrivait de Rennes.

Ce n’est pas Carrier qui décide du regroupement des prisonniers mais la municipalité de Renard par « principe d’humanité…… » pour les habitants (soulignement SCB).

Un plan est prévu pour regrouper dans un lieu unique, vaste, à la limite de la ville : l’Entrepôt des cafés, dont un tiers appartient à Mathurin Crucy (sauveur des gisants de François II et Marguerite de Foix qui sont installés depuis 1817 dans la cathédrale) (les deux autres tiers à Mellinet et Duparc).

Cet entrepôt est réquisitionné fin septembre début octobre (avant l’arrivée de Carrier, donc) ; le 16 octobre le garde-magasin, Dumay, demande un délai pour évacuer 4 millions de Livres de café. Ce qui sera fait le 20 et l’on dirige vers ce lieu les prisonniers du château, des Saintes Claires, de la maison Saint Clément, des Capucins, du Bon Pasteur, du couvent du Calvaire, du couvent de la Visitation, du Bouffay. Le tribunal criminel révolutionnaire (dirigé par le criminel Phélippes Tronjolly qui se refera une belle virginité  lors du procès Carrier) créera une série d’interdictions, qui vont permettent de remplir de nouveau ces prisons qui déborderont après Savenay, sur décret signé par Carrier et Francastel (le vrai inventeur des noyades à Angers) le 1er novembre.

Mais le peuplement premier des prisons nantaises est uniquement le fait d’autochtones, religieux ou non, nobles ou non, majoritairement du peuple, paysans, artisans, mal pensants généralement à l’égard du nouveau pouvoir qui s’installe par le vol, le crime et la spoliation.

Quand l’historien de service assimile les brigands aux terroristes de maintenant la comparaison exacte, relevée par le docteur en Histoire Thierry Trimoreau, correspond à celle des loups qui étaient nombreux et qu’il fallait détruire ainsi que leurs portées ; actuellement on ne détruit pas les portées de terroristes déjà que pour ces derniers….

Lorsque le journaliste écrit que « prêtres réfractaires ayant refusé de faire allégeance à la nouvelle république » cela est faux ; ces prêtres n’avaient pas refusé de faire allégeance mais ils refusaient de prêter le serment à la constitution civile du clergé qui les coupait du Pape et limitait leur pouvoir de prêtres, ce qui est totalement différent.

Le nombre des victimes des noyades, fusillades, guillotine tourne, rien qu’à Nantes autour de 20 mille personnes dont  6 à 7 ou 8 mille pour les noyades.

Lorsque le journaliste cite « quelques voix commencent à s’élever contre les méthodes du proconsul » cela est totalement faux ; l’erreur fatale de Carrier est l’expédition à Nantes de 132 nantais pour être jugés par le tribunal de Fouquier-Tinville qui ne fera rien, demandera des éclaircissements au Comité nantais bien incapable de fournir la moindre preuve contre ceux qui, partis à 132, ne sont plus que 92.

En effet Carrier a été rappelé à Paris sur sa demande se disant fatigué mais aussi pour suivre son affaire des 132 Nantais. Un Représentant en mission n'est pas libre de ses mouvements en dehors du secteur attribué. Arrivé à Paris il est applaudi par ses collègues de la Convention qui le nomment Secrétaire ; il y a pire comme condamnation.

Lors de la chute de Robespierre il a un pied dans les deux camps et se retrouve dans le bon lors de Thermidor et rien ne change pour lui. L'instruction du procès des 132, qui ne sont plus que 92 marque le début de la fin pour lui ; les Nantais se retournent non contre Carrier mais contre les membres du Comité révolutionnaire de Nantes qui se retournent à ce moment contre le Représentant en mission.

Lors de l'instruction le député Charles Dupuis de Seine et Oise clamera :"Ce serait se tromper étrangement que de s'obstiner à voir dans Carrier un patriote persécuté par l'aristocratie.../... au lieu d'y voir un des agents les plus forcenés de la conspiration des rois de l'Europe.../...Je n'y vois plus qu'un agent de la contre-révolution".

Carrier va se retrouver dans la posture de celui qui est accablé de tous les vices, tares, perversités de  nombre de membres de la Convention dont Fouché ou cette canaille de Barère. Beaucoup trépignent encore en vociférant son nom alors qu'il n'est pas le pire ; mais il faut que la Convention, qui va devenir Directoire, avec sensiblement les mêmes individus, se blanchisse et Carrier va payer. Il n'a été qu'un fonctionnaire serve et sans états d'âme comme Fouquier.

Il sera supprimé le 16 décembre 1794 avec Pinard et Grandmaison ; 3 sur 33 accusés aussi coupables que lui.

Plus tard ce sera le tour de Fouquier-Tinville et puis plus tard Gracchus Babeuf, l'idiot utile qui avait écrit un violent pamphlet contre lui, sous la pression de Fouché.

On a supprimé trois « méchants », l’honneur est sauf, la Convention est toute pure. Et c’est cela qui continue à être propagé !

Enfin parler d'épisode sanglant pour des noyades qui ne le furent pas laisse à désirer.

 

 

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BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE

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BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE

A Condac, près de Ruffec en Charente, en mars 1442 le dauphin Louis, âgé de 19 ans,  est, en compagnie de son père le roi Charles VII et de quelques hommes de la Cour, sur une barque qui glisse sur la Charente lorsque tout à coup, à une écluse d’un moulin celle-ci, prise par le courant, chavire. La situation est désespérée. Le Dauphin Louis se souvient, au moment où il va se noyer,  de la dévotion que sa mère, Marie d’Anjou sœur du Roi René, portait à  la Vierge Marie, Notre Dame de Béhuard, Vierge à l’Enfant, et l’implore.

Ils furent tous rejetés sur la berge, sauvés de la noyade.

 

Toute cette région d’Anjou avait été évangélisée par (le futur saint) Maurille, disciple de Saint Martin, et ce qui était un temple païen, en l’honneur de Gaïa la déesse mère, avait été christianisé par lui et dédié à la Sainte Vierge à la suite du Concile de Nicée (431) reconnaissant la Vierge comme Mère de Dieu. Maurille avait installé là une statue de la Vierge à l'Enfant, sur la pointe du rocher émergeant de l' île entre deux bras de la Loire au sud-ouest d’Angers.

Vers le milieu du XIème siècle toutes ces terres appartenaient à Geoffroy Martel comte d’Anjou qui en fit don à un de ses chevaliers, breton, pour les bons services rendus, un nommé Buhard. A la mort du comte Geoffroy Buhard en fit don à l’abbaye Saint Nicolas d’Angers.

Notre-Dame de Buhard, dont le nom est devenu Béhuard, est la madone des mariniers de Loire, profession très active en ce temps là.

 

La renommée va venir avec la reconnaissance du Dauphin Louis, devenu Louis XI à la mort de son père et de son élévation sur le Trône. Le roi va tenir la promesse que le Dauphin avait faite d’ériger à sa salvatrice un sanctuaire, à la place du petit oratoire de Maurille, en reconnaissance de son sauvetage.

En 1462 il fait un premier voyage à Béhuard ; en 1469 il lance le chantier de construction de l’église que nous pouvons admirer maintenant, le chantier sera terminé en 1482 (ou 1472).

Roi prévoyant – gouverner c’est prévoir disait Adolphe Thiers – pressentant le réchauffement climatique et la fonte des pôles à venir ( C'est évidemment une boutade), il fait construire l’édifice sur la hauteur du rocher que ceinture l’église ; elle est simple mais de toute beauté dans sa simplicité et inatteignable par les inondations souvent violentes (près de 7 mètres en 1910).

 

Louis XI est venu plus de 20 fois à Béhuard où il logeait dans ce qui est toujours appelé le « Logis du Roy ». Il vint supplier, en 1470, la Vierge de lui donner un fils ; ce sera le futur Charles VIII. Il a offert une cloche qui est installée dans le chœur ; elle sonne un mi-bémol.

Cette église, enchâssée pour partie dans le rocher qui sert de mur en un endroit, n’a pas souffert des Guerres de religion (lorsque les catholiques détruisaient leurs églises – encore une boutade) ni de la révolution, ce qui est étonnant. Ou alors elle a bénéficié d’une protection divine ou plutôt mariale ?

Elle trône sur son rocher, à l’abri des crues. Ses voûtes sont en bois, en forme de coques de navire inversées et parsemées des lys d’Anjou. L’époque n’était pas déjà sûre : à preuve le tronc pour recueillir les offrandes, en cœur de chêne, est ferré !

Monseigneur Freppel a relancé l’activité cultuelle dès 1873.

Le Pape Pie XI a autorisé le couronnement de la statue de la Vierge en 1923.

 

Chaque 15 août réunit plus de mille personnes, cette église est ouverte tout le temps et la messe y est célébrée régulièrement, samedi, dimanche. Ce lieu n’est pas neutre.

Elle présente la particularité que la nef perpendiculaire la plus importante n’est pas la nef principale qui est dans l’axe de l’autel, laquelle est surmontée d’une tribune qui était le lieu où s’installaient les moines puis les chanoines. Outre la Saint Vierge qui trône en majesté on voit, accrochés en sa proximité, des fers de galériens dont le petit, et très bien fait, livret de visite nous dit qu’ils sont un ex-voto de prisonniers chrétiens, de la même facture que les fers utilisés par les pirates en méditerranée ; mais pas un mot de l’ethnie de ces pirates et de leurs cibles privilégiés : les chrétiens !

Cette église est appelée à tort chapelle alors qu'elle a été consacrée (ce qui n'est pas le cas d'une chapelle en général bénie) et contient la Présence réelle.

Ce lieu marial, beau par sa simplicité, fut une belle découverte en ce jour où nous avons fêté la Nativité de la Sainte Vierge, Patronne principale de notre pauvre France.

 

 

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