JEUDI 21 JUIN 1792

Publié le par culture

TUILERIES-ATTAQUE-DU-20-JUIN-1792.jpgCe matin, les gazettes racontent l'attaque subie, hier 20 juin, par le palais des Tuileries. Une populace souvent avinée s'est ruée de bonne heure sur le palais royal. Les Gardes nationales désarment les Suisses de garde, la horde plébéienne envahit rapidement l'intérieur de la demeure royale. Elle se précipite sur le Roi qui aura le réflexe de se jucher sur un coffre dans un coin de ses appartements. Réfugiée dans la chambre de son fils, la Reine est protégée des furies par une table que des gardes dressent en barrage.

Le couple royal va subir pendant des heures les insultes et les lazzis de cette lie des faubourgs, en particulier Saint-Antoine, menée là par Westermann et l'ignoble brasseur Santerre.

Nul respect pour les personnes, nul respect pour la fonction royale, ne parlons même pas des lieux, rien ne peut tempérer l'audace et l'irrespect de ces envahisseurs dignes descendants des Huns. Un an, jour pour jour, après l'échec de l'évasion stoppée à Varennes, la famille royale entame son calvaire, face à des individus sans foi ni loi.

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On tendra, au bout d'une pique, un bonnet phrygien à Louis XVI, en le forçant à s'en coiffer. Il y ajoutera une cocarde tricolore, pour bien démontrer sa bonne volonté et surtout calmer ces furieux afin de préserver sa famille.

Humilié, lui le Roi de droit divin, il en imposera à la populace que Pétion fera partir sur le coup des dix heures du soir.

A l'origine de cette invasion, la tentative de faire plier le Roi  sur les vétos qu'il a opposés aux derniers décrets concernant les prêtres réfractaires et pour le faire revenir sur sa décision d'exclusion  des ministres girondins chassés le 18 juin.

Inflexible, en imposant malgré tout, cette semi-victoire de Louis XVI n'est que provisoire. Il ne le présage pas. Ce crime de lèse-majesté n'est que la répétition d'une invasion qui aura lieu, et réussira, moins de deux mois plus tard.

Il aurait pu abdiquer de ses fonctions royales ; ce n'est pas dans sa conception de son rôle.

Et pourtant, sur le plan de l'exécutif, il n'a plus aucun pouvoir. Déstabilisé par des mois de campagne haineuse, il n'est plus que Monsieur Véto.

Ce qui est curieux: Robespierre n'est pas d'accord pour ces mesures vexatoires !

 

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