CHARETTE : 24 MARS 1796, son deuxième jour de prisonnier.

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CHARETTE : 24 MARS 1796, son deuxième jour de prisonnier.

Lorsque l’annonce de l’arrestation de Charette fut connue à Paris, les spectacles furent interrompus par cette stupéfiante nouvelle. C’est dire la notoriété du Rebelle !

Jeudi Saint 24 mars, François Athanase Charette est conduit à Angers. Beaucoup de monde pour voir ce « brigand » pour les « Patauds » et ce Chef incomparable pour la grande majorité. Sur sa veste un crucifix, sa Croix de saint Louis et trois fleurs de lys brodées.

Il y a un an les gazettes avaient parlé de lui, et de son glorieux défilé dans la ville républico-bourgeoise de Nantes où il avait été follement acclamé. Avec le Traité de La Jaunaye l’étranglement de la ville allait enfin cesser et les affaires allaient pouvoir reprendre. Mais le Traité de La Jaunaye ne fut pas respecté.

Le Chevalier est toujours dans le même état pitoyable qu’hier ; simplement la boue et le sang ont séché. La marche est difficile ; ses membres sont ankylosés par le froid, l’humidité et les blessures. La route est longue jusqu’à Angers. S’il y eut des étapes faites à pied, il est beaucoup plus réaliste de penser qu’une partie fut faite avec des moyens équestres.

Hoche, le chef de l’Armée des Côtes de l’Océan est absent et c’est son chef d’Etat-major, Gabriel comte de Hédouville, qui attend le Général britto-vendéen à son Quartier-Général, l’hôtel de Lantivy (construit par le plus célèbre architecte angevin de l’époque Michel Bardoul de La Bigottière en 1785, les nombreuses boiseries intérieures étant sculptées par Pierre-Louis David - le père du futur David d'Angers - qui avait été sauvé à Saint Florent le Viel par le « Pardon de Bonchamp).

Le Comte renégat traite son prisonnier avec humanité. Il va même faire servir un dîner en son honneur et les invités Travot, Grigny, Valentin semblent fascinés par l’homme de conviction qui, malgré les souffrances et son état de prisonnier, se comporte dignement et est même enjoué. Lorsque Grigny lui dit : « Nous ne croyions pas, Général, que vous vous laisseriez prendre vivant » Charette lui répond simplement : « Ma religion, monsieur, m'interdit le suicide. Je ne tarderai pas, d'ailleurs, à vous montrer que je ne crains pas la mort ».