NOËL 2015...................NOËL 1795

Publié le par culture

NOËL  2015...................NOËL 1795

Noël 2015. Un culte catholique sous haute surveillance avec policiers ou militaires ou gendarmes devant certaines églises ; à l'intérieur d'autres, des volontaires assurant une pacifique suveillance non pour empêcher les fidèles de venir assister  aux cérémonies en l'honneur de la Nativité de Jésus (et rendre hommage à sa sainte Mère...le comble pour une religion que certains illettrés, à l'anti catholicisme primaire, voudraient faire passer pour mysogine !) mais pour dissuader d'éventuels perturbateurs. Voire des Migrants pas très catholiques venant chercher asile.

Noël 1795 dans l'Aisne.

Ce n'est pas un migrant qui est exécuté en ce lendemain de Noël. Mais un prêtre : L'abbé Louis Dantheny, né en 1734 à Brissy près de La Fère en Tardenois dans l'Aisne et chanoine de la cathédrale de Laon. N'ayant pas prêté serment, il est parti pour la Belgique puis lors de l'invasion de celle-ci par les révolutionnaires pour l'Outre-mer.

Il rentre en France après l'accident mortel subi par Robespierre.

Il est arrêté le matin du mercredi 23 décembre, en compagnie de son confrère et ami l'abbé Carton (ou Caron) au village de Sons près de la ville de Marle à 25 Km de Laon; il fait encore nuit noire et les deux prêtres viennent de confesser et de donner la communion en particulier à des enfants, en cette avant-veille de Noël. 

Ils sont traînés à Laon et enfermés en prison."Jugé" pendant plus d'un jour, dépouillé de tous ses pauvres biens (sa montre, ses habits, bas, chaussures et le peu d'argent qu'il avait sur lui) on lui donne de vieux habits troués et une paire de sabots usés. Le samedi 26 décembre 1795 il est condamné à mort pour ne pas avoir prêté le serment et comme émigré rentré ; l'abbé Danteny, un saint prêtre et Confesseur de la Foi est guillotiné le même jour  à 5 heures et demie du soir, en la fête de saint Etienne (le premier martyr chrétien lapidé par les Juifs),  sur la place devant l'église Notre Dame de Liesse dont il était le chapelain, après avoir embrassé le bourreau.Il avait 61 ans.

Son corps fut porté à la fosse commune. La nuit venue des femmes vinrent exhumer le corps du supplicié et lui donnèrent une vraie sépulture. Ces femmes, qui étaient d'anciennes religieuses dont l'abbé Danteny était le chapelain, recueillirent sa tête et la déposèrent dans leur chapelle lorsque les temps furent redevenus normaux.

Lorsqu'est évoqué le Directoire du 26 octobre 1795,  certains imaginent une époque sereine. Pas du tout ; la persécution religieuse va repartir de plus belle. Onze prêtres sont morts à Brouage depuis le 15 novembre: L'abbé François-Jean Four, de Rodez, 41 ans ; l'abbé Jean-Pierre Chassaigne, de Clermont-Ferrand, 41 ans ; l'abbé François Maret, de Clermont-Ferrand, 51 ans ; le Père Antoine Audinet, de Tulle, 55 ans ;  l'abbé Antoine Ménadier, de Clermont-Ferrand, 46 ans ; le Père Pierre Volpellier, de Mende, 50 ans ; l'abbé Pierre Lagier, de Tulle, 51 ans ; l'abbé Etienne-Bernard Viot, de Dijon, 31 ans ; le Père Jean-Bernard Pyrent, de Clermont-Ferrand, 58 ans ; l'abbé Leonard Marchat, de Tulle, 53 ans ; l'abbé Jean-Bernard Baduel, de Périgueux, 53 ans.

Noël 1795 à Vannes.

En ce 24 décembre 1795, entre neuf et dix heures du soir, Pierre-René Rogue , né à Vannes , le 11 juin 1758, ancien supérieur du séminaire du Mené, prêtre de la Mission de Saint Vincent de Paul, réfractaire, porte la communion à un malade, en cette veille de Noël. A hauteur du numéro 9 de l'actuelle rue Burgault, à côté de la cathédrale de Vannes, accompagné d'un fidèle, ils sont suivis depuis quelques temps par deux hommes connus pour leurs opinions politiques et anti religieuses exaltées ; un peu avant la maison, il dit à la personne qui l'accompagnait d'entrer , lui continuerait son chemin pour ne pas inquiéter la famille du mourant. 

Les misérables, même pas requis par le pouvoir politique, qui le suivaient, l'arrêtent. L'un des deux lui devait tout, ainsi que ses enfants et sa famille qui avait fait l'objet de bienfaits de la maman du Père Pierre-René Rogue. Ce dernier est emmené au Département, ancien évêché disparu il y a des lustres. Les délateurs demandent aux citoyens de garde d'emprisonner le prêtre ; ceux-ci refusent car ils ne sont pas gendarmes et, de plus, certains sont d'anciens élèves ou condisciples.

Les "justiciers" vont chercher les gendarmes pour officialiser l'arrestation ; pendant ce temps les gardiens encouragent le Père Rogue à s'enfuir, ce qu'il refuse de faire pour ne pas mettre leur vie en péril. Le Père Rogue est enfermé dans une des tours de la Porte-prison.

C'est le début du calvaire du prêtre dévoué auprès des plus pauvres.