21 JANVIER 1793 IL Y A 220 ANS...

Publié le par culture

10 H 22: L'irréparable a été commis, le Roi de France a été exécuté.

Après un jugement, qui n'a de jugement que le nom, Louis XVI a été guillotiné par haine de la Royauté, pour ce qu'il était - le principe de la Royauté de Droit divin incarné - pour ce qu'il avait été: le Roi de France, le dernier - provisoirement - d'une longue lignée qui a fait la France dont la révolution va saper les valeurs, mentales, humaines, sprituelles, immobilières, religieuses.

Dans le Larousse, comme dans le Robert, la définition du mot jugement est: Action de juger une affaire selon le Droit ; décision rendue par un tribunal. Les lecteurs assidus de ce Blog ont suivi la détérioration du climat mental depuis mars 1792 et politique, en particulier depuis le 10 août. Agression osée et sans résultat le 20 juin, réussie le 10 août par l'attaque et la Prise des Tuleries et le massacre de ses défenseurs qui vont devenir - par une manipulation dialectique extraordinaire et osée - les agresseurs du peuple parisien, les révolutionnaires en général, et pas seulement Danton et Barère, poussent l'audace jusqu'à en éprouver la résistance... qui n'existe plus.

Un comportement d'Enragés que nous appellerions voyous maintenant et dont les noms constitueraient un  curieux générique entre les députés prévaricateurs de la Convention, les rémunérés par les anglais, les menteurs de toutes époques qu'ils s'appellent Barère, Mamaire, ou leveur du doigt majeur à la Chambre des députés.

De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace de Danton, sont des paroles du 2 septembre qui vont faire germer l'idée de détruire le Roi qui, au soir du 10 août a été - seulement - suspendu de ses fonctions. Notons que Robespierre n'est pas encore sur le devant de la scène sur laquelle il fait des apparitions.

Le 3 décembre 1792, Maximilien de Robespierre, figure de proue des Montagnards, sorti de l'ombre, a prononcé un célèbre discours influençant  fortement la décision finale. Il estime en effet que seule la mort du roi peut assurer la légitimité de la Révolution et lui permettre de continuer. Ce dicours d'une grande violence illustre bien le radicalisme de Robespierre, qui s'exprimera ensuite dans les mesures prises par le comité de Salut public. Il accuse le principe royal et, chose stupéfiante pour les Girondins, qui sont à l'origine de la déstabilisation de la Royauté, la possibilité de faire oeuvre de salubrité:" Il n' y a  point ici de procès à faire, Louis n'est point un accusé et vous n'êtes point des juges. Vous êtes des hommes d'Etat et les représentants de la nation. Vous n'avez point à rendre une sentence contre un homme mais une mesure de salut publique à prendre, un acte de providence à exercer".

L'Assemblée n'est pas composée de grands courageux. Quelques uns réfuteront, à juste titre, la légalité de la Convention à juger Louis XVI. Mais, à part quelques uns qui s'opposeront, la majorité sera serve. Beaucoup en perdront la tête.

Voilà tout le développement des faits qui ont mené à ce 21 janvier 1793. Si cet acte était jugé nécessaire par les révolutionnaires pour son signe "fondateur", il n'était pas nécessaire pour la population de la France ; en effet si on a essayé et réussi l'exécution de l'opposant principal à la révolution, qu'en sera-t-il donc pour les autres ?

Ce matin, le Roi s'est fait réveiller par le fidèle Cléry à 5 h. L'abbé Edgeworth de Firmont lui a célébré la messe, durant laquelle Louis XVI est resté agenouillé. Nous verrons, dans La Revue de juin, ces ornements témoins de cet épisode particulier de l'Histoire de France. Puis Santerre est venu le chercher.

 Avant de sortir de son logement, Louis XVI demande à un des conventionnels, Jacques Roux prêtre défroqué de bien vouloir remettre une lettre à  sa femme (la Reine) lequel répondit avec cette "rare élégance" que certains avaient d'en rajouter à la peine de mort:"Je suis ici pour vous conduire à la guillotine et non pour faire vos commisssions"!

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Après un dernier regard vers la Tour où sa chère famille était enfermée - et qu'il n'avait pas voulu revoir, malgré ses promesses de la veille, afin de ne pas ajouter à la douleur de la séparation - il monte dans le carrosse vert du maire de Paris. Il est 9 heures. Arrivé, un peu après 10 Heures au pied de l'échafaud, Sanson lui coupe les cheveux et lui attache les mains dans le dos avec son mouchoir.

Une fois la sentance exécutée, le corps du Roi fut mis dans un cercueil sans couvercle et emmené à l'église de la Madeleine pour une brève cérémonie célébrée par les prêtres constitutionnels Renard et Damoureau. Puis, après une bénédiction au cimetière célébrée par l'abbé Damoureau, le cercueil fut descendu dans une fosse, sur un fort lit de chaux vive ; on en mit ensuite sur le corps que l'on recouvrit de terre humide (pour faire agir la chaux vive).

A la Convention Robespierre fit une proclamation: "

Citoyens, que ce grand attentat, qui doit être un dernier coup porté par nos ennemis, et qui doit retourner contre la tyrannie, ne

soit point une occasion de violer les principes de la liberté par un excès de zèle

".

 

Mais cette proclamation ne s'adressait non  

à Louis XVI mais à Lepeletier de Saint Fargeau, conventionnel régicide,  victime d'un coup d'épée donné par le chevalier Pâris, un ancien garde du corps du Roi.



 

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