11 MARS 1793 : DANS L'OUEST, C' EST PARTI !

Publié le par culture

L-ANGLE-St-Etienne--2-.jpgA Savenay la population s'est soulevée pour manifester son désaccord avec la conscription et la relance de la chasse aux bons prêtres. Quatre gendarmes et deux employés du fisc y ont laissé la vie. A Héric, le peuple en fureur a obligé la gendarmerie et le curé constitutionnel à prendre la fuite.

Devant ce portail, au château de l'Angle à Saint Etienne de Montluc, des centaines d'habitants du pays (de 22 communes) viennent demander à Jacques-Aubin Gaudin de La Bérillais - de vieille noblesse - de se mettre à leur tête pour aller attaquer Nantes.

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Âgé de bientôt soixante ans, ayant brillamment participé à "la Guerre aux Amériques" ce noble n'aime pas les soulèvements populaires ; il n'aime pas la Révolution, il l'exècre mais il est pour une certaine légalité. Dans la chapelle (restaurée en 1853) de son domaine les prêtres se succèdent pour dire la messe devant une assemblée compacte.
Il a été un proche d'Armand Ruffin, marquis de La Rouërie ; depuis le décès de ce dernier, Jacques Gaudin ne demande qu'à vivre en paix, qu'on lui "fiche la paix".
Il n'est pas question de marcher sur Nantes ; pour lui la diplomatie est de mise : il se pose en conciliateur devant le Directoire du département (l'équivalent du Conseil Général actuel). Il faut que la Convention comprenne que le peuple veut le respect de ses libertés y compris la Liberté religieuse, ne veut pas de la conscription, ou alors pour tous, y compris les bourgeois et autres exemptés ; et surtout une baisse des impôts qui sont devenus insupportables. Enfin, parmi les 13 articles proposés: tous auront la liberté de penser et de dire.
Jacques Gaudin signe ce manifeste qui sera quelques jours plus tard sur le bureau de Gensonné à la Convention.
Au grand rassemblement, dont il a fini par accepter de prendre la tête, au peuple qui crie : "Vive le Roi" il oppose un : "Vive la Loi".
A la mairie de Saint Etienne de Montluc, il signe un acte de conciliation aux côtés du maire et des conseillers municipaux. Pour lui c'est un acte officiel de refus du soulèvement.
En haut lieu cet acte ne sera pas interprété comme lui l'a pensé.
Il ne présage pas de la félonie qui l'attend ni du fait qu'il ne profitera que 4 jours de ses soixante ans.
En ces journées du 10 - 11 mars et suivantes, l'Ouest, après le Velay et le Languedoc s'embrase. Nul ne peut présager, il y a 220 ans, des horreurs qui vont être le fait d'un Etat tout puissant et implacable dans l'application de ses lois, imposées par des individus imbus de leur pouvoir politique et de nuisance, sans aucun scrupule. Au nom d'une représentativité qu'il n'a pas : en terme de pourcentage électoral la Convention est peut-être légale, mais elle est illégitime !
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