IL Y A 220 ANS PRECISEMENT

Publié le par culture

9 avril 1795, Ruche 20 germinal an III

A la Convention : Décret qui suspend l’exécution du décret d’accusation rendu contre le Représentant Julien de Toulouse.

Un décret de plus dans une Convention qui légifère à tour de bras surtout en cette période post-9 thermidor dans un climat tellement antirobespierriste que 220 ans après il en est suspect. Tout cela sent bon ce que les Italiens appellent les opérations « Manu pulite », et les narco trafiquants ou hommes politiques : « Blanchiment » non d’argent (quoique !) mais de crimes.

Ce même 20 germinal, un autre Décret intéressant :

Décret qui ordonne le désarmement de ceux qui ont participé aux horreurs commises sous la tyrannie qui a précédé le 9 thermidor.

Ce Décret vise encore les principaux agitateurs, d’humeur robespierriste, qui ont cherché à attaquer la Convention le 1er avril le tout manipulé par quelques Muscadins provocateurs.

Les thermidoriens sont-ils dantonistes ? Oui et le nom du tribun raccourci démocratiquement il y a un an, le 5 avril 1794 (16 germinal an II) revient dans le procès de Fouquier-Tinville qui se déroule en ce moment même au tribunal criminel révolutionnaire (modifié par la loi du 28 décembre 1794). Mais siègent près d’eux, encore, les durs de la Terreur (Barère, Collot d’Herbois, Billaud de Varennes, Vadier, en voie d’élimination), les députés du Marais (Centre) et les 95 Girondins qui ont survécu aux grandes purges robespierristes passées.

Si dans le prétoire, Fouquier de Tinville doit répondre de ses crimes en particulier dans l’opération de la conspiration des prisons, Barère son complice dans cette affaire va devoir répondre devant ses collègues conventionnels lui évitant un procès désagréable, autant pour lui que pour ses comparses élus et juges d’un instant.

Le premier Décret cité dans cet article est très intéressant. Il prononce ce que maintenant nous appelons « La relaxe »., l’amnistie en quelque sorte.

Or qui est Jean Julien dit Julien de Toulouse ?

Ancien pasteur protestant à Toulouse, il est élu, en septembre 1792, député du département de la Haute-Garonneà la Convention nationale ; il vote la mort du Roi. Montagnard, Julien devint membre du Comité de sûreté générale ; opportuniste toujours dans le bon sens du vent il fut arrêté comme coupable de faux, spéculation et corruption dans l'affaire de la Compagnie des Indes de Lorient avec ses complices Fabre d'Eglantine, Chabot, Basire et Delaunay (exécutés le 5 avril 1794 amalgamés aux dantonistes),. Julien parvint à s’évader, fut décrété d’accusation, et hors de la loi. La fouille pratiquée à son domicile permit de découvrir beaucoup d’argent.

Après la chute de l’Incorruptible il réclama son retour en grâce se déclarant victime des robespierristes à cause de sa haine pour Robespierre (ce qui est un parfait mensonge mais jamais qu’un de plus dans le système); la Convention l’amnistia il y a 220 ans précisément.

Dans l’affaire de corruption et de détournement lors de la liquidation de la Compagnie des Indes, il fut le seul à échapper à la guillotine. Le banquier véreux Proly, malgré ses appuis dans les milieux homosexuels, n’y arriva pas. Qui protégea Julien ?

Pendant ce temps, en Angleterre, Joseph de Puisaye reçut par William Pitt junior, Premier ministre anglais, est arrivé à le convaincre de fournir la logistique pour le transport des Emigrés en France dans le but de renverser la Convention. Puisaye, ayant appris les moments d’incertitude que traverse l’Assemblée conventionnelle a-t-il pensé que l’heure avait sonné ?

En Bretagne, Georges Cadoudal, suivi de quelques rares, montre, avec obstination et clairvoyance, son hostilité à tout Traité avec la République.

 

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