Comme il le fait depuis plusieurs années notre fidèle Marc, Membre du Souvenir Chouan de Bretagne, a déposé à 12 H 15 un bouquet automnal et des oeillets blancs à proximité de l'endroit où se dressait la sinistre guillotine, en ce matin du dimanche 16 octobre 1793, qui mit fin à la vie de la Reine Marie-Antoinette de Lorraine d'Autriche.
-Juge : Martial-Joseph Armand Herman, Il présidera le Tribunal lors des jugements des Girondins, puis des Hébertistes puis des Dantonistes. Guillotiné le 7 mai 1795 à l'âge de 36 ans.
-Juge assistant : Marie-Joseph Emmanuel Lanne. Guillotiné à l'âge de 33 ans.
-Juge assistant : Etienne Foucault guillotiné en mai 1795 à l'âge de 55 ans.
-Fouquier-Tinville, Procureur sanguinaire, prévaricateur, guillotiné le 7 mai 1795.
12 jurés acquis à la condamnation à mort et une assemblée peu flatteuse pour un acte de justice.
Les avocats de la Reine, qui avaient été arrêtés, font valoir l'inanité des faits et le manque de preuves des accusations.
Fouquier-Tinville dans son réquisitoire ne retient que quatre accusations.
- Il est constant qu'il ait existé des manœuvres et des intelligences avec les puissances étrangères et autres ennemis extérieurs de la république, lesdites manœuvres et des intelligences tendant à leur fournir des secours en argent, à leur donner l'entrée du territoire français et à leur faciliter le progrès des armes.
- Marie-Antoinette d'Autriche est convaincue d'avoir coopéré à ces manœuvres et d'avoir entretenu ces intelligences.
- Il est constant qu'il ait existé un complot et une conspiration tendant à allumer la guerre civile à l'intérieur de la république.
- Marie Antoinette convaincue d'avoir participé à ce complot et à cette conspiration.
Le Président Herman annonce alors le verdict à la Reine qui a été ramenée dans la salle d'audience. Elle est condamnée pour haute trahison et l'exécution sera accomplie dans la journée.
Marie-Antoinette parut frappée de stupeur. Il était quatre heures du matin. Le ""procès"" avait commencé exactement le 12 octobre au soir ; la séance qui s'achevait le 16 octobre à 4 H du matin avait commencé le 15 octobre à 9 H du matin.
Rappelons ce que disait Robert Badinter, ancien Ministre de la Justice dans une émission Secrets d'Histoire : " Le procès de Marie-Antoinette est une infamie de bout en bout, aussi bien pour le traitement en prison qui est ignoble, avec la surveiller jusque dans sa cellule avec des municipaux en armes, que dans le déroulé du procès. Où a été dépassée la limite de l’ignominie judiciaire à propos des rapports de Marie-Antoinette avec son fils, et des pratiques incestueuses, ce qui était ignoble, ignoble ; que même dans les modalités de l’exécution, bien sûr sur la guillotine, comme son mari et tant d’autres. Mais lui couper les cheveux, petit bonnet, carmagnole, lui faire ce parcours si long, faire supporter dans la charrette, non plus comme son mari en voiture ; non, en charrette pour que tout le monde puisse la voir, la charrette des condamnés à mort, avec les mains liées derrière le dos, le col déjà ouvert et escortée de nombreux soldats qui marchaient évidemment à pied autour de la charrette, c’est-à-dire un trajet très long très lent, de la Conciergerie au Pont neuf, la rue du Faubourg Saint Honoré, la rue qui ne s’appelait plus Royale, jusqu’à la place de la Concorde, au pas, doucement, ça représente une heure et demie avec le public qui la voit passer, la haine de l’Autrichienne que l’on connaît et sûrement des insultes, certainement la plus ignoble, tout cela est inutile pour l’exécution qui est infâme dans son déroulement. La révolution, les révolutionnaires auraient pu s’épargner cette infamie."
Assurément ce "procès" n'est pas glorieux pour la république !
Marc m'a dit qu'ils n'ont été que trois sur la place de la Concorde ; un bouquet dans la chapelle expiatoire.
Par contre il y avait une centaine de personnes pour une messe de Requiem célébrée dans la crypte de la basilique Saint Denis (cérémonie initialement prévue en l'église saint Roch, supprimée et déplacée à saint Denis) à proximité du tombeau de Louis XVI et de Marie-Antoinette.