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PORT D'ORANGE, UN HEUREUX RESCAPE DES FUSILLADES 1795

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PORT D'ORANGE, UN HEUREUX RESCAPE DES FUSILLADES 1795
Pierre-Auguste de Boisairault d'Oiron (ou d'Oyron), carabinier, a débarqué avec les troupes du marquis de Sombreuil le 19 juillet sur la plage de Port Haliguen, à la pointe de la presqu'île de Quiberon. Né à Saumur en 1768 il a donc 27 ans.
Après l'échec de la Bataille le 21 juillet il est fait prisonnier comme plus d'un millier de combattants lors de la reddition de Port Haliguen. Il est présenté devant la Commission militaire Dubois qui se tient dans la maison Le Toullec (ou Le Tallec) au village de Kéraude à Saint Pierre Quiberon, distante de 60 mètres de la plage du port d'Orange.
PORT D'ORANGE, UN HEUREUX RESCAPE DES FUSILLADES 1795
Cette Commission militaire, créée sur ordre du général Lemoine, est présidée par Antoine Dubois, Chef du Bataillon d'Arras ; il a comme assesseurs le capitaine Christian Wable, le sous-lieutenant Nicolas Courtois, le sergent Pierre Roty, secrétaire le caporal Pierre Lemaire. Elle siègera du 1er au 5 août 1795. 
101 combattants comparaissent ; 55 sont condamnés à mort, soit 54%, 49 Emigrés et 6 Chouans. Parmi eux Jean Auguste Fournier dont le nom est gravé dans le marbre des tables mémorielles de La Chartreuse de Brec'h. 
Le 1er août, avec 29 autres condamnés à être fusillés, il est conduit sur la plage du port d'Orange. On leur bande les yeux mais les exécuteurs, âpres au gain, lui demande de l'argent. Il jette quelques pièces que les soldats se précipitent pour les ramasser. Il a un genou au sol lorsque le commandant ordonne le feu pendant que les soldats qui doivent l'exécuter ramassent les pièces qu'il a jetées.
Il en profite pour arracher son bandeau et avec l'agilité de ses 27 ans s'enfuit à toutes jambes et sème ses poursuivants. Il est neuf heures du soir, la nuit commence à tomber, il se cache dans un champ. Penauds ses poursuivants abandonnent leurs recherches. Grâce à la complicité d'une paysanne, Marie-Anne Belz, il se cache dans le grenier d'une ferme au Petit Rohu pendant cinq jours.
La jeune fille prenait sur sa nourriture qu'elle partageait avec lui ; Marie-Anne lui trouvera un asile plus sûr chez la veuve Julienne Véry, puis au bout de six semaines chez la veuve Guégan qui parviendra à lui faire rejoindre les troupes de Georges. Il rejoindra ensuite Stofflet dans le Maine et Loire. 
Pierre-Auguste Fournier de Boisairault, baron d'Oyron, se mariera, aura quatre enfants, sera fait chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, ayant eu une vie très mouvementée il rend paisiblement son âme à Dieu en son château d'Oiron, dans les Deux-Sèvres. Agé de 69 ans et demi (AD 79), il meurt dans son lit, le 23 janvier 1837, ayant failli mourir sur le sable d'une plage 42 ans plus tôt !
Sur les tables mémorielles de La Chartreuse il faudrait retirer, outre son nom, ceux de 21, morts après ou en dehors de l'Affaire de Quiberon, ceux de 20, acquittés, 30 doublons mais 40 autres noms de valeureux oubliés devraient y être gravées ; soit 929 noms de victimes fusillées.
PORT D'ORANGE, UN HEUREUX RESCAPE DES FUSILLADES 1795
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AURAY, QUIBERON, 1795, ETE MEURTRIER.

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AURAY,  QUIBERON, 1795, ETE MEURTRIER.

Dans la chapelle de la Congrégation des hommes, à Auray (actuel Syndicat d'Initiative, rue au Lait), la Commission militaire, nommée par le général Lemoine et présidée par le Chef de Bataillon Lalène (Lalène de Laprade) siège depuis le 29 juillet. Entre le 29 juillet et le 3 septembre 758 personnes passeront devant ce "tribunal" qui prononcera 164 condamnations à mort, 152 Emigrés et 12 Chouans (21,6% de condamnations à mort !). Les exécutions ont lieu dans le marais de Kerzo plus connu sous le nom de Champs des Martyrs. En ce 31 juillet, Charles François de Corday d'Armont, 21 ans (Curday dans le registre des AD 56), jeune frère de Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armont est fusillé.

A Saint Pierre Quiberon la Commission militaire, nommée par Lemoine, est installée dans la maison Rochevillé à Kerdavid. Pendant les hostilités elle fut le Quartier général de Puisaye qui y résida jusqu'à son rembarquement le 20 juillet.

AURAY,  QUIBERON, 1795, ETE MEURTRIER.

Cette Commission est présidée par Dinne, chef du 2ème Bataillon de Tirailleurs belges. Elle siège du 27 juillet au 10 août 1795 au rez-de-chaussée de cette maison, les prisonniers étant enfermés au 1er étage et descendant par l'escalier en bois de gauche. 166 personnes défilent devant ce "tribunal" ; 113 sont condamnées à mort  (68% des "prévenus), 111 Emigrés et 2 Chouans. Ils ont emprunté l'escalier en pierre du perron afin de se rendre sur le lieu d'exécution. Les condamnés sont fusillés en grande partie sur la plage du port d'Orange.

Les touristes qui se prélassent sur cette plage ignorent qu'ils le font sur un endroit qui fut gorgé de sang il y a 230 ans.

Voir La Revue Hors-série de septembre 2023 qui fait la recension de toutes les victimes de l'Affaire de Quiberon.

 

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LA REVUE DU SOUVENIR CHOUAN DE BRETAGNE N° 58

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LA REVUE DU SOUVENIR CHOUAN DE BRETAGNE N° 58

Après sept mois de gestation La Revue N° 58 est enfin parue ; elle est datée du mois de décembre 2024.

Elle est entièrement consacrée à Jean-Baptiste Carrier le redoutable Proconsul de la république en mission à Nantes. Le très important travail est basé sur la lecture du Moniteur Universel, l'équivalent du Journal officiel qui lui a succédé au XIXème siècle.

Comme beaucoup je m'étais reposé sur les travaux de G. Lenôtre et un peu moins, mais quand même, sur ceux de Crétineau-Joly et quelques autres. Déjà j'avais revu mes positions il y a une dizaine d'année en prenant connaissance du "Procès" de Carrier. L'Historien qui a fait le travail le plus sérieux est bien Alfred Lallié.

Cette revue clouera le bec, comme on dit, à ceux qui répètent en boucle que Carrier a été rappelé à Paris pour ses crimes, ce qui est totalement faux ; son sort s'est scellé, comme je l'avais déjà écrit il y a une dizaine d'année, par l'échec du jugement des 132 Nantais (94), qui se retournent contre le Comité révolutionnaire de Nantes, qui, à son tour, accable Carrier et entraîne sa chute sous la guillotine. Carrier ne sentait pas bon mais il y avait d'aussi pourris que lui et qui s'en sont tirés : l'ignoble Barère, le théoricien, qui a son avenue à Tarbes et son monument dans le cimetière Saint Jean ; Carnot l'exterminateur qui a signé les décrets (sa signature précède presque tout le temps celle de Robespierre) ; le sanguinaire Maignet qui a sévi dans le Midi avec les 332 guillotinés d'Orange, les 66 suppliciés de Bédoin et les centaines de Toulon ; sans publier Merlin de Douai, Romme, Fouché le massacreur de Lyon, Billot-Varenne, Collot d'Herbois, Francastel etc.etc.

76 pages de lecture qui seraient profitables à beaucoup de communicants des média dont je m'aperçois que souvent ils profèrent des sottises avec sûreté dont on constate que c'est un moyen plus efficace que d'affirmer, mollement, des vérités !

La présentation est une fois de plus impeccable grâce à la dextérité de notre maquettiste, Bertrand de Tinténiac, pour la mise en page, l'inclusion des illustrations et le montage numérique avant l'impression.

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LA CROIX PECTORALE DE MONSEIGNEUR DE HERCE

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LA CROIX PECTORALE DE MONSEIGNEUR DE HERCE

Comment expliquer que Monseigneur Centène puisse porter cette relique lors des cérémonies solennelles (ordinations) ou particulières honorant la mémoire du Père Pierre-René Rogue ou de l’ancien évêque de Dol ?

Histoire
Lorsque le port de la soutane fut interdit par l'Assemblée législative le 6 avril 1792 (sur proposition de l’évêque constitutionnel de Bourges Pierre Torné) Monseigneur Urbain-René de Hercé continua de porter sa croix pectorale sur son habit civil pour distinguer sa dignité ecclésiastique de celle des autres prêtres.
Une tentative, à l’instigation des municipaux lavallois, de lui faire arracher cette croix par une femme, échoua par la vigoureuse réaction des prêtres entourant leur évêque.
Il y eut l’exil à Jersey puis à Londres, toujours en tenue civile (le port de la soutane par le clergé catholique n’est pas autorisé en Angleterre) mais la croix toujours en évidence.
Lors du départ pour la France Monseigneur de Hercé et les autres prêtres eurent la joie de pouvoir revêtir leur habit ecclésiastique, l’évêque de Dol remettant sa croix en évidence.
Détenu, avec ses quinze compagnons d’infortune, dans la tour prison de Vannes, il apprit au matin du 28 juillet 1795, à 7 heures, que l’exécution était fixée aux alentours de 10 heures. Il refuse la nourriture que M. Dondel de Kergonano (Jean-François-Ignace neveu de son prédécesseur sur le siège épiscopal de Dol –Mgr Jean-François Dondel) était allé chercher pour les prisonniers arrivés d’Auray dans la nuit : « Je vous remercie bien, mon cher monsieur Dondel, des peines que vous avez prises pour nous faire déjeuner tous. Ce repas nous devient inutile. A l’instant, on vient de nous annoncer que nous serons fusillés à 10 heures. Je me recommande à vos bonnes prières. Il ne me reste que peu de temps pour me réconcilier avec Dieu. Je vous quitte. Adieu ! »
C’est à ce moment que l’évêque de Dol décide de confier sa croix pectorale (qu’il ne portait plus sur sa soutane depuis que les prisonniers avaient quitté Auray) à une personne, une pieuse femme, qui avec d’autres est venue visiter les condamnés.  Mais pourquoi à elle précisément ? Pourquoi pas au neveu de son prédécesseur ?
Il est possible qu’il connaissait mieux cette femme, Anne-Marie Charpentier de Lenvos née Le Feuvre de La Faluere en 1734 à Tours. Elle avait épousé, le 17 novembre 1750, Pierre-Baptiste-Louis Charpentier de Lenvos (né en 1720) Conseiller au Parlement de Bretagne depuis le 26 juin 1743, figurant encore en 1771 parmi les signataires d’un contrat des Etats, puis Conseiller honoraire. Monseigneur de Hercé, évêque-comte de Dol faisait partie des Membres de droit du Parlement de Bretagne et il est possible que ce soit à l’occasion de réunions parlementaires qu’ils se soient rencontrés et aient créé des liens. C’est une hypothèse qui n’est pas plus stupide qu’une autre.
Madame de Lenvos avait fourni les 200 Louis nécessaires à l’achat des gardiens de l’actuelle tour du Connétable pour que puissent s’échapper au moins six prisonniers (dont le baron d’Entrechaus, natif de Toulon, qui écrivait son nom comme il le prononçait avé l’assent du Midi, Lennevosse).
Monsieur et Madame Charpentier de Lenvos résidaient au château de Limoges, acheté en 1786, situé à proximité de l’actuelle Maison diocésaine et ancien Grand séminaire de Vannes rue Monseigneur Tréhiou.
LA CROIX PECTORALE DE MONSEIGNEUR DE HERCE

Les Charpentier de Lenvos étaient la plus riche famille de Vannes. Ils possédaient aussi l’hôtel de Saint-Georges sur l’actuelle place Valencia (ainsi nommée en souvenir de Saint Vincent Ferrier, natif de Valence en Espagne, qui résida dans une des maisons de cette place lors de son passage à Vannes en 1418 dans laquelle il meurt en 1419). Durant la révolution l’hôtel Saint-Georges avait été réquisitionné comme logement pour les Officiers d’Etat-major. Hoche, pour sa part, avait réquisitionné l’hôtel de monsieur Jean-François-Ignace Dondel de Kergonano.

Monseigneur de Hercé demandera à Madame de Lenvos de remettre cette croix à l’évêque de Vannes "Après la persécution". Cette mission sera accomplie, après le Concordat de 1801 (appliqué le 8 avril 1802) par Madame de Lenvos en remettant le 9 avril la croix pectorale de Monseigneur de Hercé entre les mains de Monseigneur de Pancemont nouvel évêque de Vannes.

Pierre-Louis Charpentier sieur de Lenvos décède en son château de Limoges le 1er novembre 1795 à l’âge de 75 ans. Madame Anne-Marie de Lenvos décède dans ce même château le 7 octobre 1810 âgée de 76 ans. Ils n’eurent pas d’enfants.

Cette demeure appartiendra un temps à la famille Le Mintier de Léhellec, puis à la famille Aymer de La Chevalerie qui en fit don aux sœurs de la Charité ; celles-ci en font une clinique qui sera reprise par une société de médecins qui construisent une extension au début des années soixante. Le bâtiment moderne sera totalement rasé en 2011 permettant au château de Limoges de presque retrouver son isolement du XVIIIème siècle. Si les ouvertures ont été murées pour empêcher des actes de vandalisme cette demeure conserve son cachet et l’on peut imaginer la carriole de Madame Anne-Marie de Lenvos apportant en sa demeure la précieuse relique que, grâce à elle, nous pouvons voir sur la poitrine de Monseigneur Raymond Centène.

Les sources de cet article dans une prochaine revue.

LA CROIX PECTORALE DE MONSEIGNEUR DE HERCE
Lors d’un hommage rendu à Monseigneur de Hercé en la cathédrale de Dol de Bretagne le 30 juillet 2023, voilà ce que l’on pouvait lire dans le journal Ouest France du 27 juillet :
La fête de la Saint-Samson débute traditionnellement par une messe à la cathédrale. Cet office sera présidé par Mgr Jean Bondu, évêque auxiliaire de Rennes.
Ce dernier portera pendant l’office la croix pectorale du dernier évêque de Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), Mgr René Urbain de Hercé qui fut guillotiné à Vannes (Ille-et-Vilaine), le 28 juillet 1795.

 

 

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LUNDI 28 JUILLET 2025, EN LA FÊTE DE SAINT SAMSON.

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LUNDI 28 JUILLET 2025, EN LA FÊTE DE SAINT SAMSON.

En la fête de saint Samson, premier évêque de Dol, nous avons été cinq à rendre hommage à Monseigneur Urbain-René de Hercé, dernier évêque de Dol de Bretagne, fusillé ici même, il y a 230 ans, avec ses quinze "compagnons d'infortune" comme il les appelait, le mardi 28 juillet 1795, il y a 230 ans. Nous avons déposé une gerbe de fleurs rouges et blanches, couleurs du martyr et de la royauté .

Condamnés par la Commission militaire Barbaron à Auray le 27 juillet 1795, Commission voulue par Tallien Représentant en mission de la Convention, ils ont été emprisonnés dans la tour prison de Vannes ; pourquoi Vannes ?   Il n'y avait qu'un vannetais René-Vincent de la Landelle. Tous les autres condamnés sont étrangers à Vannes.
Peut-on penser que c'est le général Lemoine qui a décidé de cette date et de ce lieu ?

En effet la date de l'exécution est fixée au 28 juillet ; or c'est le jour de la fête de saint Samson fondateur de l'évêché de Dol. Cette exécution scelle la vie du dernier évêque de Dol de Bretagne lors de la création de son diocèse. Etrange non ?

Ce 28 juillet à 10 H 30 sont fusillés sur le plateau de La Garenne: Monseigneur Urbain-René de Hercé, 69 ans, son frère et Vicaire-général le chanoine François de Hercé,  62 ans ; le chanoine François de La Madeleine, du chapitre cathédrale de Saintes ; le chanoine René-Vincent de Larchantel, du chapitre cathédrale de Quimper ; le chanoine François-Pierre de Rieussec, Vicaire général de Luçon ; l’abbé Pierre-François Bréhéret, curé de Bonchamp (Mayenne) ; l’abbé Nicolas Boulard, curé de Tours ; l’abbé François Frotin, vicaire de Saint Thual (Ille et Vilaine) ; l’abbé Jean-Baptiste Gaignet ;vicaire de Doix (Vendée) ; l’abbé Julien Gautier, curé de Treffendel (Ille et Vilaine) ; l’abbé Jean Gérard, curé de Saint Mervou (Ille et Vilaine) ; l’abbé Pierre Gouraud, curé de Mareuil (Vendée) ; l’abbé Louis-Raymond Legall, de Bréal (Ille et Vilaine), le marquis Charles de Sombreuil, dernier chef de l’expédition, 25 ans ; le lieutenant en second René-Vincent de La Landelle, de Vannes ; le capitaine François Petit-Guyot, d’Apremont (Vendée).

Ils doivent se mettre à genoux pour recevoir les balles fatales.

Les corps dépouillés restent sur place jusqu'au lendemain ; des fidèles viennent relever les corps et les mettent dans la fosse commune du cimetière de Boismoreau où ils reposent encore (mes recherches en cours).

Nous étions présents pour cet hommage et  avons récité le Je Vous salue Marie.
Qu'ils veillent sur la Bretagne et sur notre pauvre France.
Le devoir de mémoire a été accompli.

 

LUNDI 28 JUILLET 2025, EN LA FÊTE DE SAINT SAMSON.
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27 JUILLET 1795, AURAY, MONSEIGNEUR DE HERCE ET SES QUINZE COMPAGONS.

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27 JUILLET 1795, AURAY, MONSEIGNEUR DE HERCE ET SES QUINZE COMPAGONS.

Dimanche 27 juillet 1795, il y a 230 ans, se réunit à Auray la première des commissions militaires créées par le général Lemoine, second du général Louis Lazare Hoche, sur ordre du Conventionnel en mission Tallien (comme il le déclare à la Convention). Cette commission est connue sous le nom de Barbaron du nom de son président Raymond Barbaron, chef du 1er Bataillon de la Gironde. Il est assisté de Ducarpe, capitaine au même bataillon, Moysset, lieutenant au 1er bataillon du 8è régiment d'infanterie, Bouvet, sergent-major au 1er bataillon des 83 départements, Cuny, caporal au même bataillon, Husson, secrétaire.

Louis-Lazare Hoche n’a rien à voir dans la création de ces commissions, le 26 juillet, alors qu’il était parti avec ses douze bataillons pour Saint Malo le 24.

27 JUILLET 1795, AURAY, MONSEIGNEUR DE HERCE ET SES QUINZE COMPAGONS.

La commission siège au premier étage des halles du XVème siècle (qui se trouvaient à l’emplacement de l’actuelle mairie) et doit décider des sanctions à prendre contre les captifs de Port Haliguen qui ont fait acte de reddition contre promesse de vie sauve (niée par Tallien mais que l’on retrouve dans beaucoup de témoignages de condamnés).

Comparaissent :  Monseigneur Urbain de Hercé, 69 ans, Evêque de Dol de Bretagne ; le marquis Charles Vireaux (ou Virot) de Sombreuil, 25 ans, natif de Limoges ; le chanoine François de Hercé, 62 ans, vicaire général (de son frère) de Dol de Bretagne ; le chanoine François-Dominique Castin de La Madeleine , 58 ans, Evêché de Saintes ; le chanoine René Vincent Gilart de Larchantel, 46 ans, de la Cathédrale de Quimper ; le chanoine François-Pierre de Rieussec, 41 ans, natif de Lyon, vicaire général de la cathédrale de Luçon ; l’abbé Nicolas Boulard, 57 ans, curé de Tours, natif de Montlouis ; l’abbé Pierre-François Bréhéret, 37 ans, curé de Bonchamp (Mayenne) ; l’abbé François Frotin, 34 ans, vicaire de Saint Thual (Ille et Vilaine), natif de Lennen-Pommerit (Côtes d’Armor) ; l’abbé Jean-Baptiste Gaignet, 34 ans, vicaire de Doix (Vendée), natif du Loroux-Béconnais ; l’abbé Julien-Pierre Gautier, 29 ans, curé de Treffendel (Ille et Vilaine ), natif de Plélan le Grand ; l’abbé Jean Gérard, 29 ans, Curé de Saint Mervou  natif de Montauban (Ille et Vilaine) ; l’abbé Jacques-Pierre Gouraud, 56 ans, curé de Saint André sur Mareuil (Vendée) ; l’abbé Louis-Raymond Legall, 31 ans, natif de Bréal (Ille et Vilaine) ; René Vincent de La Landelle, 30 ans, lieutenant en second de D'Hervilly, natif de Vannes ; François Petit-Guyot, 62 ans, capitaine dans le régiment de Franche-Comté, natif d'Apremont (Vendée).

Le « jugement » se limite à une simple affirmation d'identité.
Pour les prêtres, condamnation à mort pour n'avoir pas prêté le serment
Pour Charles de Sombreuil, seul chef de l'expédition (D'Hervilly grièvement blessé par un biscayen ayant été rembarqué et Puisaye s'étant rembarqué), la mort,
Pour les deux autres civils, émigrés rentrés, la mort.

Cette condamnation est exécutoire dans les vingt-quatre heures ; dans l'après-midi les condamnés prennent, en charrette, le chemin de Vannes, pratiquement sans escorte, ayant donné leur parole de ne pas fuir. A Vannes, ils seront enfermés, pour leur dernière nuit, dans une des tours de la Porte Prison, dont subsiste la cheminée, où ils arrivent dans la nuit du 27 au 28 juillet 1795.

 

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LE CARDINAL ROBERT SARAH : UNE HOMELIE DE CHOC !

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LE CARDINAL ROBERT SARAH : UNE HOMELIE DE CHOC !

Aujourd'hui, samedi 26 juillet, lors du Pardon de Sainte Anne d'Auray, pour le 400ème anniversaire des apparitions de Sainte Anne au paysan Yvon Nicolazic, le Pape Léon XIV avait délégué le cardinal Robert Sarah pour célébrer la messe pontificale. Il a concélébré la messe avec les évêques des cinq diocèses bretons dont Monseigneur Centène, évêque de Vannes, Monseigneur d'Ornellas archevêque de Rennes, Monseigneur Laurent Percerou évêque de Nantes, Monseigneur Denis Moutel évêque de Saint Brieuc, l'évêque de Quimper. Mais il y avait aussi l'évêque d'Angoulême Monseigneur Hervé Gosselin et les Pères abbé des différentes abbayes de Bretagne et le Père abbé du Barroux. Mais aussi de très nombreux prêtres de Bretagne et hors Bretagne.

20 mille fidèles assistaient à cette belle cérémonie que j'ai suivie sur CNews. Je regrette simplement les bavardages des deux commentateurs et le fait que lors de l'offertoire nous avons eu droit à la présentation du spectacle Son et Lumière consacré à Yvon Nicolazic ; joli spectacle, certes mais ce n'était pas le moment, cela aurait pu être fait pendant la longue procession du clergé et de l'assemblée qui a duré 25 minutes.

Commencée à 11 heures la messe s'est terminée à 13 H 15.

Le cardinal a donné une homélie de choc qui aurait pu décoiffer quelques mitres. J'ai noté :

Le pape Léon XIV m’a délégué auprès de vous pour être son envoyé extraordinaire en ce sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray. Le Saint Père veut par ce geste souligner l’importance qu’il accorde à votre pèlerinage. Je vous apporte donc, à vous tous, pèlerins de sainte Anne, les salutations et la bénédiction de la part de notre pape bien-aimé Léon XIV.
Le Pape prie pour vous en ce jour. Par son envoyé, il vous témoigne de son affection paternelle. En son nom, je salue très amicalement Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, qui aime tant sainte Anne. Je salue les autres évêques, les pères abbés et supérieurs de communautés ici présents, les prêtres venus de Bretagne et d’ailleurs, et vous, chers pèlerins de sainte Anne, qui êtes venus en ce sanctuaire pour répondre à l’appel de sainte Anne et surtout pour adorer Dieu.
Dieu a choisi cette terre pour en faire un lieu saint, Dieu a voulu qu’une parcelle de votre terre, une parcelle de votre pays, la France, soit un lieu sacré, un lieu réservé. Dieu a voulu que vos ancêtres ne cultivent pas ce lieu, ne l’exploitent pas par l’élevage ou l’agriculture. Il a choisi ce lieu pour y être honoré.
Dieu a choisi ce lieu pour être adoré, Dieu a choisi la France pour qu’elle soit comme une terre sainte, une terre réservée à Dieu. Ne profanez pas la France avec vos lois barbares et inhumaines qui prônent la mort alors que Dieu veut la vie. Ne profanez pas la France car c’est une terre sainte, une terre réservée à Dieu. La Bretagne est une terre sacrée et doit demeurer une terre sacrée, une terre réservée à Dieu, Dieu doit y avoir la première place.
Il y a des lieux sacrés, des lieux réservés à Dieu, choisis par Dieu. Ces lieux ne peuvent être profanés par d’autres activités que la prière, le silence et la liturgie.
Nos églises ne sont pas des salles de spectacles, ni des salles de concert ou d’activités culturelles ou de divertissements. L’église, c’est la maison de Dieu. Elle lui est exclusivement réservée. Nous y entrons avec respect et vénération, correctement habillés parce que nous tremblons devant la grandeur de Dieu. Nous ne tremblons pas de peur mais de respect, de stupeur et d’admiration.
Je veux redire merci aux Bretons et aux Bretonnes qui savent porter les plus beaux vêtements traditionnels pour rendre gloire à la majesté divine. Il ne s’agit pas ici de folklore. L’effort extérieur que vous faites pour vous habiller n’est que le signe de l’effort intérieur que vous faites pour vous présenter à Dieu avec une âme pure, lavée par le sacrement, ornée par la prière et l’esprit d’adoration. Les lieux sacrés ne nous appartiennent pas, ils sont à Dieu. La liturgie a pour objectif la gloire de Dieu et la sanctification des fidèles et la musique sacrée est un moyen privilégié pour faciliter une part active et pleinement consciente des fidèles à la célébration sacrée des mystères chrétiens
Nos épreuves et nos souffrances nous mettent parfois dans un état de profonde incompréhension. Pourquoi la mort d’un enfant ? pourquoi la souffrance des innocents ? pourquoi la guerre ? pourquoi la trahison ? pourquoi Seigneur ? Nous nous sentons parfois abandonnés par lui. Apparemment Dieu n’est plus là, et pour l’Europe, Dieu est mort. Faut-il se révolter ? Faut-il croire que Dieu nous est devenu indifférent ? Faut-il abandonner la pratique religieuse parce qu’il n’écoute pas mes prières ? Faut-il cesser de prier et d’aller à la messe dominicale ? Regardons sainte Anne et écoutons sa voix. Que fait-elle ? Entre-t-elle dans la révolte contre Dieu ? Se détourne-t-elle de Dieu ? Non, elle demeure dans l’adoration. Dieu est plus grand que nos incompréhensions, que nos doutes.
Aujourd’hui, avec sainte Anne, en ce lieu béni et choisi par Dieu, que s’élève en chacun de nos cœurs ce cri d’amour : "Venez, adorons le Seigneur, venez, adorons le, prosternons nous devant lui, plions nos genoux devant l’Éternel notre Créateur car il est notre Dieu. Amen"
La basilique que nous voyons a été construite de 1866 à 1877. Elle a remplacé la chapelle du XVIIème devenue trop petite qui avait été restaurée après le passage des révolutionnaires qui l'avaient ruinée en incendiée en mars 1794 ; ils y avaient jeté dans les flammes la statue de sainte Anne dont il ne reste qu'un fragment dans le piédestal de la statue actuelle.
La restauration de la chapelle dévastée avait été possible grâce à l’abbé Gabriel Deshayes, curé de Saint Gildas d’Auray qui avait racheté, en janvier 1810, l’ensemble immobilier des Carmes, qui constituait le sanctuaire de la basilique, disloqué par la révolution et vendu comme Bien national. Cette opération est possible grâce au soutien de Joseph-Marie Barré richissime avocat et célibataire d’Auray (qui lui avait permis de racheter La Chartreuse de Brec’h) ; celui-ci lui fournit les 30.000 Francs nécessaires. L’abbé Gabriel Deshayes est le sauveur de la dévotion à Sainte Anne. (Joseph-Marie Barré, décédé en 1821, fera pour 370.000 Francs de dons en 1818 ; sa pierre tombale, dans le cimetière d’Auray porte « la ville d’Auray à son bienfaiteur ».
Monseigneur  Pierre Bausset de Roquefort, évêque de Vannes, honore de sa signature la transaction.

 

LE CARDINAL ROBERT SARAH : UNE HOMELIE DE CHOC !

Le 18 juin 1828, venue en pèlerinage à Sainte Anne d’Auray, la Duchesse de Berry, belle-sœur de la Duchesse d’Angoulême  offrira à la basilique cette très belle lampe de sanctuaire en argent que l’on voit toujours dans le chœur.

Ci-dessous la vidéo de la cérémonie pontificale.

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OBSEQUES DE MONSIEUR PIERRE FABRE IL Y A DOUZE ANS.

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OBSEQUES DE MONSIEUR PIERRE FABRE IL Y A DOUZE ANS.

Le 23 juillet 2013 les obsèques de Monsieur Pierre Fabre étaient célébrées, en la cathédrale Saint Benoît de Castres, par l'archevêque d'Albi, Monseigneur Jean Legrez. L'archevêque pouvait le faire Monsieur Pierre Fabre ayant financé, de ses propres deniers, et non ceux de son entreprise, les importants travaux de restauration  de la cathédrale. Discret le mécène n'en avait pas parlé, non par honte, mais à cause de ses convictions de participer au bien religieux.

J'ai hésité un peu à rédiger ce petit article mais je dois, à Monsieur Pierre Fabre comme des milliers de personnes, la belle vie professionnelle que j'ai eue, la vie familiale et la possibilité de faire du bénévolat sans compter. 10000 personnes dans le monde, 4000 en France, dont 3000 dans le Tarn et le Midi-Pyrénées. Son centre était le Tarn et surtout sa ville natale Castres. Ce qui avait créé des soucis avec certains postulants à la Direction (exigeant de beaux émoluments supérieurs aux siens)  qui préféraient Paris à Castres. Né natif mais fidèle à sa ville où tout ce qui existe lui est redevable, de son Entreprise, aux commerçants jusqu'au marchand de voitures !

Il n'était pas un patron  d'industrie mais un père d'entreprise exigeant, certes, mais passer d'une paillasse de laboratoire de pharmacie à une Entreprise entraîne des obligations pour que tout fonctionne pour le mieux.

Ayant reçu les derniers sacrements de l'Eglise sous le regard de la statue de Notre Dame de Lourdes qui était dans sa chambre il est parti en paix.

Nous avons manqué de ce genre de patron en France. Il a créé la participation des salariés ; 10% des salariés sont actionnaires de l'Entreprise.

Merci Monsieur Pierre Fabre, vous qui aimiez la Chouannerie (ce que vous m'aviez dit en 2007). Que votre âme repose en paix.

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PORT HALIGUEN, QUIBERON, 21 JUILLET 1795

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PORT HALIGUEN, QUIBERON, 21 JUILLET 1795

Il y a 230 ans.

19 JUILLET, au matin, le Marquis de Sombreuil (Charles Eugène Virot de Sombreuil est toujours appelé « comte » ce qui n’est pas exact. Selon les règles de l’hérédité des titres, son père le marquis ayant été guillotiné le 17 juin 1794 en même temps que son frère aîné Stanislas François il hérite du titre. Il est donc logique de l’appeler Marquis de Sombreuil), est enfin autorisé à débarquer avec ses 1500 hommes dont un tiers de Bleus faits prisonniers par la marine anglaise et qui ont préféré s'adjoindre aux Emigrés plutôt que de rester à croupir sur les pontons anglais. Erreur !
Ils débarquent et n’auront guère le loisir de profiter de la terre ferme.
Il y a là les régiments de Damas (Colonel comte Etienne-Charles de Damas), Béon (Colonel comte d’Anceau), Rohan (Lieutenant-colonel comte Toussaint de La Villéon), Salm (Lieutenant-colonel comte de Bailly) et Périgord (Lieutenant-colonel comte Bozon de Talleyrand-Périgord).
L’ATTAQUE DECISIVE DE HOCHE le 20 JUILLET 1795.
Sous une pluie diluvienne l'attaque de Hoche se porte vers le Fort Penthièvre tenu par les troupes royalistes dont des Bleus, anciens prisonniers des anglais, qui ne vont pas tarder à se retourner contre ceux qui les ont sauvés des pontons londoniens.
Le général Humbert mène ses troupes de façon gaillarde malgré des conditions météorologiques exécrables. On sabre, on tue les résistants valeureux qui s'opposent au déferlement des troupes de Hoche.
PORT HALIGUEN, QUIBERON, 21 JUILLET 1795

Tallien dans son rapport pour la Convention :

"Le point du jour nous trouva en présence du fort Penthièvre ; notre centre fut reconnu le premier et commença l’attaque ; pendant ce temps les colonnes latérales s’avancent en silence vers les points qui leur sont indiqués. Bientôt elles sont aperçues par les chaloupes canonnières anglaises qui bordaient le rivage et dans les eaux desquelles nos soldats étaient obligés de passer jusqu’à la ceinture. Ces intrépides soldats, ils n’avaient de moyens de défense que dans leur courage ; tout le succès de cette affaire avait été confié à leurs baïonnettes, on n’avait pas même une pièce de canon et l’humidité avait rendu leurs fusils des armes inutiles : foudroyés de front par les batteries du fort, sur les flancs par les chaloupes et les frégates anglaises, les troupes s’étonnent un instant et font un mouvement rétrograde ; l’instant d’après elles sont ralliées ; mais il n’était plus temps, l’entreprise paraissait manquée et la plus grande partie d’entre elles reprenait tristement le chemin de ses lignes. Tout à coup un bruit sourd se fait entendre : une colonne des nôtres a pénétré, se disaient les soldats ; je lève les yeux vers le fort et je ne vois plus flotter l’étendard des rebelles, le drapeau tricolore l’avait remplacé.
Citoyens, le fort était à nous à travers les flots d’une mer mugissante, sous le feu meurtrier de la mitraille anglaise. L’intrépide Ménage à la tête de ses deux cents braves, s’était glissé de rocher en rocher jusqu’au pied du roc de la forteresse, l’avait gravi et se précipitant le sabre à la main dans l’intérieur, avait exterminé tous ceux qui avaient résisté.
Nous étions maîtres du fort et les canonniers ennemis, composés de Toulonnais rebelles et fugitifs à l’époque de la reprise de ce fort, tiraient encore sur nos troupes.
Cet exploit eût suffi, sans doute, à d’autres qu’à des français ; mais pour eux et le général qui les commandait, ce n’était que le premier pas dans la carrière, et ils avaient juré d’en parcourir toute l’étendue, et d’exterminer dans cette journée toute l’armée royaliste.
Deux bataillons restent pour la garde du fort ; le reste de l’armée s’élance dans la presqu’isle, sur les traces du général et des représentants du peuple ; en un clin d’œil elle a parcouru cette presqu’Isle d’une lieue et demie de profondeur : tous les hameaux, toutes les maisons en sont fouillées avec soin. L’ennemi, débusqué partout, se rend ou fuit à vau-de-route ; quelques uns des siens se rallient sur une hauteur et font mine de résister. Un léger combat s’engage entre eux et nos tirailleurs ; mais l’aspect de deux colonnes qui vont les envelopper éteint ce léger effort de courage : ils fuient, et se hâtent de rejoindre les compagnons de leur honte et de leur félonie.
Chassés comme un vil troupeau, ils se réunissent tous sur le rocher, au bord de la mer, à l’extrémité de la presqu’isle. C’est à ce rocher que vient se briser leur fol orgueil, leurs espérances parricides, leur audace extravagante ; en vain cherchent-ils à retarder le coup qui doit les frapper ; en vain nous envoient-ils plusieurs parlementaires pour obtenir quelques conditions.
On arrive à Quiberon par une langue de terre sablonneuse nommée la Falaise, qui peut avoir une lieue dans la plus grande largeur, et vient en s’étrécissant jusques à l’entrée de la presqu’isle où elle n’a plus que 30 toises (*1 toise=1.80 m). Cette entrée est hermétiquement fermée par le fort Penthièvre, qu’une lâche capitulation avait mis au pouvoir de l’ennemi ; notre camp appuyé sur ces deux ailes à la mer, était fixé sur la Falaise, à une lieue et demie du fort, en avant du petit village de Sainte Barbe ; le gros de la flotte anglaise mouillait à sa gauche, plusieurs bâtiments occupaient sans cesse la droite, et il n’y avait pas de jour que des chaloupes canonnières de l’ennemi ne s’avançassent, jusqu’à la portée du fusil, du rivage.
C’eut été compromettre le dignité de nos armes que d’attaquer le repaire de ces brigands suivant les règles de l’art ; c’eut été leur ménager la possibilité d’une fuite qui en eut soustrait la plus grande partie à la vengeance nationale ; et il fallait à la vengeance nationale un exemple terrible qui effrayât quiconque serait tenter de les imiter. L’âme de mon collègue (Blad), celle du général (Hoche) et la mienne ne formaient, à cet égard, qu’un même vœu ; il était conforme à celui de l’armée qui chaque jour demandait à grands cris qu’on la conduisit à l’ennemi, que l’on fit une attaque de vive force.
Il fut ordonné à une colonne d’élite, commandée par l’adjudant général Ménage, de filer par la droite, le long de la mer, jusqu’au pied du fort, de l’escalader et de s’en emparer. Une autre colonne, aux ordres du général Valteau, fut chargée d’attaquer de front ; et une troisième, conduite par les généraux Humbert et Botta, après avoir suivi par la gauche la lesse (*laisse, trace laissée par l’océan entre deux marées) de basse-mer jusqu’au fort, fut destinée en partie à le tourner, à venir l’escalader par la gorge, et à se porter au village de Kérostin, pour s’opposer aux mouvements que pourraient faire les troupes ennemies cantonnées dans la presqu’Isle.
D’après ces dispositions, l’attaque devait être exécutée dès la nuit du premier au 2 thermidor ; elle ne put l’être que la nuit suivante. Les troupes se mettent en marche à onze heures du soir, au nombre de deux mille hommes : un orage affreux éclatait alors dans ces parages ; la pluie tombait à grands flots ; un vent froid et impétueux la jetait aux yeux du soldat, et lui ôtait la faculté de se diriger. Errantes sur cette vaste mer de sable, sans aucun signe qui puisse guider leur marche, nos colonnes se heurtent, se rompent et se confondent, et n’offrent plus qu’un chaos qui semble impossible à débrouiller ; il fallait, pour y parvenir, toute l’activité, tout le sang froid du général. A travers les ténèbres les plus épaisses, il reconnaît les chefs, distingue les différents corps, rectifie les erreurs, supplée par de nouveaux ordres à ceux qu’il est impossible de remplir, excite, presse, encourage et réussit enfin à rendre chacun à son poste et à sa destination.
Quelle relation pouvait exister entre nous et ces rebelles ? Qu’y avait-il de commun entre nous, que la vengeance et la mort. La charge bat à coups redoublés par ordre du général. L’escadre anglaise, au nombre de 154 voiles, tâche en vain d’en imposer à nos troupes par un feu terrible et non interrompu. Les boulets, la mitraille pleuvent sur nos colonnes : mais rien ne peut arrêter les républicains.
Sept cents grenadiers fondent avec impétuosité sur le rocher, la baïonnette en avant. Les vaincus jettent des cris de désespoir, ils demandent à se rendre, le général leur envoie l’ordre de mettre bas les armes, et de faire cesser le feu des anglais. « Eh ! s’écrièrent ils, ne voyez-vous pas qu’ils tirent sur nous comme sur vous ? ». Cependant le général s’aperçoit qu’on profite du moment de répit qu’il a bien voulu donner, pour faire quelques embarcations. A l’instant, deux pièces de canon sont traînées sur le bord de la mer et une vingtaine de coups à mitraille empêchent les bâtiments de revenir. Ce moment fut le terme fatal pour le châtiment de tant de crimes et de trahisons. Tout ce que Isle contenait d’ennemis vint mettre bas les armes, et se rendre à discrétion. Quel spectacle pour la France, pour l’Europe, pour le monde entier, que les émigrés si fiers déposant, humblement leurs armes entre les mains de nos volontaires ; les remerciant avec des larmes de honte et de remords, de ces sentiments de générosité si communs chez les Français, et que les belles âmes éprouvèrent toujours au feu de la victoire ; suivant les vainqueurs en vomissant des imprécations contre l’étranger perfide, dont les funestes secours les ont rendu tout-à-la-fois les plus coupables et les plus malheureux des hommes. Ils disaient : « Les puissances étrangères nous ont toujours trompés. Elles nous donnent encore en ce moment, par leur lâche abandon, une preuve de leur attachement ».
Nota : Des voyageurs qui ont passé par Quiberon rapportent le même fait ; disons plus la même horreur : et ils ajoutent que les anglais ont même remis à terre, après notre victoire, une partie de ceux qui s’étaient rembarqués. Si le gouvernement anglais est l’espoir et le recours des traîtres, ils peuvent voir par là comme ils sont récompensés."  Tallien
La Feuille nantaise, juillet 1795

Avec quelques rares rescapés de l’assaut des Bleus dans Fort Penthièvre, le commandant Antoine de Testas de Folmont put se sauver en sautant du haut des remparts. Il sera fusillé à Vannes le 2 août.

21 JUILLET, PORT HALIGUEN, Quiberon, 21 juillet.

Le général Hoche au Comité de Salut public : « Le 21, 2 heures du matin, le Fort Penthièvre et le camp retranché de la Presqu’Île de Quiberon ont été attaqués par trois mille hommes du camp de Saint Barbe qui après une heure de combat s’en sont emparés de vive force. Les attaques étaient menées par les généraux Humbert, Valletaux et Botta lequel a eu un pied emporté par un biscayen. Ménage, avec moins de trois cents hommes, bravant le feu du Fort, celui des chaloupes canonnières et les flots de la mer qui montait et était très mauvaise en ce moment, a gravi les rochers de la pointe de l’Ouest et a favorisé l’attaque de front du général Valletaux. Bientôt nos troupes ont été à la poursuite de l’ennemi et la présence de deux mille hommes a fait mettre bas les armes aux régiments D’Hervilly et D’Hector. Cinq régiments débarqués le 19 juillet savoir : Damas, Béon, Rohan, Salm et Périgord formant la Division du comte Charles de Sombreuil, Royal Emigrant et les Chouans ont fait mine de vouloir se défendre en se retirant du côté du port où ils devaient se rembarquer. Les têtes des colonnes ont été dirigées sur ces rebelles et 700 grenadiers les tenant en échec les ont contraints d’imiter leurs camarades ; ce qu’ils firent n’ayant d’autre espoir que de se jeter à la mer ou d’être passés au fil de la baïonnette.
Et là, sur un rocher, en présence de l’escadre anglaise qui tirait sur nous, furent pris l’Etat-major à la tête duquel était Sombreuil, les chefs de corps, officiers d’artillerie et du Génie.
Nos troupes étaient sur pied depuis 10 heures, elles firent halte en ce moment seulement à six heures du matin.
Je ne puis encore dire au juste ce qui a été trouvé dans Quiberon : on m’a parlé de soixante dix mille fusils, cent cinquante mille paires de souliers, des magasins immenses de vivres, munitions, effets d’habillement, équipements et armements. Monsieur de Puisaye s’est embarque au premier coup de canon ».

D'Hervilly atteint par un biscayen en pleine poitrine est embarqué à bord de La Pomone pour être rapatrié en Angleterre. Non blessé, le comte Joseph de Puysaie prétextera d'une visite de vérification pour embarquer ses papiers et rentrera en Angleterre.

A terre restent :
- le marquis de Sombreuil, capitaine de Hussards, débarqué depuis peu à la tête de ses 1500 hommes de la deuxième Division le 19 juillet, jour où commença la Bataille de Quiberon et qui se retrouve en la charge de Général d'armée. C'est lui qui va payer les pots cassés après le départ des responsables : D'Hervilly blessé et Puisaye le fuyard.
- Monseigneur Urbain-René de Hercé qui a refusé de rembarquer pour rester près de ses "Compagnons d'infortune, ses bons prêtres, ses fidèles amis et les malades qui sont parmi nous". "Jusqu'à mon dernier soupir, je leur donnerai les consolations de l'Eglise et les secours spirituels" (voir article très complet dans La Revue N° 40 de décembre 2015).
- Tous ceux qui font confiance en la parole du vainqueur. Depuis qu'ils ont quitté le Royaume de France, ils ne savent pas que, après une bataille, ce ne sont plus les Chefs militaires qui commandent mais les Commissaires politiques de la république, à l'époque les Représentants en mission de la Convention Blad, Tallien, Rouget !

 

PORT HALIGUEN, QUIBERON, 21 JUILLET 1795

Rassemblés sur la plage de Port Haliguen, près de cette fontaine où a eu lieu la reddition, où il est quasi certain que Hoche a promis l'application des lois de la guerre pour ceux qui se rendent, c'est à dire la promesse de vie sauve sauf pour le pauvre Sombreuil qui ramasse les fruits pourris de ses prédécesseurs, les prisonniers sont dirigés vers le Fort Penthièvre puis vers Sainte Barbe.

PORT HALIGUEN, QUIBERON, 21 JUILLET 1795
C’est ce 21 juillet à six heures du matin, à cet endroit précis, que se situe l’épisode fameux de Gesril du Papeu.
Joseph, François, Anne, Gesril du Papeu, né le 23 février 1767 à Saint Malo, est l’aîné d’une famille de cinq enfants.
En ce 21 juillet il y a discussion entre Charles de Sombreuil et Hoche sous le tir des canons anglais qui touchent les Bleus mais aussi les Chouans et les Emigrés bloqués là à Port Haliguen. Lieutenant de vaisseau, Joseph Gesril du Papeu a débarqué comme Lieutenant du Régiment d’Hector. La situation est dangereuse pour tous et Hoche demande à Sombreuil qu’un volontaire rejoigne la flotte anglaise et faire cesser les tirs, promettant de revenir une fois la mission accomplie. Joseph du Papeu effectue le trajet à la nage, fait cesser le feu des canons, refuse d’être hissé à bord : « Je suis prisonnier sur parole » et rejoint la terre ferme. Il sera fusillé à Vannes le 27 août ; il avait 28 ans et 6 mois.
S’il n’y avait pas eu accord de capitulation, Joseph Gesril du Papeu serait-il revenu pour honorer la parole donnée ?
Les prisonniers sont ensuite emmenés à Auray où ils vont être emprisonnés, vingt cinq kilomètres à pied, sous un temps épouvantable, pour des personnes qui ont le ventre vide depuis des heures et peu d'heures de sommeil. Monseigneur de Hercé est debout depuis deux heures du matin (d'après le témoignage de Villeneuve de La Roche Barnaud).
Peu de gardiens pour un grand troupeau de plusieurs milliers de prisonniers, des encouragements à fuir : il est possible de voir là une preuve d'une confiance en la parole donnée par le général Louis-Lazare Hoche de vie sauve pour ceux qui se rendraient...sauf pour Sombreuil.
Puisaye vogue vers l'Angleterre, D'Hervilly aussi ; il y mourra en novembre (1795).
Pour ceux qui sont restés la destinée va s'accomplir à brève échéance mais ils ne le présagent pas.
Vae Victis (malheur aux vaincus comme disaient les Romains).
PORT HALIGUEN, QUIBERON, 21 JUILLET 1795
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IL FALLAIT L'OSER, JOHANNA ROLLAND L'A FAIT !

Publié le par culture

Colonne Louis XVI, place Louis XVI à Nantes

Colonne Louis XVI, place Louis XVI à Nantes

Tout le monde connaît la colonne Louis XVI érigée à Nantes en 1790 et qui devait être couronnée d'une statue du Roi bienfaisant, selon les vœux de bourgeois nantais, coiffant l'édifice de 28 mètres de haut, en remerciement de l'essor de la ville. Les aléas hélas connus de l'Histoire empêcheront la pose de la statue qui n'aura lieu qu'en 1825.

La colonne et la statue sont restaurées en 2013, photo ci-dessus.

En juin 2025 la maire de Nantes, Johanna Rolland,  confie à un Colombien le nouvel habillage de cette colonne pour le farfelu "Voyage à Nantes" inventé par l'ancien enfant de chœur de Maulévrier, Jean-Marc Ayrault. Voilà ce que cela donne : 

IL FALLAIT L'OSER, JOHANNA ROLLAND L'A FAIT !

Cette colonne n'est pas classée malgré son ancienneté. Alors que d'autres monuments de moindre intérêt le sont !

Donc la statue de Louis XVI est cachée par un ensemble de miroirs qui reflètent la lumière du soleil mais pas celle des municipaux de Nantes.

IL FALLAIT L'OSER, JOHANNA ROLLAND L'A FAIT !

Le haut de la colonne,  où Louis XVI est dissimulé, est attaqué par un escaladeur qui a les pieds à l'envers. Si une chanson populaire ironise sur le bon roi Dagobert qui avait mis sa culotte à l'envers, cette sculpture en bronze de 200 Kg illustre bien une municipalité dont la culture avance avec les pieds à rebours et qui aurait du avoir la tête de même, ignorant son Histoire et dont la culture est au niveau d'un bachelier actuel ! "L'artiste" Colombien (Précolombien ?), qui à priori ne connaît rien à la culture française, invite "à réinterroger la présence des symboles monarchiques dans l'espace public"(aurait-il préféré une statue de dealer ?) . Cela s'appelle Antipodos. Honnêtement, dans le langage actuel "C'est pas l'pied" ! Mais c'est du niveau de la pauvreté culturelle de la municipalité de Nantes dans une ville dont la dette approche les 300 millions d'€ !

IL FALLAIT L'OSER, JOHANNA ROLLAND L'A FAIT !

Pauvre Nantes, pauvre France !

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