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15 AOÛT, SOLENNITE DE L'ASSOMPTION, FËTE NATIONALE DE LA FRANCE

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15 AOÛT, SOLENNITE DE L'ASSOMPTION, FËTE NATIONALE DE LA FRANCE

L'artiste sculpteur inspiré (In Spiritu) Joseph Vallet - 1841 à la Boissière du Doré, 1920 Nantes - a fait naître d'un bloc de marbre de Carrare cette merveilleuse et remarquable Assomption de la Vierge Marie installée en 1890 dans l'église Notre Dame de l'Assomption  de La Chapelle Basse-mer (Loire Atlantique)  consacrée en 1879. Ce nouvel édifice de style néo-gothique est construit à l'emplacement de celui incendié et partiellement détruit lors des Guerres de Vendée en 1794 ; trop petite, "replâtrée", devenue dangereuse l'église fut démolie. Elle avait comme principale relique un morceau du voile de la Vierge disparu lors des pillages de 1793.

L'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie est une dévotion du VIème siècle envers un évènement qui s'est passé vers l'An 44. Elle a été déclarée Dogme de l'Eglise catholique - Expression de la Foi, Vérité de l'Eglise - par sa Sainteté le Pape Pie XII le 1er novembre 1950.

Le roi Louis XIII, s'il obtenait un fils, avait fait le vœu de consacrer le royaume de France à la Sainte Vierge Marie, en faisant la Sainte Patronne de la France, ce qu'il fit le 10 février 1638, avec des fêtes et processions dans tout le royaume le 15 août.

Cette consécration fut confirmée par Louis XIV le 25 mars 1650 en la Fête de l'Annonciation et renouvelée par Louis XV en 1738 (Source BNF).

Cet acte est aboli par l'Assemblée législative le 14 août 1792 (il y a 230 ans).

Il est remis en vigueur par Louis XVIII le 15 août 1814.

Il est aboli de nouveau par le Frère Trois points Louis-Philippe en août 1831 (Source BNF).

Le peuple catholique est resté fidèle à Marie en célébrant, de façon plus ou moins grandiose,  Sa Sainte et Glorieuse Assomption.

Si le 14 juillet est la fête de la Nation, le 15 Août est la Fête nationale de la France !
Bonne Fête à tous ceux qui ont Marie dans leur prénom.

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13 AOÛT 1792, LA FAMILLE ROYALE EST FAITE PRISONNIERE.

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13 AOÛT 1792, LA FAMILLE ROYALE EST FAITE PRISONNIERE.

Le 10 août peu avant l'invasion du Palais des Tuileries le Roi Louis XVI avec sa famille et quelques fidèles, sur les "conseils" de Roederer, est venu, pour échapper aux furieux des faubourgs et des Marseillais, se mettre sous la protection de l'Assemblée législative siégeant dans la salle du manège (rasée sous le Consulat pour la création de la rue de Rivoli) à proximité du palais royal. N'étant pas autorisés à être présents dans l'assemblée ils sont installés dans la loge du logographe, où se tient le rédacteur du Moniteur. Ils passeront la journée là, sans nourriture et quasiment sans boisson malgré la chaleur accablante. En fin  de soirée ils sont emmenés au couvent des Feuillants, à proximité, où leurs sont servies quelques nourritures et boissons désaltérantes et où ils vont dormir.

11 août, Le Roi et les siens - famille et fidèles - après la nuit passée dans le logis des Feuillants reviennent à l'Assemblée pour une nouvelle journée. Le Roi entend annoncer qu'il est suspendu de ses fonctions. Il faut insister une fois de plus sur l'illégalité de cette décision pour deux motifs: Le roi ne tire pas sa légitimité du peuple, d'autre part la Constitution qu'il a signée assure l'inviolabilité de sa personne. Retour le soir aux Feuillants.

12 août Nouvelle pénible journée dans la loge du logographe où règne une chaleur éprouvante à écouter les logorrhées verbales des députés de l'Assemblée ; on n'y entend pas encore les futurs chantres de la guillotine. Le roi assiste imperturbable aux échanges vociférants (on ne peut les imaginer autrement !).

13 août, La Commune Insurrectionnelle de Paris impose à l'Assemblée un lieu de rétention pour le Roi. Le Palais du Luxembourg est proposé mais il est difficile à garder. Ce sera le Temple où l'on va amener le Roi, sa famille et ses fidèles après une "cavalcade" à pas lents dans Paris.

   Le logis du Grand Prieur sera visité, le souper y sera servi. Mais ceux qui sont maintenant devenus prisonniers de la Commune - et non de l'autorité Légale - seront finalement dirigés vers la petite tour du Temple. Première abjection des Communards. Quelle désillusion ce dut être pour le roi et sa famille ; les autres personnes sont relâchées.

   Jean-Baptiste Cléry, son fidèle valet de chambre qui le servait aux Tuileries, était parvenu à s'en échapper le 10 août après le départ du roi en sautant par une fenêtre évitant ainsi d'être massacré comme le reste du personnel. Le 26 août il vient demander à Pétion ( de Villeneuve), maire incapable de Paris, de pouvoir aller servir son maître en la tour du Temple, ce qui lui sera accordé ; il va servir fidèlement ce roi qui en a fait son ami jusqu'au bout. Ce fidèle parmi les fidèles ne sera libéré qu'en mars 1793 avant d'être de nouveau emprisonné à La Force et enfin libéré le 9 août 1794 grâce à Robespierre (enfin indirectement!).

LES FEUILLANTS.

C'est le nom porté par un des nombreux clubs formés lors de la révolution dont les membres se réunissaient dans l'ancien monastère des Feuillants fondé le 8 septembre 1587 ; il regroupe des partisans fidèles à la royauté constitutionnelle donc au Roi Louis XVI. Ce club disparaîtra rapidement par les diverses bisbilles qui se transformeront en haines acharnées et deviendra le club des Jacobins, sous la pression des députés bretons, qui s'installe lui dans l'ancien couvent des Dominicains (aussi appelés Jacobins) rue Saint Honoré.

A l'origine les Feuillants sont des Cisterciens revenus à une observance plus stricte de la Règle qui ont créé, en 1144, leur monastère à Labastide dans le diocèse de Rieux (Rieux Volvestre maintenant) diocèse situé au sud de Toulouse fondé par le pape Jean XXII en 1317 et supprimé par la Constitution civile du clergé le 12 juillet 1790 et la création des départements : un département, un diocèse. Le bourg s'appellera alors Labastide Notre Dame de la clarté Dieu, puis Labastide-Feuillants (et deviendra en 1790 Labastide-Clermont). Le monastère donnera à ses moines le nom de ces bois feuillus où il est installé : Feuillants.

Le roi Henri III avait fondé, rue Saint Honoré, l'abbaye royale de Saint Bernard pour les Cisterciens ; elle prendra le nom de "Feuillants" avec l'arrivée de ses nouveaux locataires venus du Sud-ouest en 1587. Louis XVI et les siens y seront logés les nuits du 10, 11, 12 août 1792 avant d'être séquestrés dans la tour du Temple après le souper qui leur aura été servi dans le logis du Prieur, leur dernier repas d'hommes libres.

Il ne reste rien du monastère des Feuillants, rasé sous le Consulat, sauf une partie du chevet dans une cour privée, il ne reste rien du monastère du Temple rasé totalement sous le Consulat. Il ne reste quasiment rien à Labastide-Clermont.

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10 AOUT 1792, ATTAQUE DES TUILERIES.

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10 AOUT 1792, ATTAQUE DES TUILERIES.

   Des évènements qui se déroulent à Paris en ce vendredi 10 août 1792, il y a 230 ans, et marquent cruellement notre Hisroire,  certains osent encore parler, ou écrire, de soulèvement spontané du peuple opprimé. Alors que les Marseillais, venus pour soi-disant défendre les frontières en danger, sont arrivés à Paris le 30 juillet et y sont restés. On va les retrouver dans l'attaque du Palais royal des Tuileries défendu par un millier de Suisses. Ce ne sont pas des mercenaires ; c'est François 1er qui est à l'origine de leur emploi officiel comme gardiens de la royauté depuis le Traité de Genève du 7 novembre 1515. Des Gardes nationales sont aussi chargées de la défense du Palais ; sous un prétexte de la Commune de Paris, sur une idée de Danton,  leur commandant Antoine Galiot Mandat de Grancey est demandé, vers quatre heures du matin, à l'Hôtel de ville et là il est massacré. Sans commandant, sans ordres, les Gardes nationales vont abandonner leur poste ou se joindre aux assaillants venus des faubourgs en particulier Saint Antoine. L'attaque a commencé vers huit heures et Louis XVI et la famille royale, sur les conseils de Roderer, se sont réfugiés au sein de l'Assemblée législative dans la salle du manège.

   A dix heures c'est le massacre qui débute, 300 Suisses vont être exterminés mais non sans se défendre puisque l'on parle de 300 assaillants "restés sur le carreau".

10 AOUT 1792, ATTAQUE DES TUILERIES.

   Louis XVI envoie un billet signé de sa main (ou d'un faussaire ?) donnant l'ordre de cesser le feu ; c'est sacrifier 300 Suisses qui vont être tués ou faits prisonniers ; certains vont arriver à s'enfuir, dont Jost Dürler leur commandant, ainsi que les nobles qui étaient restés défendre le roi. Beaucoup seront victimes des Massacres de septembre ; on estime que 350 arriveront dans leur pays natal. Ils recevront de leur gouvernement la médaille Fidélité et Honneur.

   Une plaque commémorant le combat des Suisses sera gravée en novembre 2005 pour être fixée sur un mur de la chapelle expiatoire ; cela ayant été refusé elle est toujours en dépôt aux Invalides.

   Jost Dürler sera fait Maréchal de camp par le comte de Provence, futur Louis XVIII, en 1796. Les Suisses ont eu le souci de se souvenir et un artiste Bertel Thorvaldsen a dessiné ce lion,  sculpté par Lukas Ahorn à Lucerne (Suisse) dans une falaise de grès en 1821, percé d'une flèche il représente l'âcre combat des défenseurs de Louis XVI. Cette sculpture mesure dix mètres de long sur six mètres de haut. Sont mentionnés les noms des 760 assassinés et des 350 survivants. Le cliché a été réalisé par un membre du Souvenir Chouan de Bretagne que je remercie une nouvelle fois.

10 AOUT 1792, ATTAQUE DES TUILERIES.
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30 JUILLET 1792 IL Y A 230 ANS

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30 JUILLET 1792 IL Y A 230 ANS

Il y a une certaine corrélation entre les évènements parisiens d'il y a 230 ans, avec les désordres causés à l'Assemblée nationale législative par les Montagnards et les désordres actuels causés par leurs descendants appelés NupeS. Le flou entretenu par ceux qui pourraient actuellement relever de "La Plaine ou le Marais" selon les termes de Marat, les appels à la guerre comme le firent les Girondins (alors de gauche avant de passer à droite sous la Convention) en faisant signer par le Roi la déclaration de guerre à l'Autriche. Les troubles entretenus dans le pays comme le firent certains clans à l'époque.

Le duc de Brunswick depuis Coblentz le 25 juillet a mis en garde l'Assemblée contre toute atteinte à l'intégrité du Roi et de la famille royale. Cette déclaration met le feu aux poudres et le Bataillon des Marseillais pénètre en ce jour du 30 juillet à Paris au son des fifres et tambours chantant un appel aux meurtres devenu célèbre sous le nom de Marseillaise.

C'est pour le royaume de France le début de la fin qui va s'accélérer dans onze jours avec l'attaque et la prise du palais royal des Tuileries, la famille royale qui ira se mettre sous la protection de L'Assemblée nationale dans la salle du Manège, où par la suite elle sera mise en état d'arrestation avant d'être enfermée dans la tour du Temple convertie en prison.

On peut imaginer le spectacle de centaines d'individus braillant comme celui-ci.

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BALADE EN PAYS DE RETZ.

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BALADE EN PAYS DE RETZ.

A l'occasion d'un rendez-vous j'ai franchi la Loire le 26 juillet. Je suis allé ensuite découvrir une œuvre d'art que je désirai voir depuis longtemps : le maître-autel présent dans l'église Saint Louis de style néo-byzantin de Paimbœuf, superbe pièce, en marbres italiens de différentes teintes (blanc, violet, brun, vert)  du XVIIIèm,e siècle, autel réalisé pour l'abbatiale Notre Dame de Buzay. Il est acheté par la municipalité de Paimboeuf et installé en 1792, après la fermeture et le renvoi des moines de ladite abbaye cistercienne en 1790. dans l'ancienne église avant d'être conservé (Dieu Merci !) dans la nouvelle consacrée en 1913. Cet autel est surmonté d'un magnifique tabernacle en marbre de Carrare d'une hauteur d'1,17 mètre.

BALADE EN PAYS DE RETZ.

Ayant habité près de quatre ans à 20 Km de là je découvrais hier pour la première fois, à Vue, le château, du moins ce qu'il en reste, de La Blanchardais, ou Blanchardaye, du XVIème-XVIIIème siècle. Il ne semble pas avoir été incendié à la révolution contrairement au bourg voisin de Vue. Il sera un temps dans la famille de Dion-Bouton, génial inventeur automobile , il arrivera dans d'autres mains par la suite. C'est l'incurie humaine, la bêtise et le lucre qui l'ont mis en cet état ; il ne reste que la partie droite le pavillon central et l'aile gauche ont totalement disparu et il ne reste qu'un élément tronqué de la tour de gauche (pour la photo j'ai fait disparaître une maison!). Il ne reste d'à peu près intacte que la fuie de 1585...et encore ; une menuiserie est greffée sur elle. Cette fuie pouvait recevoir 2600 pigeons.

BALADE EN PAYS DE RETZ.BALADE EN PAYS DE RETZ.BALADE EN PAYS DE RETZ.
BALADE EN PAYS DE RETZ.

Le dernier propriétaire à la révolution est Charles-François Danguy seigneur de la Blanchardaye, domaine arrivé dans sa famille en 1758. Charles-François, né en 1730, est un ancien militaire qui fut capitaine d'Infanterie du Soissonnais puis de Bassigny ; il est chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint Louis, ce qui n'est pas rien !  c'est un vrai noble avec blason.

BALADE EN PAYS DE RETZ.

1793. Il vit tranquille, peinard dirions-nous maintenant, s'occupant de gérer ses 300 hectares de terres ; il exècre la révolution parisienne mais semble, comme beaucoup de hobereaux, dépassé par les évènements et le climat délétère qui s'est installé en France. La révolution a fait main basse sur tout ce qui était militaire et lui, l'ancien militaire, ne croit qu'à une opposition militaire ; hors les officiers ont émigré. Pour son malheur les paysans, qui se sont soulevés dans le Pays de Retz (qui n'est pas encore appelé La Vendée) au nom de leurs libertés y compris la Liberté religieuse à Vue, Chauvé, Rouans, Saint Père en Retz et autres paroisses, viennent le sommer de se mettre à leur tête pour les mener au combat contre la municipalité de Paimboeuf,  siège de tous leurs maux, le 12 mars 1793.

Agé de 63 ans, mal voyant, affaibli par une vie militaire bien remplie il essaie de les raisonner ; rien à faire et menacé il accepte de se mettre à la tête de ces braves gens plus aptes à braconner et à défier les gardes forestiers du Roi qu'à se comporter en soldats. Il avait prévenu qu'il rentrerait chez lui avant le coucher du soleil à cause de sa mauvaise vision ce qu'il fera après l'échec de l'attaque non à cause du nombre mais par le fait de la désorganisation des troupes paysannes qu'il a bien essayé d'organiser mais sans succès. Il rentre chez lui  tout en essuyant un coup de sabre et un coup de pistolet de gendarmes à sa poursuite.

Le 30 mars il envoie un courrier à son frère pour régler quelques affaires.

Le 31 mars il est arrêté à son domicile et emmené à Paimboeuf où il se justifie ; il est remis en liberté. Mais le lendemain 31 mars le procureur-syndic de Paimboeuf fait appel de la décision par la loi du 19 mars (POSTERIEURE AUX FAITS!) lui étant applicable. Il est arrêté de nouveau et envoyé  à la prison du Bouffay à Nantes. Il passe devant le "tribunal" de Phélippes Tronjolly  (François- Louis Phelippes de Coatgoureden de Tronjolly, de son vrai nom d'antique noblesse ! le sanguinaire que l'on retrouvera à charge contre Carrier en novembre 1794 !) le 6 avril 1793. Il n'a pas d'avocat, cela n'existe plus. Il expose les faits, en toute confiance. Le "tribunal" ne peut excuser sa démarche en fonction de ses infirmités et qu'il a été contraint de le faire ; il a concouru à maintenir les révoltes et émeutes. Il est condamné à mort et guillotiné (et non fusillé comme on le lit sur certains sites dits d'Histoire) le même jour 6 avril 1793 sur la place du Bouffay.. Il est le premier noble guillotiné en ce lieu. Il avait 63 ans. Son épouse Marie Balzamie de Foyal de Donnery décède à Blois en juin 1797 âgée de 60 ans ; de leurs deux filles, seule Balzamie Danguy de Vue survivra à la révolution et décèdera en 1842. Leur autre fille Marie, qui aura épousé le 20 avril 1789  Claude Louis Marie de Bruc de Cléray, auquel elle donnera deux garçons, sera massacrée le 14 février 1794 près de Beaupreau âgée de 29 ans.

BALADE EN PAYS DE RETZ.

Mon périple s'est poursuivi par La Sicaudais où derrière le maître autel une pierre tombale signale l'existence d'un tombeau dans lequel reposent 20 révoltés tués lors de la répression révolutionnaire après mars 1793. Détour par Chauvé ; dans une chapelle sur la gauche une liste de 217 noms des personnes que l'on a pu identifier sur les 600 du bourg et hameaux alentours disparues lors de la répression par les hordes révolutionnaires. Le bourg sera incendié et même son nom détruit puisque Chauvé deviendra Haxo les Landes (Vue deviendra Ile tortue, Rouans ensanglanté par des massacres deviendra Barra les Marais, Frossay Mont Vineux, Saint Père en Retz sera Fraternité etc.). Il n'y a pas eu que Les Lucs sur Boulogne !

Oui, vraiment, Gloire à la républque sanglante !

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DOMINIQUE JEAN LARREY, 25 JUILLET 1842.

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DOMINIQUE JEAN LARREY, 25 JUILLET 1842.

Il n'est pas fréquent, au Souvenir Chouan de Bretagne, d'encenser un républicain ; mais Dominique Jean Larrey compte pour notre Association et pour les Chouans particulièrement pour le souvenir de Georges Cadoudal.

Dominique Jean Larrey naît le 8 juillet 1766 et est baptisé le même jour à Beaudéan, département des Hautes Pyrénées, à 28 Km au sud de Tarbes. Il est le fils de Philippine Péres et de Jean Larrey maître cordonnier. Le couple est de condition modeste mais possède une jolie maison dans le bourg ; elle est maintenant un musée à la gloire du grand' homme.

Il est le deuxième enfant d'une fratrie de trois. Dominique Jean bénéficiera de l'instruction que lui apporte le curé du village, l'abbé Grasset, qui remarque très tôt sa vive intelligence. Malheureusement son père décède brutalement à l'âge de 44 ans le 13 novembre 1770 (et non 1779 ou 1780 !) ; Dominique Jean n'a que 4 ans et 4 mois (et non 13 !).

A 13 ans il est confié à son oncle Alexis Larrey Chirurgien en chef à l'hôpital militaire Saint Joseph de Toulouse qui l'inscrit au collège de L'Esquille des Frères de la doctrine chrétienne tout en suivant les cours de son oncle auprès duquel il acquiert ses premières notions de médecine. A 20 ans, en 1786, il est premier au concours d'aide-Major de l'hôpital ; il est initié en maçonnerie dans la loge Ecossais fidèles.

Il part en 1787, à pied, pour Paris où il arrive en août afin de suivre à l'Hôtel Dieu (près de Notre Dame) un enseignement au lit du malade. Et il repart ensuite, toujours à pied, pour Brest afin de postuler pour un poste de chirurgien-Major dans la prestigieuse Ecole de médecine de la Marine royale ; il est classé premier. En attendant son embarquement sur la frégate La Vigilante il s'initie au traitement des blessures et embarque enfin pour Terre Neuve ; il apprend sur le mal de mer, le scorbut mais la vie à bord ne lui convient pas. De retour à Brest il pose son sac et repart pour Paris en 1789 et est reçu premier au concours d'aide-Major à l'hôpital des Invalides.

Il se mêle aux "fermentations" révolutionnaires, suit Camille Desmoulins et perd son travail. Il donne des cours de médecine et d'obstétrique pour vivre.

Après l'abolition de la royauté, le 21 septembre 1792, le cycle infernal des combats de "la libération des peuples opprimés" s'accélère ; il est nommé chirurgien aide-Major à l'Armée du Rhin. Mais la Convention a interdit aux officiers de santé de s'approcher des combats. Il observe donc, à la lorgnette, le déplacement des canons et caissons d'artillerie et lui vient l'idée de remplacer ces équipages par des roulottes permettant d'aller au plus vite secourir les blessés. C'est la que germe en lui l'idée des ambulances du champ de bataille et la possibilité d'opérer en urgence les blessés. Projet qu'il présentera en 1794 mais qui n'aboutira qu'en 1797 à Marengo.

Entre temps il aura inventé la ligature des vaisseaux sanguins évitant à un grand nombre de blessés de "mourir à bout de sang".

Il suit Bonaparte, auquel le lie une grande admiration,  dans ses campagnes  à Le Caire et Aboukir ; il transforme les chameaux en transporteurs de blessés (deux par animal) installés dans des paniers latéraux en osier. Il ne manque pas d'idées pour compenser les pertes causées par son Bonaparte !

Il est sur tous les champs de bataille.

 

DOMINIQUE JEAN LARREY, 25 JUILLET 1842.

On le retrouve à Eylau, Friedland, en Espagne, au Portugal, en Autriche, à Wagram où il procède à 300 amputations en trois jours. Il "fait" la Campagne de Russie côté bien sûr des victimes de la furie napoléonienne, souffre du passage de la Bérézina où ce sont les soldats, reconnaissants de son travail, qui viennent le sauver du froid en l'entourant de paille et de leurs quelques vêtements.

Il est aussi à Waterloo où il est fait prisonnier car les Prussiens ont cru que c'était Napoléon ; découvrant que ce n'est pas l'Empereur ils décident de le fusiller. Il est sauvé in extremis par  un chirurgien prussien qui avait été son élève (d'après "The London and Edimburgh journal for medical science, février 1842 SHD Vincennes avril 2010) ou, autre source,  par Blücher dont il avait sauvé le fils.

Il survit donc à toute l'épopée napoléonienne, est chassé à la première Restauration et réhabilité à la seconde. Il servira sous Louis-Philipe, ira dans le territoire conquis par le comte de Bourmont sous Charles X, l'Algérie, en rentrera malade et décèdera à Lyon car il avait exprimé le désir de revenir chez lui à Paris rejoindre sa femme, Marie-Elisabeth Laville-Peroult avec laquelle il avait assez peu vécu qui lui aura donné trois enfants, deux filles et un fils qui, comme lui, sera chirurgien militaire. Mais il aura appris son décès la veille de sa propre mort.

Il meurt le 25 juillet 1742 à 5 heures du soir à Lyon ; son décès est déclaré  le 26 juillet. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris. Ses restes sont exhumés le 15 décembre 1992 et inhumés dans la chapelle des gouverneurs aux Invalides.

Tarbes lui a dressé une belle statue en bronze qui rappelle ses nombreux ouvrages médicaux et ses ambulances volantes salvatrices de milliers de blessés.

DOMINIQUE JEAN LARREY, 25 JUILLET 1842.

Pour les Chouans il restera celui qui aura restitué le squelette de Georges Cadoudal ; en effet après son exécution le 25 juin 1804 sur la place de Grève il récupère le corps et le fait bouillir pour enlever les chairs et ne garder que le squelette qui lui servira pour ses cours à l'Hôtel Dieu.
Le 20 juin 1814 Joseph Cadoudal (plus jeune frère de Georges et pas encore anobli -1818) accompagné de Louis-Charles de Sol de Grisolles (Lieutenant général de Georges)  et de Charles d'Ozier rencontrent Dominique Larrey afin d'accorder au Chef Chouan une digne sépulture. Celui-ci leur restituera les ossements (contre espèces sonnantes et trébuchantes d'après Billard de Vaux) avec certificat à l'appui. C'est ainsi que Georges repose en le mausolée de Kerléano alors que ses onze amis...

Le 20 juin 1814:" Je, soussigné, Dominique Larrey, Inspecteur du Service de Santé des Armées, Premier chirurgien de la ci-devant Garde Impériale, déclare être possesseur du squelette (monté en fil de fer) ayant appartenu à la personne de Georges Cadoudal. Je certifie l'avoir remis à Joseph Cadoudal, frère de Georges, De Sol de Grisolles et Charles d'Hozier ses amis, lesquels me l'ont demandé avec insistance". 

Une question demeure : Est-ce que le crâne de Georges à Kerléano est le vrai ? Il ne semble pas correspondre à la taille du squelette ; en effet Dominique Larrey s'intéressait à la phrénologie,  pseudoscience faisant l'analogie entre le volume du crâne et le comportement, et était en relation avec un chirurgien autrichien. Le vrai crâne est-il ailleurs? Pour le moment mes recherches n'ont rien donné. Le moulage du crâne de Georges tel qu'on peut le voir au musée de l'Ecole de médecine de Rochefort pose question.

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BRUNO LE MAIRE ET LA MECONNAISSANCE DE L'HISTOIRE

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BRUNO LE MAIRE ET LA MECONNAISSANCE DE L'HISTOIRE

En 2011, Bruno Le Maire, énarque comme il se doit, agrégé de Lettres, était ministre de l'Agriculture de Nicolas Sarkozy dans le gouvernement de François Fillon. Il avait rédigé pour le journal Le Point un article non seulement sot mais totalement inepte sur Louis XVI. L'Agrégation de Lettres dont il est muni fait plutôt penser, en le lisant, à des lettres comme celles d'un facteur  !

Il est revenu sous les feux  de la rampe  en faisant partie de la domesticité du frétillant Emmanuel Macron qui s'est donné des airs d'historien en proférant, depuis un pays étranger, l'Algérie, quelques belles insanités sur l'Histoire de la France en Algérie, au mépris de toute convenance en manière de politique étrangère qui veut que l'on ne critique pas son pays depuis l'étranger. SURTOUT POUR RACONTER DES SOTTISES.

Que doit penser Monsieur de Malesherbes, botaniste de formation relevant du ministère de l'Agriculture,  de l'articulet qu'écrivait  son lointain successeur Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture en exercice, dans l'hebdomadaire "Le Point", N° 2043 du 10 novembre 2011: "La fuite à Varennes".

Le chapeau de l'article est une représentation d'un tableau de l'époque révolutionnaire sur lequel on distingue le roi, ramené dans son carrosse entouré des Gardes Nationales. La légende est impitoyable: Traître.

Monsieur Le Maire a mis cette légende. Ce n'est pas glorieux, voire signe d'un illettrisme flagrant. Louis XVI n'a jamais trahi son pays. Tous les politiques républicains peuvent-ils en dire autant ? Surtout à l'époque actuelle ?

Quand on élimine tous les poncifs révolutionnaires de l'arrestation du roi, nous lisons son appréciation sur cette épisode de l'Histoire qu'il connaît bien mal. Ce fait se passe en juin 1791 et déjà monsieur Le Maire anticipe: " Fin de la monarchie, premier acte de la République" (évènement qui se passa la nuit du 21 au 22 septembre 1792 !).

Il y a des lacunes de dates chez ce ministre ! Et il pose la question :"Que se serait-il passé si Louis XVI avait refusé de fuir son peuple?" Oubliant, autre lacune, que ce n'est pas son peuple qu'il fuyait, mais le système concentrationnaire qui l'empêchait de diriger Son pays. Louis XVI n'a pas fui son peuple mais il s'est évadé de la capitale qui le retenait prisonnier. Contrairement à d'autres hommes politiques de l'Histoire récente, il n'allait pas se réfugier à l'étranger, il allait rejoindre ses troupes qui l'attendaient dans le Royaume de France. Le plus sublime, dans la bêtise, est cette phrase: "Je vois peu d'erreurs aussi fatales dans notre histoire que celle de Louis XVI abandonnant en catimini un peuple qui sans doute le rejette mais qui est le sien. En une nuit, la monarchie de Droit Divin vire à la comédie domestique. Désormais, le fils de Saint Louis peut mourir en simple citoyen".

Le Maire oublie deux choses: Louis XVI s'évadant de Paris ne fuyait pas son peuple, il allait reprendre ses responsabilités de roi et le peuple, le vrai, n'a jamais rejeté son roi (voir les Cahiers de doléances). Si Louis XVI avait voulu déserter son pays il l'aurait pu, ses frères l'ont bien fait qui monteront sur le trône par la suite.

Et contrairement à ce qu'a écrit """"l'historien"""" Le Maire, Louis XVI est mort, mais pas en simple citoyen ! Ne lui en déplaise !

Maintenant Bruno Le Maire est ministre de l'économie et des finances ; on peut redouter le pire dans sa gestion de la crise avec la Russie dont il oublie qu'à part l'épisode napoléonien elle fut toujours amie de la France (ce dont aurait du se souvenir le prétendu historien) ; c'est à dire qu'il aurait du préserver les intérêts économiques de la France, ce qu'il n'a pas fait. Sans doute pour ne pas déplaire à ses amis américains ? N'est-ce pas à lui que s'applique le terme de traître ?

BRUNO LE MAIRE ET LA MECONNAISSANCE DE L'HISTOIRE
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10 JUILLET 1792, REVOLTE A FOUESNANT, ALAIN NEDELEC

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10 JUILLET 1792, REVOLTE A FOUESNANT, ALAIN NEDELEC

Alain Nédélec (et non Nedellec) est né et baptisé, par l'abbé G. Lélias recteur,  le 4 mars 1758 à Pleuven (Finistère), dans le pays de Fouesnant, proche de Quimper. Il est le fils de Alain Nédélec, cultivateur, et de Françoise Mahuec.

10 JUILLET 1792, REVOLTE A FOUESNANT, ALAIN NEDELEC

Il épouse, le 27 novembre 1781 à Fouesnant, Catherine Caradec fille d'un cultivateur aisé du bourg.. La bénédiction nuptiale leur est donnée par l'abbé R. Grascaur (ou Grascour) Curé. Alain est âgé de 23 ans et demi. Ils s'installent au village de Cosquer ;  cinq enfants, 4 filles et un garçon, naîtront de leur union.

Apprécié par ses contemporains il est élu juge de paix  pour le canton de Fouesnant le 21 décembre 1790. L'élection est entérinée par l'Assemblée législative mais Alain  Nédélec veut la signature de Louis XVI pour lui seule autorité légitime.  Le district de Quimper ne l'entend pas de cette oreille et le condamne à une amende qu'il refuse de payer. Le tribunal de Quimper envoie alors, en juin 1791, un huissier pour effectuer sur ses biens une saisie du montant de ladite amende. Son Beau-père, Tanguy Caradec, cultivateur très aisé et respecté, lève un grand nombre de paysans pour s'y opposer. Le greffier retourne, penaud, au tribunal et explique que ce rassemblement l'a empêché de remplir son office.

Obstiné le même huissier revient en juillet escorté de quatre gendarmes mais là ce sont des dizaines de paysans qui prennent la défense d'Alain Nédélec. Retour à Quimper pour un compte-rendu de ce nouvel échec. Le tribunal décide alors de l'envoi de 250 soldats pour arrêter les contrevenants dont Nédélec et son beau-père. Alain arrive à s'échapper ; Tanguy Caradec est fait prisonnier ainsi que quelques autres personnes.

Ils seront amnistiés en septembre 1791. Un autre juge de paix est élu mais l'élection est perturbée. Pendant ce temps Alain Nédélec fait l'achat de fusils et de poudre afin d'équiper les Révoltés (précurseurs des Chouans).

Le 8 juillet 1792 nouvel appel au soulèvement ; Nédélec appelle au rassemblement près de la chapelle Notre Dame des neiges de Kerbader. Ils seront plusieurs centaines dont certains seront armés.

10 JUILLET 1792, REVOLTE A FOUESNANT, ALAIN NEDELEC

10 JUILLET 1792, les autorités de Quimper décident de frapper un grand coup et envoient 150 Gardes nationaux accompagnés de 16 gendarmes et d'une pièce de canon ; les révoltés on tendu une embuscade, version contredite par le sergent major Jézéquel des Gardes nationaux qui, selon lui, seraient arrivés dans Fouesnant persuadant les Révoltés de déposer les armes.

Alain Nédélec aurait alors tué un Garde qui l'insultait mais il arrive à s'enfuir ainsi que Tanguy Caradec et une dizaine de révoltés. Ceux-ci seront repris cinq mois plus tard et ramenés à Quimper comme le rappelle le tableau peint par Jules Girardet en 1886-1887. On peut remarquer Tanguy Caradec avec ses cheveux grisonnants et à son côté Alain Nédélec portant un baudrier blanc.

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ASSEMBLEE GENERALE DU SOUVENIR CHOUAN DE BRETAGNE, 2 JUILLET 2022

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ASSEMBLEE GENERALE DU SOUVENIR CHOUAN DE BRETAGNE, 2 JUILLET 2022

Notre assemblée générale s’est tenue, comme prévu, à Limerzel où nous nous réunissions dans l’excellent restaurant « L’auberge Limerzelaize » tenue, grandement tenue, depuis 22 ans par Jacques Lethue et sa charmante épouse.

L’assemblée s’est réunie à partir de 10 H 45 ; si nous n’étions pas nombreux (18) les nombreux pouvoirs ont donné le quorum pour cette Assemblée générale et les diverses questions inscrites dans l’ordre du jour. Rapport moral du président et bilan comptable présenté par la trésorière  reçurent le quitus de l’assemblée. A 12 h sans aucune question de la part des membres présents le président levait la séance. La secrétaire a vendu les lampes électriques frappées du sigle de notre Association, qui sont toutes parties, une nouvelle commande est en cours, ainsi que quelques parapluies ; mais comme Sainte Claire veille toujours sur nos réunions, grâce aux prières des Sœurs Clarisses de Nantes, ces parapluies eurent peu de succès. Il m’en reste trente (sur 80).

Comme nous avions de l’avance dans l’horaire nous sommes allés voir le tableau qui fut installé par les paroissiens pour honorer la mémoire de l’abbé Julien Minier en janvier 1994 pour le 200ème anniversaire de son exécution à Lorient. L’abbé Julien Minier, vicaire réfractaire de Limerzel,  guillotiné à l'âge de 32 ans, était sur la liste des 26 prêtres et religieux, martyrs de la révolution,  proposée au Vatican pour leur béatification comme Confesseurs  de la foi ; nous savons qu’il n’y a que Pierre-René Rogue qui passa l’examen avec succès !  Proclamé Bienheureux le 10 mai 1934 - Martyr de l'Eucharistie - son procès en canonisation est en panne.

ASSEMBLEE GENERALE DU SOUVENIR CHOUAN DE BRETAGNE, 2 JUILLET 2022

Après quelques exposés sur l’architecture de style néogothique de l’église reconstruite inaugurée en 1891 et du climat politique de l’époque nous sommes revenus à l’auberge pour de substantifiques nourritures.

Les trois plats comblèrent les participants et un administrateur proposa même que nous revenions pour une autre Assemblée générale dans le même lieu ; la proposition fut retenue.

Chacun regagna son véhicule pour rejoindre le Clos Minier où se dresse encore fièrement le chêne dont le creux servait de refuge à l’abbé lorsqu’il était poursuivi pour ses activités sacerdotales entre plusieurs maisons amies.

ASSEMBLEE GENERALE DU SOUVENIR CHOUAN DE BRETAGNE, 2 JUILLET 2022

Nous reprenons nos voitures afin d‘aller visiter l’église Notre Dame de la Tronchaye à Rochefort en terre où fut baptisé, le jour de sa naissance le 15 juillet 1761 (et non 1757), l’abbé Julien Minier ; impossible de stationner. Nous repartons alors pour le manoir de Trégouët en Béganne chez Monsieur Hubert de Lambilly qui m’a prévenu qu’il serait absent mais nous laissait l’accès libre. Nous allons chez les Sécillon dont la maîtresse des lieux était la tante de Louis-Charles de Sol de Grisolles.
Présentation du lieu qui fut un des quartiers généraux  de Louis-Charles de Sol de Grisolles responsable Chouan du secteur après la mort de Sébastien de Silz tué par les Bleus lors d'un accrochage à Grand Champ le 29 mai 1795. Les uns et les autres s'extasient devant la demeure qui est belle, certes. Je rappelle alors que ce bâtiment que nous voyons était à l'époque les communs ; le manoir historique a disparu en 1944. En face, de l'autre côté de la Vilaine se trouvait le haut de la "Poche de Saint Nazaire". tenue par la Wehrmacht et son artillerie Des éléments de l'armée Patton  épaulés de FFI FTP installés sur Trégouët tirent deux ou trois obus sur les Allemands qui répliquent et en quelques coups au but le manoir du XVIIIème part en fumée et disparaît.. Le père du propriétaire actuel fera le choix de restaurer les communs en y incluant des éléments récupérés sur le manoir détruit ; linteaux, chiens assis, pierres armoriées etc. qui anoblissent les communs. (voir La  Revue du SCB)..

Nous reprenons  nos montures et partons pour Le Vau de Quip où nous sommes attendus par les propriétaires qui sont venus, exprès, de Paris pour nous recevoir (ce qui est d'autant plus décevant que nous n'ayons "été" que 18 !).

 

ASSEMBLEE GENERALE DU SOUVENIR CHOUAN DE BRETAGNE, 2 JUILLET 2022

Le maître des lieux est, à lui seul, un résumé, une personnalisation de ceux dont nous honorons la mémoire. Il est l'arrière, arrière, arrière petit-fils de Pierre Gouffier de Boisy vainqueur de Vihiers en juillet 1793, fusillé à Noirmoutier le 8 ou 9 janvier 1794 près de son ami Maurice Gigost d'Elbée qu'il avait accueilli dans son manoir de Landebaudière alors qu'il avait été grièvement blessé lors de la bataille de Fontenay le Comte et qu'il avait évacué après la défaite de Chollet vers Noirmoutier secteur tranquille. Hélas l'Île est reprise par les Bleus le 3 janvier 1794.. Il est le descendant de René-Claude Jérôme de Talhouët- Grationnaye blessé grièvement sur le champ de bataille de Sainte Barbe le 16 juillet 1795 et massacré sur place. Il est aussi arrière, arrière, arrière petit neveu de Bernard-Marie Jouan de Kervénaoaël fusillé sur le port d'Orange le 30 juillet 1795. (article pus complet dans La Revue).

Notre hôte et son aimable épouse, après un bel exposé sur Louise du Bot du Grégo, nous ont fait visiter le rez-de-chaussée de leur belle maison du XVème siècle et des travaux considérables qu'ils ont menés pour remettre cette maison dans son Histoire, en effet la salle à manger actuelle était une étable; d''un côté les bestiaux et derrière une cloison les vachers. La superbe cheminée murée et le manteau caché sous une couche de plâtre. Nos hôtes nous ont offert rafraîchissements et nourritures. (Voir La Revue du Souvenir Chouan de Bretagne en particulier à propos de Louise). Dans son SMS notre hôte m'écrit combien il a été ravi de nous accueillir, un groupe très sympathique et nous adresse un grand merci pour ce somptueux bouquet offert à ma femme. Bien à vous.

Une très belle journée ; ceux qui ne sont pas venus ont raté quelque chose !

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JEAN JAN, 24 JUIN 1798, LA FIN D'UNE GRANDE AVENTURE...

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JEAN JAN, 24 JUIN 1798, LA FIN D'UNE GRANDE AVENTURE...

Dé gouil Yahan, dé aveit dé, Jandarmet Baud oé ar valé,

Ha ré Pondi e oé ehué,  Jandarmet Baud oé ar valé...

C'était la saint Jean, jour pour jour, les gendarmes de Baud faisaient un tour, Des gendarmes de Pontivy avec eux, Des gendarmes de Baud aussi.

Ainsi débute la complainte de Jean Jan écrite peu de temps après sa mort. Ce genre d'hommage n'est pas fréquent.

En général je préfère rappeler des faits à des dates anniversaires ; mais le 230ème est dans 6 ans et nul ne peut présager de l'avenir ! Alors autant faire mémoire maintenant.

JEAN JAN, 24 JUIN 1798, LA FIN D'UNE GRANDE AVENTURE...

Comme rappelé dans l'article du 15 juin, Jean Jan est né dans cette maison du village de Jugon attenant à Baud (rien à voir avec Jugon les lacs) le 15 juin 1772. Maison rachetée par un commerçant qui a refait le toit et a surtout récupéré les encadrements de portes et fenêtres en granite pour les remplacer par un simili granite en béton ! Quelle faute !

En ce jour de la Saint Jean (le Baptiste) après la messe du matin, célébrée par l'abbé Le Saux oncle de Françoise le Saux dite Fanchon, dans leur hutte de branchage où ils vivent dans la clandestinité et le déjeuner, avec Claude Lorcy dit L'Invincible, son ami de toujours, ils se détendent en jouant aux boules avec trois compères. Il est prévu qu'ils partent pour l'Angleterre le soir-même. Jean Jan est recherché par tous les gendarmes qui savent bien qu'il est le chef des Chouans. Ils sont guidés dans leurs investigations par un vendu nommé "Mille boutons" de Saint Nicolas des Eaux. Ils veulent sa peau pour détruire la Chouannerie locale du Pays de Baud.

JEAN JAN, 24 JUIN 1798, LA FIN D'UNE GRANDE AVENTURE...

Ils sont là, dans le bas de ce champ, dominé par le monument commémoratif élevé par de nombreux bénévoles en 1990, construit avec du granite, pour rappeler l'épopée chouanne, sur lequel le Souvenir Chouan de Bretagne a fixé pour le 200ème anniversaire, en 1998, une plaque mémorielle.

JEAN JAN, 24 JUIN 1798, LA FIN D'UNE GRANDE AVENTURE...

Prévenue par l'abbé Duparc, prêtre réfractaire se cachant au village de Norglaie, Françoise Le Saux, dite Fanchon, du village de Kerlay, se précipite pour prévenir celui auquel on lui prête de doux sentiments : les gendarmes arrivent ! Trop tard !Les Bleus sont là et tirent. Jean Jan essaie de se défendre ; il  est blessé et achevé au sol. Claude Lorcy au lieu de fuir comme les trois autres compères , prend son fusil, rate sa cible et est massacré. Mais pour les Bleus c'est un inconnu qu'ils abandonnent sur place. 

JEAN JAN, 24 JUIN 1798, LA FIN D'UNE GRANDE AVENTURE...

Les deux Chouans sont tombés à faible distance de ce pont, le pont Mérian d'époque romaine paraît-il, des dalles de granite posées sur des supports permettant aux hommes et au bétail de franchir la rivière Brandifrout ou ruisseau de Coëtano reliant Melrand à Quistinic ; ils n'en ont pas eu le temps. Les Bleus chargent le corps sanguinolent de Jean Jan sur une charrette afin de l'amener à l'hospice de Pontivy. Ils embarquent sur la même charrette Fanchon qui a reçu une balle dans la hanche afin de la confier au chirurgien.

JEAN JAN, 24 JUIN 1798, LA FIN D'UNE GRANDE AVENTURE...

Le septième jour du mois messidor An Six de la République une & indble

Jean Jan âgé de vingt & huit à trente ans, cultivateur  & célibataire, de la taille d’environ cinq pieds et cinq pouces, yeux bleus, nez aquilain, front haut, menton rond, figure ovale, cheveux & sourcils châtains, natif du village de Jugon en la commune de Baud, fils de feu Olivier Jan et d’Anne Henrio aussi laboureurs-cultivateurs, porté sur la liste des émigrés, chef de brigands, tué les armes à la main, hier à trois heures après-midi par un détachement de la garnison de Pontivi, entre les villages de Kerlève et Coëtssulant, en la commune de Melrand, duquel le cadavre transporté à pontivi, a été reconnu par les citoyens Louis-Marie Puillon, Hervé Moigno & plusieurs autres personnes majeures d’âge & en grand nombre de différentes professions, domiciliées tant de cette commune que des environs même de celle de Baud ; en conséquence, je, officier public, me suis transporté en la maison d’hospice de cette ville, lieu du dépôt du cadavre du dit Jean jan & après m’être assuré de son décès, j’ai dressé le présent acte sous mon seing et ceux des soussignants ; interligné feu, hier à trois heures après-midi, d’âge &, même de celle de Baud, approuvé un mot rayé nul, transporté, retouché, approuvé, cinq retouché aussi approuvé.

Le Bohec, Moigno, Puillon, Tilly, M. Lejeune offr. public.

AD 56, Pontivy, acte N° 110 page 493 / 590

Un détail par rapport à  cet acte : né le 15 juin 1772 Jean Jan avait 26 ans et 9 jours.

Ainsi se termine le combat de Jean Jan dont le corps sera jeté dans la fosse commune à Pontivy.  Deux jours après, le mardi 26 juin, le corps de Claude Lorcy sera inhumé près du mur sud de la chapelle Sant Thuriaud ; ses ossements exhumés en 1885 par l'abbé Carel ont été inhumés dans une mini fosse située dans la partie droite du chœur où il est possible de les voir après avoir soulevé la dalle qui les recouvre.

Fanchon Le Saux terminera sa vie chez elle, âgée de 87 ans, le 14 juillet 1858,  fille religieuse comme le précise son acte de décès, restée fidèle à son Jean Jan.

JEAN JAN, 24 JUIN 1798, LA FIN D'UNE GRANDE AVENTURE...

HONNEUR A EUX !

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