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MEMENTOTE SOUVENEZ-VOUS D'AOÛT 2013 ET DE LA BETISE....

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MEMENTOTE    SOUVENEZ-VOUS D'AOÛT 2013 ET DE LA BETISE....

Il y a cinq ans ont commencé, hier 28 août 2013, les travaux, de ce que l'on appelle avec audace et hypocrisie, de déconstruction - ce terme sous-entendant un démontage pierre par pierre, élément par élément - alors qu'il s'agissait d'une démolition pure et simple d'un lieu de culte de style néogothique tombé dans la poussière, ainsi que ses vitraux, à Gesté dans le Maine et Loire, département d'un pays qui se dit amoureux de la culture et de l'art : La France !

Remplacé maintenant par une espèce de camembert que l'on a adossé au clocher du XIXe siècle, bâtiment en forme de colonne tronquée, fleurant bon sa franc-maçonnerie. L'histoire ne dit pas quelle sera la durée de vie de ce bâtiment par rapport à celle de l'église pour laquelle il a fallu une pelleteuse (ils appellent ça une grignoteuse !) d'une poussée de plusieurs tonnes pendant 12 jours.

Historique :

Il y eut d’abord une église dont les fondations sont apparues lors des fouilles effectuées en mai- juin 2016. Ces fouilles permirent de mettre au jour des tombeaux creusés dans le roc.

Une autre fut construite sur le même site au XVème siècle.

Est-ce son style qui ne plut pas à Etienne Cordelier (ou Cordellier), envoyé par le Comité de Salut Public aux ordres de la Convention, pour rectifier les architectures et les habitants des Mauges ?

Le 4  février 1794 Cordelier, un des Divisionnaires de Turreau l’infernal, après son passage à Gesté laisse derrière lui des ruines et des centaines de cadavres d’hommes, femmes et enfants. Mais au moins les ruines de l’édifice datant du XVème purent être  "replâtrées" de bric et de broc et servir après la pacification. En 1802-1804 elle sera consolidée. Mais à la moitié du XIXème la Foi étant ardente, après le feu ardent et destructeur qui s'était répandu sur la France, les églises se remplissaient et il fallut, comme ailleurs, agrandir l'église de Gesté.

Dans un premier temps l'architecte Ferdinand Lachèze reconstruisit, en 1844, à l'emplacement de l'ancienne église un édifice de style néo-roman avec un clocher de style proche. Le tout fut achevé en 1854.

Comme ce n'était toujours pas suffisant un autre architecte, de Beaupreau, Alfred Tessier, vit retenu son projet de construction d'un édifice de style néogothique (on devrait d'ailleurs dire néo-français car le style dit gothique est d'inspiration française et non barbare). Alfred Tessier était admiratif du style ogival qui pour lui approchait la perfection dans la construction d'une église car ce style symbolisait l'élévation de la prière. Alfred Tessier a construit ou terminé une trentaine d'églises, presbytères, mairies, l'abbaye de Bellefontaine etc.

Les forêts avaient été dévastées par les colonnes révolutionnaires, la population était plutôt pauvre, il fallait donc trouver des matériaux appropriés. La brique creuse pour les voûtes, permettant de limiter la pression sur les bas-côtés et donc de diminuer les arcs-boutants. Il préconisa l’emploi de poutrelles en acier, assurant une plus grande élasticité de la toiture, permettant une bonne résistance aux vents souvent forts, et un poids moindre que le bois, soutenant les liteaux pour l'arrimage des ardoises. Le tout d'un coût moins élevé que les anciennes techniques. Un architecte constructeur très inventif !

Une population généreuse et dévouée qui ne lésina pas sur son temps, ses forces et son peu d'argent pour servir la cause du Bon Dieu. Montrer aussi que l'ouragan anticatholique n'avait pas vaincu ces braves paysans qui désiraient le montrer avec une église à la mesure de leur Foi et de leur Espérance. Et ce fut un beau résultat. Cette belle église faisait la fierté de ses habitants qui l’avaient financée pour 80% de ses frais de construction soit 24.000 (l’Etat pour 6000 Francs) des 30.000 Francs Or (approximativement 923.400 €). Elle fut consacrée par Monseigneur Charles Fillion, évêque du Mans et natif de Saint Denis d’Anjou en 1865.

 

Lors de son premier mandat Baron Michel, maire de 1995 à 2008, décide de ne plus assurer l’entretien minimum de l’édifice comme la loi de 1905 dite de séparation de l’Église et de l’État (on devrait plutôt dire de l’État et de l’Église car c’est l’État qui décide cette séparation)est d’envisager sa destruction. Déjà depuis quelques temps les chenaux n’étaient plus nettoyés obstruant l’écoulement des eaux pluviales qui, évidemment, s’infiltraient sous la toiture coulant le long des murs.

Qu’un particulier cesse l’entretien de sa maison, surtout le toit, et il verra rapidement le résultat.

De plus quelques vitraux étant cassés (ou ayant été cassés) les pigeons se sont introduits et reproduits en quantité. Quelques braves dames assurent le nettoyage mais la tâche devient énorme. La mairie interdit à un couvreur qui inspectait la couverture depuis les combles de continuer sa tâche.

De plus l’affectataire se plaint d’avoir froid aux pieds quant il célèbre ; logique car ce bonnasse mou n’attire pas grand monde à ses offices d’où des quêtes maigrelettes et ne peut même pas se payer un bout de moquette pour mettre sous ses pieds délicats !

L’église est fermée au culte en 2007 sur décision de Baron et ses municipes. Soutenus, il est vrai, par une « association » "Collectif pour une église reconstruite unie" qui veut une église moderne ; parmi ses membres un individu qui a la particularité d’avoir démoli son château de la même époque que celle de l’église : il a décidé d’habiter dans les dépendances !

Pour des membres de ce municipe le style néogothique ne représente rien. Comme je le disais en mairie de Gesté le lundi 26 août avec des raisonnements pareils il n’y aurait plus en France, comme style architectural des églises, que du Le Corbusier – comme la chapelle de Ronchamp en Haute-Saône, un truc en béton avec des morceaux de verre coloré dans les ouvertures, coiffé d’une sorte de béret basque – celui-ci ayant fait disparaître le néogothique, qui aurait fait disparaître le gothique, qui aurait fait disparaître le Roman, lequel aurait fait disparaître le mérovingien etc.

Léger, membre du précédent Conseil, s'installe à la mairie en 2008 et poursuit l'œuvre dévastatrice de son prédécesseur ; se vêtant des habits de Cordelier il fait voter, par son Conseil municipal, un arrêté de  "déconstruction" de leur propre église ! On pouvait penser que le rôle d'un maire et de son Conseil était de préserver le patrimoine. Pas à Gesté.

- Le 2 février 2012, le Tribunal Administratif de Nantes annule la décision du Conseil municipal de Gesté.

- Le 5 décembre 2012, le Conseil d'Etat rejette le pourvoi en Cassation de la mairie de Gesté.

- Le 6 mai 2013, persistant dans son ecclesiaphobie, Léger revêt de nouveau son costume de général de Colonne Infernale et fait voter par la Colonne municipale la "déconstruction" de son église. Ces gens là bénéficient du soutien de l'évêque d'Angers, Emmanuel Delmas et de l'intrus local. Les appels d'offre sont lancés.

- 19 juin 2013 : Le Maire est le Premier Magistrat de la commune en charge de l'application de la Loi mais aussi de son respect.  Pas à Gesté : Au mépris des décisions prises par le Tribunal administratif de Nantes et le Conseil d’État, malgré les interdictions prononcées par la Direction Régionales des Affaires Culturelles et du Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine, Léger-Cordelier à la tête de son Conseil Infernal fait donner les premiers coups de pelleteuse dans la partie néo romane de l'église, sous l'œil effaré des habitants. Sous l'œil souriant de quelques uns qui, un an après, ne l'ont plus.

- 19 juin 2013 toujours : "Mémoire Vivante du Patrimoine Gestois" saisit le Juge des Référés qui fait interrompre la destruction le temps de prononcer sa décision laquelle est rendue publique le vendredi 12 juillet : le Pourvoi de "Mémoire Vivante du Patrimoine Gestois" est rejeté et puisque la démolition est commencée autant la poursuivre. La Mairie est condamnée à verser 2.000 € à l'Association à titre de dédommagement. Celle-ci se tourne vers le Conseil d’État qui rendra sa décision le 30 décembre 2013 soit quatre mois après la démolition totale de l'église.

Outre que l’équipe de Léger a détruit un bien communal, au titre de la loi de 1905, il a surtout détruit un bien qui appartenait aux habitants de la commune, descendants pour un grand nombre de ceux qui avaient financé, de leur propre argent, cette belle construction.

D’autre part une énorme faute du clergé et de l’évêque : ne pas avoir procédé à la désacralisation de cette église. La preuve en est des éléments du culte trouvés dans l’église en destruction : pierre d’autel, voiles liturgiques, plateau de communion etc. Cette destruction peut donc être assimilée à une profanation comme en pratiquent les émules de Daesch. La désacralisation est un sacre à l’envers célébré par l’évêque lui-même ou par son Vicaire général ; la cérémonie commence par une messe de Requiem en violet (ou en noir). Puis on déshabille l’autel de ses nappes, on extrait les reliques ou la pierre d’autel, on burine les croix de consécration des différents autels puis celles des piliers qui ont été oints du Saint Chrême (comme pour le baptême d’un humain) on enlève la Sainte Réserve que l’on va déposer dans une autre église ou dans l’oratoire du presbytère si celui-ci en a un. Toute la statuaire est évacuée. L’édifice est redevenu profane, comme avant son baptême ; un verre de l’amitié peut être servi.

Rien de cela n’a été fait à Gesté, l’Ordinaire ne connaît même pas son rituel ! Et même le Christ, aperçu par hasard surplombant la croisée du transept est parti dans la benne d’un tractopelle ! Le mobilier est extrait et déposé dans un lieu relevant de l’Eglise ou brûlé (confessionnal).

Il est bon de rappeler des souvenirs, même désagréables.

Je n'espère pas pour vous d'assister à ce genre d'évènement qui ne laisse pas indifférent.

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27 AOÛT 1798, DEUX VICTIMES DE PLUS POUR LE DIRECTOIRE.

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27 AOÛT 1798, DEUX VICTIMES  DE PLUS  POUR  LE  DIRECTOIRE.

 

La Bayonnaise, corvette de 8, a été construite en 1793 à Bayonne pour la course et récupérée par le Ministère de la Marine (Jean-Bon Saint André). Elle fait 310 tonneaux ( 1 tonneau = 1,50 M3), 38 mètres de long et 10 de large. En 1795 elle est allée à Brest pour faire recouvrir de cuivre la partie immergée de sa coque.

Elle appareille de Rochefort le mercredi 1er août pour la Guyane avec son chargement de 132 prisonniers.

Le même jour la flotte française est anéantie par les Anglais à Aboukir.

La Bayonnaise est commandée par Jean-Baptiste Edmond Richer natif de Saint Pierre et Miquelon. Il a 26 ans et demi, sa carrière marine a commencé comme mousse à l’âge de 11 ans. Il est secondé par Robert-Thomas Potier de La Houssay et commande à un équipage de 248 hommes et mousses. Il ne semble pas éprouver d’état d’âme particulier à propos de sa « cargaison ».

Ces 132 prisonniers se répartissent ainsi :

119 prêtres ou religieux, dont 13 BELGES,

2 domestiques,

1 laboureur,

1 voleur,

1 voleuse,

1 fondeur de cloches de Chambéry,

1 marchand,

5 déportés politiques, dont un député du département du Mont Blanc, et dont un, décédé à bord, sera jeté par dessus bord.

Ce lundi 27 août, il y a exactement 220 ans,

- l’abbé Ignace Moutiès (selon mon recensement de 1999) ou Moutils (selon deux autres sources), ancien  curé du village de Thoux, diocèse d’Auch, dans le Gers, décède dans le plus grand dénuement. Son âge n’apparaît dans aucun document.

- l’abbé Léopold Buchet, âgé de 44 ans, curé de Breurey diocèse de Besançon.

Comme l’ordonne le règlement maritime ils sont jetés par dessus bord. Il est permis de penser que leurs confrères les ont accompagnés dans leur agonie.

Outre un jeune laïc de 32 ans et un autre de 23 ans qui ont eu le même genre d’obsèques ce sera aussi le cas pour : l’abbé Pierre Allagnon (ou Allagon) chapelain à Cahors, le 4 septembre.

 

Sur ces 132 prisonniers 68 décèdent entre le 27 août et mai 1799. UN seul prêtre belge rentrera chez lui.

 

Après quelques temps, La Bayonnaise reprend la mer ayant embarqué 30 soldats qu’elle ramène en France ainsi que du courrier pour la Guadeloupe

C’est en approchant des côtes françaises, alors que Richer voulait accoster à Rochefort, qu’elle va faire oublier ce transport calamiteux par un combat glorieux. Le 14 décembre elle s’accroche avec la frégate de 12 l’Ambuscade (32 canons de 12) qui veut lui interdire l’accès à l’embouchure de la Charente. Après un combat-poursuite de plusieurs heures, Richer voit qu’il ne fait pas le poids contre la frégate anglaise et décide de la prendre à l’abordage en faisant passer son mât de beaupré sur le tribord arrière permettant aux marins et soldats de pouvoir passer sur le pont anglais, chose qu’il ne pouvaient pas faire autrement leur corvette étant plus basse sur l’eau.

L’attaque réussit au prix de pertes se chiffrant ainsi : Dix marins anglais tués, dont le commandant en second et le quartier-maitre, et 36 blessés plus ou moins grièvement. La Bayonnaise a eu 25 tués et 30 blessés dont son capitaine Richer et son commandant en second La Houssay.

L’arrivée à Rochefort sera assez épique puisque c’est le navire vaincu qui remorque le navire vainqueur mais hors d’état de naviguer.

Lors de son retour en Angleterre le capitaine anglais passera en cour martial mais sera finalement blanchi. L’Ambuscade deviendra l’Embuscade sous pavillon français avant que les Anglais ne récupèrent leur bien en 1803.

La Bayonnaise terminera sa vie le 28 novembre 1803 en Espagne sur la côte du Finisterre en Galice quand Richer, qui la commandait encore (malgré son bras gauche amputé après Rochefort), l’échoua et l’incendia pour échapper aux Anglais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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NUIT DU 25 AU 26 AOÛT 1798, ENCORE UN PRÊTRE VICTIME DU DIRECTOIRE

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NUIT DU 25 AU 26 AOÛT 1798,  ENCORE UN PRÊTRE VICTIME DU DIRECTOIRE

L’abbé Jean POSNIC est intercepté il y a 220 ans dans sa paroisse de Lancieux, dans les Côtes du Nord, où il est revenu se cacher pour exercer son sacerdoce après un séjour en juillet et août 1797 à Jersey. Il a été dénoncé par un patriote qui le poursuit depuis des années de sa haine patriotique et arrêté par le Chef de bataillon Mattat, Commandant de la place de Dinan qui adjoint à son grade une grande animosité envers les prêtres réfractaires.

L’abbé est emmené à Saint Brieuc et interné.

Qu’il ait soixante quatre ans le sauve de la déportation sur l’île de Ré ou à Rochefort. Il a aussi la chance de ne pas être assassiné sur le bord du chemin comme cela en était la coutume.

L’abbé est né à Goméné (22) le 30 novembre 1734 et baptisé le jour même. Il fera ses études à Rennes où il entrera plus tard au Grand séminaire. Il est ordonné prêtre par Monseigneur Henri-Louis René des Nos en la cathédrale de Rennes le 19 septembre 1762. (Il est à remarquer que cet évêque donnera sa démission au Nonce apostolique en 1769 n’arrivant plus à supporter les foucades du Parlement de Bretagne. Il sera remplacé par Monseigneur de Girac qui n’aura pas ces soucis avec le Parlement car il résidera plus à Paris qu’à Rennes. Ce qui explique que ce fut le plus souvent Monseigneur de Hercé, Evêque de Dol de Bretagne, qui fit les ordinations du Diocèse de Rennes).

Le 9 octobre 1769 il reçoit la cure de Lancieux où il va exercer jusqu’en mai 1792, très aimé de ses paroissiens.

Lorsque le ciel religieux s’assombrit il refuse de prêter le serment ; de même son vicaire. C’est à ce moment que le patriote commença à le persécuter dès le 4 octobre 1791, demandant au District de Dinan de le déchoir de sa cure.

La population de Lancieux, affirmant sa fidélité à l’Église et à ses représentants l’abbé Posnic et son vicaire, se refusant à assister aux offices célébrés par le prêtre assermenté, le Juge de paix de Ploubalay envoya le 8 mai un brigadier et trois gendarmes à cheval pour arrêter les réfractaires ; ils arrivèrent à Lancieux à la nuit tombante. Ils pénétrèrent dans le presbytère, procédèrent à l’arrestation des deux prêtres et les emmenèrent à Ploubalay où ils logèrent dans une auberge.

Au petit jour, l’abbé Posnic prétexta un besoin urgent ; le gendarme Manfroi l’accompagna aux « commodités » installées dans le jardin ; par décence il s’écarta de son prisonnier. De ne plus porter la soutane interdite permit à l’abbé de s’esquiver rapidement, sauter un muret et prendre la clé des champs. Empêtrer dans ses affaires Manfroi ne put rattraper sa victime et rendra tout penaud faire son rapport à son brigadier. Restait le vicaire que les pandores emmenèrent à Dinan.

Des âmes compatissantes fournirent à l'abbé Posnic une barque sur laquelle il partit pour Jersey. Pendant ce temps ses biens furent saisis au profit de la nation et vendus à l’encan. Le 28 mars 1793 il fut porté sur la liste des émigrés.

Il fera une incursion dans son pays puis retournera à Jersey pendant l’été 1797 lorsque le Directoire a repris les persécutions contre les réfractaires, et même contre les assermentés qui n’ont pas prêté le serment de haine à la royauté et à l’anarchie.

En ce mois d’août 1798 il est interné à Saint Brieuc où il restera enfermé jusqu’au 10 août 1799 date à laquelle il sera emprisonné à Guingamp. Il sera libéré en mai 1800 seulement.

Monseigneur Caffarelli, évêque de Saint Brieuc, le nommera le 8 avril 1803 à la cure de Merdrignac dans laquelle il s’éteindra, à l’âge de 79 ans, le 17 mars 1813.

 

En cliché ce qui reste de son église de Lancieux.

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QUAND OUEST-FRANCE REVISITE L'HISTOIRE......

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QUAND OUEST-FRANCE REVISITE L'HISTOIRE......

Ouest-France a  passé récemment un article, le 14 août dernier, sur la réception de membres de la famille de Charette à la mairie de Saint Lumine de Coutais afin de voir le portrait réalisé du vivant de François-Athanase Charette de La Contrie  (qui est leur ancêtre collatéral puisqu'il n'a pas eu de descendance officielle).

En effet ce tableau, de la fin XVIIIè réalisé du vivant du Chef Brito-vendéen, avait été donné par Marie-Anne, sa sœur, à l’abbé Chevallier, curé de Saint Lumine, réfractaire, aumônier des Maraîchins durant la guerre contrerévolutionnaire mais s’étant éloigné après l’affaire de Machecoul (11 mars 1793).

Lors du départ du dernier prêtre résidant, ce tableau qui était accroché au presbytère fut amené à la mairie par le nouveau maire, Monsieur Yannick Rabillé qui l’accrocha derrière lui au dessus de son bureau !

On peut noter dans l’article du journaliste, qui se termine sur des documents liés à l’activité de l’abbé comme député du Tiers-Etat ( avril 1789 – novembre 1789)  cette petite phrase un tantinet venimeuse ou sotte ou liée à une connaissance de l’Histoire très succincte : « …des documents inestimables sur la période révolutionnaire vue par un ecclésiastique de l’Ouest et sur l’histoire religieuse […/…] L’ironie de la situation étant que le travail d’un élu de la république soit patronné par la représentation d’un détracteur de la révolution ».

Le rédacteur a du se prendre les pieds dans les archives en effet :

- L’abbé est député des Etats-Généraux sous la royauté, sous la mandature de l’Assemblée Constituante.

- La république n’apparaît que dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792 avec non pas une proclamation assourdissante mais par cette simple phrase : « La royauté est abolie en France, dorénavant les documents seront datés de l’An I de la république ».

Sans tambour ni trompette.

- L’abbé Chevallier n’a été élu de son pays de Retz que de avril à novembre 1789 ; il n’est pas détracteur mais se sent concerné par la rédaction des Cahiers de doléances voulus par Louis XVI ; il n’est en rien question d’une action malveillante mais salutaire et non adversaire d’un système politique.

Quant on lit de telles âneries on ne peut que ne pas être surpris par la publication aux Editions Ouest-France d’ouvrage comme celui de Nathalie Meyer-Sablé sur la Chouannerie et les guerres de Vendée qui est un festival de bourdes entr’autres celle-ci que j’aime bien mais qui souligne la force physique de Georges Cadoudal « exécuté le 12 juin » 4 pages plus loin « fusillé le 15 juin 1804 ». C’est sans doute parce qu’il bougeait encore qu’on le guillotina le 25 juin ?

A propos de Monsieur Rabillé une anecdote qui s’est passée en 1996. Pour le deux centième anniversaire de l’exécution du Chevalier place Viarmes le Comité Célébration Charette avait organisé des manifestations d’un certain lustre le samedi 30 mars. La messe était célébrée à l’église Saint Similien à 15 H (messe en rouge car messe anticipée des Rameaux, certainement la première fois aussi qu’une messe pour Charette était célébrée avec la couleur des martyrs !). J’avais demandé à Monsieur Rabillé d’amener les vases sacrés de l’abbé Chevallier. Il nous fallait l’autorisation du Conservateur des objets d’art sacré fort réticent. A 14 H je le décidai enfin, téléphonai à Monsieur Rabillé que nous avions l’accord pour qu’il amène le calice et la patène historiques. J’envoyai un fax à mon assureur pour ces objets d’orfèvrerie comme convenu avec le Conservateur. Le temps d’arriver la messe commençait avec quelques minutes de retard. La cérémonie se poursuivant ensuite sur le lieu de l’exécution du 29 mars 1796

QUAND OUEST-FRANCE REVISITE L'HISTOIRE......

Le 1er avril mon assureur fut étonné de recevoir un Fax dans lequel je lui expliquais l'annulation de mon fax du samedi 30 mars et que ce n'était pas un Poisson d'Avril !

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15 AOÛT : BENIE SOIT SA GLORIEUSE ASSOMPTION

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15 AOÛT : BENIE SOIT SA GLORIEUSE ASSOMPTION

L’Assomption est la plus grande fête célébrant Sainte Marie depuis le VIème siècle. Elle marque l’événement de la Sainte Vierge élevée corps et âme auprès de Dieu et qui a du avoir lieu vers l'an 44  de notre ère.

C’est à une demande de longue durée du peuple catholique que Sa Sainteté le Pape Pie XII (Vénérable toujours en attente d’une légitime canonisation !) a répondu en prononçant le Dogme -  Expression de la Foi, Vérité de l'Eglise - de l’Assomption le 1 novembre 1950.

 

A l'intérieur de l’église Notre Dame à La Chapelle Basse mer, coiffant le tabernacle du Maître-autel, cette œuvre sublime du sculpteur nantais Joseph Vallet (1841-1920), réalisée en 1890. D’un bloc unique de marbre de Carrare, dans une scène pleine de finesse, de sveltesse et de beauté, l’artiste a fait jaillir la Vierge Marie, encadrée de deux chérubins soutenant sa personne pleine de grâce dans sa montée vers les Cieux où son Fils l'appelle afin de lui épargner la décrépitude du tombeau, l'ayant préservée du destin habituel de l'humanité, de la conception à la mort.

 

L'aspect aérien de l'Assomption est fidèlement évoqué, partant d'une base fine, évoluant en un volume qui évoque parfaitement l'envol vers les Cieux.

Chaque année j’ai plaisir à vous faire partager cette œuvre d’art.Elle me semble être la plus belle oeuvre magnifiant l'Assomption.

Depuis 380 ans, le 15 août est aussi l'anniversaire du vœu du Roi Louis XIII consacrant le Royaume de France à la Vierge en 1637 (décret royal signé le 10 février 1638 à Saint Germain en Laye et fixant la date du 15 août pour les processions à travers tout le royaume) afin d'avoir un enfant. En septembre 1638 naîtra Louis XIV.

Joseph Vallet, né à La Boissière du Doré, sculpteur catholique a réalisé beaucoup d’œuvres dans de nombreuses églises : autels, portes de tabernacles, Christ, Sainte Marie et autres saints. La seule exception est le médaillon en bronze de Jules Simon sur la clôture de l’ex collège Saint Yves à Vannes.

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26 THERMIDOR AN VI, LUNDI 13 AOÛT 1798, LUNDI 13 AOÛT 2018

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26 THERMIDOR AN VI, LUNDI 13 AOÛT 1798, LUNDI 13 AOÛT 2018

 

Il y a 220 ans, jour pour jour, à Metz, l’abbé Antoine Nicolas est fusillé.

Notons que depuis l’arrivée aux affaires, le Directoire ne guillotine pas les prêtres : ils sont fusillés après avoir été condamnés à mort par une Commission militaire, sous l’accusation d’émigrés-rentrés. Ce qui est un nouveau mensonge faisant partie des « valeurs de la république »chères à nos politiciens actuelles. Le Directoire semble vouloir assimiler à des combattants ces prêtres en leur  appliquant la fusillade réservée aux combattants. Alors qu’ils ne sont que les Soldats de Dieu. Mais il y a aussi la raison que les tribunaux, normalement concernés par le Droit pénal dont relèvent ces « contrevenants », n’ont plus rien à voir avec les tribunaux de la Terreur ; les magistrats sont très souvent des bourgeois qui cherchent à ménager leur clergé fidèle et se sont contentés, majoritairement, d’un simple rappel à la loi.

La loi du 26 août 1792 faisait obligation aux prêtres n’ayant pas prêté le serment à la Constitution civile du clergé de 1791 de quitter le pays, de partir en déportation. C’est ça ou la mort. Lorsqu’après le 27 juillet 1794 la réaction thermidorienne semblera adoucir la persécution anticléricale beaucoup de prêtres vont revenir dans leurs paroisses accomplir leur mission sacerdotale.

Mais le 5 septembre 1797 le Directoire relance les lois de persécutions en exigeant un nouveau serment à la Constitution civile du clergé le 8ème, auquel s’ajoute – haine à la royauté – haine à l’anarchie. Anarchie visant bien évidemment la religion catholique supposée semer le bazar !

C’est ce qui est arrivé à plusieurs prêtres ou religieux du Diocèse de Metz il y a 220 ans.

- Le 18 Prairial, mercredi 6 juin à 9 h du matin, le Révérend père Joseph Saint-Etienne est fusillé ; né à  Cornillon, dans le Gard en 1761, il n’a prêté aucun des serments. Après la déportation il est revenu dans les environs de Metz son couvent de Bitche ayant été réquisitionné comme partout depuis 1790. Jugé par la Commission militaire de Metz comme émigré-rentré, sans avocat, sans jurés, il a été condamné à mort la veille.

- Le 5 Thermidor, lundi 23 juillet à 10 H 30 : L’abbé Jean-Nicolas Fendt est fusillé à l’âge de 56 ans. Né à Entrange, en Lorraine, le 13 octobre 1742 il était prêtre-chantre à Thionville d’où il avait du partir chassé par la loi de proscription. Revenu dans son pays de Thionville alors qu’il pensait la persécution terminée il est sous le coup de la nouvelle loi du 5 septembre 1797. Jugé le matin même par la Commission militaire il a été condamné à mort comme émigré-rentré.

- Le 24 Thermidor, Samedi 11 août à 6 H du matin, l’abbé Jean Maucolin né à Rettel dans le canton de Sierck en Moselle le 13 août 1759 est fusillé. Il était curé de Bettelainville d’où il avait été expulsé après avoir refusé de prêter serment. Il était revenu en début 1797. Le 23 thermidor il comparaît devant la Commission militaire de Metz accusé d’être émigré-rentré (alors que, comme ses confrères, il avait du se soumettre aux lois de déportation). Pas d’avocat, pas de jurés. Il était revenu dans sa paroisse lorsque la persécution semblait arrêtée. Il aurait eu 39 ans.

 

- Enfin l’abbé Antoine Nicolas.

C’est le seul des quatre sur lequel existe un assez long historique d’une vie entièrement dévouée à son sacerdoce.

Né à Vatimont (à l’époque canton d’Herny), de parents paysans, le 22 septembre 1744 à 25 Km de Metz ; après ses études au séminaire de Pont-à-Mousson il est ordonné Sous-diacre le 21 mars 1770, Diacre le 22 septembre, Prêtre le 21 septembre 1771 par Monseigneur Louis-Joseph de Montmorency-Laval évêque de Metz. Au printemps 1783, après être passé par quelques paroisses, il est nommé à Saint Baudier. Un trou de campagne qu’il accepte de bonne grâce. Son premier travail est de construire un presbytère mettant lui-même la main dans le mortier. Il a un champ qu’il plante de blé pour faire le pain pour les plus pauvres. Lors de la persécution, chassé de son presbytère, il va rester dans sa paroisse et dans ses alentours pour remplir les devoirs de sa prêtrise avec ce raisonnement : « A l’égard du martyre je ne m’exposerai pas témérairement à être arrêté mais je m’estimerai heureux de l’être s’il m’arrive un jour d’être surpris ».

Un jour que fatigué il se reposait assis sur le bord d’un chemin, un gendarme vint s’asseoir près de lui en lui confiant son épuisement à courir après le curé de Saint Baudier. « Mais c’est moi dis le prêtre » et le gendarme de lui répliquer « je voudrais que vous m’entendiez en confession car je ne veux pas me confesser auprès d’un intrus ».

Arrêté une première fois il fut incarcéré à La Conciergerie d’où il sera relâché fin décembre 1796. Il continua son apostolat et fut arrêté, le 23 septembre 1797, une deuxième fois dans une maison amie, caché derrière des fagots. Emmené devant la Commission militaire de Metz celle-ci prononça une peine de déportation ; il fut emmené de brigade en brigade jusqu’à la frontière prussienne.

Le 4 décembre 1797 le fidèle paroissien auquel il envoyait des lettres qui servaient de sermon pendant la persécution reçoit une lettre lui annonçant son retour en France. Il reprit son apostolat jusqu’à ce fatidique 29 juillet où, ayant été dénoncé par un plâtrier, les gendarmes vinrent le saisir alors qu’il était au lit. Ils lui laissèrent à peine le temps de passer une redingote grise. Le couple qui l’avait hébergé fut arrêté mais la femme ayant tout pris sur elle son mari fut relâché. Elle écopera de 4 ans de prison.

Pour l’abbé Nicolas c’est la troisième et dernière arrestation. Il est traîné d’interrogatoire en interrogatoire et ne cite jamais les foyers dans lesquels il a été reçu. Le jugement sans appel tombe le 12 août après-midi : la mort dans les 24 H. Ce verdict procure une joie immense au saint prêtre chez lequel il y a du Bienheureux Pierre-René Rogue, de l’abbé de Gruchy et de l’abbé Souffrand. Et de bien d’autres !

Dès quatre heures du matin en ce 13 août 1798, un piquet de cavalerie et 80 fantassins vinrent monter la garde autour de la prison. Une des sœurs de l’abbé Nicolas, Marguerite Mussot (la maman de l’abbé, veuve, s’était remariée), religieuse chez les sœurs de Saint Vincent de Paul rejointe par une amie, l’accompagne jusqu’au lieu de l’exécution. On voulut lui bander les yeux, ce qu’il refusa ; mais devant l’insistance il accepta, et sortit un mouchoir de sa poche.

Il se mit à genoux sur le sol et les douze gendarmes firent demi-cercle autour de lui, moitié debout moitié un genou en terre. A l’ordre du commandant  ils firent feu. L’abbé fut tué sur le coup, son corps vacilla sur le côté gauche ; il aurait eu 54 ans. Les fossoyeurs le mirent dans un cercueil et le recouvrirent de chaux vive. Avec une truelle ils ramassèrent le sang et les morceaux de chairs épars. Une jeune fille, Melle Poinsignon, récupéra à quelques mètres  un morceau de matière cérébrale qu’elle mit dans un mouchoir et alla porter à un prêtre, l’abbé Nilus. Le cercueil contenant le corps de l’abbé Antoine Nicolas fut jeté en terre dans le cimetière de Belle Croix (qui n’existe plus).

Le 25 juin 1809 les restes de l’abbé furent exhumés et disposés dans un petit cercueil de 80 cm X 35, en présence de Sœur Marguerite Mussot Supérieure de l’hospice de Bon Secours accompagnée de trois religieuses, de l’abbé Prévost et d’autres personnes.

Le cercueil sera ensuite déposé à l’évêché avec le Procès verbal.

Le 18 octobre 1848, après une journée de cérémonie solennelle avec messe de Requiem réunissant une immense assemblée, le cercueil fut inhumé dans l’avant chœur de l’église de Saint Baudier ; un cénotaphe fait mémoire de ce Confesseur de la foi.

Les exécutions avaient lieu à proximité des ces remparts proches de la porte Serpenoise.

Le plâtrier dénonciateur boycotté par la population dut quitter Metz, alla à Paris et termina fou à l’hôpital Bicêtre.

 

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C'EST UN PREMIER AOÛT A BREST DEPART POUR UN VOYAGE SANS RETOUR...LANGLE ET LAPEROUSE

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C'EST UN PREMIER AOÛT A BREST DEPART POUR UN VOYAGE SANS RETOUR...LANGLE ET LAPEROUSEC'EST UN PREMIER AOÛT A BREST DEPART POUR UN VOYAGE SANS RETOUR...LANGLE ET LAPEROUSE

Brest 1er août 1785,

La Boussole, commandée par le chef de l'expédition Jean-François Galaup comte de Lapérouse , et L'Astrolabe, commandée par Paul Antoine Marie Fleuriot vicomte de Langle appareillent au petit matin pour un voyage d’explorations autour du monde voulues par le Roi Louis XVI. Ils ont, tous les deux, fait la guerre aux Amériques.

Ils ne présagent pas que ce sera un voyage sans retour. Seuls Fleuriot de Langle (en 1889) et un marin (ou un scientifique) inconnu (en 2011) auront leurs ossements ramenés à Brest. Le vicomte de Langle a été assassiné sur l'île de A'asu dans les îles Samoa, le 11 décembre 1787 à l'âge de 43 ans, ainsi que dix membres de l'équipage venus chercher de l'eau douce. On connaît ces détails par le courrier (le dernier) que Lapérouse fit passer en France.Il faut rappeler que les frégates servaient de base, les explorations et portage du courrier se faisant par plusieurs canots et une biscaïenne (sorte de canot d'une quinzaine de mètres équipé de deux mats et d'avirons permettant de naviguer rapidement sur de courtes et moyennes distances) embarcations dont chaque frégate disposait.Il faut signaler les compétences scientifiques de Langle supérieures à celles de Lapérouse comme ce dernier le reconnaissait si bien. Il avait même, avec l'aide d'un matelot ancien meunier, créé un moulin à vent pour entraîner la meule servant à écraser la farine "de même qualité que celle pour la cuisine".

Son second prendra le commandement pour poursuivre l'expédition scientifique ; il s'appelle Georges Augustin de Monti né à Nantes en 1753.

Les restes de Paul Fleuriot de Langle, découverts en 1882 ont été transférés à Nouméa par le capitaine Bénier commandant du Fabert puis sur le Calédonien, ramenés en France en 1889. Il fut inhumé dans le chœur de l'église Saint Louis après des obsèques solennelles auxquelles assistaient, outre une foule énorme, les personnalités religieuses, politiques, diplomatiques et militaires mais aussi son petit-fils le Contre-amiral Fleuriot de Langle.Totalement détruite par les bombardements alliés en 1944 l'église Saint Louis n'existe plus ; le Vicomte a été inhumé dans la chapelle de l’École navale.

Quant au comte de Lapérouse c'est en 1788, à l'âge de 47 ans, qu'il trouve la mort, massacré avec son équipage alors que, ayant fait naufrage à la suite d'une tempête ils se soient réfugiés sur l'île de Vanikoro. Alain Conan plongeur explorateur malheureusement disparu au cours d'un plongée le 6 mars 2017 a permis, par ses exceptionnels travaux, de faire avancer la recherche sur celui vers qui allait une des dernières pensées de Louis XVI montant à l'échafaud : "A-t-on des nouvelles de Monsieur de Lapérouse ?" Un de ses frères, Jacques-Antoine qui avait émigré débarquera le 27 juin 1795 à Carnac et trouvera la mort le 16 juillet 1795 à Plouharnel lors des premières contre-offensives des Bleus.

Sa ville natale, Albi dans le Tarn, lui a consacré un très beau musée faisant l'historique des deux vaisseaux ; le Musée de la Marine a réalisé, en 2008, une remarquable exposition sur Fleuriot, Lapérouse, l'expédition, dans laquelle il était possible de voir et se recueillir devant quelques pièces remontées des fouilles sur les épaves.ET surtout de merveilleux horloges et sabliers identiques à ceux de La Boussole ; ces appareils avaient été réalisés en deux exemplaires, l'un embarqué, l'autre au Ministère de la Marine place Louis XV, afin de suivre pas à pas l'expédition. Cet exemplaire, sablier et horloge fonctionnait encore en 2008.

C'est dire l'importance que le Roi apportait à ce voyage-découverte !

L'émission Thalassa a consacré deux DVD à cette expédition ; Le Puy du Fou, dans son Grand Parcours, lui rend hommage dans un spectacle d'une vingtaine de minutes.

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LUNDI 30 JUILLET 1798 LUNDI 30 JUILLET 2018, IL Y A DEUX CENT VINGT ANS.

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L’abbé Pierre Mathilde Mourot est fusillé.  Il est né au hameau de la Longueville en la paroisse de Montbenoît dans le Doubs, en 1760, prêtre du diocèse de Besançon. Il est vicaire au bourg de Port sur Saône, bailliage de Vesoul. Il passe ensuite dans la ville de Darnay puis est envoyé comme vicaire à Scey près de Vesoul. Il ne prête pas serment en 1791 ; il est chassé de sa paroisse. Il refuse ensuite le serment de liberté égalité et passe en Suisse et revient en Franche-Comté en 1795. Il est arrêté en mai 1798 et mis en prison à Besançon ; il passe devant la commission militaire de Besançon le 30 juillet 1798 accusé d'être émigré-rentré. Condamné à mort il est fusillé le même jour. Il avait trente huit ans.

 

MAIS AVANT LUI :

L'abbé Pierre Denais, né à Grenoux (village qui a été totalement absorbé par Laval, Mayenne, au XIXe siècle) le 26 août 1756, est ordonné prêtre en la cathédrale du Mans par monseigneur de Jouffroy de Gonsans, et nommé vicaire dans la paroisse de Nuillé sur  Vicoin. Il refusa de prêter le serment et s'exila pour l'Angleterre après la loi de déportation du 26 août 1792. Il revint en France en août 1797 et s'installa discrètement à Grenoux. Les catholiques l'accueillirent à bras ouverts et il se donna à plein temps à son sacerdoce en particulier la confession. La tâche était lourde, il fit appel à un confrère resté en Espagne ; mais avant que celui-ci n'ait pu le rejoindre il fut dénoncé aux gendarmes par un homme qu'il avait aidé. Ceux-ci vinrent l'arrêter chez Madame Leclerc de Beaulieu, le matin du 14 février 1798, alors qu'il venait de célébrer la messe chez elle pour plusieurs personnes. Il fut jeté en prison. Lorsque de fidèles amis lui proposèrent de le faire échapper en soudoyant les gendarmes qui devaient l’emmener à Tours, il refusa jugeant que cela entraînerait trop de mensonges, de délations et de fraudes qui offenseraient Dieu. Le 17 février à quatre heures du matin on le sortit de sa prison pour l'emmener à Tours. Là il passa devant la commission militaire du général Vimeux et accusé d’être émigré-rentré (Loi du 18-23 mars 1793). Ses fortes dénégations appuyées sur le fait qu’il avait été obligé de quitter la France en raison de la loi de déportation du 26 aout 1792 furent rejetées et il fut condamné à mort le 26 février. Il est fusillé le 27 février à 10 heures du matin place d’Aumont (actuelle place Gaston Pailhou). Il avait 41 ans.

 

ET ENCORE AVANT LUI :

LUNDI 30 JUILLET 1798  LUNDI 30 JUILLET 2018, IL Y A DEUX CENT VINGT ANS.

L'abbé Pierre Julien Hervieux est né en 1755 à Domfront au sud de la Normandie et à la lisière du Maine ; il sera ordonné prêtre par l'évêque du Mans monseigneur de Jouffroy de Gonsans. Nommé vicaire à la Croixille il sera ensuite nommé vicaire à Olivet (à 15 Km à l’ouest de Laval et à 3 Km du pays de Jean Cottereau). Refusant le serment, obéissant à la loi du 26 août 1792, il s'exile pour l'Angleterre. Profitant du ralentissement de la persécution religieuse après l'exécution de Robespierre il rentre en France et revient s'installer à Olivet en septembre 1795. Après le 4 septembre 1797 et le durcissement à nouveau de la persécution religieuse, il ne prit guère plus de précautions et continua son activité sacerdotale organisant des réunions et célébrant la messe dans son presbytère d'Olivet. L’Abbé Barré, un ami réfractaire comme lui et se dissimulant depuis ce 4 septembre, l'engagea à prendre plus de précautions ; l'abbé Hervieux lui dit qu'il manquait de foi ! Un jour où il célébrait la messe dans son presbytère on vint le prévenir qu'une patrouille approchait ; son premier réflexe fut de fuir. Il se reprit tout de suite et continua à célébrer sa messe. La patrouille continua son chemin sans inquiéter la pieuse assemblée. Sa sœur habitait avec lui au presbytère dans lequel une cache était aménagée dans l'épaisseur du mur de la tour d'escalier ; dès qu'il y avait un risque l'abbé s'évanouissait dans la muraille.

L'ancien presbytère, actuelle mairie. A visiter !

L'ancien presbytère, actuelle mairie. A visiter !

 

C'est suite à une trahison qu'il fut arrêté le 10 mars 1798 à 5 heures du soir car cette cachette était parfaitement indétectable les gendarmes venus l’arrêter étaient passés par trois fois devant sans la découvrir. Les gendarmes l’emmenèrent d'abord dans leur cantonnement et le 11 au matin à Laval. Il y subit trois interrogatoires ; il fut ensuite dirigé sur la prison de Château-Gontier. Là il fut chargé de chaînes, à peu près 30 kg, et dirigé sur Sablé ou il fut enfermé. Le garde-chiourme prenait un malin plaisir à bien serrer les fers autour des poignées et des chevilles à tel point que le prisonnier faisait de l'œdème. Le 23 le prisonnier et ses gardiens arrivèrent à la Flèche, le 24 au Lude. Il y eut un nouvel arrêt à Château du Loir. Il était dans un tel état physique qu'on le fit voyager dans une charrette. Enfin ce fut l'arrivée à Tours, et le 30 mars, à 4 heures du soir, il comparut devant la commission militaire qui le condamna à la peine de mort étant émigré-rentré. Ce qui était faux puisqu'il avait dû partir en exil à cause de la loi du 26 août 1792. Le 30 mars au matin il est amené sur la place d'Aumont et fusillé à 11 heures quatre minutes. Ce Confesseur de la foi avait 43 ans. Une maison de Mayenne garde un cadre ex-voto dans lequel est présent un morceau de ses vêtements récupéré par un fidèle après son exécution ainsi qu’un linge teinté de son sang.

Mensonges, une fois de plus sur l'accusation portée d'émigré-rentré.Mais cela fait partie du pack "Valeurs de la république" !

Il est à remarquer aussi que les prêtres, depuis le Directoire, ne sont plus guillotinés mais fusillés.Leur reconnaît-on la qualité de combattants de Dieu ?

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SAINT AUBIN DU CORMIER, 1488 - 2018

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SAINT AUBIN DU CORMIER, 1488 - 2018

Il y a 530 ans, le 28 juillet 1488, s'achève la meurtrière bataille de Saint Aubin du Cormier qui fit un nombre considérable de victimes chez les Bretons.Si le choc entre les troupes du Duché de Bretagne et celles du Royaume de France est terminé les troupes royales poursuivent et tuent les fuyards et rescapés bretons.

Le roi de France, Louis XI,  étant décédé son héritier Charles étant trop jeune pour régner, ce fut à la fille aînée, Anne de Beaujeu, qu'échut la Régence du royaume.

Celle-ci décida de reconquérir des forteresses bretonnes et c'est ainsi que Ancenis, Châteaubriant, Redon, La Guerche et Fougères devinrent la propriété de la couronne de France.

Les troupes du Duc François II de Bretagne se regroupèrent à Saint Aubin du Cormier afin de se lancer à la reconquête de la citadelle de Fougères. Mais les troupes françaises, sous le commandement unique et unifié du comte Louis II de La Trémoïlle (pas encore 28 ans) se présentèrent face à elles. Il était deux heures de l'après-midi.

Les 11.600 hommes du Duché de Bretagne représentaient 6.000 Bretons, 440 archers anglais,800 Germains et Flamands, 3.500 Basques et Gascons et quelques français sous les ordres du Duc d'Orléans (26 ans). Les troupes du Royaume étaient fortes de 15.000 hommes dont 5.000 Suisses et Napolitains. Elles étaient commandées par un seul chef : La Trémoïlle. Les Bretons n'avaient pas de commandement unifié même s'il y avait un chef unique le maréchal de Rieux.Celui-ci donna la consigne d'attaquer pendant que les Français s'installaient. Il ne fut pas écouté.

En trois heures le sort en est jeté ; les Bretons sont battus malgré leur grande bravoure par les troupes royales bien équipées en particulier en artillerie. 6 à 7.000 hommes du Duc de Bretagne sont tués ou massacrés ; les Français ont perdu 1.600 combattants.

Voulu par la Régente Anne de Beaujeu (27 ans), un traité sera signé le 19 août à Sablé sur Sarthe (Traité du Verger). Est-il le début de la fin de l'indépendance de la Bretagne ? Il prévoit que les filles du Duc de Bretagne, en l’occurrence François II, ne pourront se marier qu'avec l'assentiment du roi de France.

Le Duc a deux filles, Anne et Isabeau. Il meurt en septembre de cette même  année 1488 âgé de 53 ans. Le Maréchal de Rieux est nommé tuteur de Anne, tutelle que réclame aussi le roi de France Anne est nommée Duchesse de Bretagne par décision des États et va se réfugier à Rennes.La ville étant assiégée par les troupes du roi de France, Charles VIII cette affaire se terminera par le mariage de l'héritière du Duché de Bretagne avec le roi de France au château de Langeais.Le contrat de mariage stipule que si elle devenait veuve la reine de France devra se remarier avec le nouveau roi.

Le 7 avril 1498 Charles VIII meurt accidentellement au château d'Amboise après avoir violemment heurté le linteau en pierre d'une porte (on montre l'endroit lors des visites). Il n'avait pas 28 ans.

C'est Louis XII qui lui succède. Il est sacré le 24 mai 1498 à l'âge de 36 ans Sa première hâte est de faire annuler par le Vatican son mariage avec Jeanne de France ce qu'il obtient rapidement. Et tout aussi rapidement il épouse Anne de Bretagne, qui a presque 22 ans,  le 8 janvier 1499 à Nantes.

S'étant battu aux côtés des Bretons à Saint Aubin du Cormier, le Duc d'Orléans, devenu par son accession au trône de France Louis XII, renoue avec la Bretagne en épousant celle qui pour lui est la Duchesse - qu'il a déjà certainement rencontrée, sinon plus - ce qui lui fera signer un Traité dès le 14 janvier 1499 redonnant à la Bretagne toutes ses prérogatives ducales et administratives et stipulant que l'héritier du royaume ne peut en aucun cas être Duc de Bretagne.

La pieuse Jeanne de France, mariée avec le duc d'Orléans sera répudiée 22 ans plus tard par son mari devenu  Louis XII, En 1502 elle fonde à Bourges l'ordre monastique des Sœurs de l'Annonciation. Elle sera béatifiée en 1742 et canonisée par le Pape Pie XII le 28 mai 1950.

 

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26 JUILLET 1798, LE CHOUAN ROCHAMBEAU EST FUSILLE à TOURS

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Guillaume Le Métayer est né le 6 décembre 1763 à La Chapelle au Riboul en Mayenne.

Se sentant appelé au sacerdoce il entre au Petit séminaire de Domfront (Orne) et entrera ensuite au Grand séminaire du Mans (il n’y a pas d’évêché en Mayenne qui fait partie de la province du Maine dont Le Mans est le Chef lieu).

La révolution arrive, le séminaire ferme et Guillaume ne sera pas ordonné prêtre ; il a seulement reçu le deuxième Ordre majeur, le Diaconat.

Il rejoint son pays natal et se fait remarquer rapidement pour son attitude franchement hostile à la révolution et à ses méfaits : Constitution civile,  confiscation des biens du clergé et offenses à la royauté.

Le 2 avril 1792 il est remarqué à la tête d’une foule de 800 personnes manifestant contre le Directoire du département à Evron. Il est condamné à mort : Guillaume Le Métayer prend le maquis et le pseudonyme de Rochambeau. Il organise une division qui porte son nom dans toute la région de Lassay au nord du nouveau département de la Mayenne, en pays normand, voisin de l’Orne.

Une de leur grande activité est l’interception des convois entre Mayenne et Alençon (malle-poste, troupes). Le 29 mars 1795, avec ses compagnons ils interceptent la malle-poste Paris-Brest et gagnent le jackpot de 3 millions de Livres.

S’il est considéré comme faisant partie de l’armée du comte de Scépeaux il combattit le plus souvent pour Louis de Frotté.

Ce chef Chouan présente la particularité de n’avoir jamais porté d’armes ; il dirigeait les combats, donnaient des directives, prenait la tête des expéditions ; sans plus.

Le 5 juin 1798, six gendarmes déguisés en paysans se faisant passer pour des émigrés cherchant à se faire engager dans sa troupe entrent en contact avec Leroux dit L ‘Aimable. Un envoyé se présente sans armes mais les autres, tapis à distance, profitent de l’entretien pour pénétrer dans la ferme. Rochambeau leur offre de s’asseoir. Les gendarmes  annoncent alors  leur qualité et arrêtent le Chef chouan et son adjoint.

Ils furent conduits à Mayenne puis à Laval et enfin évacués sur Tours. Ils passèrent devant  le Conseil de guerre le 23 juillet accusés d’avoir conserver des armes  puis le 25 juillet devant la commission militaire présidée par le général Vimeux (1737-1814) commandant de la place. Au bout d’un interrogatoire  de sept heures Guillaume Le Métayer et Leroux furent condamnés à la peine de mort.

Le 26 juillet, menés sur la place d’Aumont, actuelle place Gaston Pailhou, ils furent fusillés à l’heure de midi, Guillaume refusant de se laisser bander les yeux. Tout le long de leur dernier chemin ils criaient « Vive le Roi, vive la Religion », chantant aussi Le réveil du peuple chant antiterroriste écrit en 1795 et formellement interdit par le Directoire :

 

Peuples Français, peuple de frères,

Peux-tu voir sans frémir d'horreur,

Le crime arborer les bannières

Du carnage et de la terreur ?

Tu souffres qu'une horde atroce

Et d'assassins et de brigands,

Souille par son souffle féroce

Le territoire des vivants.

 

Quelle est cette lenteur barbare ?

Hâte-toi, peuple souverain,

De rendre aux monstres du Ténare

Tous ces buveurs de sang humain !

Guerre à tous les agents du crime !

Poursuivons les jusqu'au trépas ;

Partage l'horreur qui m'anime !

Ils ne nous échapperont pas.

 

Ah ! Qu’ils périssent ces infâmes,

Et ces égorgeurs dévorants,

Qui portent au fond de leurs âmes

Le crime et l'amour des tyrans !

Mânes plaintifs de l'innocence,

Apaisez-vous dans vos tombeaux ;

Le jour tardif de la vengeance

Fait enfin pâlir vos bourreaux.

 

Quelques semaines plus tôt c’est Fortuné Guyon, comte de Rochecotte, de l’armée du comte de Scépeaux, « cheville ouvrière de l’organisation Chouanne dans la Sarthe et le Perche (Tanneguy Lehideux) », qui  arrêté à Paris le 29 juin, a été fusillé au Champ de Mars le 1er juillet. Il était l’un des principaux relais de Scépeaux entre l’Ouest et Londres.

Le Directoire continuait les poursuites contre les Chouans malgré les accords de paix.

Dans ce même contexte, le Directoire reprenait la persécution contre les prêtres, réfractaires mais aussi les constitutionnels qui n’avaient pas prêté le serment de haine à la royauté.

 

Ce même 26 juillet 1798 décède à Vannes, à l’âge de 67 ans, Jean-Julien Le Mauff, natif de Questembert,  commandant de la flûte La Fortune ; il prit part à la guerre aux Amériques et servit sous les ordres de l’amiral d’Estaing. Il fut fait chevalier de l’ordre des Cincinatti. Son buste est dressé sur la place qui porte son nom à Questembert.

 

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