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ALLELUIA ! LOURDES, ORANGE ( la VILLE pas le téléphone)

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ALLELUIA ! LOURDES, ORANGE ( la VILLE pas  le téléphone)

La Cité mariale a été témoin d'un nouveau miracle à l'occasion de la venue du Saint-Esprit lors de l'assemblée des évêques. En effet 224 ans après leur martyre à Orange les évêques de France, réunis à Lourdes, ont décidé d'enfin donner suite, par leur (éventuelle quand même) canonisation, à la béatification des 32 religieuses guillotinées en juillet 1794, béatification  proclamée le 10 mai 1925 par le Pape Pie XI.

Un an après que l'excellent évêque d'Avignon ait nommé un Postulateur à leur cause. (Je dis excellent car il n'a pas sa langue dans sa poche cet évêque qui va au charbon ; en 2011 il avait tenu des propos très fermes au sujet de la photo blasphématoire "Piss Christ" et citant nommément les maçons pas francs. Plus récemment la messe du Festival d'Avignon retransmise par France-Culture avait porté sa pensée à travers son homélie dans laquelle il dénonçait la GPA, la PMA, le suicide assisté, et, oh  blasphème ! L'entrée de Simone veil au panthéon) !

Pour des causes plus discutables, des canonisations, ne respectant pas les délais canoniquement établis, ont été beaucoup plus rapides. Et le Vénérable Pie XII, dont la sainteté est attestée, attend toujours à la porte de la Congrégation pour la cause des saints alors qu'il vient de se faire doubler par le fumeux Paul VI (fumeux parce que dénonciateur des fumées de Satan ayant envahi l’Église alors qu'il en a ouvert les portes et les fenêtres !).

Autre raison d'Alléluia une traduction importante,  polémique et mauvaise depuis quarante ans du Credo sur la constitution de la Sainte Trinité Consubstantielle et non de même nature. Mais le nouveau texte ne sera de service qu'en fin 2019 (alors que les traductions d'après V2 avaient été effectuées en quelques mois) !

Par contre rien sur la persécution des "chouannes" de Mayenne, religieuses de profession, par leur évêque Mgr Thierry Scherrer. Ces religieuses dirigent des EHPAD et ne seraient pas assez progressistes au goût de l'évêque. Pourtant celui-ci a pour devise "soyez remplis du Saint-Esprit". Hélas, on peut douter de la Spiritualité du remplissage.

Pour en revenir aux religieuses dites d'Orange elles étaient dans des couvents aux alentours : Carpentras, Pont Saint-Esprit, Sisteron, Caderousse, Avignon, Pernes, Bollène (13 sacramentines) dont l'émouvante chapelle (dans laquelle le Saint Sacrement est perpétuellement exposé) où le prêtre montre l'émouvante pièce de laquelle elles assistaient, derrière un rideau, à la Messe et où l'on voit le petit guichet par où elles recevaient la communion à genoux.

Parmi les 332 suppliciés figurent aussi 36 prêtres et religieux. les 264 restants sont tous de dangereux individus : couturière, servante, cordonnier, paysans, ouvriers soyeux, aubergistes, maréchaux-ferrants, bouchers, meuniers, colporteurs, tailleurs, orfèvres, maçons, vanniers etc. Les habituels nantis de l'époque, quoi !

Tous reposent dans les trois fosses communes sous et face à la chapelle de Gabet dans laquelle la messe est célébrée par l'évêque d’Avignon tous les 9 juillet.

Les corps des juges bourreaux, après la guillotine, furent eux jetés dans le Rhône par la population; un fut lynché, un autre assassiné puis noyés. Un autre préféra rester en prison plutôt que d'être exposé à la foule.

 

La croix sous laquelle se trouve la fosse des religieuses.

La croix sous laquelle se trouve la fosse des religieuses.

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SATURARGUES (Hérault) 5 NOVEMBRE 1928

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SATURARGUES (Hérault) 5 NOVEMBRE 1928

Lundi 5 novembre 1928 l'évêque de Montpellier, Monseigneur René-Pierre Mignin,  est venu bénir une plaque mémorielle, fixée solidement sur le mur jouxtant l'église et soutenant le terrain qui était occupé par le cimetière. Le maire L. Berthomieu, le curé l'abbé Sarrazin et la population assistent à cette manifestation.

Cette plaque rappelle le souvenir de faits qui se sont déroulés 225 ans plus tôt lorsque les hordes camisardes, sous les ordres de Jean Cavalier capitaine et prophète, dévalèrent des Cévennes et assassinèrent SOIXANTE personnes (la moitié de la population) dont 26 enfants, dans la soirée du jeudi 20 septembre 1703.

En réalité il y eut 62 personnes auxquelles il faut ajouter deux enfants à naître.

Dans ce village la Réforme protestante n'avait eu aucune prise. Le bourg fut incendié par les disciples de Luther dont il a fallu attendre le XXIème siècle et un pape bizarre pour qu'il soit honoré par des catholiques, lui le renégat, assassin et sacrilège.

Les Camisards sont des protestants luthériens. Ils sont d'une telle sauvagerie que parfois des calvinistes seront aux côtés des catholiques pour s'opposer à leur fureur assassine et iconoclaste.De décembre 1702, début de la rébellion commencée avec l'assassinat de l'abbé du Chayla, à novembre 1703,  465 catholiques sont tués à coups de fusil, de baïonnettes, à la hache, à coups de bâtons, émasculés, les femmes éventrées. Dans cette seule partie cévenole. 

Il n'y a pas de soldats parmi eux. Ces 465 assassinés sont ceux dont le nom a été relevé; beaucoup d'autres ne sont pas pris en compte car leur nom n'est pas connu.

Francisco Vaticano nous rebat les oreilles avec ses repentances, l'évêque de Pamiers, Mgr Eychenne,  a fait repentance dimanche 16 octobre dernier en l'église du village de Montségur, "demandant pardon pour l'extermination des personnes en raison de leurs convictions religieuses".

Traiter du catharisme comme d'une religion est possible mais pas lorsqu'elle se revendique  d'un certain christianisme car elle est, par rapport à lui, schismatique et hérétique; ce qui montre que sur le plan du catholicisme Mgr Eychenne exerce le Principe de Peter et a  atteint son seuil d'incompétence, au moins sur ce point.

Enfin on n'a jamais entendu les Protestants faire repentance des crimes gratuits commis sur la population et les grands soldats que sont les fœtus et les enfants en bas âge. Ils ont même moins de scrupules que l'évêque de Pamiers et plus de "distanciation" que lui ; en effet lors d'un prêche de l'Assemblée du Désert à Mialet en septembre 2001, le pasteur de service disait (il n'a pas subi les foudres de la Justice) que "l'on avait tué quelques prêtres et catholiques mais c'était l'époque" !!!!

Monseigneur René-Pierre Mignin (natif de La Chapelle Palluau en Vendée - ce qui explique sans aucun doute sa bénédiction de cette plaque mémorielle) a honoré, le 5 novembre 1928 la mémoire de ces victimes.Il est nommé archevêque de Rennes le 18 juillet 1931. Il décède le 1er novembre 1939 âgé de 64 ans.

 

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PUY DU FOU PAR UN DIMANCHE FRISQUET

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PUY DU FOU PAR UN DIMANCHE FRISQUET

Hier dimanche ma petite-fille m’avait invité à l’accompagner au Grand Parc du Puy du Fou.

J’ai accepté avec plaisir d’autant que cela faisait neuf ans que je n’y étais allé.

Je pensais qu’il nous serait facile de nous déplacer, vu la date de fin de saison et la température sympathique due au réchauffement climatique : 7 (sept) degrés soutenus par un vent aigrelet qui buffait Est-nord Est. Mais non il y avait beaucoup de monde.

Que les gradins du Stadium, presqu’archiplein, sont glacés par rapport aux mois de la belle saison ! Mais quel courage pour les acteurs bras et cuisses nus et les nymphes aux tenues légères. Ou ils avaient des dessous chauffants ou ils avaient une promesse de vin chaud après leurs prestations. Malgré tout un spectacle bien réglé comme d’habitude et des fauves jouant leur rôle à la perfection, même pas attirés par la jeune chrétienne pourtant appétissante !

Une pensée émue aussi pour la belle Séraphina dansant les pieds dans l’eau, pour son amoureux (à cheval lui), des farandoles, la robe mouillée jusqu’aux genoux dans Mousquetaire de Richelieu. Une très belle mise en scène.

 

Dans les tribunes de Le bal des oiseaux fantômes  ça "piquait" aussi, avec la ventilation naturelle par en dessous les gradins et les oiseaux n’arrangeaient rien en brassant de l’air froid lors de leurs survols de la foule. L’été c’est agréable mais là ! Quelle splendeur que tous ces oiseaux sauvages dressés à la perfection par les maîtres fauconniers ; l’occasion de plaisanter aussi sur le fait que Hollande avait postulé mais avait  été refusé. Aliénor était bien réchauffée dans sa belle robe blanche. Magnifique le bouquet final avec ces 200 oiseaux, dont des cigognes, qui volent et virevoltent au-dessus des spectateurs. Quel travail de dressage et de patience derrière ce magnifique spectacle !

 

J’ai découvert Le Dernier panache. Bluffant ! Belle mise en scène et le côté technique surprenant où ce n’est plus le plateau qui tourne mais les gradins où sont installés les spectateurs. Cela créé, par le déplacement horizontal (évidemment) et doux, une sensation agréable de voyage. Des moteurs très discrets, des arrêts en douceur pour se fixer en face des différentes scènes, Napoléon à Sainte Hélène, Garde-marine, Brest, l’originale coupe de vaisseau où l’on voit les différents lieux du pont à la soute en passant par les entreponts et la vie différente entre ces quatre étages. Superbe idée. Par contre Washington venant remettre à Charette son diplôme de Lieutenant de vaisseau m’a fait tiquer. D’abord il n’est jamais venu en France et il ne parlait pas le français. Mais c’est un détail. Quant à l’exécution de Charette (on ne l’a pas nanti de la particule) elle a eu lieu non pas devant un mur mais devant la porte en bois d’un jardin (sans doute pour éviter les éventuels ricochets) ; ceux qui étaient avec moi en 2006 ont pu la voir, le musée Dobrée l’ayant sortie de ses réserves à ma demande. Bien entendu le In manus tuas Domine a été dit par  le chevalier juste avant son ordre de tir. Par contre plus agaçant est cette obstination de vouloir donner à Céleste Julie Talour de la Cartrie (ou Carterie), née à Angers (France) en 1753, un accent irlandais sous prétexte qu’elle a épousé, en deuxième noces, un officier d’origine irlandaise (ce qui ne veut pas dire qu’il avait un accent). Charette parlait-il avec l’accent du Midi parce que sa mère était née à Les Vans ? A part ces petits détails un spectacle magnifique dans une immense salle où il ne fait pas froid.

 

Il faisait bon aussi dans les tranchées et abris des Amoureux de Verdun. Ce qui est navrant c’est la rapidité, japonaise presque, en bousculant, avec laquelle les gens passent dans des lieux bien reconstitués nous laissant imaginer la misère de ces malheureux qui ont tout donné pour la Patrie. Les déflagrations assourdissantes,  les crépitements de détonations, le sol qui tremble, les parois qui bougent. Cela rappelle le regretté disparu Chemin creux des Guerres de Vendée ; quelle imagination ont les penseurs, réalisateurs et scénaristes d’une telle reconstitution ! Même l’odeur indéfinissable est présente.

Passage à La renaissance du château visite dans le temps qui permet de voir l’anneau qui serait celui de Sainte Jeanne d’Arc. Mais il aurait fallu commencer par cette déambulation.

 

Et puis il y a Le mystère de La Pérouse. Vous êtes dans les entreponts de l’Astrolabe, dans un vaisseau où courent les ordres, la coque qui craque et gémit ; vous déambulez sur un sol parfaitement stable mais les montages latéraux et de plafond vous donnent l’impression du tangage et du roulis ; en images l’océan est bien visible par les sabords ; c’est visuel mais Julie en  a presque le mal de mer. Une salle à manger des officiers, les réserves de vin et d’alcool, de nourriture, de farine, mais aussi les collections d’objets ou de coquillages collectés par le savant navigateur, les plantes (vraies) entreposées pour être ramenées en France, le passage du Cap Horn qui, instinctivement fait chercher un appui. Remarquable. Et puis, en sortant, la traversée de la coque fracassée sur les rochers du côté de Vanikoro. On reçoit même des embruns. Il n’est pas possible de rester insensible à l’épopée des marins de la Royale. Et là tout est tellement bien imité avec un éclairage tamisé qui ajoute au mystère. Bravo aux concepteurs et scénariste de ce spectacle ambulatoire qui m’a le plus conquis. Il y a seulement une suggestion à faire concernant les animaux.

En effet pour des voyages un peu longs les navires embarquaient des animaux vivants.

D’après l’exposition du Musée de la Marine en juin 2008 « Un voyage de découvertes au siècle des Lumières » l’Astrolabe a embarqué 5 vaches (pour le lait frais et le fromage – important contre le scorbut) et le fourrage conséquent, une vingtaine de cochons, le double de moutons et 200 poulets et poules (pour les œufs). Je me souviens aussi avoir vu les appareils d’horlogerie et des sabliers synchronisés avec ceux des deux navires et qui, 220 ans plus tard, donnaient toujours leurs indications.

 

Dans les spectacles en salle il est demandé de ne pas prendre de clichés ni de filmer. Ou les gens sont sourds ou ils sont bien français !

 

Cette balade puyfolaise, entrecoupée de deux arrêts vin chaud (il ne faut pas oublier l’antigel !) par cette froide journée d’automne fut un vrai régal. Il faudra recommencer lors d’un proche refroidissement climatique ; en été par exemple !

Merci Julie !

 

PUY DU FOU PAR UN DIMANCHE FRISQUET

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IL Y A 200 ANS A FUNCHAL UN RÉGICIDE PLONGE EN APNEE

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IL Y A 200 ANS A FUNCHAL UN RÉGICIDE PLONGE EN APNEE

 

André-Antoine Bernard est né le 21 juin 1751 à Corme Royal dans l’arrondissement de Saintes en Charente Inférieure. Adulte il ajoute le nom d’une terre de son père à son nom et devient Bernard des Jeuzines (ou Zeuzines). En 1791, commandant local de la Garde nationale et, en tant que magistrat, Président du tribunal de Saintes, il est élu à l’Assemblée législative. Il se fait alors appeler André-Antoine Bernard de Saintes ; dans le vent anti catholique il trouve opportun de rejeter Saintes et se fait appeler Bernard de Xaintes.

Fabre d’Eglantine étant passé par là avec son calendrier biologique il décide de rejeter ses saints patrons et d’appliquer l’appellation correspondante. André devient Pioche, Antoine devient Fer : Pioche-fer Bernard (il a abandonné sa particule fausse). Imaginons un instant que ses parents l’aient prénommé Innocent-Charles ; il serait devenu Fumier-fumeterre Bernard !

Le 4 septembre il est élu à la Convention et passe chez les Montagnards ; il vote la mort de Louis XVI, sans sursis, sans appel au peuple.

Membre du Comité de Sûreté Générale il est envoyé en mission dans le Jura et la Côte d’Or. En 1793 il est chargé de l’organisation du nouveau département du Mont Terrible (du nom d’un mont suisse) ce département étant composé de territoires volés : l’arrondissement de Porrentruy (Suisse) les arrondissements de Montbéliard et Audincourt (Principauté du Wurtemberg) Département qui disparaîtra en 1800 sous le Consulat et en 1815 à la Restauration pour Porrentruy qui rejoindra la Suisse.

En attendant il faut des finances et Pioche-fer taxe les Montbéliardais de 400.000 Livres (à peu près 4.800.000€ chiffre indicatif).

En Côte d’Or il mène à Dijon une politique révolutionnaire d’une rare dureté. Il fait arrêter le Président du Parlement de Bourgogne, sans raison, sinon qu’il est à la tête de grands biens. En effet Jean Vivant Micault de Corbeton et son épouse avaient émigré mais étaient revenus en France avant l’application des lois de spoliation. Ils n’étaient donc pas répréhensibles. D’autres "aristocrates" furent aussi frappés par la folie de cet individu muni de tous les pouvoirs. Jean Vivant de Corbeton sera guillotiné à Dijon le 17 mars 1794 à l’âge de 69 ans. Le 26 juillet 1794, veille de la chute mortelle de Robespierre, son fils, son gendre (Charles Michel Trudaine de La Sablière) et son frère (Charles Louis Trudaine de Montigny) sont guillotinés sur ordre du Tribunal révolutionnaire de Paris où Pioche-fer avait des relations.

Il revient ensuite à Paris et est nommé secrétaire de la Convention. Robespierriste, sentant le vent tourner, il participe à la chute de l’Incorruptible (surnom qu’il n’aurait pas pu mériter !). Il est ensuite élu président de la Convention Thermidorienne du 2 au 22 septembre.

Il faut rappeler que les lois de l’époque, pourtant faites par des hommes dits de Droit, étaient assez élastiques pour s’adapter aux intérêts des uns ou des autres. Là Pioche-fer avait trouvé un hôtel du XVème superbe et une cave aussi superbe lui permettant de mener grand train. Après la mort de Robespierre, il avait été tellement odieux que les six sections révolutionnaires de Dijon envoyèrent un courrier à la Convention nationale dénonçant Pioche Fer Bernard et l'accusant :«  d'avoir envoyé ce vieillard à l'échafaud et d'après l'inventaire fait après ses 69 jours passés dans l'Hôtel Bouhier de Savigny, d'avoir subtilisé 537 bouteilles de grands crus, dont 38 bouteilles de Chambertin et une pièce trois quarts de Santenay, ainsi que la casse de beaucoup de vaisselle » et  d’avoir détourné les biens saisis.

Décrété d’accusation en 1795 il bénéficie de l’auto amnistie votée par tout ce collège d’assassins de la Convention avant sa dissolution.

Redevenu avocat près la Cour criminelle de Charente Inférieure il est contraint à l’exil par la loi frappant les régicides en 1816. Il part en Belgique d’où il est bientôt expulsé par les autorités. Il décide alors de partir pour les Etats-Unis. Mais son bateau fait naufrage sur l’île de Madère ; il s’installe alors à Funchal. Il y meurt le 18 octobre 1818.

Les autorités religieuses ayant refusé une inhumation religieuse SA DÉPOUILLE EST MISE DANS UN SAC, COUSU, LESTE ET JETE A LA MER  LE 19 OCTOBRE 1818, il y a deux cents ans.

On peut, dans ce cas, parler de justice !

 

 

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18 OCTOBRE 1798 - MARQUIS de SURVILLE - 18 OCTOBRE 2018

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18 OCTOBRE 1798 - MARQUIS de SURVILLE - 18 OCTOBRE 2018

IL Y A 220 ANS

Joseph - Etienne, marquis de Surville, était commandant en 1789 dans le régiment Colonel-Général de l'infanterie légère française et étrangère où il a immanquablement rencontré Louis de Frotté, le futur célèbre chef chouan de Normandie.

Né le 16 juin 1755, à Valence dans la Drôme, dans une  très ancienne famille de la noblesse vivaroise, dont on a la trace au XIIIe siècle, il embrasse dès 16 ans le métier des armes et entra au régiment de Picardie, renommé régiment Colonel-général en 1780.

Parti pour la guerre aux Amériques il sert sous les ordres de Rochambeau où il se distingue par son courage et son intrépidité. Il rentre en France en 1783 et passe la plus grande partie de son temps dans diverses garnisons du régiment Colonel-Général. Il est à Brest en 1783, à Besançon en 1784 où il est initié à la maçonnerie (Loge La Modeste), ce qui ne perturbe pas son catholicisme.

Il se marie le 28 février 1786 avec Marie-Pauline d'Arlempdes de Mirabel. À la suite de son mariage, qui lui apportait le marquisat de Mirabel, Joseph Etienne prit le titre de Marquis. Ils eurent un enfant malheureusement décédé à l'âge de 4 ans.

En 1789, il prend part aux assemblées de la noblesse du Vivarais à Villeneuve-de-Berg. Il émigre à Coblence lors de la révolution.

Le 20 septembre 1792, il est à la bataille de Valmy. Sa compagnie est licenciée à Spa. Il se réfugie à Liège. Il rejoint Condé en mai 1793. En France, comme il est émigré, ses biens et propriétés sont vendus, dans le Gard, en Ardèche. Il quitte l’armée de Condé le 6 janvier 1795 et rentre clandestinement dans le Vivarais (Vivaroye à l’époque : Vive le Roy).

Il s’engage dans la « chouannerie » locale qui recouvre l’Est et Sud-est du Massif Central (Rouergue, Cévennes, Margeride, Gévaudan, Vivarais, Pays du Velay, le Forez et les Monts du Lyonnais). Il côtoie le comte de La Motte (ou Mothe), Dominique Allier (dont le frère Claude, Prieur de Chambonas a été guillotiné pour faits de « chouannerie » le 5 septembre 1793).  Que du beau monde !

Arrêté à Mayres transféré à Aubenas il arrive à s’échapper.

Pour ses brillantes campagnes, il est promu Chevalier dans l’Ordre royal de Saint Louis le 10 juillet 1796 et c’est Louis XVIII qui le décore le 8 mars 1797, pas dans le Vivarais bien évidemment mais à Coblence où il est allé quémander de l’aide. Décoré mais on ne lui confie pas de commandement. Il revient dans son pays en 1797. Il prend, avec ses hommes la ville de Pont Saint Esprit le 30 septembre 1797.

Après un nouveau voyage en Suisse, Louis XVIII ayant fait de lui son émissaire pour le Midi de la France, il revient sous un faux nom mais il est arrêté à Tiranges  près d’Yssingeaux, proche du Puy en Velay, suite à une trahison pour de l'argent: la belle aventure se termine le 2 octobre 1798. Les révolutionnaires du Puy avaient eu une trop grande peur qu’il  reconstitue l'armée du comte de La Mothe (assassiné le 5 octobre 1797 dans la prison du Puy en Velay), pour ne pas le passer par les armes.

« Ledit jour, 16 fructidor, sur les quatre heures du matin, ledit Jelaigue, brigadier de gendarmerie accompagné de tous les gendarmes de sa brigade et d'un détachement de la 16è demi-brigade pour lors stationnée à Craponne, se transportèrent audit lieu de Gervais, dans la maison de ladite Théaulaire, veuve Brun, où ils savaient des personnes suspectes de cachées ; Où étant arrivés, laditte Théaulaire s'opiniâtra d'abord de les laisser entrer, en leur disant qu'ils n'avaient pas droit de venir faire des visites dans sa maison ; que ce refus ayant redoublé les soupçons de cette force armée, ils entrèrent dans laditte maison, où, après avoir fait plusieurs recherches, et étant parvenus à la chambre au-dessus du colidor, où étoit un grenier à moitié démonté, adossé au mur,  et s'étant aperçu que certaines planches de ce grenier pouvaient se mouvoir à volonté, ils le tournèrent aussitôt et trouvèrent, à la partie du mur que couvrait ce grenier, une ouverture propre au passage d'un homme, laquelle ouverture conduisait dans un souterrain. Ils entrèrent et y arrêtèrent le marquis de Surville, Charbonnel- Jussac, Dominique Allier, et le nommé Robert, armés de fusils et d'espingoles, ­lesquels quatre individus ont été depuis suppliciés. »

Avec ses compagnons le marquis de Surville est emprisonné au Puy, sans oublier Marie-Anne Théoleyre. Cette dernière, poursuivie comme leur complice devant le tribunal criminel, fut défendue par Vissaguet qui la fit acquitter, le 19 frimaire an VI.

Après un procès de l’époque il est condamné à mort le 17 octobre, par une commission militaire, pour faits d’émigration et de conspiration.

Le 18 octobre il est amené devant l’église Saint Laurent. « D'un pas assuré, il descendit l'escalier de sa prison ; sa bouche et son cœur priaient. » Il monta sur le tombereau, et, calme et souriant, traversa la rue Grangevieille en saluant les amis accourus sur son passage».

 

« Une foule immense de sans-culottes, de garde-nationaux, de troupes de ligne, gendarmerie, chasseurs et canonniers avait envahi les abords de Saint-Laurent pour assister à la mort de Surville.
D’un pas assuré, il descendit l’escalier de sa prison ; sa bouche et son cœur priaient. Il monta sur le tombereau, et, calme et souriant, traversa la rue Grange-vieille en saluant les amis accourus sur son passage. Le cortège sortit du Puy par la porte Pannessac.

Monsieur, dit-il à l’officier qui commandait le détachement, je crois inutile de vous demander un prêtre fidèle ; ce serait d’ailleurs l’exposer à de grands malheurs. Veuillez donc,

s’il vous plaît, m’envoyer le curé constitutionnel.

Le prêtre arrive : « Je vous plains, Monsieur, d’avoir donné ce funeste exemple de prévarication ; je sais néanmoins que, dans le cas où je me trouve, je puis me servir de vous. Veuillez m’écouter ».
Le prêtre schismatique, attendri, remplit son pénible ministère. M. de Surville reçut ses consolations avec une piété et une douceur angéliques.

Un sergent s’avança pour lui bander les yeux : « Comment ! dit-il, depuis ma plus tendre enfance je sers mon Dieu et mon Roi, et vous ne me supposez pas assez de courage pour voir le plomb mortel ? »
Et, mettant la main sur son cœur, il s’écria : « C’est ici qu’il faut frapper ! »

Il est atteint de plusieurs balles dont trois en pleine tête.

Il avait 43 ans et quatre mois. Son épouse décède en 1848.

 

 Charbonnel fut envoyé à Lyon où il fut condamné à mort le 15 novembre 1798 et fusillé presque aussitôt. Robert subit le même sort dans le Puy-de-Dôme où il fut transféré. Dominique Allier, transféré en toute hâte à Lyon, y subissait la même condamnation.

Dans cette église Saint Laurent, au Puy en Velay, se trouve un gisant de Bertrand du Guesclin car y reposent ses entrailles. Bertrand a eu plusieurs sépultures: ses entrailles au Puy, ses chairs à Montferrand (Clermont-Ferrand), son cœur à Dinan, ses ossements à Saint-Denis. En effet le roi Charles V voulait qu'il soit inhumer à Saint--Denis. Mais Bertrand, mort le 13 juillet devant  Châteauneuf de Randon devenait intransportable à cause de la chaleur. Au Puy, on procéda à l'ablation des entrailles qui furent inhumées dans l'église Saint-Laurent ; avant Montferrand il fallut se décider à faire bouillir le corps, seule façon de disperser le nuage de mouches qui suivait le cortège. Ses chairs furent inhumées dans la chapelle des Cordeliers – laquelle fut détruite à la Révolution et le tombeau profané.

 

 

18 OCTOBRE 1798 - MARQUIS de SURVILLE - 18 OCTOBRE 2018
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16 OCTOBRE 1793 - 16 OCTOBRE 2018

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16 OCTOBRE 1793 - 16 OCTOBRE 2018

Il y a 225 ans, à l'issue d'un procès inique, qui n'a d'ailleurs de procès que le nom et devrait plutôt être appelé Comité de condamnation, la Reine de France, Marie-Antoinette est amenée place de la révolution et mise à mort.

16 OCTOBRE 1793 - 16 OCTOBRE 2018

Son mari le Roi a été amené sur la même place, le 21 janvier de la même année , dans un carrosse ; pour l'humilier la Convention a choisi pour elle une charrette. Aucune sorte de respect pour la Reine. 

Les accusations odieuses  portées par des nains de l'Histoire. (Fouquier, Hébert) montrent, s'il en était besoin, la bassesse des accusations. A leur veulerie répondent la dignité, l'élégance du maintien, la classe comme on dit maintenant.

J'ai même entendu une fois la sottise selon laquelle Robespierre aurait accéléré le procès parce que Marie-Antoinette souffrait de pertes sanguines liées à une infection génitale ; il aurait voulu abréger ses souffrances. Cela aurait été, comme Carrier à Nantes, par "principe d'humanité" ? Il est certain que si elle avait vécu libre elle n'aurait pas eu ces importants soucis de santé ; toutes les angoisses et douleurs morales se reportant, comme chez toute femme, sur le bas ventre.

16 OCTOBRE 1793 - 16 OCTOBRE 2018

Même Jacques-Louis David, conventionnel régicide (aucun lien de parenté, comme le croit un écrivain, avec David d'Angers) ira de son coup de pied de l'âne avec le croquis censé représenter la victime de la barbarie révolutionnaire.

Merci Marc pour cet hommage du SCB, aujourd'hui, Place de la Concorde.

Coïncidence c'est ce jour que sont mis en vente des bijoux ayant appartenu à la Reine de France, bijoux qu'elle a remis à une personne de confiance avant d'être enfermée dans la tour du Temple. Le fait de cette remise traduit la volonté de transmettre un bien qui n'est pas à elle.

Le commentaire est accompagné des clichés auditifs habituels et des poncifs aussi éculés.

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DES RACINES ET DES AILES

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DES RACINES ET DES AILES

 

Ce mercredi 10 octobre programme alléchant sur la Trois, la jolie Carole Gaessler emmenant ses caméras dans le Comtat Venaissin. En général ces émissions sont bien troussées bien que souffrant parfois d’une certaine hémianopsie (rétrécissement du champ visuel souvent latéral).

Avignon son Palais des Papes, la richesse des Papes (mélangeant comme d’habitude pseudo gloire personnelle et dignité de la fonction), les vignobles du Comtat dus aux Papes, promenade sympathique dans les vignobles (avec la découverte de la musique dans les vignes pour stopper certains parasites), le pont d’Avignon, les crues du Rhône. Mais pas un mot sur les soixante massacrés et jetés dans la tour de la Glacière du Palais par les révolutionnaires avignonnais les 16 et 17 octobre 1791. Il est vrai que, dans la littérature officielle estampillée « véridique » ces massacres ne sont qu’un règlement de comptes entre papistes et républicains voulant le rattachement du Comtat à la république. La même doxa fixant les premiers massacres à septembre 1792 ; rien avant.

Après diverses dégustations de produits locaux (virtuellement seulement ; à quand une télé avec un robinet ?) la charmante Carole nous emmène à Carpentras voir un monument emblématique de la ville.

Chic, me dis-je, l’Inguimbertine ; de plus avec ses moyens télévisuels nous allons nous régaler. Édifice prestigieux abritant un mobilier rare lequel abrite des œuvres superbes où nous entendrons, sans aucun doute, le Conservateur général, Jean-François Delmas, parler des richissimes collections !

Patatras ! L’emblématique monument est la synagogue du XVIIIème dont la brave dame qui nous guide dans la visite fait remarquer que les décors sont en bois peint comme du marbre le seul marbre étant la reproduction des Tables de la Loi. Il y a une piscine qui est inondée à cause des infiltrations. Très intéressant !

On passe à côté des incunables de l’Inguimbertine et des milliers d’objets du XIIème siècle à maintenant qui sont à la vue de ceux qui le désirent et non d’une certaine élite.

Cela rappelle des ballades dans les îles charentaises de cette même émission où l’on voit l’ancien fort de l’île Madame mais passe à côté, sans la voir, de l’immense croix qui marque la sépulture et le sacrifice de centaines de prêtres, comme la visite de l’île de Ré où l’on s’attarde sur les trois gibiers de potence (bagnards) morts dans le Fort mais on ignore les 70 prêtres que l’on y a fait « crever » (il n’y a pas d’autre mot).

Ce n’est évidemment pas avec notre président de pacotille que l’on va en entendre parler, lui qui a un faible, plutôt une très grande faiblesse en Histoire.

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LE JOURNAL LE TÉLÉGRAMME ET SA VUE DE CARRIER ET DES NOYADES.

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LE JOURNAL  LE TÉLÉGRAMME  ET SA VUE DE CARRIER ET DES NOYADES.

Le journal Le Télégramme a publié dernièrement un article sur Carrier, agrémenté d’un tableau réalisé par Joseph Aubert en 1880-1881 (à une époque où on assiste à une nouvelle poussée de la gauche) et déposé au musée d’Art et d’Histoire de Cholet. Ce musée est à visiter si vous ne le connaissez pas car il contient des pièces très émouvantes. J’ai en mémoire ces fameux bâtons ferrés ou munis de faux emmanchés à l’envers ; sur ces bâtons des encoches comptabilisent le nombre de victimes Bleus. Un aide-mémoire pour demander une quelconque aide pécuniaire dans des temps meilleurs ?

S’il y aura des temps meilleurs rares seront les aides pécuniaires ou la reconnaissance par la royauté restaurée envers ceux qui se sont battus pour elle.

Cet article du Télégramme est loin d’être parfait ; il a au moins le mérite d’évoquer une période dont le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle est très mal connue. Quant elle n’est pas travestie. Pour certains politicards elle fait partie des « valeurs de la république ».

Le journaliste évoque « les brigands opposés à la révolution » ce qui n’est pas exact car les réformes avaient été bien acceptées par les régions soulevées contre la révolution ; l’assassinat du Roi n’avait déclenché aucune réaction. Ce sont les persécutions religieuses associées à la conscription des 300.000 qui mirent le feu aux poudres. Mais les prisons étaient déjà bien remplies des opposants au système et ce « remplissage » avait commencé alors que Louis XVI, qui n’est plus de la monarchie absolue mais de la monarchie constitutionnelle, règnait encore.

Carrier, arrivé à Nantes début  Octobre, repartit aussitôt sur le théâtre des opérations sur le front vendéen et ne reviendra qu’après la défaite des Blancs à Cholet ; Son nom est signalé pour la première fois à la date du 30 octobre dans le registre des délibérations du Conseil général de la commune dirigé par Renard, municipalité nouvellement désignée au premier passage du Représentant en mission début octobre alors qu’il arrivait de Rennes.

Ce n’est pas Carrier qui décide du regroupement des prisonniers mais la municipalité de Renard par « principe d’humanité…… » pour les habitants (soulignement SCB).

Un plan est prévu pour regrouper dans un lieu unique, vaste, à la limite de la ville : l’Entrepôt des cafés, dont un tiers appartient à Mathurin Crucy (sauveur des gisants de François II et Marguerite de Foix qui sont installés depuis 1817 dans la cathédrale) (les deux autres tiers à Mellinet et Duparc).

Cet entrepôt est réquisitionné fin septembre début octobre (avant l’arrivée de Carrier, donc) ; le 16 octobre le garde-magasin, Dumay, demande un délai pour évacuer 4 millions de Livres de café. Ce qui sera fait le 20 et l’on dirige vers ce lieu les prisonniers du château, des Saintes Claires, de la maison Saint Clément, des Capucins, du Bon Pasteur, du couvent du Calvaire, du couvent de la Visitation, du Bouffay. Le tribunal criminel révolutionnaire (dirigé par le criminel Phélippes Tronjolly qui se refera une belle virginité  lors du procès Carrier) créera une série d’interdictions, qui vont permettent de remplir de nouveau ces prisons qui déborderont après Savenay, sur décret signé par Carrier et Francastel (le vrai inventeur des noyades à Angers) le 1er novembre.

Mais le peuplement premier des prisons nantaises est uniquement le fait d’autochtones, religieux ou non, nobles ou non, majoritairement du peuple, paysans, artisans, mal pensants généralement à l’égard du nouveau pouvoir qui s’installe par le vol, le crime et la spoliation.

Quand l’historien de service assimile les brigands aux terroristes de maintenant la comparaison exacte, relevée par le docteur en Histoire Thierry Trimoreau, correspond à celle des loups qui étaient nombreux et qu’il fallait détruire ainsi que leurs portées ; actuellement on ne détruit pas les portées de terroristes déjà que pour ces derniers….

Lorsque le journaliste écrit que « prêtres réfractaires ayant refusé de faire allégeance à la nouvelle république » cela est faux ; ces prêtres n’avaient pas refusé de faire allégeance mais ils refusaient de prêter le serment à la constitution civile du clergé qui les coupait du Pape et limitait leur pouvoir de prêtres, ce qui est totalement différent.

Le nombre des victimes des noyades, fusillades, guillotine tourne, rien qu’à Nantes autour de 20 mille personnes dont  6 à 7 ou 8 mille pour les noyades.

Lorsque le journaliste cite « quelques voix commencent à s’élever contre les méthodes du proconsul » cela est totalement faux ; l’erreur fatale de Carrier est l’expédition à Nantes de 132 nantais pour être jugés par le tribunal de Fouquier-Tinville qui ne fera rien, demandera des éclaircissements au Comité nantais bien incapable de fournir la moindre preuve contre ceux qui, partis à 132, ne sont plus que 92.

En effet Carrier a été rappelé à Paris sur sa demande se disant fatigué mais aussi pour suivre son affaire des 132 Nantais. Un Représentant en mission n'est pas libre de ses mouvements en dehors du secteur attribué. Arrivé à Paris il est applaudi par ses collègues de la Convention qui le nomment Secrétaire ; il y a pire comme condamnation.

Lors de la chute de Robespierre il a un pied dans les deux camps et se retrouve dans le bon lors de Thermidor et rien ne change pour lui. L'instruction du procès des 132, qui ne sont plus que 92 marque le début de la fin pour lui ; les Nantais se retournent non contre Carrier mais contre les membres du Comité révolutionnaire de Nantes qui se retournent à ce moment contre le Représentant en mission.

Lors de l'instruction le député Charles Dupuis de Seine et Oise clamera :"Ce serait se tromper étrangement que de s'obstiner à voir dans Carrier un patriote persécuté par l'aristocratie.../... au lieu d'y voir un des agents les plus forcenés de la conspiration des rois de l'Europe.../...Je n'y vois plus qu'un agent de la contre-révolution".

Carrier va se retrouver dans la posture de celui qui est accablé de tous les vices, tares, perversités de  nombre de membres de la Convention dont Fouché ou cette canaille de Barère. Beaucoup trépignent encore en vociférant son nom alors qu'il n'est pas le pire ; mais il faut que la Convention, qui va devenir Directoire, avec sensiblement les mêmes individus, se blanchisse et Carrier va payer. Il n'a été qu'un fonctionnaire serve et sans états d'âme comme Fouquier.

Il sera supprimé le 16 décembre 1794 avec Pinard et Grandmaison ; 3 sur 33 accusés aussi coupables que lui.

Plus tard ce sera le tour de Fouquier-Tinville et puis plus tard Gracchus Babeuf, l'idiot utile qui avait écrit un violent pamphlet contre lui, sous la pression de Fouché.

On a supprimé trois « méchants », l’honneur est sauf, la Convention est toute pure. Et c’est cela qui continue à être propagé !

Enfin parler d'épisode sanglant pour des noyades qui ne le furent pas laisse à désirer.

 

 

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BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE

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BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE
BEHUARD, EN CE JOUR, 8 SEPTEMBRE 2018, DE LA NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE

A Condac, près de Ruffec en Charente, en mars 1442 le dauphin Louis, âgé de 19 ans,  est, en compagnie de son père le roi Charles VII et de quelques hommes de la Cour, sur une barque qui glisse sur la Charente lorsque tout à coup, à une écluse d’un moulin celle-ci, prise par le courant, chavire. La situation est désespérée. Le Dauphin Louis se souvient, au moment où il va se noyer,  de la dévotion que sa mère, Marie d’Anjou sœur du Roi René, portait à  la Vierge Marie, Notre Dame de Béhuard, Vierge à l’Enfant, et l’implore.

Ils furent tous rejetés sur la berge, sauvés de la noyade.

 

Toute cette région d’Anjou avait été évangélisée par (le futur saint) Maurille, disciple de Saint Martin, et ce qui était un temple païen, en l’honneur de Gaïa la déesse mère, avait été christianisé par lui et dédié à la Sainte Vierge à la suite du Concile de Nicée (431) reconnaissant la Vierge comme Mère de Dieu. Maurille avait installé là une statue de la Vierge à l'Enfant, sur la pointe du rocher émergeant de l' île entre deux bras de la Loire au sud-ouest d’Angers.

Vers le milieu du XIème siècle toutes ces terres appartenaient à Geoffroy Martel comte d’Anjou qui en fit don à un de ses chevaliers, breton, pour les bons services rendus, un nommé Buhard. A la mort du comte Geoffroy, Buhard en fit don à l’abbaye Saint Nicolas d’Angers.

Notre-Dame de Buhard, dont le nom est devenu Béhuard, est la madone des mariniers de Loire, profession très active en ce temps là.

 

La renommée va venir avec la reconnaissance du Dauphin Louis, devenu Louis XI à la mort de son père et de son élévation sur le Trône. Le roi va tenir la promesse que le Dauphin avait faite d’ériger à sa salvatrice un sanctuaire, à la place du petit oratoire de Maurille, en reconnaissance de son sauvetage.

En 1462 il fait un premier voyage à Béhuard ; en 1469 il lance le chantier de construction de l’église que nous pouvons admirer maintenant, le chantier sera terminé en 1482 (ou 1472).

Roi prévoyant – gouverner c’est prévoir disait Adolphe Thiers – pressentant le réchauffement climatique et la fonte des pôles à venir ( C'est évidemment une boutade), il fait construire l’édifice sur la hauteur du rocher que ceinture l’église ; elle est simple mais de toute beauté dans sa simplicité et inatteignable par les inondations souvent violentes (près de 7 mètres en 1910).

 

Louis XI est venu plus de 20 fois à Béhuard où il logeait dans ce qui est toujours appelé le « Logis du Roy ». Il vint supplier, en 1470, la Vierge de lui donner un fils ; ce sera le futur Charles VIII. Il a offert une cloche qui est installée dans le chœur ; elle sonne un mi-bémol.

Cette église, enchâssée pour partie dans le rocher qui sert de mur en un endroit, n’a pas souffert des Guerres de religion (lorsque les catholiques détruisaient leurs églises – encore une boutade) ni de la révolution, ce qui est étonnant. Ou alors elle a bénéficié d’une protection divine ou plutôt mariale ?

Elle trône sur son rocher, à l’abri des crues. Ses voûtes sont en bois, en forme de coques de navire inversées et parsemées des lys d’Anjou. L’époque n’était pas déjà sûre : à preuve le tronc pour recueillir les offrandes, en cœur de chêne, est ferré !

Monseigneur Freppel a relancé l’activité cultuelle dès 1873.

Le Pape Pie XI a autorisé le couronnement de la statue de la Vierge en 1923.

 

Chaque 15 août réunit plus de mille personnes, cette église est ouverte tout le temps et la messe y est célébrée régulièrement, samedi, dimanche. Ce lieu n’est pas neutre.

Elle présente la particularité que la nef perpendiculaire la plus importante n’est pas la nef principale qui est dans l’axe de l’autel, laquelle est surmontée d’une tribune qui était le lieu où s’installaient les moines puis les chanoines. Outre la Saint Vierge qui trône en majesté on voit, accrochés en sa proximité, des fers de galériens dont le petit, et très bien fait, livret de visite nous dit qu’ils sont un ex-voto de prisonniers chrétiens, de la même facture que les fers utilisés par les pirates en méditerranée ; mais pas un mot de l’ethnie de ces pirates et de leurs cibles privilégiés : les chrétiens !

Cette église est appelée à tort chapelle alors qu'elle a été consacrée (ce qui n'est pas le cas d'une chapelle en général bénie) et contient la Présence réelle.

Ce lieu marial, beau par sa simplicité, fut une belle découverte en ce jour où nous avons fêté la Nativité de la Sainte Vierge, Patronne principale de notre pauvre France.

 

 

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BILAN DU MOIS D’AOÛT 1798 SOUS LE DIRECTOIRE QUI TUE ;

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BILAN DU MOIS D’AOÛT 1798 SOUS LE DIRECTOIRE QUI TUE ;

Les faits ont 220 ans ; c’est vieux, certes comme beaucoup d’évènements. La Guerre de 1914-1918, la Saint Barthélémy, l’Inquisition, les Guerres de Religion et ses destructions, Les Croisades, Clovis etc.

Il y a pourtant des thèmes de prédilection régulièrement objets de discussions dans des émissions : la Saint Barthélémy, les Parpaillots dans les Cévennes, les Croisades et la célèbre Inquisition. Sujets sur lesquels débattent différents intervenants jusqu’à plus soif. Rarement sont présents ou invités des défenseurs. Ce sont des émissions à charge.

Lorsque l’on évoque les exactions de la révolution et ses succédanés comme le Directoire il s’agit toujours d’évènements voulus par des « fous » jamais par le système politique. Les meurtres à Nantes, c’est Carrier, à Lyon c’est à cause des Fédéralistes et de Collot d’Herbois (on oublie Fouché), à Toulon c’est à cause des Anglais (on oublie Maignet et Fréron entr’autres), à Bordeaux c’est à cause des Girondins (on oublie Tallien) etc. Les exemples ne manquent pas.

La Convention thermidorienne a entendu Fréron faire, le 17 Germinal An III (6 avril 1795) une proposition de loi :

Article 1er : la peine de mort est abolie pour tous les crimes révolutionnaires, excepté pour les crimes d’émigration, d'intelligence criminelle prouvée avec l'étranger, la fabrication de faux assignats, trahison militaire et provocation à la royauté.

La déportation y est substituée.

Le tribunal révolutionnaire, aussitôt que le procès qui  s'instruit contre Fouquier-Tinville sera terminé ne connaîtra plus que les délits portés en article premier.

C’est donc la raison pour laquelle les individus suspects de royalisme – le 10 mars 1796 « ils » ont ajouté le serment de haine à la royauté et à l’anarchie – sont passibles de déportation. Bien entendu ils ne seront pas déportés vers les cieux idylliques de Guadeloupe ou de Martinique, françaises depuis Louis XIII ; ils seront envoyés vers la Guyane et dans ses marais les plus infects pour une mort à petit feu pour le plus grand nombre.

La Décade commandée par le capitaine Villeneau a quitté Rochefort le 25 avril 1798 débarquant, le 15 juin, son lot de 241 déportés (L‘abbé Saintray, du diocèse de Paris est mort en mer et son corps immergé) composés de :

- 191 prêtres ou religieux, et 50 divers :

-  7 politiques, 1 avocat, 1 boutonnier, 2 cordonniers, 2 cochers, 1 cultivateur, 1 ancien député des 500, 3 domestiques, 1 droguiste, 1 graveur, 2 journalistes,1 marchand, 1 ancien Mousquetaire, 1 musicien, 2 nobles, 1 ouvrier, 1 ancien parlementaire de Bretagne, 2 perruquiers, 6 officiers (marine, infanterie, gendarmerie), 10 sans précision, 1 suspect d’espionnage, 1 vigneron, 1 tailleur.

Dans un précédent article nous avons vu que la Bayonnaise commandée par Richer avait débarqué 132 déportés, 4 étant morts en mer.

- 6 août mort de l’abbé Matthieu Picard curé de Rupéreux, diocèse de Sens. Il avait rétracté le serment. Arrivé le 15 juin sur La Décade,  il meurt dans les marais de Sinnamary à l’âge de 59 ans.

- 14 août mort de l’abbé Jean Sourzac, né le 17 février 1745, curé de Salignac dans le diocèse de Tulle. Il a été mis à Konamama, sur une île après son débarquement du 15 juin. Il devient subitement fou et se noie ; il avait 53 ans.

- 17 août, l’abbé Guillaume Kerckhofs natif de Bruxelles, oratorien à Malines, arrivé sur

La Décade meurt à Cayenne ; il avait 40 ans.

- 18 août, l’abbé Calixte Caillac (ou Caillat) né en 1768 à  Cahors, curé de Lauzerte dans le Tarn et Garonne, également professeur à Cahors n’avait prêté aucun serment ; débarque le 15 juin il meurt à Approuage d’épuisement et de malnutrition ; il avait 36 ans.

- Jour indéfini d’août, l’abbé Delestre, natif de Neufchâtel en Bray en Seine Inférieure, principal du collège de Rouen, débarqué de La Décade le 15 juin, décède à Makouria à l’âge de 37 ans.

- 22 août, L’abbé Jean-Joseph Reyphins délégué épiscopal de Stalège (Alveringem) dans le diocèse d’Ypres, meurt en mer sur La Bayonnaise et comme les autres victimes est jeté par dessus bord. Il avait 39 ans.

- 23 août, l’abbé Charles Marcé (ou Macé) curé de Saint Privat d’Allier dans le diocèse du Puy meurt en mer sur La Bayonnaise. Son âge n’est pas connu. Il est jeté par dessus bord.

- 26 août, le chanoine Pierre-Alexandre Traynier, curé de Saint Sornin, du Chapitre de La Rochelle, meurt en mer sur La Bayonnaise. Son corps est jeté par dessus bord.

- 27 août, l’abbé Ignace Moutiès (ou Moutils) curé de Thoux dans le diocèse d’Auch, mort en mer sur La Bayonnaise. Passé par dessus bord.

- 29 août, l’abbé Louis-Bernard Rossignol né à Coucy le château (Aisne), débarqué de La Décade, décède à Approuage à l’âge de 54 ans. Il était curé de Bassoles-Aulers dans le diocèse de Soissons où il avait reçu des mains du dernier Abbé des Prémontrés, le Père André Batteux, les reliques du fondateur le bienheureux Hugues de Fosses ; il les avait inhumées dans le chœur de l’église en 1794. Une autre source le donne comme diacre à Saint-Paul-Saint Louis à Paris ce qui semble peu vraisemblable.

 

Sur ces  310 prêtres et religieux 160 vont mourir dans le dénuement le plus total jusqu’en juillet 1801. La majorité est de l’Est, du Centre, du Sud de la France, de Bretagne et de Normandie ou de Belgique. 1 de Luçon.

 

 

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