IL Y A UNE SEMAINE:"L'OMBRE D'UN DOUTE" de Franck Ferrand
L'équipe de tournage de l'émission "L'Ombre d'un doute" (sur France 3) au travail, à Nantes, le 3 janvier dans les caves de l'ancien Entrepôt des cafés.
L'émission produite et dirigée par Franck Ferrand a été très appréciée, et représente même un succès, le sujet étant particulièrement délicat voire tabou comme le dit le présentateur.
Cette prise ne figure pas dans le film, pourtant le lieu évoque bien la misère et le désespoir dans lesquels furent plongées ces malheureuses victimes de la folie révolutionnaire.
Le preneur de son ne nous avait pas accompagné ; il faut reconnaître qu'il ne fallait pas être arachnophobe, ni craindre le sol particulièrement boueux.
Sur le plan général, cette émission a apporté beaucoup pour une meilleure connaissance de la période de La Terreur. Pour les "puristes" il y aurait quelques remarques, mais ce message n'était pas destiné aux "puristes" ; il visait un large public. Franck Ferrand, à qui le Souvenir Chouan de Bretagne adresse ses vives félicitations, a bien rempli son contrat visant à instruire le maximum de personnes.
En lisant les commentaires qui sont particulièrement élogieux, seuls deux retiennent l'attention par leur mauvaise foi évidente ou par une cécité et une surdité volontairement accentuées.
En effet en lisant ceci:
"vision historique uniquement à charge, pas de débat contradictoire. Quant à Robespierre on le cite à peine alors qu'on l'accable par le titre de l'emission..D'un point de vue historique, cela s'apparente à de l'imposture"
Ou ceci:
Le sujet est fort bien traité, tant dans le recours aux archives qu'au montage lui-même, texte et images. Même si le contenu des interviews de Reynald Sécher me paraît tout-à-fait acceptable, je trouve qu'au cours de la table ronde de fin d'émission, on l'a un peu trop mis sur un pied d'égalité avec Jean-Clément Martin, alors qu'il a souvent des prises de position très partisanes qui le marginalisent parmi les historiens.Avec le recul du temps, les moyens d'investigation qui sont aujourd'hui à la disposition des chercheurs, on peut étudier cette période d'une manière dépassionnée. Bravo à Franck Ferrand et son équipe !
on ne peut pas dire que l'approche de cette période n'ait pas été abordée ce soir là d'une autre manière que dépassionnée. Il n'était exposé que des faits.
On ne peut pas dire que le débat ait été à charge quand on compare le nombre de passages: Jean-Clément Martin (Robespierriste), 11 passages, Reynald Secher 6 passages. Quand au débat en fin d'émission, C. Bourseiller est plutôt contre Reynald Secher (même si le début de son exposé fait penser le contraire),Stéphanie Coudurier présente un ouvrage de J-C. Martin, quant à Clémentine Portier-Kaltenbach, on ne peut pas dire qu'elle "tape dans le mille" avec son Quatrevingt-Treize de Victor Hugo. Et pourquoi pas le Petit Chaperon Rouge dont elle porte la tenue ?
On peut regretter, par contre, que le passage ou Reynald Secher rappelle la définition du Génocide ait été supprimé:" Un Génocide est l'extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe ou d'une partie d'un groupe en raison de ses origines ethnique, religieuse ou sociale".
Enfin n'en déplaise aux disciples de ce pré-bolchevique, si le couperet n'avait pas tranché net la carrière de Robespierre, les "petits papiers" du Comité de Salut public montrent bien que ce n'est pas sur le seul territoire de la Vendée qu'il fallait exterminer les brigands mais sur tout le territoire de la République. Faut-il rappeler, à la façon de Stéphane Courtois que ces "Brigands" étaient des gens sans histoire avant la révolution?
Enfin, Stéphane Courtois a été excellent.
Seules deux Associations avaient répondu favorablement aux organisateurs pour participer au tournage du film: Vendée Militaire et le Souvenir Chouan de Bretagne qui depuis plus de dix ans honore la mémoire des Noyés en Loire.