23 DECEMBRE 1793.........SAVENAY
Comme chaque année depuis 1993, et depuis l'an dernier que ce Blog est ouvert, le Souvenir Chouan de Bretagne marque ce 23 décembre 1793, avant veille de la Noël, pour rappeler ce qui s'est passé à Savenay et aux alentours: La fin de l'Armée Catholique et Royale, composée de Vendéens et de Bretons.
Les troupes révolutionnaires, sous le commandement de Kléber, Marceau, Westermann, Tilly et Canuel, vont faire un véritable carnage des malheureux rescapés de la"Virée de Galerne". Les victimes seront essentiellement les femmes, les enfants, les vieillards ayant suivi l'Armée et qui n'ont pas les qualités physiques requises pour échapper aux soldats Bleus qui vont se comporter comme de véritables soudards sans aucune pitié.
D'Ancenis à Savenay, les croix de bord de route sont nombreuses sur le côté droit, sens de la marche. Deux, à Blain, sont décorées du
Sacré-Coeur ; celle-ci est à la sortie de Bouvron.
Au pied de ce tombeau, construit là à la fin du XIXè, a été déposée la croix qui
ornait l'ancienne église détruite au XIXè. Ce Christ a donc assisté aux virulents combats qui se déroulèrent souvent au corps à corps devant l'église même. C'est par cette route de Guérande que
Georges Cadoudal et ses compagnons quitteront la ville assiégée, car on oublie trop souvent qu'à la fin de Savenay il y avait encore des armoricains, seuls les Chouans mainiaux avaient quitté
l'Armée, à Blain, avec le prince de Talmont fâché de n'avoir pas été choisi comme généralissime le 20.
Dans l'église de La Chapelle Launay, photographié aujourd'hui, ce vitrail de 1952, commandé par le curé de l'époque, l'abbé David, rappelle cette épopée.
Avec ses deux canons restant, Gaspard de Bernard de Marigny va faire le maximum pour que le plus grand nombre puisse s'échapper dont Madame de Lescure. Certains partant vers Guérande, d'autre allant vers la Loire où le passeur Jean Legland - bien mal nommé - va faire des prouesses et embarquera vers Frossay, de l'autre côté de l'eau, plus de MILLE personnes en plusieurs mois.
Il a été raconté, dans un village de la région, que deux
vendéens furent cachés dans une maison à deux doubles cheminées, et qu'à l'époque de la Restauration, deux paysans allant vendre leurs boeufs au marché de Challans, venant de cette maison,
eurent la surprise de retrouver les deux fugitifs arrivés chez eux sains et saufs.
D'autres, hélas !' n'auront pas cette chance puisque plus de dix mille personnes - plus que la Saint-Barthélémy sur le plan national - vont perdre la vie, soit tuées sur place soit noyées en Loire.
A la Butte de Sem, en Prinquiau, existent encore trois granges (visitées en 2003) dans lesquelles furent enfermées 800 personnes qui s'étaient rendues contre promesse de vie sauve et furent fusillées en suivant. Leurs corps furent entassés dans diverses fosses, dont trois proches de ces étables. Elles furent ouvertes en 1815 et les ossements transférés dans un tombeau puis, à la fin du XIX ème siècle, mis dans ce tombeau dans le nouveau cimetière de Prinquiau.
Il est certain que là aussi, il n'y a pas que des Vendéens.