PIERRE-RENE ROGUE MARTYR DU 3 MARS 1796

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PIERRE-RENE ROGUE MARTYR DU  3 MARS 1796

Il y a 230 ans, le jeudi 3 mars 1796, le Père Lazariste Pierre-René Rogue est guillotiné sur la place de la Liberté (actuelle place Maurice Marchais) à Vannes. Il a comme compagnon d'infortune l'abbé Alain Robin, 39 ans, vicaire d'Inzinzac, arrêté à Hennebont en octobre 1795 puis emprisonné  à Vannes.

Le Père Pierre-René Rogue avait été arrêté à Vannes, la nuit de Noël 1795, au 9 de la rue Notre Dame (actuelle rue Emile Burgault), alors qu'il portait la communion à un malade. Etait-ce un piège qui lui avait été tendu ce soir du 24 décembre à 10 H du soir dans cette maison où deux sbires l'attendaient ? Ces deux individus l'emmenèrent à la Maison du département (Mairie et ancien évêché totalement disparu par la suite) et demandèrent aux personnes présentes de l'emprisonner ce qu'ils refusèrent arguant qu'ils n'étaient pas gendarmes. Les deux sbires allèrent en chercher ; alors les membres de la mairie incitèrent le futur martyr à s'enfuir ce qu'il refusa pour qu'ils ne soient pas inquiétés.

Pierre-René Rogue demanda à s'isoler pour consommer l'hostie qu'il avait emmenée comme Viatique pour le malade qu'il n'avait pas rencontré.

PIERRE-RENE ROGUE MARTYR DU  3 MARS 1796

Les gendarmes emmenèrent le Père Rogue à la prison du Petit couvent à une centaine de mètres de là. Le "procès" eut  lieu devant le Tribunal criminel (qui se tenait au premier étage de La Cohue ?) le mercredi 2 mars. Confrontés au Président du Tribunal Chesnel et de ses assesseurs Le Menez, Le Blanc, J-M Fabre, Paturel et le greffier étant Taslé.

Les deux prêtres ayant reconnu qu'ils n'avaient prêté aucun serment ils sont condamnés à la peine de mort exécutoire dans les vingt-quatre heures. Ils sont enfermés dans la Tour prison. Là ils passent une grande partie de la nuit en prière.

Le lendemain ils sont emmenés à la  place de la liberté et guillotinés sur les coups de trois heures du soir, la chapelle Saint Yves étant témoin de leur martyre. Pierre-René Rogue avait 37 ans.

PIERRE-RENE ROGUE MARTYR DU  3 MARS 1796

Ils sont inhumés dans une fosse qui se trouvait en bordure du cimetière (à l'époque) ; Madame Rogue qui était présente lors de la mort de son fils dressera une croix en bois sur le lieu de sépulture. Elle sera inhumée, lors de son décès, près de son fils. Après sa mort un calvaire en granite et tuffeau sera érigé.

La procédure en béatification sera engagée en 1907 par Monseigneur Gourand, évêque de Vannes (ancien Vicaire général de Nantes) et poursuivie par son successeur Monseigneur Tréhiou. Cette procédure est déclarée par le Pape Pie XI le 10 mai 1934. Les autorisations d'exhumation ayant été données tardivement la sépulture avait été ouverte le 4 mai pour retrouver et identifier les restes des deux prêtres. Une fois cette identification réalisée leurs restes furent déposés dans la cathédrale de Vannes. L'identification formelle de Pierre-René Rogue fut faite le 12 juin 1934 par le Docteur Didier, des Hôpitaux de Paris. Le 4 juillet les reliques du Bienheureux Pierre-René Rogue sont déposées solennellement sous l'autel qui contient son gisant. Les restes de l'abbé Alain Robin sont remis en terre près de ceux de Madame Rogue.

PIERRE-RENE ROGUE MARTYR DU  3 MARS 1796

Il y a eu, pendant des années, sur l'autel sous lequel est son gisant, un reliquaire contenant une de ses phalanges. Cette photo en est le seul souvenir qui en demeure le reliquaire ayant été volé vers 2010.

Autre article.

Des nombreux prêtres et religieux de Bretagne guillotinés, assassinés, morts sur les pontons de Rochefort seul Pierre-René Rogue a été déclaré Bienheureux. Dans le seul Morbihan 25 guillotinés, 12 morts sur les pontons de Rochefort, 2 dans la bagne de l'île de Ré, 8 en Guyane, 37 assassinés, 16 morts en prison.

PIERRE-RENE ROGUE MARTYR DU  3 MARS 1796

Que le Bienheureux Pierre-René Rogue, martyr de l'Eucharistie, veille sur la Bretagne et sur la France.

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