POUZAUGES, MENTIR COMME UN ARRACHEUR DE DENTS, SEQUENCE II

Publié le par culture

POUZAUGES, MENTIR COMME UN ARRACHEUR DE DENTS, SEQUENCE II

Le pseudo massacre de 400 personnes dans l'église Saint Jacques de Pouzauges dans la nuit de Noël 1793 demande quelques informations précises sur les faits. La répression du soulèvement des Révoltés contre le pouvoir Jacobin parisien est une chose trop sérieuse pour raconter n'importe quoi.

Il est surprenant qu'une Revue aussi sérieuse  que celle du Souvenir Vendéen, qui existe depuis plus de 90 ans, se soit faite piéger par une information, venue d'une personne, prétendant révéler des faits oubliés ; alors que le Souvenir Vendéen a exhumé les faits cachés du soulèvement depuis près d'un siècle et qu'aucun des chercheurs pointus de ladite association ne se soit penché sur un document qu'elle connaissait depuis 1980 : une seule et unique lettre rédigée dans un français sommaire.

Dans le  numéro 261 de décembre 2012 de sa revue le Souvenir Vendéen publiait, dans la rubrique Chercheurs et curieux, une analyse du document par Pierre Gréau  assisté de Michel Chatry (respectivement Vice-président et Président de l'association), férus d'archives. Cette analyse comporte les termes, d'improbable et messe de Noël hypothétique. Termes mesurés de la part des deux rédacteurs qui sont voisins de la ville de Pouzauges. Pierre Gréau ajoute aussi : testis unus, testis nullus (un seul témoin, témoin nul).

- En 1793, les églises sont fermées et l'on imagine mal des Révoltés allant demander les clés de Saint Jacques à la municipalité républicaine, pour célébrer la messe de Noël dans une région infestée de Bleus. Le 19 décembre l'adjudant général Dominique Joba (34 ans), passe à Pouzauges et tue les trainards de l'armée de Charette qu'il poursuit depuis Saint Fulgent où il a fait fusiller 200 prisonniers.
- L'auteur du "Massacre de 400 personnes la nuit de Noël" attribue trois enfants au capitaine Jean-Baptiste Nogaret responsable dudit "massacre". de sa femme Derouvière épousée en 1803.
- Il mentionne deux enfants dont je n'ai trouvé aucune trace dans les Archives de la Drôme (Grignan et Pierrelatte) et un prénommé François Frédéric qui, en réalité, est le fils du frère de Nogaret, Frédéric (absent lors de la naissance étant au 8ème régiment de Hussard).
- Il n'y a aucune trace de ce "massacre" dans Le Moniteur Universel qui couvrait toutes les déclarations et annonces (des représentants en mission) faites tant à La Convention qu'au Comité de Salut Public. Alors qu'il y a de nombreuses annonces de crimes en nombres divers dans toute la France.
- Dans Lequinio, représentant en mission dans le secteur, s'il évoque quelques fois Pouzauges jamais il ne parle d'un quelconque massacre dans une église et si celui-ci avait existé il n'aurait pas hésité à s'en faire gloire.
- De même dans Savary aucune trace de ce soi-disant massacre dans la nuit de Noël.
- L'ancien curé constitutionnel et renégat, Aristide Dillon (il avait renié son prénom de baptême, Dominique) ne parle pas de ce "massacre" alors qu'il aurait pu s'en réjouir.
- 400 victimes, pardon de ce détail, représentent un volume certain de 26 à 30 M3  qu'il a fallu inhumer. Où ? pas de trace de lieu d'inhumation.
- Pour justifier son analyse et le reproche fait de manque de sources l'auteur argue que c'est l'éditeur qui a demandé la suppression de 30 pages de références pour ne pas alourdir un livre déjà conséquent. Etrange, non, quand l'auteur revendique, pour un livre, le sérieux de ses recherches ?
Dans son analyse Pierre Gréau  note très justement que l'auteur de la thèse du "massacre" "formulant des thèses sur la perte de mémoire de l'évènement et les conditions d'ensevelissement des corps mais ne semble pas lever de doutes sur la réalité du massacre de la nuit de Noël".
 
Ci-dessous acte de naissance de François Frédéric Nogaret fils de Frédéric et non de Jean-Baptiste
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Dans le préambule de l'ouvrage, son auteur annonce que Gilles de Retz a été  brûlé sur le bûcher en 1440. Ce qui est faux. Gilles de Retz ayant fait amende honorable et fait pénitence de ses nombreux péchés, volontairement, sans avoir subi la Question ordinaire sera absout par Jehan de Malestroit, évêque de Nantes, Président du Tribunal religieux, qui ordonnera que son corps soit dépendu, après exécution du jugement séculier le 26 octobre 1440, du gibet  dressé au-dessus du bûcher avant que les flammes ne l'atteignent. Inhumé dans la chapelle des  Carmes (quartier Decré à Nantes) ses restes seront brûlés (en compagnie de François II et de Marguerite de Foix dont les gisants sont dans la cathédrale de Nantes grâce à Michel Crucy qui les a sauvés en octobre 1792) sur la place du Pilori en 1793 mais par les révolutionnaires.

Curieux que le site dédié à ce massacre illustre son site  par un vitrail des années 1950  sur lequel figurent les 32 fusillés devant le château (que l'on distingue en arrière plan) en janvier 1794 et non les massacrés de Noël 1793. 

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