9 OCTOBRE 1794, UNE BONNE CLAQUE AUX PETITES MAUVAISES ODEURS

Publié le par culture

 9 OCTOBRE 1794, UNE BONNE CLAQUE AUX PETITES MAUVAISES ODEURS

Ce slogan publicitaire des années 1980 pour une marque de désodorisant pourrait s'utiliser en ce jeudi 9 octobre 1794 qui voit Jean-Jacques Régis de Cambacérès monter à la tribune de la Convention pour y lire solennellement son "Adresse au  Peuple français" fruit de la cogitation entre la Convention, les Comité de Salut public et de Sûreté générale. Rien que ça, la réunion des cinglés, à peu près, des trois instances de la Terreur.

Robespierre a lourdement chuté le 28 juillet ; enfin surtout sa tête. La terreur règne maintenant sur les ex terroristes. La grande lessive va pouvoir commencer pour rendre plus blancs que blanc ceux qui furent des assassins féroces sinon en actes du moins en théories.

Cette déclaration tombe pile avec l'Acte d'accusation lancé par la Convention contre le Comité révolutionnaire de Nantes, la veille, après l'échec des poursuites contre les 132 Nantais (94 seulement arrivés) envoyés par Carrier, en novembre 1793, de Nantes à Paris pour être jugés, voire condamnés à mort, par le Tribunal révolutionnaire. Procès retardé par Fouquier-Tinville qui demandait la liste des accusations naturellement inexistantes.

Carrier avait commis l'erreur, qu'en ce jour il n'appréhende pas, de mettre au nombre des 132 Phélippes-Tronjolly (François Phélippes de Tronjolly de Coatgoureden) qu'il avait nommé Président du Tribunal révolutionnaire de Nantes, aux mains couvertes de sang. Or Phélippes-Tronjolly a réussi a démontré l'absence d'accusations contre les 94 rescapés et tous se sont retournés contre le Comité révolutionnaire nantais. Mis en accusation les membres du Comité révolutionnaire ont été expédiés à Paris pour passer devant le Tribunal révolutionnaire ; en route ils ont appris la chute de l'Incorruptible ce qui fait dire à Goullin, un des membres et responsable, entr'autres, des Noyades "C'en est fini de nous".

Déclaration de Cambacérès :

"Français, au milieu des vos triomphes, l'on médite votre perte. Quelques hommes pervers voudraient creuser au sein de la France le tombeau de la liberté . Les héritiers des crimes de Robespierre et tous les conspirateurs que vous avez terrassés s'agitent. (…) Fuyez ceux qui parlent sans cesse de sang et d'échafaud, ces patriotes exclusifs, ces hommes outrés, ces hommes enrichis par la Révolution qui redoutent l'action de la justice et qui comptent trouver leur salut dans la confusion et l'anarchie. Estimez, recherchez ces hommes laborieux et modestes, ces êtres bons et purs qui fuient les places et qui pratiquent sans ostentation les vertus républicaines. Le temps est venu de vaincre par la fermeté et la sagesse. Il faut que le calme succède enfin à tous les orages. Le vaisseau de la République tant de fois battu par la tempête touche au rivage, gardez-vous de le repousser au milieu des écueils."

La mémoire n'est pas la qualité principale des hommes politiques, que ce soit en 1794 ou maintenant. En effet Cambacérès a été membre de la Convention, a voté la mort de Louis XVI, bien qu'au départ il ait été contre avant de se rallier aux Montagnards, redoutant sans doute la fragilité de son cou. Il a voté pour l'arrestation des Girondins dont il a été proche puis celle de Robespierre dont il fut également un proche. Il a senti le vent tourner lors de la demande de mise en accusation, sur proposition de Laporte (régicide et répresseur du soulèvement de Lyon) et de Legendre (le boucher Legendre, régicide et terroriste ami de Robespierre), de Barère Collot d'Herbois et Billaud-Varenne comme complices de Robespierre. Des Jacobins se retournant contre des Jacobins !

Enfin il faut avoir du souffle pour oser proclamer : "Fuyez ceux qui parlent sans cesse de sang et d'échafauds, ces patriotes exclusifs, ces hommes outrés, ces hommes enrichis par la révolution, qui redoutent l'action de la justice et qui comptent  trouver leur salut dans l'outrance et l'anarchie". D'autant que Cambacérès a commencé de s'enrichir sous la révolution.

Nous aimerions savoir quelle tête faisait Carrier en entendant cela alors qu'il était secrétaire de la Convention !

Dans ces odeurs fétides de Conventionnels aussi pourris les uns que les autres certains vont s'arranger à en trouver dont les odeurs seraient plus significatives ! La bonne petite claque va se faire.

 

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