SAMEDI 13 JUILLET 1793, MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY D'ARMONT

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SAMEDI 13 JUILLET 1793, MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY D'ARMONT

Il y a 230 ans, après avoir rencontré, la veille 12 juillet, le député Girondin  des Bouches du Rhône Claude Romain Dreuze de Perret et lui avoir remis la lettre de recommandation de Barbaroux, autre député Girondin qu'elle a rencontré à Caen, elle a appris que Marat réside chez lui et ne siège plus à la Convention où elle voulait réaliser un geste spectaculaire. Discutant avec les deux filles de Perret elle apprend l'adresse du Montagnard dont une des deux dessine au crayon sur un papier le trajet pour s'y rendre.

En ce samedi 13, vers 8 heures, elle se rend dans la galerie du Palais Royal des Orléans et achète chez le coutelier Badin, pour quarante sols, un fort couteau de cuisine à manche d'ébène.

SAMEDI 13 JUILLET 1793, MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY D'ARMONT

Place des Victoires la jeune fille hèle un cocher et lui montre son papier où est dessiné le plan pour se rendre au 30 rue des Cordeliers ; elle est rendue à destination à 11 heures et demande à être reçue par Marat ayant une communication importante à lui faire, étant venue de Caen pour cela. Mais la citoyenne Simone Evrard maîtresse (promise en mariage par Marat) et gardienne dudit citoyen oppose un refus catégorique à Marie-Anne. Déconfite celle-ci retourne à son hôtel de la Providence où elle est descendue en arrivant à Paris. Là elle rédige une lettre, envoyée par la petite Poste (créée par un Edit de 1653 assurant une distribution du courrier dans la journée ou l'après-midi à Paris), à sa future victime lui demandant une audience.

Persévérante elle prend de nouveau un coche et se rend chez Marat sur les sept heures et demie du soir. Comme le matin elle monte au premier étage. Simone Evrard ouvre la porte et refuse de nouveau ; Marie-Anne insiste et finalement Marat entendant le bruit des échanges demande à sa maîtresse de laisser entrer la visiteuse. Notre vaillante est enfin introduite auprès de celui qu'elle considère comme un monstre et un des responsables idéologiques des idées révolutionnaires en lesquelles elle a cru un temps pensant qu'une royauté constitutionnelle serait une bonne chose et non tous ces flots de sang . Elle confie au journaliste tribun qu'elle connaît les noms de ceux qui fomentent contre la république ; Marat exulte "je les ferai tous guillotiner". Paroles fatales. La jeune noble sort son couteau dissimulé sous son corsage et le plante adroitement sous la clavicule droite entre la première et la deuxième côte, perforant le poumon, atteignant le cœur et tranchant au passage les carotides comme le constate le docteur Pelletan qui avait été appelé sur place. Un travail précis, sans bavure, sans rémission possible. En quelque minutes le théoricien de la violence a expiré.

SAMEDI 13 JUILLET 1793, MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY D'ARMONT

Instruit par la clameur publique d'un attroupement vociférant en face du domicile du citoyen Marat le commissaire de police de la section du Théâtre français, Jacques Philibert Guellard, se rend sur place et fait les premières constatations : la baignoire remplie d'une eau rouge de sang, la victime en ayant été sortie et allongée sur le sol.

Il procède au premier interrogatoire de Marie-Anne Charlotte de Corday qui reconnaît tout, le couteau, le meurtre et avoue les motifs de son geste "Ayant vu la guerre civile sur le point de s'allumer dans toute la France et que Marat était le principal auteur de ce désastre elle avait préféré faire le sacrifice de sa vie pour sauver son pays". "Qu'elle n'a communiqué son projet à âme qui vive".

Sous la conduite de Drouet (qui avait arrêté Louis XVI à Varennes en 1791), devenu Commissaire du Comité de Sûreté générale, notre héroïne est conduite à la prison de l'Abbaye en ce samedi soir 13 juillet 1793.

A suivre.

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