26 JUILLET 1793, MÛRS-ERIGNE, UN MENSONGE DE L'HISTOIRE REPUBLICAINE.

Publié le par culture

26 JUILLET 1793, MÛRS-ERIGNE, UN MENSONGE DE L'HISTOIRE REPUBLICAINE.

LE MENSONGE A la Roche de Mûrs, surplomb de Mûrs Erigné, près des Ponts-de-Cé dans le Maine et Loire (Mayenne et Loire à l'époque) s'est déroulé un fait d'arme le vendredi 26 juillet 1793, monté en épingle par l'Histoire officielle honorant le "sacrifice" de 600 militaires du 8ème Bataillon des Volontaires de Paris, commandés par le capitaine Charles-François Bourgeois, massacrés par les brigands de la Vendée. Une plaque est apposée sur le socle d'un monument évoquant, sans honte, l'horreur de cette "boucherie" de soldats qui ont préféré sauter du haut de la falaise (41 mètres), dont la femme de Bourgeois, dans Le Louet où un grand nombre s'est noyé (à croire que la peur donne des ailes car Le Louet coule à plusieurs mètres du bas de ladite falaise, surtout l'été).

26 JUILLET 1793, MÛRS-ERIGNE, UN MENSONGE DE L'HISTOIRE REPUBLICAINE.

LES FAITS : Après la victoire de Vihiers et la déroute des Bleus, le 15 juillet, l'Armée vendéenne, commandée par le général Bonchamps et le comte d'Autichamp, marche sur les Ponts-de-Cé en vue de prendre Angers, accroche, à La Roche des Mûrs,  la troupe de Bourgeois qui se trouve cernée ; les offres de redditions faites par Autichamp sont acceptées par 155 militaires qui se rendent. Les autres, dont Bourgeois, cherchent à fuir, dés-escaladant la falaise. Certains chutent d'autres se noient en essayant de traverser l'affluent de la Loire. D'après le SHD de Vincennes, 88 militaires trouvent la mort, soit tués au combat soit de chute ou blessures devenues mortelles par la chute. Le reste prend la fuite.

Dans le registre d'Etat-civil (6E223/16) de Mûrs-Erigné deux morts sont notées "Aujourd'hui ce 26 juillet 1793, An deux de la république française, une indivisible & impérissable, jour du massacre commis sur la roche de notre commune de murs que le nommé Jean Jarry, mort, sans sépulture, s'est trouvé au nombre des victimes de ce massacre [...] signalé le 12 août, les brigands occupant notre commune, Jean Godeau, laboureur, s'est jeté dans la rivière appelée Le Louet pour se sauver de la fureur de ces brigands où il a eu le malheur de perdre la vie sans qu'on aye pu le retrouver". A signaler dans le même registre "Ce 9 septembre, par les malheurs de la guerre des brigands, nos troupes les chargeant, Pierre Lemonnier, 28 ans, quoique très bon républicain, a eu le malheur de perdre la vie dans la maison de son père et à la vue de sa mère, enterré dans notre cimetière" et "même jour, Pierre Richou, laboureur, 53 ans, quoique bon républicain, a été tué devant notre cimetière où il a été déposé" mais aussi "le 15 septembre, le citoyen Noël Leroy, ci-devant frère Minime, maître d'école dans notre commune, ayant été rencontré par les brigands, a été massacré & mort de ses blessures reçues le 26 juillet".

La fameuse falaise :

26 JUILLET 1793, MÛRS-ERIGNE, UN MENSONGE DE L'HISTOIRE REPUBLICAINE.

Il faut noter que Charles-François Bourgeois (1759-1821) n'est pas capitaine car il a été nommé Lieutenant-colonel le 1er janvier 1793. Les rescapés de son bataillon, nombreux se regroupent et sous son  commandement et se replient sur Angers. D'après les archives de Vincennes ce Bataillon était très mal noté, ses hommes préférant souvent refuser le combat comme ils l'avaient fait deux jours avant La Roche des Mûrs. " A ce sujet, les rapports républicains abondent et sont unanimes : « Les lâches Parisiens qui défendaient la butte d’Erigné l’ont abandonnée sans faire la moindre résistance », « Le poste important des Ponts-de-Cé a été honteusement abandonné par des hommes qui n’ont eu de courage que pour fuir », « Le 8e Bataillon, dit des Lombards, a fui lâchement et s’est jeté dans le bras de la Loire qui est derrière lui », « La lâcheté a été cause de la prise des Ponts-de-Cé par les rebelles. Les bataillons parisiens poussent la perfidie jusqu’à faire rétrograder les citoyens qui y viennent réparer nos désastres. »
Au soir du 26 juillet, le bataillon comptait 88 morts (la plupart ont péri noyés), 40 blessés et 155 prisonniers (dossier au SHD de Vincennes).

Au soir du 26 juillet, très mécontents, les administrateurs du département de Maine-et-Loire écrivent au général Gauvillier, commandant de la garde nationale du département, que "l'ennemi s'est présenté aux Ponts-de-Cez et les lâches Parisiens qui défendaient la Redoute d'Erigné l'ont abandonnée sans faire la moindre résistance...Ils ont eu la bassesse d'âme de répondre qu'ils n'étaient pas venus pour se battre".

 

On retrouvera le lieutenant-colonel Bourgeois général de Brigade en 1811, il fera Waterloo avec le succès que nous connaissons. S'il fut décoré de la Légion d'honneur par Napoléon il n'est pas certain que Louis XVIII l'ai fait chevalier de Saint Louis. Si en effet le nom de "Bourgeois" apparaît il n'y a pas son prénom. Ayant sauté tous les obstacles, il mourra dans son lit à l'âge de 62 ans. Pas mal pour un suicidé de Mûrs Erigné !!!!!

26 JUILLET 1793, MÛRS-ERIGNE, UN MENSONGE DE L'HISTOIRE REPUBLICAINE.

Le Conseiller à la Cour d'appel d'Angers, Victor Jeanvrot, Franc-maçon, fera un appel à souscription pour l'édification d'un monument à la mémoire de ces vaillants soldats qui ont défendu la république en 1793. Il sera inauguré  en 1889.

Le 26 juillet est fêtée Saint Anne sainte patronne de la province de  Bretagne selon la décision de Saint Pie X le 26 juillet 1914. Et honorée par le Pape Pie XII dans son message radiophonique à destination des Bretons le 26 juillet 1954 "Re vo melet Santez Anna, Patronez vad er Vretoned".

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