15 JUILLET 1793. MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY . MARC-ANTOINE CHARRIER

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15 JUILLET 1793. MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY .  MARC-ANTOINE CHARRIER15 JUILLET 1793. MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY .  MARC-ANTOINE CHARRIER

Lundi 15 juillet 1793. Dans sa prison de l'Abbaye, Marie-Anne Charlotte de Corday a passé sa deuxième nuit. A part deux années passées comme pensionnaire à l'Abbaye de la Sainte Trinité de Caen (Abbaye aux Dames) c'est la première fois de sa vie qu'elle n'est pas dans sa famille. Elle profite d'un moment pour écrire au Comité de Sûreté générale :

Du 15 juillet 1793, II de la République.

Citoyens composant le Comité de sûreté générale,

Puisque j’ai encore quelques instants à vivre, pourrais-je, espérer, Citoyens, que vous me permettrez de me faire peindre, je voudrais laisser cette marque de mon souvenir à mes amis, d’ailleurs comme on chérit l’image des Bons Citoyens, la curiosité fait quelquefois rechercher ceux des grands criminels, ce qui sert à perpétuer l’horreur de leurs crimes, si vous daignez faire attention à ma demande, je vous prie de m’envoyer demain un peintre en miniature, je vous renouvelle celle de me laisser dormir seule, croyez je prie à toute ma Reconnaissance.

Marie Corday

Remarquons qu'elle signe Marie Corday et non Charlotte Corday contrairement à ce que l'on voit sur certains sites.

15 JUILLET 1793. MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY .  MARC-ANTOINE CHARRIER

A 600 kilomètres au Sud de Paris, Rodez où Marc-Antoine Charrier commandant de l'Armée Catholique du Midi est détenu dans la tour Corbières, sous haute surveillance, depuis le 5 juin.

15 JUILLET 1793. MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY .  MARC-ANTOINE CHARRIER

Né le 25 juillet 1755 à Nasbinals en Lozère, Marc-Antoine Charrier obéissant à son père, notaire, fera son  Droit à Toulouse et obtiendra son diplôme d'avocat. Ceci fait il suivra ses propres idées et sera militaire dans le régiment du Bourbonnais. Au décès de son père Antoine, le 19 mars 1779, il quitte l'armée et reprend l'étude notariale située près de l'église de Nasbinals.

 

15 JUILLET 1793. MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY .  MARC-ANTOINE CHARRIER

En mai 1789 il est élu député du Tiers-état aux Etats généraux pour le Gévaudan ; il siège à Versailles avec les royalistes. A la fin de la Constituante en 1791 il retourne à Nasbinals. La situation générale se détériorant il commence à recruter une centaine  d'hommes pour s'opposer au climat de violence qui s'installe et fomente des troubles importants à tel point que Roland de La Platière, Ministre Girondin de l'Intérieur, décrète son arrestation le 12 avril 1792. Il n'y a pas d'autre cas d'une telle décision contre un Révolté.

15 JUILLET 1793. MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY .  MARC-ANTOINE CHARRIER

Marc-Antoine Charrier réalise quelques beaux faits d'armes ayant jusqu'à 2000 hommes sous ses ordres. C'est l'abbé Claude Allier Prieur (curé) de Chambonas dans l'Ardèche qui lui a confié le commandement de l'armée catholique. Si la troupe de Marc-Antoine combat vaillamment en Lozère les départements limitrophes ne suivent pas. Malgré les prises de Mende, de Marvejols et autres lieux qui se succèdent après la victoire de Chanac la forte mobilisation des Bleus l'amène à renvoyer ses hommes dans leurs foyers. Lui même revient à Nasbinals et va, avec sa femme Marie-Victoire enceinte de sept mois, son fils, né le 6 juillet 1792, et son fidèle Jean-Pierre Laporte, son métayer et son second, se réfugier à 2 Km du bourg dans sa ferme au fond d'un vallon en montagne La Borie Grande.

15 JUILLET 1793. MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY .  MARC-ANTOINE CHARRIER

Ayant emmené de l'alimentation, des vêtements, des armes et de l'argent dissimulés dans une cache réalisée dans le sol de la grange de La Borie Grande ils attendent des jours meilleurs qui, hélas, ne viendront pas. Les gendarmes sont à leurs trousses menaçant les habitants de Nasbinals ; plus particulièrement un fermier nommé Quintard qui menacé sur sa vie et celle de sa famille révèle la cache de Marc-Antoine. Le 4 juin La Borie Grande est cernée et ses habitants fait prisonniers. Ils sont emmenés à Rodez. Là il est question de les emmener à Paris à la demande du Comité de Sûreté générale ; mais Châteauneuf Randon décide que, les routes étant peu sûres, Charrier sera jugé sur place.

Soulignons que Marc-Antoine Charrier, catholique fervent et royaliste, ancien député du Tiers-état, est poursuivi par la hargne du comte Alexandre Paul Guérin de Tournel de Joyeuse marquis de Châteauneuf de Randon, protestant farouchement anticatholique et régicide qui se fait appeler révolutionnairement  Châteauneuf-Randon.

Il y a 230 ans, Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armont et Marc-Antoine Charrier n'ont plus que deux nuits à passer sur cette terre.

A suivre.

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