12 JUILLET 1793 à PARIS, MARIE-ANNE CHARLOTTE DE CORDAY D'ARMONT.
Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armont, connue sous le nom de Charlotte Corday, est née le 27 juillet 1768 dans la ferme du lieudit Le Ronceray à Saint Saturnin des Ligneries (ou Lignerits comme cela figure sur son acte de baptême du 28 juillet signé par l'abbé Jean-Louis Pollard curé de Saint Saturnin des Lignerits), proche de Vimoutiers (et de Camembert), dans l'Orne. Les origines des Corday remontent aux Vikings et aux Mérovingiens. D'antique noblesse normande ils sont désargentés et doivent se contenter de peu pour vivre sur une terre ingrate peu favorable à la culture et au bétail.
Le père Jacques François de Corday d'Armont est né à Cauvigny au Mesnil Imbert le 1 septembre 1737 et baptisé le 2. Il entre au régiment de La Fère Infanterie en 1755 mais n'ayant pas les moyens d'acheter une charge d'officier il quitte l'armée en 1763. Le 14 février 1764 il épouse Charlotte Jacqueline de Gautier. De cette union naîtront cinq enfants, trois filles et deux garçons. En 1774 la famille va habiter au Mesnil Imbert. Le 17 août 1774 Marie-Jacqueline Charlotte, jeune sœur de notre pas encore héroïne, meurt.
La mère de Marie-Anne Charlotte meurt en couches le 8 avril 1782 ce qui est une grande blessure pour elle et sa famille.
Le temps passe et la révolution arrive ; dans un premier temps la famille y est plutôt favorable, bien que le père ne renie pas ses convictions royalistes, mais très vite les excès des révolutionnaires parisiens, ceux des Montagnards de Marat en particulier, révoltent. Le crime et l'anarchie deviennent une forme de gouvernement insupportable particulièrement pour Marie-Anne Charlotte chez laquelle les lectures de Rousseau et autres "philosophes" des Lumières pour un monde meilleur avaient estompé les convictions catholiques (elle avait été une fidèle des messes de son oncle l'abbé de Corday curé du Mesnil Imbert).
Depuis quelques temps la famille s'était trouvé un logement à Caen. Elle y fréquente les députés et membres du club Girondin qui ont quitté Paris pour échapper à la haine des Montagnards (voir La Revue N°54) C'est de là que, sous prétexte de transmettre des papiers à une de ses tantes elle prend la diligence, le 9 juillet, pour la capitale et descend à l'auberge du Dauphin à Lisieux. Elle a déjà une idée en tête. Le 10 juillet elle s'arrête à Argentan chez des familiers. Le 11 elle arrive à Paris et s'installe à l'hôtel de la Providence. Elle rencontre le député Girondin Claude Romain Lauze de Perret auquel elle remet son courrier ; celui-ci, ignorant ses projets, lui apprend que Marat ne siège plus à la Convention en raison de son insupportable eczéma de type herpétique et ne quitte pratiquement plus son domicile et sa baignoire.
Cela entraîne un changement de plan pour Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armont.
A suivre...