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1791 ? NON ! 2016. COMMENTAIRE DU CHOUAN ZEMMOUR !

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1791 est le début des persécutions contre le clergé.

2016 est l'année de la continuation des persécutions contre le clergé.

Mais dans le cadre actuel, aux goûts du jour ! Puisse le système éducatif national accepter un tel déferlement ! Sous le regard d'anciens ministres de la cul-ture ou d'un ancien révolutionnaire de Mai 68 qui n'ont jamais été vilipendés !

Allons, la république, un peu de pudeur !

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HOMMAGE au BIENHEUREUX PÈRE PIERRE-RENÉ ROGUE.

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HOMMAGE au BIENHEUREUX PÈRE PIERRE-RENÉ ROGUE.

Né à Vannes le 11 juin 1758 Pierre-René Rogue est ordonné prêtre par Monseigneur Michel Sébastien Amelot  le 21 septembre 1782.

Lazariste, Confesseur de la Foi, Martyr de l’Eucharistie.

Arrêté le 24 décembre 1795, sous le Directoire,  alors qu’il portait la communion à un malade, il est guillotiné, avec l’abbé Alain Robin, le 3 mars 1796 et inhumé à Boismoreau. Exhumé le 4 mai 1934 il est  béatifié le 10 mai 1934.

Ses reliques reposent dans la cathédrale depuis le mercredi 4 juillet 1934.

Le Père Pierre-René Rogue est le seul de tous les prêtres ou religieux, ayant souffert le martyre en Bretagne sous la révolution, à avoir été béatifié*.

Que mon sort est charmant,

Mon âme en est ravie !

Je goûte en ce moment

Une joie infinie.

Que tout en moi publie

Les bontés du Seigneur;

Ma misère est finie,

Je touche à mon bonheur.

O Monarque des cieux,

O Dieu, plein de clémence,

Daignez arrêter les yeux

Sur les maux de la France !

Puisse ma pénitence,

Egale à ses forfaits,

Désarmer ta vengeance,

Te la rendre à jamais 

Extraits du cantique écrit par Pierre-René Rogue et qu’il chanta en montant à l’échafaud.

*L'autre breton béatifié est l'abbé Joseph Bécavin, de Carquefou, massacré aux Carmes le 2 septembre 1792.

HOMMAGE au BIENHEUREUX PÈRE PIERRE-RENÉ ROGUE.

Le Souvenir Chouan de Bretagne rendra hommage au Bienheureux Martyr et Confesseur de la Foi, qui n'a pas quitté son pays afin d'accomplir son sacerdoce:

SAMEDI 19 MARS RENDEZ-VOUS DEVANT LA CATHEDRALE DE VANNES à 14 H 30

Pelerinage sur les pas de Pierre-René Rogue : la maison de son enfance, le lieu de l'arrestation, la Porte-prison, le séminaire où il a enseigné et qu'il a brièvement dirigé, la place Maurice Marchais alors place de la Liberté (!!!) lieu où il fut exécuté en compagnie de l'abbé Alain Robin, et retour à la cathédrale devant son gisant sous l'autel sur lequel sera célébrée la messe à 16 H 30 par l'abbé Amaury Brillet, du Souvenir Chouan de Bretagne.

Cette messe clôturera notre hommage au Confesseur de la Foi.

Merci au Père Patrice Marivin, Archiprêtre de la cathédrale pour son aimable autorisation.

 

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EDITIONS ELOR et CATECHISME

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EDITIONS ELOR et CATECHISME

Marie Tribou vit le jour en novembre 1880. Dans une famille pieuse et aimante. Née Marie de Baillencourt, elle eut une éducation religieuse remarquable qui l'amena jusqu'à sa première communion en mai 1891.

Ce jour de la Fête Dieu, le jeune François Tribou, assistant à la cérémonie conçut devant Dieu l'idée d'épouser cette jeune fille si remplie de joie céleste. Leur mariage eut lieu en févirer 1901. Ils eurent six enfants, tous instruits par le talent le plus sûr, le plus étendu et le plus souple, celui de leur mère. L'instruction religieuse était prépondérante chez les Tribou, et cette foi si simple en l'Amour de Dieu la dirigea vers l'écriture de La Miche de Pain...

Devant l'ignorance religieuse des enfants, Mme Tribou eut l'idée de leur montrer de belles images, tandis qu'elle leur racontait l'Histoire Sainte. Les enfants, émerveillés par celles-ci, retenaient les leçons de Marie Tribou, qui leur distribuait alors ces dessins tant convoités.

"Elle parlait le langage des petits, avec des mots simples, concrets, des comparaisons, des images, des histoires... - L'idée de La Miche de Pain était née !... - et l'on s'aperçut que tout le monde dans la famille s'intéressait aux gravures et au travail des petits. Les aînés, les papas, toute la maisonnée s'en mêlait. On se creusait la mémoire, on se rappelait son catéchisme pour expliquer aux plus jeunes ce qu'ils avaient entre les mains et leur procurer la fierté d'avoir mieux compris que leurs camarades. C'était un succès."

Devant cet enthousiasme, Marie décida d'éditer La Miche de Pain élaborée par ses soins, avec tout son amour pour Dieu et ses enfants. Les exemplaires se multiplièrent et s'arrachèrent, car les familles avaient soif d'un tel manuel pour leurs enfants avides de questions et de vérité.
De nombreuses grâces et clins d'oeil du Ciel confortèrent Marie Tribou quant au bien fondé de son entreprise, jusqu'à sa mort, en novembre 1946.

EDITIONS ELOR et CATECHISME

LIEN : A DROITE DE CETTE PAGE DANS LES BLOG AMIS.

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3 MARS 1796 - 3 MARS 2016 : HOMMAGE à PIERRE-RENÉ ROGUE, MARTYR de L'EUCHARISTIE et CONFESSEUR de la FOI

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3 MARS 1796 - 3 MARS 2016 : HOMMAGE à PIERRE-RENÉ ROGUE, MARTYR de L'EUCHARISTIE et CONFESSEUR de la FOI
3 MARS 1796 - 3 MARS 2016 : HOMMAGE à PIERRE-RENÉ ROGUE, MARTYR de L'EUCHARISTIE et CONFESSEUR de la FOI

Le jeudi 3 mars, en début d’après-midi, les mains liées dans le dos, la chemise échancrée et la nuque rasée, le Père Pierre-René Rogue et l’abbé Alain Robin (ancien vicaire d’Inzinzac) sortent de la Porte-Prison où ils ont été enfermés après leur condamnation à mort la veille et sont emmenés par des gardes le long des remparts ; ils montent la rue du Méné, passent devant le grand séminaire (maintenant Foyer-logement) entourés d’une foule en larmes et priante dans un silence impressionnant ; ils passent devant l’église Notre Dame du Méné (rasée en 1968, emplacement de l’actuel Monoprix) dans laquelle le Père Pierre-René Rogue a été ordonné prêtre le 21 septembre 1782 et l’abbé Alain Robin le 20 septembre 1783 par Monseigneur Amelot.

Ils arrivent place du Marché (actuelle place Maurice Marchais, place de l’Hôtel de Ville) devant la chapelle de ce Collège Saint-Yves où ils firent leurs études et où le médaillon de la Vierge à l’Enfant nous regarde encore. Le Père Rogue pardonne à Le Meut, son dénonciateur, en geste de miséricorde lui donne sa montre (alors qu’il aurait pu la donner à sa maman qui est présente) et monte à l’échafaud d’un pas ferme, en chantant le cantique qu’il a composé en prison ; il dit au bourreau auquel il a autrefois fait le catéchisme : ‘’ Mon ami, faites votre devoir. ‘’

Des linges trempés de son sang deviennent aussitôt des reliques.

Ce jour, 15 ventôse l’an IV de la République française, s'est présenté devant moy Emmanuel Claude Tourmante, officier public de la Municipalité de Vannes, le citoyen Tahier, substitut du commissaire du Pouvoir exécutif du Tribunal criminel du Morbihan, lequel m'a requis d'enregistrement du décès du nommé Pierre-René Rogue, prêtre insermenté, âgé de 37 ans, natif et domicilié de cette commune, qui est décédé le 13 du présent, trois heures du soir.

De cette déclaration j'ai rapporté le présent acte les jour et an que dessus et ai signé avec le déclarant.

Signé: E.-C. Tourmante, officier public ; Tahier.

Les soldats qui avaient assisté à l’exécution de Monsieur Rogue étaient profondément touchés par le spectacle qu’ils venaient d’avoir sous les yeux et ils exprimaient hautement leur admiration et leur respect pour Monsieur Rogue : "Ce n’était pas un homme, c’était un ange ! "

Les républicains réprouvaient ces exécutions ; le général Hoche lui-même, six jours après la mise à mort du martyr, écrivait le 9 mars 1796 au Directoire (de Vannes) : « Je l’ai dit vingt fois au Directoire (Paris), si l’on n’admet pas la tolérance religieuse il faut renoncer à l’espoir de la paix dans ces contrées. Quand un prêtre commet un délit, si on le poursuit comme tel, on révolte l’habitant ; si on le poursuit comme homme, comme citoyen, personne ne dit mot ! »

Le jour de la mort de Monsieur Rogue fut pour la ville de Vannes un jour de deuil et de consternation. Toute la ville fut dans un émoi difficile à rendre. Il semblait que chaque famille était frappée dans le plus aimé de ses enfants…

Pierre-René Rogue fut inhumé avec son confrère Alain Robin près du mur Nord du cimetière de Bois Moreau. Sa maman fit dresser une croix en bois sur cette tombe. Quelques années après le décès de Madame Rogue, une très belle croix en pierre entourée d’angelots marqua le lieu de cette triple sépulture. Elle devint un lieu de pèlerinage et de grâces.

En 1905, Monseigneur Gouraud nouvel évêque de Vannes, ancien Vicaire général de Nantes, au fait de la réputation de sainteté du Père Rogue, décide de lancer des procédures informatives en vue de la béatification des martyrs de la révolution. Le cas de Monsieur Rogue fut le plus heureux des cas traités : le procès informatif commencé en 1908 s’acheva le 2 janvier 1912 avec l’audition de 38 témoins. Sa cause fut introduite en Cour de Rome le 12 juin 1929 : il fut reconnu martyr le 22 avril 1934 et la date de la cérémonie de béatification fut fixée au 10 mai 1934, en la basilique Saint Pierre de Rome. Les autorisations d’exhumation des restes du Bienheureux n’arrivent que tardivement, six jours avant la date des cérémonies vaticanes, le vendredi 4 mai 1934 ! Le reliquaire était prêt, il ne manquait que les reliques !

Dès 8 heures du matin, sous le regard du chanoine Guillévic, juge délégué par l’évêque (Monseigneur Tréhiou), du chanoine Duclos, Promoteur de la Foi, du chanoine Davalan, notaire, des deux médecins experts, des Docteurs Audic et David, les ouvriers se mirent au travail et creusèrent la fosse, la croix et le pavage ayant été déplacés la veille.

A la profondeur d’un mètre trente, on trouve les premiers fragments de squelette : les experts déterminent que ce sont ceux de madame Rogue qui fut, lors de son décès, inhumé avec son fils.

Quinze ou vingt centimètres plus bas, rangés perpendiculairement au mur, voici les ossements mieux conservés de deux hommes étendus l’un sur l’autre, tête–bêche. Tout le monde a l’impression d’être en présence des deux martyrs, Messieurs Rogue et Robin. Déterrés avec d’infinies précautions, les ossements, grands, petits, parcellaires, sont déposés sur une longue table recouverte de draps blancs et disposés suivant la place qu’ils occupaient dans l’organisme. Les deux médecins ont bientôt reconstitué les deux squelettes.

Mais qui est qui ? Les deux médecins n’ayant pas assez étudié la question, les deux squelettes sont placés dans des coffrets et emmenés en lieu sûr à la cathédrale. Il est tout à fait impossible d’extraire une relique pour la cérémonie de Béatification et pour le Pape Pie XI ; les fêtes de Béatification se passeront donc sans exposition de reliques et cela pèse à beaucoup.

Le 10 mai 1934, Pierre-René Rogue est béatifié. Les fidèles devront se contenter d’un tableau de Monsieur Rogue devant le tribunal à Vannes et d’un bouquet de fleurs !

Mardi 12 juin 1934, est reçu avec joie le Docteur Didier, chirurgien des Hôpitaux de Paris, membre du Muséum, médecin des Filles de la Charité de la rue du Bac. Il fait extraire les deux squelettes des coffrets où ils ont été mis et vérifie les tailles en fonction des données du procès. Monsieur Rogue mesurait 1,497 cm et Monsieur Robin 1,690. Le Docteur Didier reconnaît le corps du Bienheureux après avoir vérifié chaque ossement et son application aux jointures ou à l’alvéole. Il a remonté la colonne vertébrale sur un fil de fer et relié les membres par des bandelettes, arrivant ainsi à reconstituer le squelette aussi complètement que possible à la taille de celui que portaient ces ossements. Devant l’ensemble des preuves, la Commission Pontificale reconnaît ce corps comme celui du Bienheureux Pierre-René Rogue.

Le mercredi 4 Juillet 1934, le Bienheureux est porté en procession sur les épaules de quatre séminaristes, depuis la sacristie de la cathédrale jusqu’à l’autel sous lequel il est exposé à la vue des fidèles. Nous attendons maintenant la canonisation.

En ce Jeudi 3 mars 2016, 220ème anniversaire de sa mise à mort, avec la participation de l’abbé Amaury Brillet, Vicaire de Saint Patern de Vannes, nous avons déposé une gerbe et dit des prières pour lui rendre un fervent hommage.

 

 

 

3 MARS 1796 - 3 MARS 2016 : HOMMAGE à PIERRE-RENÉ ROGUE, MARTYR de L'EUCHARISTIE et CONFESSEUR de la FOI

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MERCREDI 2 MARS 1796, il y a 220 ans : LE PÈRE PIERRE-RENÉ ROGUE EST CONDAMNE à MORT...

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MERCREDI 2 MARS 1796, il y a 220 ans : LE PÈRE PIERRE-RENÉ ROGUE EST CONDAMNE à MORT...

Vu l'interrogatoire subi ce jour devant le Tribunal par le dit René Rogue et le certificat signé Oillic et Castaignet, officiers de santé, délivré le onze de ce mois au dit Rogue,

Le Tribunal, après avoir entendu l'interrogatoire de l'accusé, l'accusateur public dans ses moyens d'accusation, le défenseur de l'accusé en ses moyens de défense, et le substitut du commissaire du Pouvoir exécutif dans les conclusions qu'il a prises pour l'application de la loi, déclare à l'unanimité :

- Que Pierre-René Rogue, prêtre de la ci-devant Congrégation de la Mission, est convaincu d'être un prêtre réfractaire aux lois et, comme tel, d'avoir été sujet à la déportation, et néanmoins d'être resté sur le territoire français, après le délai fixé pour son arrestation, embarquement et déportation.

- En conséquence le Tribunal, considérant que le certificat en date du onze de ce mois(Ventôse), signé Oillic et Castaignet, ne constate pas l'état d'infirmité et de caducité exigé par l'article onze de la loi du mois de vendémiaire An II ; en conséquence, vu ce qui résulte des articles 10, 14, 15 et 5 de la loi des 29 et 30 vendémiaire an II * de la République :

Conformément aux dits articles, le Tribunal 

- condamne le dit Pierre Rogue, prêtre réfractaire aux lois, à la peine de mort ;

- ordonne qu'il sera livré à l'exécuteur des jugements criminels et qu'à la diligence du commissaire du Directoire exécutif près le Tribunal le présent jugement sera mis à exécution dans les vingt-quatre heures sur la place publique de cette commune, sans aucun sursis, recours ou demande en cassation.

Fait à Vannes et prononcé par le président à l'accusé en présence du public, le dit jour 12 ventôse an IV de la République française une et indivisible, en la salle publique des audiences du Tribunal criminel du département du Morbihan, où présidait le citoyen Chesnel et où étaient les citoyens Fabre, Le Menez, Le Blanc, et Paturel, juges qui ont signé :

Chesnel; Le Menez; Le Blanc; J.-M, Fabre; Paturel ; Taslé ; greffier,

* Ensemble des Lois des 19 et 20 octobre 1793 fixant la peine de mort pour les Ecclésiastiques, Directeurs de Séminaires, Curés, Vicaires, Professeurs n'ayant pas prêté Serment à la Constitution civile du Clergé et n'ayant pas subi la déportation, qui auraient prêté serment et se seraient rétractés, qui s'étant rétractés auraient prêté serment à nouveau, qui seraient partis en déportation et seraient rentrés sur le territoire de la république. Sont compris aussi ceux qui ayant prêté serment seraient porteurs des insignes du fanatisme (Eucharistie, vases sacrés, images pieuses, bréviaires, livres de messe. Ceux taxés d'incivisme (c'est vaste !); ceux des citoyens qui ont protégé ces ecclésiastiques seront punis des mêmes peines.

Difficile de passer à travers les mailles du filet. Bien entendu tout cela est fait au nom des Droits de l'homme et pour la Liberté chérie !

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1er MARS 1796, VANNES, PIERRE-RENÉ ROGUE...

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1er MARS 1796, VANNES, PIERRE-RENÉ ROGUE...1er MARS 1796, VANNES, PIERRE-RENÉ ROGUE...

COMPARUTION DE PIERRE-RENE ROGUE DEVANT LE TRIBUNAL de VANNES,

11 VENTOSE AN IV, 1er MARS 1796

Arrêté le 24 décembre 1795 vers 10 heures du soir, le Père Pierre-René Rogue, en ce 1er mars 1796 passe devant ses "juges".

Du 11 ventôse an IV de la République française une et indivisible, en l'audience du Tribunal criminel du département du Morbihan, où présidait le citoyen Chesnel et où étaient les citoyens Fabre, Le Menez, Le Blanc, juges du Tribunal et le citoyen Paturel nommé en remplacement du citoyen Mancel faisant fonction d'accusateur public, sur le déport du citoyen Lucas fils.

Présent le citoyen Mancel faisant fonction d'accusateur public sur le déport du citoyen Lucas fils.

Et le citoyen Tahier, substitut du commissaire du Pouvoir exécutif.

Le citoyen Taslé, greffier du Tribunal, aussi présent.

L'accusateur public poursuivant sur l'acte d'accusation par lui présenté le onze de ce mois contre : Le nommé Pierre Rogue, prêtre.

L'accusé ayant été introduit à la barre, libre et sans fers, le président l'a averti d'être attentif à l'acte d'accusation dont il allait entendre lecture. Elle a été faite à haute et intelligible voix par le greffier. Il a été ensuite procédé à l'interrogatoire du dit accusé ayant taille de 4 pieds 11 pouces (à peu près 1, 50 mètre note SCB), cheveux et sourcils bruns, yeux bleus, nez et bouche moyennes, barbe rouge, menton fourchu, front large, le sommet de la tête dégarni de cheveux.

Il décline son identité : Pierre-René Rogue, âgé de 37 ans, prêtre de la Congrégation de la Mission, né à Vannes et y demeurant.

Il n’a prêté aucun des serments, et n'a point promis soumission et obéissance aux lois de la République. il ne s’est pas déporté, n’a pas quitté le territoire français, qu'il est toujours demeuré à Vannes, qu’il a été arrêté 9 rue de l’hôtel de ville (actuel rue Emile Burgault note SCB). Interrogé sur les personnes qui l’ont hébergé le prêtre répond qu’il n’a rien à répondre et qu’il a toujours exercé son sacerdoce.

Il s’est caché pour éviter d’être déporté.

A la question du juge il avoue qu’il a une vue très faible, depuis une dizaine d’année et que, depuis l’enfance il a une poitrine très délicate ; avant ses onze ans il a essuyé six fluxions de poitrine.

A l'époque de la Révolution, il professait encore la théologie, qu'il avait professée pendant cinq ans, et qu’il remplissait néanmoins les différentes fonctions de son état.

Yves-Jean Mancel, Accusateur public du Tribunal criminel du Morbihan expose que le nommé Pierre-René Le Rogue prêtre à Vannes, est prêtre réfractaire ; qu'il résulte réellement de l'interrogatoire subi par le nommé Le Rogue devant nous, le jour d'hier, qu'il n'a pas prêté le serment de maintenir la Constitution dénotée par l'article 9 du décret du 24 juillet 1790, réglé par les articles 21 et 38 de celui du onze du même mois et par l'article 2 de la loi du 29 novembre de la même année ; qu'il n'a pas prêté le serment de maintenir la Liberté et l'Egalité, conformément à la loi du 14 août 1792, à celle des 21 et 28 avril 1793 ; qu'il n'a pas été déporté et qu'il n'a point sorti de France ; que depuis le mois de vendémiaire dernier il a continué à exercer les fonctions sacerdotales ; qu'il n'a pas, conformément à la loi du 7 vendémiaire dernier, fait sa déclaration de reconnaître que l'universalité des citoyens français est le souverain et qu'il n'a point promis soumission et obéissance aux lois de la République ; que ledit Le Rogue a au surplus déclaré qu'il a la vue faible.

En conséquence, le dit Mancel, en sa dite qualité, considérant que Pierre-René Le Rogue doit être rangé au nombre des prêtres réfractaires, requiert qu'il lui soit décerné acte de la présente accusation qu'il porte contre le dit Le Rogue, et que ce dernier soit traduit dans le plus bref délai devant le Tribunal, pour être jugé conformément aux lois.

Fait en la Chambre du conseil du Tribunal criminel du département du Morbihan, le onze ventôse an IV républicain.

Dans la foulée, le Tribunal criminel décide :

Vu par le Tribunal criminel du département du Morbihan l'acte d'accusation portée ce jour contre le nommé Pierre Le Rogue par le citoyen Mancel, juge du Tribunal, faisant fonction d'accusateur public, sur le déport du citoyen Lucas fils ; vu l'avis en date de ce jour du citoyen Tahier, substitut du commissaire du Pouvoir exécutif portant la loi autorise.

Le Tribunal renvoyé à demain matin, à huit heures précises, en l'audience publique, l'instruction, examen et jugement de l'accusation portée contre ledit Pierre Le Rogue, prévenu.

Fait à la Chambre du conseil du Tribunal criminel du département du Morbihan où étaient les citoyens Chesnel président, Fabre, Le Menez, Le Blanc, juges du Tribunal et Paturel, juge du Tribunal civil, appelé en remplacement du citoyen Mancel, et ont les dits juges signé ce jour onze ventôse an 4 e républicain .

Signé: Chesnel, président; Fabre, Paturel, Le Menez et Le Blanc

JEUDI 3, A 15 HEURES,

220ème anniversaire de la mort du Bienheureux

DEPOT D'UNE GERBE, AVEC L'ABBE AMAURY BRILLET,  DEVANT LA CHÂSSE DU BIENHEUREUX EN LA CATHEDRALE DE VANNES;

R.C.F. Vannes, Radio Sainte Anne, a passé sur son antenne une discussion que vous pouvez entendre en cliquant ici. Merci à Françoise Morel Directrice de RCF.

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28 FÉVRIER 1796, ASSASSINAT D'UN PRÊTRE à MEGRIT (Côtes du Nord)

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28 FÉVRIER 1796,  ASSASSINAT D'UN PRÊTRE à MEGRIT (Côtes du Nord)

Abbé Paul-Gédéon de Rabec

(ou Rabec sans particule selon les documents).

Né à Cerizy la Salle, Diocèse de Coutances, le 21 mars 1738, Paul-Gédéon de Rabec fit sa scolarité dans son village natal puis à Coutances. Ses parents l’envoyèrent ensuite à Paris faire ses études au collège Sainte Barbe puis à La Sorbonne où il réussit son doctorat – certainement de Droit canonique – reçut l’ordination diaconale en 1762 et le sacerdoce dans le temps de Noël de la même année.

Chanoine de la collégiale de Saint-Guillaume à Saint-Brieuc, il devint archidiacre et chanoine théologal de Monseigneur de Hercé à Dol ; il résigna sa charge en faveur de Michel Thoumin des Vauxponts en 1772.

Le 21 janvier 1772, il est nommé curé de la paroisse d’Aron, près de Mayenne, par Monseigneur Louis-André de Grimaldi évêque du Mans, où il resta dix ans. Cette cure lui assurait un revenu de 2.400 Livres par an (à peu près 24.000€) mais sa charité envers les pauvres, les humbles et les malades était si grande que rapidement, son revenu ne suffit plus ; il du emprunter et se trouva couvert de dettes. Chaque jour il distribuait pain, vin, potions médicales et habits.

En 1782, ployant sous les dettes, il renonça à sa paroisse sous la pression de son oncle, Monsieur Jacques de Rabec, Ecuyer,  Directeur de la Compagnie des Indes (père de Françoise-Joséphine de Rabec épouse de René-Jacques Foucauld). Cet oncle lui assura le recouvrement d’une grande partie de ce qu’il devait et l’encouragea à aller habiter dans les Côtes du Nord, dans son manoir de Val-Martel à Mégrit, près de Broons,  afin que les revenus de ses terres lui permettent de combler le reste de ses dettes. Il s’y retira définitivement en 1785.

28 FÉVRIER 1796,  ASSASSINAT D'UN PRÊTRE à MEGRIT (Côtes du Nord)28 FÉVRIER 1796,  ASSASSINAT D'UN PRÊTRE à MEGRIT (Côtes du Nord)

Il limita alors son sens excessif de la charité tout en restant généreux et soucieux de soulager la pauvreté. Il eut une activité pastorale intense et acquit rapidement une réputation de sainteté.

Lorsque vint la révolution et son souffle anticatholique dévastateur il ne prêta pas le serment à la Constitution civile du Clergé. N’étant pas Curé de paroisse, donc fonctionnaire,  il n’y était pas tenu. Il se permit de mettre en garde ses confrères contre ce serment schismatique et alla même, en 1791, dans son ancienne paroisse d’Aron puis dans son ancien archidiaconé de Dol pour prévenir ses anciens fidèles et les prêtres. Dans les rue de Dol un ami le mit en garde contre les méchants qui pourraient l’entendre ; il répondit : « Je ne crains rien ; et s’il faut sacrifier ma vie pour Dieu et pour l’Eglise, je sacrifie  volontiers ma vie à Leur sainte cause ».

Revenu à Mégrit, le Curé ayant du fuir plutôt que de prêter serment, il le remplaça dans ses activités pastorales auprès des catholiques fidèles.

Repéré par les révolutionnaires comme réfractaire il fut incarcéré à Saint Brieuc en 1793, dans l’ancien couvent des Sœurs de la Croix où il resta un an. Il fut ensuite emprisonné à Guingamp dans l’ancien couvent des Carmélites d’où il fut libéré à la fin de 1795, 17 mois après la chute de Robespierre.

Il revint alors à Mégrit au manoir du Val-Martel et reprit son activité de pasteur. Mais il fut dénoncé aux « chasseurs de prêtres ». De ses paroissiens le mirent en garde ; il leur dit : « que son devoir de prêtre était de se sacrifier pour le salut des âmes et que si pour conserver sa vie il consentait à ne plus exercer le saint ministère, il aurait bien plus à redouter de la vengeance du Seigneur qu’il n’avait à craindre de la malice des hommes ».

Le dimanche 28 février au matin, venant de terminer sa messe, qu’il disait au Val-Martel, on vint le prévenir que 50 soldats des Colonnes Mobiles arrivaient pour l’arrêter. Sa réponse : « Voilà donc, voilà, O mon Dieu, le moment où je vais paraître devant Vous ! ».
Les soldats s’introduisent dans le manoir ; ils sont fatigués et affamés ; l’abbé leur fait servir de la nourriture et des boissons. Mais les soudards ne connaissent pas la miséricorde, mot inconnu dans leur vocabulaire ; ils s’emparent du prêtre et commencent à piller la maison.
Le commandant de la horde est pressé d’en finir avec ce « calotin » et fait sortir ses hommes et l’abbé de Rabec pour aller à Broons. A la sortie du manoir, dans l’allée du Val-Martel, il est régulièrement frappé de coups de baïonnettes. 14 fois ainsi et arrivés au bout de l’allée le commandant ordonne à quatre soldats de fusiller le prisonnier qui à chaque coups a dit : « Mon Dieu, pardonnez-leur et faites-moi miséricorde ». Aux fusilleurs le futur assassiné dit : « Vous qui devez me délivrer de la vie, procurez-moi avant la satisfaction de vous embrasser ; venez, je vous pardonne ma mort ». Un soldat refuse de tirer préférant plutôt être fusillé lui-même. Les trois autres tirent à bout portant. Le prêtre est tué sur le coup ; il était à 22 jours de ses 58 ans. Les assassins lui arrachent ses vêtements, le laissent nu sur la terre et retournent ensuite piller sa maison.

 

28 FÉVRIER 1796,  ASSASSINAT D'UN PRÊTRE à MEGRIT (Côtes du Nord)28 FÉVRIER 1796,  ASSASSINAT D'UN PRÊTRE à MEGRIT (Côtes du Nord)28 FÉVRIER 1796,  ASSASSINAT D'UN PRÊTRE à MEGRIT (Côtes du Nord)

La horde partie, ses domestiques qui avaient suivi leur abbé ramènent le corps au manoir et vont ensuite l’inhumer au cimetière, près du chœur de l’église, où il repose toujours.

C’était le 28 février 1796, il y a 220 ans, sous le Directoire que certains pensent encore qu’il fut une période de paix religieuse ! Le Directoire fut une période d’anarchie et de désordres durant laquelle les assassinats de prêtres vont recommencer presque comme sous la Terreur.

Nous, aujourd'hui, rendons ainsi hommage à ce martyr, Confesseur de la Foi.

28 FÉVRIER 1796,  ASSASSINAT D'UN PRÊTRE à MEGRIT (Côtes du Nord)28 FÉVRIER 1796,  ASSASSINAT D'UN PRÊTRE à MEGRIT (Côtes du Nord)

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Jean-Pierre Calloc’h, Yann-Ber Calloc'h: Poésie, Bretagne, Foi

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Jean-Pierre Calloc’h, Yann-Ber Calloc'h:                 Poésie, Bretagne, Foi

Hier, jeudi 25 février, le Cercle Jean-Pierre Calloc’h, à l’initiative de son Président Benoît Courtin, organisait une réunion au Centre Montcalm, à Vannes, pour entendre une conférence donnée par Korentin DENIS historien, spécialiste des traditions et de la culture bretonne. Elle était consacrée au grand poète catholique natif de l’île de Groix.

Jean-Pierre Calloc’h (prononcer Callorrr), dit Bleimor (loup de mer), né le 21 juillet 1888 à Groix et tombé au champ d'honneur le 10 avril 1917 à Urvillers dans l’Aisne à l’âge de 28 ans atteint à la tête par les éclats d’un obus tombant à proximité. Yann-Ber est un poète breton, auteur de 37 textes répartis en diverses publications : articles de journaux, livres ou poésies. Mais il est plus qu’un poète : un repère.

Korentin Denis qui avait préparé sa conférence à partir de documents souvent méconnus nous a fait revivre cette rare figure de Chouan, peut-être pas ignoré mais insuffisamment connu, du début du XXème siècle. Pour ceux qui ont fait les traversées maritimes entre Lorient et Groix ou entre Quiberon et Belle-Isle, il évoque surtout un bateau qui assurait la navette entre le Continent et ces deux îles.

Jean-Pierre Calloc’h a été aussi un militant courageux, pour la cause bretonne mais aussi pour défendre la foi chrétienne, menacée au-début du siècle par une politique de laïcisme agressif menée par « l’anti-calotin » (terme primaire qui lui va bien) Emile Combes - pourtant ancien séminariste - héritier des persécuteurs révolutionnaires de 1792-1796.

Cette conférence a été suivie par un public enthousiaste de plus de 60 personnes.

La soirée, avant le cocktail se termina par l’Hymne « Da Feiz hon Tadou Koz » (à la foi de nos ancêtres qui est également l’hymne du Souvenir Chouan de Bretagne) bien chanté par l ‘assemblée pour laquelle le Président avait imprimé les textes.

Jean-Pierre Calloc’h a écrit un poème intitulé Me zo ganet e kreiz ar mor (Je suis né, moi, au milieu de l’océan) mis en musique par Jef Le Penven interprété ici par Gilles Servat et Frank Kemener.

Superbe hommage au poète breton, catholique convaincu et inébranlable malgré des passages difficiles dans sa vie. Merci au Cercle Jean-Pierre Calloc'h de nous avoir remémoré ce personnage illustre qui n' a pas hésité à écrire sur une de ses pages : "Vive la Bretagne, Vivent les Chouans!"

 

En pleine mer où je suis né
Trois lieues au large.
J'ai ma fruste et blanche maison
L'alentour est couvert d'ajonc
Sur le seuil pousse le genet
En pleine mer où je suis né,
Un fils d'Armor.

Mon père, comme ses aïeux,
Etait marin;
Une vie sans gloire et obscure
-La gloire, un pauvre n'en a cure-
Nuit et jour sur l'océan bleu
Père fut comme ses aïeux
Traîne-filets.

Ma mère travaille elle aussi
-Malgré son âge-
D'elle, à la sueur de nos fronts
J'ai appris, tout petit garçon,
A glaner et tirer les fruits.
Ma mère travaille elle aussi
Pour se nourrir.

O, jours bénis de mon enfance
Où sans entrave
De ma mère dans les sillons
De mon père près du poisson
Je goûtais la chère présence,
O, jours bénis de mon enfance,
Pleins de douceur!

Nous étions six, Sainte Marie,
Assis à table:
Tous nous étions sains et heureux.
Te portant respect, comme à Dieu.
La table a changé, aujourd'hui.
Nous étions six, Sainte Marie.
Nous sommes trois...

A la porte a frappé la mort
Elle est entrée;
Notre bonheur dans un cercueil
Partit dormir au champ du deuil...
0ù un barde chantait encor
A la porte a frappé la mort...
Assez de pleurs!

Assez de pleurs! Ils étaient vains
Alors, déjà:
Et je voudrais faire une place
Au chagrin autour de mon âtre?
Il faut être fort pour demain.
Assez pleuré! Ces pleurs sont vains:
Du temps perdu!

Les pleurs d'immense désespoir
Que j'ai versés
Au cours des épreuves amères
Qu'ils soient bénis, bien au contraire:
Car sans eux je ne pourrais voir!
Ces pleurs d'immense désespoir.
C'était avant!...

Et maintenant que vous dirai-je?
Vous savez tout!
Mon bonheur terrestre effacé.
Le séminaire, puis l'armée,
J'ai marché sous Votre soleil
Et maintenant que vous dirai-je,
A Vous, mon Dieu?

Que Vous dirai-je, Dieu sévère,
Mer de bonté?
Qu'il est aigre le lait du pauvre;
Que sans rosée sèche la rose;
Que sa folie salit la terre.
Que dire d'autre, Dieu sévère?
Que je suis las!

Je viens vers Vous prendre serein.
A votre autel
Je veux réciter mon pater.
Je verrai, si mon Dieu m'éclaire.
Parlez, Votre douceur m'étreint.
Je suis venu prendre serein
M'agenouiller...

Jean Pierre Calloc'h
Traduit par Christian Souchon (c) 2007

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21 JANVIER 1793, 10 h 22 : UN CRIME LÉGAL !

Publié le par culture

"Le procès de Louis XVI, au vu des lois de l'époque, ne fut pas parfaitement légal !"

Cette litote, issue du Ministère de la Justice, illustre bien la décision légale de commettre un crime afin d'asseoir une légitimité usurpée sur un assassinat qui sera suivi d'une vague de sang. On a les valeurs que l'on peut !

A cette heure précise, comme l'an dernier et les années précédentes un Membre du Souvenir Chouan de Bretagne ( Merci Marc) a déposé une gerbe à l'emplacement présumé de la guillotine, ce 21 janvier 1793.

On ne sait pas quel bouffon viendra remplacer Jean-Edern Hallier (décédé dans un accident républicain de vélo sous le règne de Mitruand) qui se flattait de venir de temps en temps manger de la tête de veau* sur la place de la Concorde, pour provoquer les royalistes (ainsi que les non royalistes) présents et outrager la mémoire du Roi de France. Le 21 janvier 1993 ils étaient une vingtaine de braillards à l'entourer. Jean-Edern, un matin d'hiver à Deauville, à quelques jours de l'anniversaire de la mort du Roi qu'il insultait, a perdu les pédales quand d'autres méthodes , 200 ans plus tôt, faisaient perdre la tête !

*Les révolutionnaires dès 1794 consommaient de la tête de cochon le 21 janvier, de façon ostensible ; manière Charlienne de rappeler les caricatures graveleuses représentant Louis XVI sous les traits d'un cochon. Ce n'est pas un islamisme ambiant qui fit modifier l'aspect culinaire mais plutôt un embourgeoisement des successeurs des Jacobins qui remplacèrent le cochon par le veau, comme les Anglais en outrage à leur roi Charles 1er assassiné.

 

21 JANVIER 1793, 10 h 22 : UN CRIME LÉGAL !
21 JANVIER 1793, 10 h 22 : UN CRIME LÉGAL !

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8 JANVIER 1796 : PROPAGANDE MUSICALE du Directoire

Publié le par culture

Décret du 18 Nivôse An IV ( 8 janvier 1796)

Le Directoire exécutif arrête :

Tous les directeurs, entrepreneurs et propriétaires des spectacles de Paris sont tenus, sous leur responsabilité individuelle, de faire jouer chaque jour, par leur orchestre, avant le lever de la toile, les airs chéris des républicains, tels que la Marseillaise, ça ira, Veillons au salut de l’empire et le Chant du départ.

Dans l’intervalle des deux pièces on chantera toujours l’hymne des Marseillais ou quelque autre chanson patriotique.

Le Théâtre des Arts donnera, chaque jour de spectacle, une représentation de L’offrande à la liberté, avec ses chœurs et accompagnements, ou quelque autre pièce républicaine.

Il est expressément défendu de chanter, laisser ou faire chanter l’air homicide* Le Réveil du Peuple.

Le Ministre de la Police mandera, dans le jour, tous les directeurs, entrepreneurs et propriétaires de chacun des spectacles de Paris ; il leur fera lecture du présent arrêté, leur intimera, chacun à leur égard, les ordres qui y sont contenus : il surveillera l’exécution, pleine et entière, de toutes ses dispositions et en rendra compte au Directoire.

* Note SCB : à priori les initiateurs de cette décision, il y a 220 ans, ne connaissent pas les paroles de La Marseillaise !

Mais qu'est-ce donc que ce chant "homicide" ?

Le Réveil du Peuple est une sorte de contre-marseillaise créée en janvier 1795 par Jean-Marie Souriguère (ou Souriguières) et mise en musique par Pierre Gaveaux. Nous sommes en pleine réaction thermidorienne et le "Peuple" est lassé de retrouver comme dirigeants ceux qui furent de l'engeance terroriste un à deux ans auparavant. Ce chant, qui connu rapidement un vif succès, est entendu dans la rue, les bistrots, les théâtres. Ses paroles valent, à juste titre, celles de la marseillaise, quant à la musique elle est aussi guerrière et cela "agace" les nouveaux anciens politiques. Ce chant se retrouvent sur les lèvres des Royalistes comme sur celles des républicains anti-jacobins :

                                                                                 I

Peuple  Français, Peuple de frères                                       Peux-tu voir sans frémir d'horreur

Le crime arborer les bannières                                             Du carnage et de la terreur ?

Tu souffres qu'une horde atroce                                           Et d'assassins et de brigands,

Souille par son souffle féroce                                                Le territoire des vivants.

                                                                      II

Quelle est cette lenteur barbare ?                                         Hâte-toi, peuple souverain,

De rendre aux monstres du Ténare                                      Tous ces buveurs de sang humain !

Guerre à tous les agents du crime!                                       P oursuivons les jusqu'au trépas ;

Partage l'horreur qui m'anime !                                            Ils ne nous échapperont pas.

                                                                              III

Ah ! qu'ils périssent ces infâmes,                                         Et ces égorgeurs dévorants,

Qui portent au fond de leurs âmes                                      Le crime et l'amour des tyrans !

Mânes plaintifs de l'innocence,                                           Apaisez-vous dans vos tombeaux

Le jour tardif de la veangeance                                           Fait enfin pâlir vos bourreaux

                                                                    IV

Voyez déjà comme ils frémissent ;                                     Ils n'osent fuir, les scélérats !

Les traces de sang qu'ils vomissent                                   Décèleraient bientôt leurs pas. 

Oui, nous jurons sur votre tombe,                                     Par notre pays malheureux,

De ne faire qu'une hécatombe                                            De ces cannibales affreux.

                                                                       V

Représentants d'un peuple juste,                                      O vous ! législateurs humains !

De qui la contenance auguste                                             Fait trembler nos vils assassins,

Suivez le cours de votre gloire ;                                          Vos noms, chers à l'humanité,

Volent au temple de mémoire,                                            Au sein de l'immortalité.

                                                                     VI

Cité jadis si florissante,                                                        Antique et superbe Lyon,

En vain une horde sanglante                                              A juré ta destruction.

La justice enfin te seconde;                                                 Redeviens sous ses étendards 

La première ville du monde                                                Pour le commerce et pour les arts.

 

Lyon bénéficie d'un couplet à elle-seule pour avoir  risqué un sort funeste en raison de son soulèvement contre la Convention qui décréta cette ville d'accusation le 12 juillet 1793 ; attaquée par Kellerman, trahie par un des siens, Lyon sera investie et soumise aux diktats du vainqueur. Des centaines d'immeubles seront détruits, près de deux mille personnes exécutées soit par la guillotine, soit par les canonnades à mitraille (plus économiques !) ; dans cette répression sauvage se distinguent Fouché, Collot d'Herbois et Couthon.

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