Gesté: la démolition de l'église est bien une profanation d'un lieu de culte

Publié le par culture

L'Association Mémoire Vivante du Patrimoine Gestois a mis sur son site des informations utiles concernant la manifestation de demain 6 juillet (pendant que le Souvenir Chouan de Bretagne fêtera ses 20 ans dans le Morbihan), manifestation annulée pour cette Association qui se bat depuis des années pour la défense de l'église néo-gothique de Gesté. Sa première victoire avait été, en février 2012, la condamnation de la mairie de Gesté comportant une lourde pénalité à l'égard de l'Association de défense du Patrimoine. La deuxième l'arrêt de la destruction-profanation.

Il aurait été logique que tous les mouvements, à juste titre protestataires, suivent la sage conduite de l'AMVPG qui est sur le terrain face à son maire Cordelier-Léger, et son adjoint destructeur Crouzat-Remeau, à la tête de la Colonne municipale, pour recommencer les affres de la horde révolutionnaire de février 1794.

Mais dans cette affaire il faut souligner la complicité en profanation des responsables de l'Eglise  catholique : l'évêque d'Angers Mgr Delmas et le prêtre local Pierre Pouplard. Pour ce dernier il faut souligner qu'il porte le prénom du saint protecteur de l'église profanée.

Pourquoi profanée ? Il existe selon le Canon romain un rite de désacralisation lors du changement de destination du bâtiment - quand il y a des travaux sans atteinte à l'intégralité de la construction, il n'y a qu'une simple bénédiction - ou lors de sa démolition.Or l'évêque a utilisé des arguties fantaisistes en déclarant que l'église serait reconstruite sur le même site.

En cas de démolition elle doit être désacralisée reconstruite ou pas sur le même lieu.

Lors d'une cérémonie solennelle (et non en catimini) l'évêque - ou son Vicaire générale - entouré du clergé local et d'un représentant de l'Etat, célèbre une messe avec les ornements violets (rituel du deuil). On parle de ce bâtiment, un peu comme d'une personne vivante ; à l'issue de la cérémonie on dépouille l'autel de ses nappes, les reliques en sont extraites. Eventuellement on burine les croix de consécration (5). On enlève le Saint-Sacrement. Toute la statuaire est évacuée et déposée dans un lieu respectable - le presbytère ou une autre église - et non dans un hangar municipal. Le mobilier marquant ce lieu de culte est extrait de l'église ou brûlé. On efface les signes religieux des murs (Croix de consécration - l'église de Gesté a été consacrée en 1865). Eventuellement, comme le lieu est devenu profane, il peut-être partagé un verre de l'amitié, le verre de l'adieu comme cela se fait, parfois, après un enterrement.

A Gesté, la présence du Christ en croix, dans l'église en cours de destruction, emmené par un engin de travaux, comme un vulgaire poteau indicateur, en l'absence de Pouplard (dans le rôle du curé "intrus") et déposé dans un hangar municipal à côté des objets hétéroclites que l'on rencontre dans ce genre d'endroit démontre qu'il n'y a pas eu de désacralisation ; l'évêque et le prêtre auront à rendre compte de complicité de profanation. Nous ne savons pas combien cela représente d'années de Purgatoire.

Si l'AMPVG ne gagne pas et que l'église est rasée, comme persistent à vouloir le faire Cordelier-Léger et Crouzat-Remeau, quand y aura-t-il une nouvelle église à Gesté ? La Colonne municipale a dépensé tout le budget qui y était destiné.

PROFANATEURS,  DESTRUCTEURS ET MENTEURS.

Enfin dernier point : la construction de cette église avait été financée en quasi totalité par les paroissiens de Gesté. Sur les 30 mille Francs que coûta cette édification, seuls 1500 Francs furent versées par l'Etat. Cette église fut volée par le même Etat en 1905-1906. Elle est détruite par un représentant de l'Etat avec la couverture de sa hiérarchie. Or cette loi spoliatrice interdit aux municipalités de financer un lieu de culte, enfin, pour ce qui est du culte catholique ! Alors, quadrature du cercle ?

 

Gesté: la démolition de l'église est bien une profanation d'un lieu de culte
Gesté: la démolition de l'église est bien une profanation d'un lieu de culte

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