VISITE DU CHÂTEAU DES DUCS A NANTES

Publié le par culture

 

LE MUSEE DU CHÂTEAU DES DUCS de NANTES

En cliquant sur le lien ci-dessus (merci Nicolas), vous allez découvrir un diaporama, très bien réalisé, sur la demeure guerrière des Ducs de Nantes. Merci à Lilymage de nous avoir autorisé à diffuser ces très jolis clichés sur le Château des Ducs très bien restauré, un peu trop pour les habituels insatisfaits, mais il faudrait laisser un peu de temps à la nature pour amener la patine nécessaire sur les pierres.

 Merci de commencer par là avant de poursuivre la lecture de ce texte.

A l'intérieur du château, l'enseignement de l'Histoire est réparti entre les trente deux salles en sept séquences, inégalement réparties.

-5 salles pour les origines de Nantes, de la cité des Namnètes au XVIIè siècle.

-5 salles pour la fille du fleuve et de l'océan.

-7 salles pour le négoce, en réalité surtout centré autour de l'esclavage et de de la Traite.

-1 (UNE) salle pour la Révolution à Nantes avec toujours la Traite.

-8 salles pour le port colonial et industriel, sans oublier la fin de la Traite.

-3 salles consacrées à la ville nouvelle - 1940 1990 - dont une bonne partie à l'occupation allemande, la collaboration, la résistance etc... Et la mémoire ouvrière, les conflits, mai 68, la disparition des chantiers navals et des industries nantaises, histoire sentimentaliste d'où sont évacuées un tas de responsabilités politiques.

-3 salles que l'on pourrait résumer à glorifier le maire de Nantes (élu en 1989) puisque cette séquence commence en 1987, métropole dynamique, tramway, Royal de Luxe etc... etc...

Un "artiste" nantais a illustré une des salles "Carte Blanche" par une projection sur 180° d'un film censé illustrer l'Histoire de Nantes. Quelques clichés donnent un faible aperçu de la pauvreté de ce film neanmoins orienté:

 Sorin TraiteSorin-traite-2.JPG

Ces images nous ramènent aux clichés Octavocestoriens sur les esclaves noirs noyés en Loire, sur ordre de ces infâmes nobles. Pour le respect de l'Histoire il faut savoir, dire et répéter:

 -il n'y a pas eu d'esclave en France, le Code Noir de Louis XIV - Colbert précise bien que "tout esclave franchissant les frontières du Royaume est automatiquement affranchi"

-un esclave, en dehors de sa valeur humaine, avait une valeur pécunaire et représentait un investissement. Il aurait fallu être taré pour tuer par plaisir un être humain payé cher.

-Ce n'était pas la noblesse  - à part de rares cas - qui tenait le négoce, mais la bourgeoisie qui n'aura de cesse de lutter contre la noblesse pour lui prendre ses terres et les titres les accompagnant ; on la retrouve dans l'acceptation de la Révolution, son soutien total, sa lutte contre les Vendéens et les Chouans, son soutien à Carrier, son silence durant les persécutions et les Noyades - on ne noie pas impunément des milliers de personnes, on ne fusille pas à longueur de journée, on ne guillotine pas des centaines de personnes dans l'indifférence générale, sans que cela passe inaperçu. 

Sorien-edit-de-Nantes.JPG

L'Edit de Nantes, dont on oublie qu'Henri IV l'avait appelé Edit de Tolérance, et non, comme le cite une plaque dans la cour de ce château une charte de la liberté de religion pour les protestants, fait l'objet d'un tableau du même "artiste" qui a poussé la délicatesse jusquà représenter l'évêque de Nantes, assistant à la signature dudit Edit, se grattant les parties génitales. On a fait mieux comme délicatesse !

 

A propos de plaque, il y en avait une, au dessus de la poterne, rappelant qu'elle avait été le lieu de passage des prêtres partant pour être déportés à Rochefort ou noyés en Loire. Cette plaque a dû être cassée durant les travaux car elle ne figure plus là où elle était.

la-legende-noire-de-la-revolution.jpgLa séquence Nantes en Révolution est la surface la plus minable. Une salle, deux tables vitrines, une surface tel-lement ridicule qu'il aurait mieux valu "sauter"cette période douloureuse plutôt que la traiter par le mépris.

Des centaines de mètres carré pour un non- évènement Nantais, l'esclavage, et 3 mètres- carré 60 pour un épisode terrible qui s'est  réellement déroulé à Nantes qui a fait des milliers de victimes, des femmes, des enfants, des agriculteurs, des artisans, des commerçants, des prêtres, des religieux, des assassinés pour ce qu'ils étaient. 3,60 M² !!!!

De plus les textes sont "limites", mettant en cause, par des légendes appropriées, les épisodes de la révolution nantaise jusqu'à suspecter des preuves fabriquées - comme sur cette photo - mais il faut signaler que dans un accès de honte "on" a retiré maintenant le cadre "des images fabriquées".

Mais certains textes utlisent assez facilement le conditionnel, avec tout ce que cela sous-entend.

"Le déclenchement de la Révolution est de la faute de Louis XVI en désaccord avec la Constituante" ; on prend vraiment les visiteurs pour des imbéciles et si ce n'est pas le cas, il est encore plus grave de constater le vide abyssal des connaissances historiques des initiateurs de ce musée qui, dans un autre cadre nous font découvrir l'Histoire à leur façon:" Près de Nantes, dans le département de la Vendée, des paysans et des nobles se déclarant pour le Roi et la religion catholique organisent une insurrection (c'est à dire une révolte) contre le gouvernement révolutionnaire. Ils attaquent Nantes le 29 juin 1793, car ils ont besoin d'utiliser son port. Les soldats républicains font échouer cette attaque de la ville".

cruxifixion.jpg

Ce très beau Christ en croix, qui sur le site internet n'est appelé que "Cruxifixion" (sic) est un tableau du XVIIIème siècle "issu des couvents de Nantes en activité avant la révolution". Il n'est pas précisé que tous les biens du  clergé et des monastères ont été volés et pillés à l'avantage de certains possédants et négociants qui se sont créés un patrimoine immobilier, foncier, mobilier  et artistique à peu de frais.

"Nantes et le département vivent sous le régime de la Terreur d'octobre 1793 à janvier 1794". Mais où donc le rédacteur de ce texte a-t-il appris l'Histoire ? Ici, comme ailleurs, la Terreur ne finit qu'avec l'exécution de Robespierre le 28 juillet 1794. Si Carrier est accusé, à juste titre, de tous les maux, l'auteur de l'exposition - responsable pas coupable - oublie que Bô et Borbotte ses successeurs, ne furent pas  plus tendres et les cinq principales prisons de Nantes étaient remplies avant l'arrivée de Carrier.

Le plus grave est que, dans un souci de communication qui serait salutaire si l'information n'était pas faisandée, celle-ci est proposée lors de la présentation de fiches dites pédagogiques à destination des......enseignants ! Qui pourront lire ceci:

Aux premiers temps de la Révolution, la ville se rallie, dans l’ensemble, aux idéaux républicains. La décision de lever trois cent mille hommes pour répondre à l’entrée en guerre de l’Angleterre déclenche une guerre civile dans le département et au sud de la Loire.
En mars 1793, plusieurs centaines de républicains sont massacrés à Machecoul ; la « guerre de Vendée » commence.
Pour pacifier la région, Paris envoie Jean-Baptiste Carrier à Nantes. D’octobre 1793 à janvier 1794, le département vit sous la Terreur.
Guillotine, fusillades et noyades font plus de seize mille victimes. Le rappel de Carrier à Paris met fin à cette période. La guerre de Vendée s’achève avec l’exécution du chef vendéen Charrette, le 29 mars 1796, sur l’actuelle place Viarme. (
le surlignage en rouge  gras est du SCB)

Il est bon de rappeler encore une fois que Carrier fut rappelé par la Convention, à sa demande, qu'arrivé à Paris il fut nommé secrétaire de la dite Convention. Sa demande de rappel visait à suivre de plus près le jugement des 132 nantais, qui n'étaient plus que 94 à leur arrivée, tous notables riches voire anciens membres de la municipalité ou des cercles révolutionnaires et qu'il aurait bien vus guillotinés. La chute de Robespierre là encore va modifier le cours des choses et le guillotineur se retrouvera guillotiné après un long procès qu'il n'a jamais accordé à ses victimes.

Enfin ce que ne signale pas le musée du Château de Nantes (ou de la mairie de Nantes ?) dans la compagnie Marat il y avait Lamberty et ses américains qui étaient d'anciens colons ou esclaves d'Haïti. Ce sont éventuellement les seuls noirs qui ont pu périr en Loire en noyant des innocents.

Quand à l'espace bibliothèque il est ouvert à la diversité et à l'information objective: tout Jean-Clément Martin. On ne peut pas dire que le responsable de cet espace se sente tenu par des obligations d'objectivité et d'information historique honnête.

Pour terminer momentanément cet article vous pouvez écouter Yannick Guin. Il vous parle de la Loire bloquée par les glaces en l'hiver 93-94. Heureusement il n'ose pas dire que les Noyés de cette période sont en réalité mort d'un traumatisme crânien en heurtant la glace !

Interview du conseiller à la culture de Jean,-Marc Ayrault. Etonnant !


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Chambretaud 27/08/2011 09:31


Il n'a jamais été question, dans mon commentaire précédent, de demander que le château de Nantes fût exclusivement consacré à la Chouannerie. Le sectarisme n'est pas de mon côté, loin s'en faut !
J'ai simplement fait valoir une exigence toute simple, celle de l'objectivité historique qui y fait, hélas, grandement défaut. Ce qui est la moindre des choses dans un musée. Le château de notre
cher Duché de Bretagne mérite mieux que ce qu'on y a mit en l'occurrence.


un nantais 26/08/2011 21:22


Vous parlez d'endoctrinement, je crois que vous feriez bien de vous regarder dans une glace ...
Et sortez un peu de votre monde, il n'y a pas que vous !
Il me semble que vous avez un musée de la chouannerie dans le morbihan alors ne demandez à ce que le chateau de notre cher duché de bretagne soit purement conacré à la
chou annerie


Chambretaud 21/08/2011 14:09


J'ai eu la « chance » de visiter des musées soviétiques avant 1989, comme le ci-devant musée de l'athéisme à Léningrad.
Et je peux vous affirmer que ceux-ci étaient des modèles d'objectivité historique, comparés au musée du château des Ducs à Nantes.
Comment qualifier la façon dont les responsables de ce musée – pardon, de ce « centre d'endoctrinement » – ont trituré l'histoire à des fins politiques ?
Révoltante dans un premier temps ; puis ridicule tant les ficelles dont ils ont usé sont grossières.
Merci à Noël pour cette mise au point indispensable !