VENDREDI 15 MARS 1793: LA ROCHE-BERNARD

Publié le par culture

Après nombre de villes de la Vendée, qui sera appelée ultérieurement Vendée militaire car comportant des villes de Loire-Inférieure, ou du Maine et Loire, avant de devenir un terme générique pour nommer les territoires soulevés, La Roche-Bernard, en ce vendredi 15 mars, connaît l'épreuve des violences qui déferlent sur l'Ouest.

Le peuple n'en peut plus des persécutions religieuses qui depuis 1790 vont en s'aggravant ; s'y ajoute le dernier décret de la Convention sur la conscription des 300.000 hommes, à laquelle échappe quelques "bien placés" pour aller se battre aux frontières contre des gens dont il n'a rien à faire.

Ainsi, après Saint Florent le Vieil, Cholet, Clisson, Chemillé, Héric, Nozay, Vay, Savenay, Saint Etienne de Montluc, des paysans - que l'on n'appelle pas encore chouans - quittent Pont-Château puis Missillac et se dirigent vers La Roche-Bernard. Au passage ils s'arrêtent à La Mâtinais pour en extraire de chez eux les Frères Bernard. Olivier est un ancien capitaine de "La Royale" son jeune frère Louis a quelqu'expérience: "Mettez-vous à notre tête et si vous ne le faites pas on met le feu à votre maison !".

Après une telle invitation les deux frères prennent le commandement des 5 mille révoltés qui en ont assez de la conscription, de la chasse aux bons prêtres, des impôts qui ont considérablement augmentés et des bourgeois qui se sont enrichis, à moindre frais, avec les biens volés du clergé et des nobles qui les faisaient vivre.

Au puits du dôme de l'Hôpital les 250 Bleus aux ordre du capitaine de Hallot sont rangés. Les Révoltés envoient deux émissaires parlementer la reddition des Bleus. Ils sont emprisonnés sur ordre de Sauveur, administrateur de la ville. Les Révoltés arborant leur Sacré-Coeur sur la poitrine, leurs faux emmanchées à l'envers, leurs pen-braz et autres outils, sur le coup de midi, reprennent leur marche vers les Bleus. Finalement, le maire Sauveur et son adjoint Le Floch du Cosquer calment le jeu. Les armes sont abaissées ; on est du même pays on discute, on s'embrasse.

Subitement un coup de feu claque et un Révolté - le conducteur de la malle poste - tombe, tué net. Tous reprennent leurs armes mais les Révoltés sont supérieurs en nombre et par un mouvement savant ont pris les Bleus à revers. Les Gardes nationales, royalistes en majorité, en profitent pour disparaître ; cent hommes en moins, cela se remarque et il ne reste que 150 soldats, gendarmes et douaniers qui finissent par se rendre.

Le bilan est de 20 morts chez les Bleus et de deux chez les Révoltés.

Le capitaine du Hallot, à la tête de 9 cavaliers a passé la Vilaine pour aller demander des renforts à Vannes.

LA-ROCHE-BERNARD-PORTE.jpgSauveur et Le Floc du Cosquer, ayant revêtu leurs insignes municipaux se sont réfugiés dans la salle des délibérations.

Après en avoir brisé la porte les Révoltés se saississent des deux municipes, les font  prisonniers, les emmènent à la vieille tour du Beffroi et les y enferment.

Les détails de cette insurrection seront communiqués, sur les lieux mêmes, samedi 23 mars, à partir de 12 H 30.

Le matin réunion du Conseil d'Administration du Souvenir Chouan de Bretagne ; après le déjeuner visite de La Roche-Bernard et des lieux de cet  épisode sanglant - peu raconté -  de l'Histoire de la Contre-révolution en Bretagne.

Il est demandé 25 € pour le déjeuner, aux Membres du SCB et 30 € pour les non-adhérents. Fin à 17 h. Prévoir des bottes pour les visites (en dehors de la ville, bien sûr !)

Il est possible de s'inscrire par le mode contact à droite de cette page.

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