VENDREDI 10 AOÛT 1792, VIOLATION DU PALAIS ROYAL DES TUILERIES

Publié le par culture

C'est il y a 220 ans ; nous avons lu dans l'article précédent que depuis plusieurs jours Paris vibre de la tentation du Coup d'Etat sous les poussées des Sections. Le roi suit attentivement cette désintégration du climat politique et nous laisse le sentiment d'une forme de fatalisme. La seule cherchant à réagir est la Reine ; mais elle se heurte à beaucoup de passifs qui semblent résignés à leur sort.

Comment ne pas comprendre ces personnes passives alors que le chef de l'exécutif paraît inerte ? Comment ne pas comprendre cette résignation dans une atmosphère surréaliste ?

D'un côté, un pouvoir non pas impuissant mais qui ne se sent plus obéi, miné par la corruption des idées des Lumières, de l'autre côté une masse qui bientôt se transformera en horde diabolique, assoiffée de sang, ne jurant que par la destruction du Trône et de l'Autel. Une masse manipulée par quelques meneurs aux arrières-pensées bien précises, mentalement embrigadée ; plus tard, on appellera cela "Manipulation Mentale", et contre ce fait qui lui échappe - Louis XVI est trop droit dans sa manière de penser - le Roi ne peut plus rien.

Chacun a éprouvé, au moins une fois dans sa vie, cette impuissance face à la mauvaise foi et à la perversité de la pensée.

Face au dernier Capétien légitime les adversaires sont nombreux.

En ce vendredi 10 août le Roi, qui a peu dormi, est debout dès 6 heures. L'attaque va commencer aux alentours de 7 heures par la cour du Louvre où aura lieu le "gros" de l'attaque.

Déjà, lors de la "répétition générale" du 20 juin, les assaillants - qui étaient les mêmes - ont fait le repérage des lieux. Mais ils sont, cette fois, bien plus nombreux: Quinze mille du Faubourg Saint Antoine (actuels 11è et 12è arrondissements), Cinq mille du Faubourg Saint-Marcel (actuels 13è et 5è arrondissements), auxquels se sont joints une partie des Gardes Nationales et nos fameux marseillais (beuglant leur "tub" devenu impérissable, aux paroles sanguinaires). A la tête d'une meute estimée à trente mille personnes, malandrins, poissardes, soldats, la Commune Insurrectionnelle qui a pris le pas sur l'Assemblée Nationale.

Armée de canons cette horde révolutionnaire est venue dans un seul but: renverser la monarchie (obsession depuis que Louis XVI a refusé les mesures contre le clergé).

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C'est le Coup de Force, c'est une attaque sans envoi d'émissaires de la part des Insurgés, ce sont des Français en guerre contre leur propre Chef d'Etat qui, paradoxe, a toujours évité de verser le sang de son peuple !!!

Les Tuileries

 L'assaut est féroce. Les Suisses sont des soldats fidèles au Roi mais leur commandement est désorganisé depuis que Antoine-Jean Galiot  de Mandat, leur commandant,   convoqué à l'Hôtel de Ville par la Commune Insurrectionnelle, a été lâchement assassiné. Lui  succède Augustin Joseph de Mailly, trop âgé et pas assez précis pour un tel poste.

Rapidement les munitions s'amenuisent.

 

Sous la pression de son entourage et de Roederer (greffier du département de Paris) en particulier, le Roi va demander la protection à l'Assemblée Nationale réunie Salle du Manège. Protégée par quelques Suisses et nobles fidèles, la famille royale - la reine donnant le bras au vicomte du Bouchage- se met donc sous la garde des députés ; ceux-ci ne sont pas opposés à une monarchie constitutionnelle et acceptent de protéger le Roi.

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De 10 heures du matin jusqu'au soir, ils vont être installés dans la loge du logographe (le sténo-dactylo de l'époque), dans une chaleur étouffante, sans boire - personne ne pense à cela ! - ils vont assister aux discussions entre députés au sujet de leur sort. Ils assisteront à l'arrivée des émeutiers venant réclamer la destitution du roi qui reste impassible, totalement dépassé par les évènements. Stoïquement, la Reine garde le petit dauphin sur ses genoux.

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Pendant ce temps le carnage commence aux Tuileries où les Gardes Suisses ont reçu l'ordre écrit de Louis XVI de cesser la défense du Palais. Ces 950 fidèles entre les fidèles savent que c'est leur arrêt de mort. Ils seront presque tous exterminés, honteusement mutilés, brûlés. Ils ont à faire à de vrais sauvages !

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  Tard dans la soirée, on emmènera la famille royale au club des Feuillants pour y passer la nuit ; elle n'a plus de royale que le nom, l'Assemblée ayant voté la suspension du Roi.

 

C'était le vendredi 10 août 1792, il y a 220 ans. Personne, sauf quelques rares "initiés", ne présage des conséquences de cette funeste journée...

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Herveline 11/08/2012 14:05

Conformiste et matérialiste qu'est le peuple français aujourd'hui, incapable d'exprimer haut et fort les malheurs qu'il subit,aurait pourtant tout à fait droit d'accélérer la destitution d'un
régime totalitaire qui s'acharne à le dépouiller de ses libertés et le saigne jusqu'au dernier de ses maigres biens. L'horreur de la situation actuelle réside dans le fait que nos bourreaux
d'aujourd'hui sont de même souche que nos soit-disant libérateurs d'il y a 220 ans...

Florentin 11/08/2012 11:08

Le Souvenir Chouan de Bretagne est, à priori, le seul qui ait passé un article pour ce triste anniversaire. Pourtant l'invasion des Tuileries est une page dramatique de l'Histoire de France: en
effet, une bande de voyous démontre qu'ignorant le simple respect face à une institution qui, quelques soient les qualités de ses représentants, est de nature et forme humaines l'image de La
France, ces voyous - quelque soit leur origine - démontrent donc que la violence et l'intimidation par le meurtre défoncent les barrières de la bienséance.Et si, 220 ans après, le peuple qui s'est
retrouvé trompé par ces voyous maintenant au pouvoir réutilisait la même recette ???