Suites de la Bataille du Pont du Loc'h.

Publié le par culture

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Il y a un peu plus d’un mois, le 14 février, Georges Cadoudal et ses officiers ont été reçus au château de Beauregard à Saint Avé dans le Morbihan. Cette rencontre avec le général Brune, supérieur du général Harty, est voulue par Buonaparté Premier Consul.

Le 25 janvier 1800 a eu lieu la Bataille du Pont du Loc’h, près de Grand Champ, sur la route de Vannes à Locminé. Les historiens de mauvaise foi parlent de défaite, d’autres de victoire mitigée mais à l’avantage des armées de la République.

Pour se faire une idée, observons les faits.

La Bataille a lieu car Georges secondé de ses officiers, veut récupérer les charrettes de grains et autres denrées alimentaires que les Bleus sont venus piller dans la région de Grand Champ. L’accrochage est féroce, les Chouans bénéficiant de la connaissance du terrain, étant d’autre part les attaquants par surprise d’une armée "dominatrice et sûre d’elle".

-Si les Bleus (qui ont perdu 700 hommes) sont vainqueurs, ils enterrent leurs morts ou les ramènent à Vannes, lieu de leur cantonnement à une vingtaine de kilomètres. Ils en profitent pour pousser leur avantage en pourchassant les Chouans afin de les détruire définitivement.

-Si le résultat de la Bataille est mitigé, les Chouans se sont égaillés et les Bleus poursuivent leur retour à Vannes avec leur butin, leurs morts et blessés.

En réalité, les vainqueurs fuient à grande allure en abandonnant sur place leurs morts et leurs blessés ainsi que la majorité de leur butin. Et les vaincus, les Chouans, restés sur place - curieux pour des vaincus – enterrent leurs morts dans les cimetières de Locmaria et de Locqueltas. Ils mettront les Bleus tués au combat dans des fosses communes creusées dans les landes de Burgo et dans les landes de Morbouleau (en bas de Plaudren). Georges donnera quelques sous aux Bleus prisonniers et blessés pour rentrer chez eux.
Curieux pour des vaincus !!

-Si les Chouans ont été vaincus, les Armées de Brune doivent parachever leur victoire. Or, sur l’insistance du Premier Consul, Georges et ses officiers sont invités (et non convoqués) à se rendre à un entretien portant sur la paix et des postes à prendre dans l’armée Républicaine. Cet entretien aura lieu au château de Beauregard. Georges accepte de déposer les armes en échange de garanties. Pour montrer ses bonnes dispositions Buonaparté fait annoncer par le général Brune que Georges sera reçu aux Tuileries.

Curieuses décisions concernant un vaincu !!

Il ne faut en effet pas perdre de vue la conduite expéditive de Buonaparté avec un autre célèbre chef Chouan le comte Louis de Frotté (voir article ci-dessous).

L’entrevue aura donc lieu au Tuileries, il y a à peu près 210 ans. Le Premier  Consul traitera avec condescendance son interlocuteur. Georges confiera quelques temps après à Hyde de Neuville :"Ah! si vous saviez ce que j'ai eu envie de prendre ce petit homme entre mes bras et de serrer, serrer, serrer ! A l'étouffer !".

Ah! si Georges avait cédé à son envie ! Il en aurait sauvé sa vie, celle de ses 11 compagnons d’échafaud (12 personnes guillotinées en 27 minutes le 25 juin 1804), il aurait épargné la vie de plus d’un million de soldats morts sur les champs de bataille napoléoniens et celle de centaines de milliers de civils des pays conquis. Georges ignorait – car nous ne savons ni le jour ni l’heure - que quatre ans exactement  après cette réception houleuse aux Tuileries, il serait emprisonné au Temple, après sa capture dans le quartier du Panthéon par la police de François Réal (Fouché est alors en semi - disgrâce) et que la montée à l’échafaud serait proche. En prison, il fera cette réflexion désabusée à ses amis co-inculpés :"Messieurs, nous voulions rendre un roi à la France. Nous avons fait mieux, nous lui donnons un empereur... ".

C’était il y a un peu plus de deux cents ans.

 

 

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