SAMEDI 23 MARS 1793 : PRISE DE PORNIC

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Victoire brève mais efficace et hélas de courte durée à Pornic. Le matin, sous la conduite de Louis-Marie, marquis de La Roche Saint André, les Maraîchins prennent la ville défendue par 150 Gardes Nationales (ou Gardes nationaux).

L'euphorie de la victoire, les ripailles consécutives, la visite des caves des bourgeois pornicais, les libations afférentes ? Les vainqueurs ne sont plus en état d'être des défenseurs.

Dans la soirée, les Bleus, au nombre de 85 (d'après Mellinet) sous le commandement du capitaine Coueffé reprennent la ville. Les différents rapports parlent de 210 à 220 insurgés tués ; d'après Lucas de La Championnière trois cents maraîchins, dans l'incapacité de fuir (sans aucun doute pour raison d'alcoolisation) seront fusillés, en particulier devant la croix, en bas du château de Pornic, dite la Croix des Vendéens.

Le jeune chef maraîchin, Flaming, capturé, à la seule déclaration de son identité, fut abattu à bout portant par le capitaine Couffé, sans autre forme  de procès place du Marchix, place connue dans le Pornic actuel, lieu de mémoire.

Les survivants fuient  Pornic et partent vers Machecoul, porteurs des nouvelles de la débâcle et des massacres consécutifs.

Injustes, les paysans accablèrent monsieur de La Roche Saint André de cette sévère défaite, alors que seule leur intempérance en avait été responsable. Avec juste raison le marquis préféra fuir et se réfugier dans l'île de Bouin pour se préserver de leur fureur. Il va, plus tard, rejoindre l'Armée du Centre et y devenir officier. Il fera la Virée de Galerne et sera tué à Savenay le 23 décembre de cette année. Cette famille va payer un très lourd tribut à la révolution.

Triste épisode que ces batailles dont les résultats paraissent incompréhensibles : vainqueurs le matin, défaits et vaincus le soir. Que d'occasions ratées !


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