QUATREVINGT-TREIZE de Victor Hugo

Publié le par culture

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Décryptons, avec perspicacité, l’ouvrage cité et promu par madame Kaltenbach, lors de l’émission de Franck Ferrand « L’Ombre d’un doute sur France 3». En effet, dans cette émission sérieuse et bien menée, citer  l’œuvre de Victor Hugo, le grand homme panthéonisé, faisait un peu déplacé.

Lecture  critique :

On nous parle beaucoup des origines Vendéennes de Victor Hugo. Il serait bon de rappeler que, né à Besançon de Sophie Trébuchet née à Nantes, son père Léopold-Brutus - ce héros au sourire si doux qui a pas mal sabré en Vendée et à Quiberon - est natif de Nancy.

Les seules notions vendéennes  seraient celles du sang versé par son père, Léopold dit Brutus capitaine du 8e bataillon du Bas-Rhin.

Garnison à Nantes (exactement au château d’Aux à La Montagne, qui n’est pas en Vendée), puis à Châteaubriant (qui n’est toujours pas en Vendée), après le détour à Quiberon pour participer à l’écrasement du débarquement des Émigrés. Le côté maternel fait partie des proches de Carrier le bourreau-noyeur de Nantes, rien à voir là non plus avec la Vendée, sinon les massacres.

L’embouchure du Couesnon où il fait débarquer le marquis de Lantenac se situe bien aux frontières de la Bretagne et de la Normandie. Rien à voir avec la Vendée.  Ou notre grand homme a été mal inspiré par une de ses références, Jules Michelet, ou ses connaissances géographiques étaient proches du point zéro.

A la lecture de ce Quatrevingt-Treize quelques perles scintillent et il ne faut pas les garder pour nous:

«La Vendée a avorté. D’autres révoltes ont réussi, la Suisse par exemple. Il y a cette différence entre l’insurgé des montagnes comme le Suisse et l’insurgé des forêts comme le Vendéen ; que, presque toujours, fatale influence du milieu, l’un se bat pour un idéal et l’autre pour des préjugés. L’un plane, l’autre rampe». !!!

«la monarchie ouvre le droit à l’insurrection, la république la ferme. En république toute insurrection est coupable»…/…«La Convention a toujours ployé au vent, mais le vent sortait de la bouche du peuple et c’était le souffle de Dieu».

«Le dix-huitième siècle atteignit quatre-vingt. Encor’treize, le nombre étrange, et le jour vint

Là nous sommes entre Jack Lang et Marguerite Duras.

«Pour beaucoup de raisonneurs à froid qui font après coup la théorie de la Terreur, 93 a été une amputation brutale mais nécessaire. Robespierre a été un Dupuytren politique. Ce que nous appelons guillotine n’est qu’un bistouri». !!!  Horreur.

«la révolution française, c’est le salut, d’horreur mêlé. De la tête de Louis XVI, hélas, la lumière a coulé». Lang ou Pol Pot ?

«Le droit a sa colère, monsieur l’évêque, et la colère du droit est un élément du progrès. N’importe et quoi qu’on dise, la révolution française est le plus puissant pas du genre humain depuis l’avènement du Christ».  

 Des millions de gens remercient pour ce pas.

«C’est pour affirmer  ces réalités suprêmes, et non pour les nier, que  89 avait surgi. Renverser les bastilles, c’est délivrer l’humanité ; abolir la féodalité, c’est fonder la famille».

« d’un côté, l’inextricable complication gothique, le serf, le seigneur, l’esclave, le maître, la roture, la noblesse, le code multiple ramifié en coutumes, le juge et le prêtre coalisés, les ligatures innombrables, le fisc, les gabelles, la mainmorte, les capitations, les exceptions, les prérogatives, les préjugés, les fanatismes, le privilège royal de banqueroute, le sceptre, le trône, le bon plaisir, le droit divin. De l’autre cette chose simple, un couperet. D’un côté le nœud, de l’autre la hache. La Tourgue* avait été longtemps seule dans ce désert. Elle était là avec ses mâchicoulis d’où avaient ruisselé l’huile bouillante, la poix enflammée et le plomb fondu, avec ses oubliettes pavées d’ossements, avec sa chambre aux écartèlements, avec la tragédie énorme dont elle était remplie/…/ elle voyait se dresser devant elle quelque chose d’aussi horrible qu’elle, la guillotine».

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Si Victor Hugo avait eu connaissance de l’histoire telle que nous la connaissons maintenant, n’aurait-il pas rédigé autrement son Quatrevingt-Treize  de façon aussi emphatique, quelque peu éloignée de la vérité, aussi hugolienne ?

Quelques soient les qualités  d’Océano Nox ?

* La Tourgue est le château où se termine l’histoire entre Cimourdain, prêtre défroqué et Conventionnel en mission, et le marquis de Lantenac.

 Cet article est inspiré de La Revue N° 18 de décembre 2002 du Souvenir Chouan de Bretagne.  Vous ne trouvez pas que c'est beau comme du ????  du Jack Lang ?

Dans un prochain article, nous écrirons sur son père, ce héros au regard si doux.                                                   

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Chambretaud 11/03/2012 11:18

Excellente mise au point sur ce roman cousu d'insanités !
Le voir présenté comme une pièce à conviction lors du mini-débat à la fin de l'émission de Franck Ferrand m'a fait bondir !
Parmi la dizaine de milliers de livres publiés sur le sujet depuis plus de deux siècles, il s'en trouvait un nombre immense, d'infiniment plus sérieux, pour étayer un propos d'historien (si tant
est que l'historienne en question se voulût crédible).
Mais quand on constate qu'une collègue présente au même débat brandissait un opuscule de Jean-Clément Martin, chef-d'œuvre de désinformation sur la Guerre de Vendée, qui fait disparaître purement
et simplement la période des Colonnes infernales, pourtant fondatrice de l'identité vendéenne, il y a de quoi s'interroger sur l'opportunité d'avoir invité à cette table des intervenants aussi
malavisés.