NUIT DU 20 AU 21 JANVIER 1801

Publié le par culture

Envoyé par Georges Cadoudal en mission en Angleterre, pour chercher des subsides - les Chouans ne sont subventionnés par personne - Pierre Mercier a quitté le Morbihan le 16 janvier avec ses compagnons Picot, Philippeau, Thomas Gérard (belge), Verrin et arrive le 19 janvier du côté d'Hillion, vers Saint- Quay Portrieux. Pas de bateau anglais en vue pour les emmener à Jersey, comme convenu. Ils décident donc de repartir, le 20 au matin,  pour le Morbihan, leur mission ayant échoué.

Nous sommes le 20 janvier 1801, la nuit tombe et ils s'arrêtent dans une maison dont on peut penser que ses occupants comptaient parmi les plus sûrs relais des Chouans. Sinon pourquoi s'arrêter là précisément ? Il faut se souvenir que le Consul Bonaparte a fait renforcer le tissu policier de la France, et de la Bretagne en particulier, par tout un réseau de délateurs, grassement rémunérés pour "moucharder". Par le biais des préfets, les informations remontent jusqu'au sinistre Joseph Fouché, ministre de la police.

Cinq cavaliers arrivant un soir d'hiver, une surconsommation de pain, est-ce un voisin espion, est-ce le mitron qui ont dénoncé ? Toujours est-il qu'au début de la nuit, vers 10 H,  arrivèrent à la Fontaine aux Anges, en La Motte près de Loudéac, deux gendarmes et un officier accompagnés de douze soldats de la 71 è demi-brigade de la garnison. Sur le qui-vive les Chouans se battent ; Pierre Mercier la Vendée au sabre avec le gendarme Charlopin qu'il dût estourbir puisque Pierre s'enfuit. Las, sa chemise blanche est un repère et une cible dans la nuit éclairé par une légère lumière sélène. Le gendarme Périon l'ajuste, tire et le stoppe en pleine fuite. L'autre coup de fusil sera, sans aucun doute, donné au sol. En effet, les fusils à silex de l'époque, demandaient un certain temps pour être rechargés, et un tir répété n'était pas possible. Même si Périon a récupéré le fusil de Charlopin plutôt que de recharger le sien, il n'a fait feu la seconde fois qu'à coup sûr, sur une cible immobile.

Il est 11 Heures, ce 20 janvier, tel que le montre l'acte de décès (mairie de Loudéac).

Pierre Mercier est mort, ses compagnons ont eu le temps de fuir, les gendarmes récupèrent les papiers compromettants pour les Chouans, attachent le corps du lieutenant-général de l'armée chouanne à l'arrière d'une charrette et le traînent ainsi jusqu'à Loudéac où ils vont le jeter sur le parvis de la chapelle Notre Dame des Vertus où il va rester durant trois jours avant qu'une âme compatissante, Claude Carimalo l'inhume dans le cimetière mitoyen (actuel parking). Ce cimetière étant supprimé en 1817, ses restes seront transportés en la chapelle de l'hôpital par le même Carimalo. En 1830, le roi anti-chouan sévissant, Pierre est exhumé à nouveau et après diverse pérégrinations terminera dans un grenier. En 1871, Georges de Cadoudal, neveu du Grand Georges, viendra le chercher à Loudéac pour l'inhumer, dans le mausolée de Kerléano, près de son ami Georges.

IMG 1847Seul témoin de cet épisode, la lune qui brillait faiblement.

Pour un autre homme, la nuit du 20 au 21 janvier, celle de l'année 1793, est aussi la dernière sur cette terre. Le Roi, à 2 H de l'après-midi,  a entendu  l'annonce de sa condamnation à mort dans les vingt quatre heures, le sursis de trois jours qu'il avait demandé lui étant refusé. A 6 H, il reçoit l'abbé Edgeworth de Firmont qui va l'accompagner spirituellement, à 8 H, il va faire ses adieux à sa famille. Auparavant il a soupé avec sa cuillère car on lui a retiré son couteau et sa fourchette. Les adieux seront déchirants, on s'en doute. Il va maintenant se préparer religieusement à la mort.

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