LUNDI 10 SEPTEMBRE 1792, LES PREMICES DU SOULEVEMENT

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Pontrieux_Maison_tour_Eiffel.jpgEn ce lundi 10 septembre, la révolte paysanne gronde. Pontrieux et Lannion sont investies par des milliers de paysans en sabots.

Ce ne sont pas des soldats, ils ne connaissent des armes que celles qui leur servent pour sacrifier un poulet ou un lapin. Ils ne savent pas "servir" un cerf et encore moins un homme, fut-il leur adversaire le plus farouche.

Au premier coup de fusil des Gardes Nationales, c'est la débandade d'autant que tous ces gens ne peuvent se permettre d'aller en prison ; ils ont des responsabilités, des familles à nourrir, des champs à cultiver.

Ils se révoltent parce qu'ils ont appris que le Roi est emprisonné et que la guerre ayant été déclarée à des pays qu'ils ne connaissent pas, il va falloir qu'ils subissent le tirage au sort pour être enrôlés et aller se battre dans des contrées dont ils ne savent pas très bien où elles se situent. Ce n'est pas par manque de connaissance de la géographie mais en dehors de leur "Bro Erec" tout le reste est superflu, ne les concerne pas, ne les intéresse pas. Leur manière de penser se limite, justement, à cela.

Que les parisiens se débrouillent avec un état de fait qu'ils ont créé.

D'où la répartie d'un meneur de ces paysans: « Nous ne donnerons pas un soldat à la Nation. Nous ne connaissons que le Roi et il est prisonnier en ce moment. Que les citoyens marchent à la frontière, nous ne sommes pas citoyens. Nous descendrons avec nos armes dans la ville ou bien on dissoudra la garde nationale. Vous avez emprisonné plusieurs de nos camarades, rendez-les-nous. Rendez-nous nos prêtres ! ».

En ce 10 septembre la Bretagne bouge et Elle n'est qu'au début de ses souffrances. Il  manque aux paysans des chefs, non des meneurs qui ne manquent pas, mais des hommes de guerre ; d'ici peu, ils iront chercher chez eux des nobles, restés au pays et proches de leurs populations. Ainsi pourront être menées de vraies actions guerrières.

Mais en ce 10 septembre 1792 une grande partie de la population, surtout dans les villes bretonnes, n'a pas encore saisi les enjeux des effets pervers de la Révolution qui vient de se mettre en branle. Les villes ne sachant pas trop ce qui se passe à Paris et aux alentours sont encore soucieuses de légalité. Elles ne comprennent pas que le bon sens paysan perçoit les dangers qui pointent.

Pour le moment, les paysans - terme noble pour désigner ceux qui vivent au pays- outre le refus du tirage au sort ne veulent que peu de choses: le désarmement des Gardes Nationales et la libération des prêtres réfractaires emprisonnés sur lesquels plane, depuis le décret du 26 août une menace de mort immédiate.

Les paysans feront peu de victimes, ils ne sont armés que de faux emmanchés à l'envers, de faucilles et autres outils agricoles ; contre des fusils, ce n'est pas suffisamment efficace. Certains pourront fuir, d'autres seront faits prisonniers et parmi eux beaucoup finiront sous le couperet de la guillotine, 14 à Fougères.

Ce ne sont que les simples prémices des évènements à venir.

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