LIZIO, 1792, un prêtre martyr.

Publié le par culture

Nous sommes à la fin août 1792 (pas 1793 !).

L'abbé Pierre-Marie Jamet est resté ferme dans sa fidélité à l'Eglise et n'a donc pas prêté le serment schismatique.

Malgré les persécutions, les trahisons, les menaces de mort, il ne put se résigner à laisser sans pasteur les âmes dont il avait la charge. Comme beaucoup de ses confrères. Il exerce son ministère caché à Sérent, Lizio et les villages de cette partie du Morbihan. Il se cachait non pour échapper à la mort mais pour rester, le plus longtemps possible, utile à ses fidèles.

Au village de Kesmodé, la femme qui le cachait lui dit un jour, en déposant les fagots qui masquaient sa cache :"Monsieur Jamet, vous êtes mal caché ; vous serez pris" et l'abbé lui répondit : " S'ils me prennent Dieu me prendra ensuite ".

A la fin août 1792, il apprend que des soldats arrivent et se dirigent vers sa retraite. Il fuit par la porte du jardin et entre dans un champ appelé les Chevrons. Des paysans y coupent le blé noir :" Prenez une faucille, vite, placez-vous au bout du sillon !" "Non, répond l'abbé fuyant toujours, non " car il craignait de les compromettre et ainsi de causer leur mort.

Le matin même, une jeune domestique avait payé de sa tête la remarque de la présence des soldats. En les voyant, elle avait crié " Les pourceaux sont dans nos choux !" et les soldats s'étaient jetés sur elle et lui avaient brisé la tête avec la crosse de leurs fusils. Monsieur Jamet l'avait appris.

Croix-JAMET_monument_en_pierre.JPGFuyant le champ de blé noir, l'abbé Jamet s'apprête à ouvrir une barrière qui le sépare d'un chemin creux.

De l'autre côté, cachés dans les buissons,  il aperçoit les soldats qui le recherchent, leurs fusils braqués sur lui.

Alors, lentement, l'abbé Pierre-Marie Jamet fait son signe de croix et tombe, criblé de balles.

Nous sommes en 1792 et ce n'est pas encore ce que l'on appelera La Grande Terreur ; c'est un fait divers ordinaire.

Croix-Jamet.jpgSon corps restera long-temps là avant que de pieux fidèles viennent l'ensevelir sous des châtaigniers et passent la nuit en prière.

Il faudra attendre le 14 septembre 1890 pour que soit érigée cette croix, à l'emplacement de son martyre.

L'abbé Jamet présente la particularité d'avoir été élu maire en 1790. 

Peut-être a-t-il été la victime, outre son état de prêtre, et réfractaire en plus, des tensions avec les ultras révolutionnaires ?

Il avait reçu du procureur-syndic de Ploërmel une admonestation : "Vous vous êtes établi le suppôt du fanatisme et de l'aristocratie !" ; l'abbé Jamet répondit simplement : " Ma non-prestation du Serment ne m'a pas rendu mauvais citoyen".

Proposé pour la béatification au Vatican le 17 novembre 1928, sa cause ainsi que celle de 23 autres prêtres et religieux n'eut aucune suite.

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thizy 01/09/2011 06:59


bonjour

combien de victimes au nom de l homme et de la liberte

cordialement