JEAN-BAPTISTE CARRIER, fin de carrière.......

Publié le par culture

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Carrier a essayé de se défendre, bien qu'indéfendable, même s'il a exécuté les ordres de la Convention.

J'ai trouvé cette petite note, curieuse, dans le fond Delmas aux Archives départementales du Cantal, à Aurillac et en ai respecté l'orthographe.


-« Je me plains d'avoir été mal écouté, interrompu, ces nombreux murmures en font autorité ».

-Plusieurs voix « c'est faux » !

-« Je ne me plains point de la Convention, mais il y a des murmures et lorsque un accusé parle on ne doit pas perdre une seule de ses paroles ».

Il revient à sa défense, il annonce que le lendemain de son arrivée à Nantes, ses collègues Hentz et Prieur de la Côte d’Or, vinrent le trouver et l'engager à se mettre à la tête de l'armée de l'Ouest pour finir la guerre de la Vendée. Il arriva à Nantes le 8 octobre(*). Dès le cinq le Comité Révolutionnaire de Nantes, avait des exécuteurs et des ordres. C'est le 10 du même mois qu'il partit, d'après les ordres du Comité de Salut Public, pour se rendre à l'armée. Il n’en revint à Nantes que plus d’un mois après. Il accuse le Comité Révolutionnaire d'avoir à son insu et sans sa participation pris toutes les mesures extraordinaires qu'on lui reproche et surtout d'avoir donné l'ordre, le 15 frimaire, pour faire fusiller les brigands.

Une nouvelle preuve qu'il donne de n'avoir  trempé dans ses horreurs, c'est que "Phélippes  Tronjolly ne dirigea d'abord ses accusations que contre le comité révolutionnaire de Nantes". Il interpelle ses collègues Bourbotte et Bô de déclarer s'ils ont entendu faire la moindre plainte contre lui de la part des Nantais.

-Bô : « on a invité tous les citoyens de Nantes à porter à la commune leurs plaintes contre le Comité Révolutionnaire, aucun nous ont permis un seul mot contre  Carrier ».

-Bourbotte : « parmi les plaintes que j'ai entendues faire à Nantes des horreurs qui s'y étaient commises, jamais on ne m'a prononcé le nom de Carrier ».

-Quelques voix : « a quelle époque ? »

-Bourbotte : « il y a longtemps que Carrier était de retour dans le sein de la Convention lorsque je fus envoyé à Nantes ; c'est le 21 floréal (10 mai) que je me rendis dans cette commune ».

-Carrier : « il est donc bien constant d’après la déclaration de mes collègues, que Nantes n'avait aucun reproche à me faire. J'ai donc eu raison de me dire que ce sont les pamphlets de tous les libellistes et notamment de Héron (ils s'élèvent quelques murmures), oui de Héron, parce que j'avais demandé son expulsion des Jacobins avec celle de Tallien ; ce sont ces pamphlets qui ont provoqué contre moi toutes les persécutions et les calomnies. Oui et c'est avec le journal infâme de Héron qu'elles ont commencé. Voilà ce que les bons esprits doivent avoir toujours présent. Est-ce moi d'ailleurs qu'il l'ai ordonnée cette expulsion ? Et je le répète la persécution que j'éprouve n’a commencé qu'à l’époque où il a vomi mille  et mille horreurs contre moi ainsi que contre tous les membres les plus estimables »…

-Cambon : « contre toute la Convention » -les murmures recommencent- Cambon demande la parole, ses gestes annoncent qu'il est très animé. Il paraît vouloir déclarer de sa place, il est retenu par les membres qui l'environnent. Après quelques instants de tumulte la parole est rendue à Carrier.

Cette note, sans références, se termine ainsi et la laisse à votre réflexion.

* Vérifié aux Archives municipales de Nantes

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