IL Y A SOIXANTE ANS, EN 1952, DES TEMOINS SORTENT DE LA LOIRE

Publié le par culture

Centrale de Cheviré

La centrale électrique de Cheviré, à Nantes, n'existe plus maintenant. Elle a été démantelée à partir de 1986. Elle se situait à la droite du pont de Cheviré, au bord de la Loire. Il subsiste une vaste plate-forme à son emplacement.

Cet article n'a pas pour but de faire un cours sur les productions d'énergie mais de nous amener à un point d'Histoire qui corrobore des faits antérieurs.

Pour créer cette centrale, il fut nécessaire de réaliser des travaux d'atterrissement, c'est à dire de draguer le lit du fleuve pour remblayer les berges de l'ancienne île qui se trouvait, au XVIII ème siècle, au milieu de la Loire et qui est maintenant totalement incluse à la rive gauche du fleuve. En janvier 1952 les travaux de dragage commencèrent avec l'utilisation d'une drague-suceuse qui, à une dizaine de mètres de la surface de l'eau,  révéla très vite la présence d'éléments humains.

Comme le signale la presse de l'époque, Ouest-Matin du 4 janvier, Le Populaire de l'Ouest du 5-6 janvier 1952, la suceuse a remonté des ossements humains, des morceaux de bois de coques, des éléments de chaînes.

Ouest-Matin:"La suceuse refouleuse a mis à jour des ossements dont une dizaine de crânes. D'où proviennent-ils? Il est ardu de donner une réponse ferme. Ce qui est certain, c'est que l'on se trouve en présence de vestiges très anciens. Serait-on en présence d'ossements datant de la révolution de 1789, à l'époque où Carrier, vers 1792, délégué par le Comité de Salut Public opéra l'épuration des saboteurs de la révolution française, royalistes qui conspiraient pour renverser la jeune république ? A cette époque, les conjurés étaient noyés en Loire, soit jetés par dessus bord d'embarcations, soit précipités de ces dernières par une trappe placée dans les cales. Des fragments de bois et chaînes ont été également trouvés en même temps que les ossements. Bien entendu, c'est une hypothèse, la parole restant à la compétence des historiens".

Ouest-Matin était un journal, disparu en 1956, qui utilisait dans ses termes ceux de l'Humanité qu'il citait souvent. Ceci expliquant cela.

Le Populaire de l'Ouest 7 janv 1952-1

Le Populaire de l'Ouest:" La Loire vient-elle de livrer ses secrets historiques en restituant les tragiques reliques des "Noyades de Carrier" ? Des ossements, crânes, tibias, mâchoires ont été ramenés à la surface ainsi que des fragments de bois, des débris de chaînes. La suceuse-refouleuse travaillait à dix mètres en dessous du niveau du fleuve lorsque ces vestiges ont été ramenés. Sans vouloir jouer à l'historien, monsieur Lecoq qui dirige ce chantier de dragage, pense qu'il peut s'agir des restes des victimes de Carrier et des débris de leurs embarcations. Les savants pourraient bien confirmer cette thèse."

Sur la photo ci-jointe, une partie des ossements.

Nous reviendrons sur ce sujet dans une prochaine page.

L'article du "Populaire de l'Ouest" est nettement plus honnête que celui de Ouest-Matin ;  il est plaisant de lire, dans une de ses éditions, Ouest-Matin traiter  Ouest-France de presse réactionnaire !

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Asselbergs 09/08/2014 04:51

Pourquoi n'avez vous pas parlé de l'action de monsieur ASSELBERGS pendant la période de la seconde guerre ?

Chambretaud 29/01/2012 11:29

Bravo Noël !
Un tel document balaie les allégations de ceux qui occultent – voire nient – depuis tant d'années la réalité des Noyades de Nantes. C'est là une nouvelle démonstration de l'importance de l'image
pour préserver la mémoire des faits. Espérons que la leçon sera retenue dans l'affaire des charniers du Mans !