IL Y A 220 ANS...UN CERTAIN FRANCOIS, MENTEUR ET RENEGAT

Publié le par culture

Ce  22 mai 1792 François Gamain, serrurier du Roi, lui remet la clef du meuble qui deviendra célèbre dans quelques mois sous le nom d'armoire de fer. Il a pris la suite de son père qui occupait la même fonction pour le domaine royal de Versailles.

François Gamain a installé tous les systèmes de fermeture de Trianon, et en particulier, la serrurerie du jardin botanique et du logement de son jardinier en chef, Richard, dont il aurait épousé la fille.

C'est lui qui a appris l'art de la serrurerie à Louis XVI, les fermetures à secret, le grand art des fermetures efficaces et belles, art de la beauté auquel, par culture, le Roi est déjà prédisposé. Mais la suite des évènements va révéler la vraie personnalité de François , un profiteur doublé d'un trouillard qui n'hésitera pas à trahir son bienfaiteur, pour garder sa place dans la société, ses prébendes, sa carrière. Un renégat en quelque sorte.

Lorsque le siège de la Monarchie s'est déplacé de Versailles aux Tuileries, Gamain a suivi la Cour. Par ses compétences reconnues, Louis XVI lui confiera la réalisation de l'armoire appelée à devenir célèbre. Les secrets de sa réalisation et de son accès sont entre deux personnes, le Roi et lui-même. La révélation de l'existence de cette armoire et son accès ne pourront donc se faire que par trahison.

Il est bon d'insister sur le fait qu'à Versailles la complicité des deux hommes est totale au grand déplaisir des membres de la Cour, à tel point que l'Intendant Thierry de Ville d'Avray osera cette remarque à  son souverain:" Quand le roi s'empare des ouvrages du peuple, c'est le peuple qui s'empare des ouvrages du Roi".

La chute du Monarque va se passer dans deux mois et demi. François Gamain va révéler l'existence de cette cache le 20 novembre à un fidèlede Roland, ministre Girondin de l'Intérieur,  qui se hâte d'aller la constater aux Tuileries. Gamain lui ouvrira la porte, dissimulée dans le décor de la pièce, avec  la clé qu'il avait conservée. Est-on absolument certains, en l'absence de témoins assermentés, de la qualité des papiers qui y auraient été découverts ? Il a toujours été dit que Roland avait dissimulé et détruit un certain nombre de lettres mettant en cause ses amis Girondins, sans doute pour leur esprit belliqueux à l'endroit de l'Autriche. Pourquoi n'en aurait-il pas ajouté ?

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En avril 1794, François Gamain, qui depuis la chute de la monarchie a perdu son gagne-pain, se tourne vers la Convention afin d'obtenir une pension. C'est le curé défroqué de Falleron (Vendée) Musset qui défend sa cause. Il accuse Louis XVI d'avoir tenté de l'empoisonner avec un verre de vin que le souverain lui avait offert pour le rafraîchir après son travail.

Une autre version qu'il donnera serait que c'est Marie-Antoinette, elle-même, qui lui aurait apporté du vin et un morceau de brioche. Le vin l'aurait rendu malade et arrivé chez lui il aurait donné la brioche à son chien qui en aurait crevé subitement !

Le Gamain obtiendra, le 27 avril 1794, une rente de 1200 livres pour prix de sa trahison et de son mensonge, la Convention l'indemnisant de la tentative d'empoisonnement par le Tyran. Malgré l'avis émis par un médecin de l'époque l'ayant examiné aux moments des faits et qui n'avait trouvé aucune trace d'empoisonnement (ce qui, de plus, n'était pas dans les moeurs de Louis XVI).

Si Judass'est pendu peu après sa trahison, Gamain ne jouira que quelques mois du prix de son larcin ; il mourra le 8 mai 1795.

Toujours est-il que la découverte, dans cette armoire,  de papiers mettant en cause la probité de Mirabeau sera à l'origine de sa dépanthéonisation.

Ce qui est très curieux dans la déclaration de Gamain à Roland c'est la mention qu'il fait de la création de cette cache"avant la fuite du roi" hors l'évasion manquée de Louis XVI et des siens date de juin 1791, l'armoire de fer a donc été "inaugurée" le 22 mai 1791, le Roi ayant voulu, comme tout chef d'Etat, mettre en sûreté des documents qu'il aurait retrouvés à son retour aux Tuileries. Ce qui démontre bien que, s'évadant de Paris, le Roi comptait bien revenir, sinon pourquoi cacher des papiers compromettants, même dans une armoire invisible ?

Comme aurait pu le dire Louis Jouvet : "Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c'est bizarre!".

 

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Sol de Grisolles 31/05/2012 16:10

Cela fait un François menteur de plus !