GUERANDE, 19-20 MARS 1793, IL Y A 220 ANS EXACTEMENT...

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Les Révoltés, qui ne sont pas encore appelés "Chouans" sont réunis, au nombre de trois à quatre mille, autour du moulin de Crémeur*, dit le moulin du Diable mais aussi dans la chapelle Saint Michel et alentours. La chapelle Saint Michel fut autrefois l'église paroissiale de Guérande ; elle en a perdu le bénéfice au profit de l'église Saint Aubin. Les Révoltés sont là pour manifester leur refus de la conscription, de la chasse aux "Bons prêtres" et surtout de l'augmentation inconsidérée des impôts qui touche de plein fouet leurs revenus, devenus depuis les débuts de la Révolution, leurs maigres revenus.

Sous les ordres de François Guérif de Lanouan, qui a pris deux canons aux Bleus, a été du nombre des Membres de l'Association Bretonne du marquis de La Rouërie, la ville est investie le 19 mars 1793 grâce, il faut le souligner, à l'aide des1-GUERANDE (22)

 Gardes Nationales (ou gardes nationaux) qui ont ouvert l'accès de la porte de Saillé. Le premier geste des "rebelles" est de brûler les papiers de l'administration républicaine afin de soustraire les noms des hommes en âge d'être requis mais aussi ceux qui seraient frappés par les nouveaux impôts. En effet, les paludiers depuis le Traité d'Union de la Bretagne à la France, en 1532, ont des droits héréditaires, inaliénables, qui ont été supprimés par les nouvelles lois de la République.
1-GUERANDE--6-.jpgL'autre chef est Thomas de Caradeuc qui va occuper la ville pendant douze jours ; celle-ci deviendra la capitale du "Royaume de Guérande" Gwenn Ran en Breton (le Pays Blanc) qui n'a rien à voir avec une option politique mais fait référence au blanc du sel, principale source de richesse de ce pays breton.
Dans la foulée, la poussée des Révooltés se fait vers Le Croisic dont la municipalité émet un vote favorable à la reddition. David de Drézigné accepte d'être élu procureur Syndic (maire) de la commune devenue libre ; un engagement qui va lui coûter cher.
Pendant douze jours, douze jours seulement, Guérande, Le Pouliguen, la presqu'île du Croisic avec Batz sur mer, vont retrouver une atmosphère paisible.
*Le moulin de Crémeur porte aussi le nom de Moulin du diable. Ce moulin aurait été, il y a très longtemps, dans un vallon, à l'abri, donc, du vent. Le meunier se désespérait car il n'avait pas de grains à moudre. Un individu se présenta un jour et lui proposa de déplacer son moulin en un meilleur site, en échange de l'âme de son futur nouveau-né. En détresse, le meunier accepta : le contrat prévoyait que l'accord serait annulé s'il manquait une pierre avant que le coq ait chanté. La meunière fit avouer à son mari les termes du contrat. Avant le bout de la nuit, elle pris des braises dans la cheminée et mit le feu à une meule de paille. La lumière réveilla le vieux coq qui se mit à chanter, réveillant ses congénères qui menèrent un joyeux sabbat. Il manquait une pierre au moulin , le contrat fut donc annulé à la grande fureur du diable.Le fils du meunier garda son âme, le meunier put travailler et cela fit une belle histoire ; est-ce une légende ou une histoire vraie ? Il manque toujours une pierre dans le moulin de Trémeur.
Dans La Revue de Juin, l'excellent Josick Lancien, président de la Société des amis de Guérande, nous signera un article sur la Révolution à Guérande. On doit à Josick Lancien la pose d'une plaque à la mémoire du Formidable guérandais que fut Louis-Charles de Sol de Grisolles, lieutenant de Georges Cadoudal.1-IMG_1271_edited.JPG

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