DIMANCHE 20 JANVIER 1793, IL Y A 220 ANS...

Publié le par culture

20 janvier 1793, Décret relatif à la condamnation de Louis XVI:

La Convention nationale déclare Louis XVI, dernier roi des Français, coupable de conspiration contre la liberté de la Nation et d'attentat contre la sûreté générale de l'Etat.

La Convention nationale décrète que Louis XVI subira la peine de mort.

La Convention nationale décrète nul l'acte de Louis XVI apporté à la barre par ses conseils, qualifié d'appel à la nation du jugement contre lui rendu par la Convention ; défend à qui que ce soit d'y donner aucune suite à peine d'être poursuivi et puni comme coupable d'attentat contre la sûreté générale de la république.

Le Conseil exécutif provisoire notifiera le présent décret dans le jour à Louis XVI et prendra les mesures de police et de sûreté nécessaires pour en assurer l'exécution dans les vingt quatre heures, à compter de la notification et rendra compte du tout à la Convention nationale immédiatement après qu'il aura été exécuté.

Ce sont ces décrets qui ont été lus à Louis XVI, dans sa prison, par Garat.

Suite à la demande faite par Louis XVI, par écrit, dans la lettre remise à Garat:

20 janvier 1793: Décret concernant Louis XVI.

Sur proposition d'un de ses membres, la Convention nationale autorise le Conseil exécutif provisoire à satisfaire aux demandes de Louis, à l'exception du délai sur lequel elle passe à l'ordre du jour.

Autorise pareillement le Conseil à répondre à Louis que la Nation française, aussi grande dans sa bienfaisance que rigoureuse dans sa justice, prendra soin de sa famille et lui assurera un sort convenable. (quel cynisme quant on pense à la façon dont, par la suite, la Famille royale, dont les enfants,  va être traitée !)

Sur la proposition du ministre de la justice, l'Assemblée décrète encore que pendant le temps que Louis communiquera avec sa famille, ou avec les ministres du culte qu'il appellera près de sa personne, les surveillants de la Commune se retireront dans la pièce voisine.

Les municipaux, ne veulent pas laisser Louis XVI et sa famille, selon les ordres de la Commune, sans surveillance ; le ministre cède aux factieux: la rencontre du Roi et de sa famille aura lieu, dans la salle à manger dont une des cloisons est équipée de vitrages. Garat, Ministre de la justice, obtient quand même que la porte reste fermée !

Le même Garat a trouvé l'abbé Edgeworth de Firmont, prêtre réfractaire qui se cache au Séminaire des Missions étrangères, rue du Bac. Il avait quitté son abri, chez les Lézardière (dont un membre,  clerc,  a été exterminé aux Carmes le 2 septembre 1792) pour se rapprocher du Roi, Monsieur de Malesherbes, à l'instigation de Madame Elisabeth, lui ayant passé un premier message du voeu de Louis XVI de l'avoir pour confesseur en sa prison.

Garat amène donc l'abbé au Temple, puis le présente à Louis XVI. Leur entretien dure peu car le Roi a l'autorisation de voir, une dernière fois, sa famille, pour les adieux définitifs.

derniere-entrevue-du-roi_20.jpgOn peut imaginer le déchirement de cette séparation, entre un père et sa femme et ses enfants qui ne se sont plus vus depuis un mois, eux qui étaient toujours ensemble ; on sait  que ce fut le premier couple royal autant "famille".

Les larmes, les plaintes, qui n'émeuvent personne chez les municipaux de garde derrière leurs vitres, durent un peu moins de deux heures. Le Roi, encourage encore son fils "si par hasard il avait le malheur de régner, de ne jamais chercher à le venger".

La Famille arrivée à 8 h 30, la séparation définitive sur cette terre, a lieu à 10 h 15.

Le coeur lourd, le Roi va s'occuper de son avenir dans l'autre monde en passant une heure et demie avec l'abbé Edgeworth de Firmont.

En l'abbé naquit une idée audacieuse, puisqu'il n'avait pas voulu amener la Présence Réelle par la crainte d'une fouille éventuelle (qui eut lieu, jusqu'à sa tabatière !) et d'une possible profanation. Pourquoi ne pas célébrer la messe ?

Et le voilà parti, à la réunion du Conseil de la Commune faire sa demande qui, à sa stupéfaction, fut accordée. De vieux restes de culture religieuse restant en ces âmes persécutrices, les ornements sacerdotaux, les vases sacrés, le vin, les hosties furent trouvés auprès d'un prêtre constitutionnel charitable en l'église des Capucins du Marais (maintenant disparue). Les ornements existent toujours, nous les verrons dans La Revue de juin du SCB.

Quelques dernières oraisons, Cléry assiste le Roi pour son coucher. Il lui demande de le réveiller à 5 heures ; il était une heure du matin. Cléry s'installa sur une chaise, au chevet du Roi, laissant son lit à l'abbé Edgeworth de Firmont.

Pendant ce temps, la Convention continue à conduire son rouleau compresseur :

20 janvier 1793:

-Décret relatif à la discussion sur la famille de Louis XVI.

-Décret relatif aux individus attachés à la personne de Louis XVI.

-Décret portant que le corps de Louis XVI sera inhumé dans le lieu ordinaire des inhumations de la section dans l'étendue de  laquelle il  sera mis à mort.(cimetière de La Madeleine)

Il y a 220 ans, le Roi de France passe sa dernière nuit.

Demain, sur ce Blog, les régicides de l'Ouest !

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