CONTRE-REVOLUTION DANS LE VELAY

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SAINT-HOSTIEN-II.JPGPrès de Saint Hostien, entre Le Puy en Velay et Yssingeaux, dans la Haute Loire, le camp du Pertuis a été dressé pour les vingt à trente mille hommes rassemblés là par le comte François-Dominique Cavey de La Mothe en août 1795.

Ces hommes sont de farouches partisans de la monarchie, après qu'ils aient cru en les belles promesses des débuts de la Révolution.

Mais les belles promesses ont laissé  la place à la persécution de leurs bons prêtres qui étaient leur soutien et leur secours. Cela ils n'ont pas pu le supporter d'autant que, comme dans l'Ouest, cette persécution s'ajoutait aux autres vexations ainsi qu'à la conscription obligatoire qui ne concernait pas les bourgeois révolutionnaires.

Le camp du Pertuis, plateau glacé par les vents et la froidure, est la terreur des Bleus. De belles opérations réalisées par ces résistants à l'ordre établi assurent une relative sérénité dans cette région du Velay et inspire une grande crainte aux révolutionnaires du Puy en Velay. Dans les accrochages décrits par un témoin, il est fréquent de voir les Bleus se débander au moindres clameurs des catholiques.

La messe est célébrée chaque jour en plein air.

Si, au début, cette immense troupe fut plutôt désorganisée, très vite le comte de La Mothe y mit bon ordre et ordonna l'organisation en vraie armée organisée, ses membres étant soumis à un sévère entraînement. Ils devinrent des soldats répartis en compagnies, bataillons, régiments, commandés par des colonels, des capitaines, des lieutenants, une vraie armée organisée avec ses services et ses astreintes.

Après quelques faits d'arme significatifs, la Révolution envoya de forts contingents pour mater définitivement cette révolte. Mais sans aucun succès.

A l'approche de l'hiver, fin 1796, le comte de La Mothe licencia son armée car le calme régnait, les Bleus se tenant tranquilles dans la ville du Puy. Avec une petite troupe de fidèles aguerris il continua son oeuvre de délivrance de prisonniers, de justicier envers les exactions de quelques Bleus, délivrant les captifs, barrant la route aux soldats en patrouille, aux représentants en mission, protégeant les prêtres réfractaires dans leur apostolat.

C'est au cours d'une de ces missions qu'il fut dénoncé par un nommé Enjolras, prêtre apostat. Arrêté à La Narce il fut emprisonné au Puy le 17 avril 1797. Pendant près de six mois, il fut interrogé et enfin jugé. Les juges ne savaient pas trop qui était ce François Gendre, son nom d'emprunt ; mais de fortes suspicions pesaient sur lui.

Le jury l'acquitta ; il fut cependant maintenu en prison.

Comme le marquis de Surville - autre chef de la Contre Révolution (l'équivalent de Charette dans l'Ouest) - projetait de le délivrer, cela se sut.

On mit la prison en état d'alerte.

La garde fut envoyée dans la cellule du prisonnier et le cribla de coups de baïonnettes. Ainsi finit la vie glorieuse du général-comte de La Mothe, le 5 octobre 1797. Il avait moins de quarante ans.

Le concierge de la prison, Giraud - encore un prêtre apostat - nota sur le registre de la prison du Puy:" Le nommé général Lamothe a cessé de vivre ce jourd'hui 14 vendémiaire an IV de la République vers 9 heures du soir. Il a été enterré vingt quatre heures après son décès".

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thizy 06/10/2011 17:23


tres bien de rappeler les faits

cordialement