CONNAITRE LE PASSE POUR MIEUX VIVRE LE PRESENT

Publié le par culture

 

   Nous nous autorisons, comme tout bon rameur qui tourne le dos à son objectif et doit se retourner de temps en temps pour vérifier qu'il tient bon son cap, ce petit coup d'œil sur l'environnement de nos amis Chouans du XVIII ème siècle ; ce petit mot sera repris sous une forme différente dans La Revue de juin 2011 du Souvenir Chouan de Bretagne.

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Isaac Le Chapelier, avocat au Parlement de Rennes, député patriote –on dirait de gauche maintenant- est le père de la loi qui porte son nom votée le 14 juin 1791 ; cette loi proscrit et interdit les corporations, les manufactures et jusqu'aux collectivités agricoles, sylvestres ou de la pêche au nom "de la liberté de chaque personne d'exercer le métier de son choix" ; une belle utopie révolutionnaire dont on retrouve  de multiples exemples dans notre monde contemporain (et ce n'est pas fini pour l'Avenir !)

Dans notre province bretonne, cette loi sera une catastrophe car elle va déréguler totalement le fonctionnement de la société. Cela paraît étrange mais pas vraiment car cette loi a été funeste jusque dans les forêts où travaillaient les corporations de sylviculteurs, charpentiers, tonneliers, savetiers, récoltants de tannin ;  le tanin est tiré de l'écorce des chênes. Le tannin manque, les peaux ne sont plus tannées et pourrissent d'où la raréfaction des chaussures, havresacs et autres ceinturons. Toute une population agricole et forestière que l'on va retrouver se soulevant contre ce pouvoir jacobin (successeur du Club breton) qui "pond" des lois incompréhensibles comme d'autres des 35 H.

Une loi idéologique pour casser un système de société qui avait des défauts bien sûr mais qui fonctionnait à la satisfaction presque générale (il suffit pour cela de lire quelques Cahiers de Doléances), une loi basée sur la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen pour assurer l'enrichissement des citoyens et de la Nation !

Une loi utopique pour des Bobos rêveurs. Une loi utopique qui va amener le soulèvement de la province et la sanglante répression terroriste.

Et, effectivement, les villes importantes ou assez importantes ne bougent pas, le soulèvement vient bien des habitants des campagnes et des forêts qui vont vers la ville clamer leur mécontentement et prendront les armes.

Le Chapelier est mort d'un accident du travail : il a été guillotiné le 24 avril 1794.

Le même jour que Monsieur de Malesherbes qui fut tué pour avoir été l'avocat du Roi.

Cette loi imbécile (entr'autres dont la liste serait impressionnante) permettra de réprimer dans le sang quelques révoltes de syndicats privés -donc illégaux- et ne sera abrogée qu'en 1864 et définitivement en 1884 qui verra la légalisation des syndicats interdits.

Mais cela n'empêchera pas le surréalisme de certaines situations comme celle publiée dans le journal Ouest-France (dont le siège est à Rennes ville domiciliaire de Le Chapelier):

Le syndicat CGT des personnels de la CGT se plaint de mal-être et de souffrance au travail "la multiplication des arrêts maladie, des demandes de mutation, de démissions etc.." (que cache le: etc…? ) et parle même de "déni de reconnaissance et d'entrave à l'activité syndicale". Une délégation syndicale (CGT) a été reçue par la direction de la CGT dont Bernard Thibault le"patron". Ouest- France, N° 20156 du mardi 7 décembre 2010, page 3.

Alors, si même les dirigeants syndicaux font du Le Chapelier... Ô tempora !!

 

 

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