CARRIER Jean-Baptiste, dans une affaire très mal engagée !

Publié le par culture

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Né à Yolet au village de Sinilhac, à quelques kilomètres d'Aurillac, dans le Cantal, baptisé le 17 mars 1756, lendemain de sa naissance, Jean-Baptiste Carrier, en ce 14 décembre 1794,  est dans la dernière trajectoire de son procès devant le Tribunal de la Convention.

Il est arrivé là, devant cette cour de ses pairs, par un malencontreux hasard.

Au départ, une affaire simple, faire le nécessaire pour le bon jugement des 94 Nantais rescapés des 132 dont il avait signé l'autorisation de l'expulsion de Nantes, demandée par le Comité Révolutionnaire Nantais, afin qu'ils soient jugés par le Tribunal Révolutionnaire à Paris  et y trouvent une juste sanction.

C'est-à-dire: la mort.

Par un de ces retournements curieux dont l'Histoire parfois raffole, les accusés vont se retourner contre leurs accusateurs, qui, à leur tour, vont se retourner contre le Secrétaire de la Convention qu'est devenu Carrier après son rappel, à sa demande, au siège de cette association de malfaiteurs. Et ils vont le charger comme le fait, depuis quelques temps le pamphlétaire François Héron, membre du redoutable Comité de Sûreté Générale et qui a, lui-aussi, du sang plein les mains.

Certainement déstabilisé par l'accumulation de mauvaise foi et de mensonges de ses anciens affidés qu'il a nourris et enrichis, au détriment des bourgeois nantais (dont on oublie un peu trop facilement qu'ils furent les laudateurs de la Révolution et de l'anéantissement de la noblesse locale) il se retrouve rapidement sur le banc des accusés, avec ses anciens partenaires de massacres qui, tous, l'accablent.

Il y a un an, jour pour jour, il faisait fusiller 159 personnes sans jugement et lui, se retrouve devant une cour de justice - à peu près normale, très à peu près normale - depuis le 27 novembre (aucune de ses victimes n'a jamais eu droit au moindre jugement) pour rendre compte de sa gestion nantaise de la Révolution. L'occasion, à peu de frais, pour la Convention et son Comité de Salut Public de se refaire une virginité...à ses dépens.

Et rien n'est pire qu'une assemblée d'assassins qui juge un des siens. Ne l'a-t-on pas vu récemment où, à Nuremberg, les Soviétiques responsables des pires assassinats par meurtres, camps de la mort ou famine étaient les juges de leurs commensaux nazis ?

On verra le résultat de ce ""jugement"" (il mérite bien deux paires de guillemets) où cette crapule sera condamnée à expier sous le regard guilleret de Fouché, Barère et autres Chateauneuf-Randon.

Sur la quarantaine d'assassins en chef, ils seront trois à payer: lui, Pinard et Moreau dit Grandmaison. Goullin et Chaux, faisant pourtant partie des pires, passeront à travers les gouttes de sang de la guillotine. Aucune sanction ne sera prononcée contre les noirs et métis haïtiens de la section des américains de la compagnie Marat.

Nous suivrons, sur une prochaine page, ce procès très curieux.

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