IL Y A 220 ANS, 6 AOÛT 1792, LE COMPTE A REBOURS...

Publié le par culture

En ce 6 août 1792  l'atmosphère de complot contre la monarchie royale se fait de plus en plus pesante et les proches du roi sentent bien combien il est désarçonné.  Il ne peut s'appuyer que sur la Reine, en se souvenant du mot de Mirabeau:"Le Roi n'a qu'un homme: sa femme".

Ses frères ont fui, de bonne heure, le royaume de France, une grande partie de la Noblesse s'est réfugiée à l'étranger où elle complote et fait de la résistance de façon stupide. A part ses fidèles Gardes suisses il n'est même pas certain d'être bien protégé en cas d'agression extérieure. La menace est palpable, le tocsin sonne régulièrement, les roulements de tambours résonnent, la chaleur qui s'est abattue sur Paris excite les poissardes et autres harpies ; la même chaleur pousse les hommes à consommer plus de boissons alcoolisées que de coutume.

Il ne faut pas oublier que les meneurs, dont font partie Danton, Marat et Robespierre, par leurs diatribes et autres complots appuyés par des libelles d'une rare violence contre la Royauté pourrissent le climat déjà fort empoisonné.

Il restait un espoir qui hélas s'envole. Les caisses de la liste civile sont vides pourtant le duc du Chatelet met à la disposition de Louis XVI 1 million de Livres qui pourraient servir à conclure l'achat du château de Gaillon, dans l'Eure, où il pourrait se réfugier avec sa famille, ses quelques fidèles et les Gardes suisses. Les pourparlers sont bien avancés et l'émissaire envoyé est revenu avec l'accord de la municipalité de cette ville sise entre Paris et Rouen. Le départ se ferait le 8 ou le 9 août.

Hélas, Louis XVI va utiliser cette somme pour une autre tentative: par l'intermédiaire de Santerre, Pétion et Lacroix acheter les meneurs du coup d'Etat en préparation. Cette tentative sera réduite à néant par l'appât du gain des trois vénaux entremetteurs sollicités qui détourneront cette somme.

Le 3 août, 47 des 48 sections parisiennes ont lancé le projet de la déchéance du Roi. Mais cela ne peut être prononcé que par décision de l'Assemblée Législative.

Le 6 août, Gensonné, député du parti des Girondins, sachant qu'à ce jour la majorité des députés est hostile à la déchéance propose à l'Assemblée la suspension du Roi. Cette manoeuvre aurait pour but de rallier la majorité des députés Girondins, respecterait la Constitution et éviterait la vacance du pouvoir ; il suffirait ensuite d'un appel au peuple pour former une Convention Nationale. Mais si le parti des Girondins semble être le plus fort, il n'a pas, à lui seul, la majorité à l'Assemblée. Or les sectionnaires ont posé un ultimatum : si l'Assemblée ne dépose pas le Roi par un décret avant le 9 août à onze heures du soir, ce sera le coup de force et l'émeute.

Gensonné n'a pas assez de temps pour convaincre la majorité de l'Assemblée de suivre son projet.

D'autre part Pétion, Maire de Paris, n'a pas une attitude très honnête, c'est le moins que l'on puisse dire ; déjà lors de l'assaut contre les Tuileries le 20 juin, il est arrivé en fin de journée assurant le Roi de sa sécurité, il a laissé faire, sinon fourni, l'armement des sections révolutionnaires en donnant l'impression de l'ignorer. Une vraie conduite de faux-jeton ! Elle ne lui portera pas chance dans un avenir assez proche.

Le compte à rebours du Coup d'Etat, commencé il y a plusieurs mois, s'accélère, le Roi ne présage pas que lui et les siens n'ont plus que quelques petites heures avant leur arrestation.

 

 

 

 

 

 

 

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