APPLICATION DE L'ARTICLE X DES DROITS DE L'HOMME......

Publié le par culture

A bord du négrier "Les Deux Associés", le chanoine Pierre-Marie d'Arfeuille, en ce 8 août 1794, vient de rendre son âme à Dieu, après près d'un an de souffrances physique et, sans auncun doute, psychique, quelqu'ait été sa foi. Originaire de Felletin, il était chanoine de la cathédrale de Reims. Il n'avait que 44 ans. Né en 1750, il avait refusé de prêter le Serment à le constitution et tenté de fuir vers la Suisse ; arrêté dans le Doubs il avait été emprisonné sur le navire négrier. Il mourut après quinze mois d'un véritable calvaire. Il fut inhumé (plutôt jeté dans un trou) à l'Ile d'Aix.

Ce même 8 août est fatal à l'abbé Antoine Boissonnade, curé de Camboulazet diocèse de Rodez. Il décède à l'hôpital Saint André de Bordeaux, usé,  malgré ses 45 ans, par les pitoyables conditions de la détention.

8 août 1794 toujours, décès à l'âge de 45 ans,  du Père Pierre Deschamps, capucin, à bord du négrier "Les Deux Associés", inhumé à l'Ile Madame il venait de Rouen ; son frère Michel, capucin lui-aussi, âgé de 42 ans, décèdera deux mois après, le 9 octobre, sur le même bateau et sera inhumé sur l'Ile Madame.

Toujours sur le même bateau, ce même jour, l'abbé Mathurin Jonchade, curé de Limoges, âgé de 37 ans, inhumé à l'Ile Madame.

8 août 1794, à l'hôpital Saint André de Bordeaux, décède l'abbé Jean-François Lafage vicaire à Rodez. Il était âgé de 42 ans. Demain, le 9, ce sera au tour de son voisin, l'abbé Jean-Pierre Lafon, curé de Pont de Salars dans le diocèse de Rodez, à lâge de 49 ans.

Et puis l'abbé François Lebreton, 57 ans, chanoine de la cathédrale d'Orléans, qui décède au petit séminaire de Bordeaux

"Les Deux Associés est le bateau négrier dont le nom revient le plus souvent, bien plus que le nom de l'autre, le "Washington". Il faut dire que les conditions bestiales sont particulièrement laissées à l'appréciation de gardes-chiourme qui se conduisent comme de vrais sadiques, prenant un plaisir malsain à humilier et rabaisser leurs pauvres prisonniers, totalement laissés à la disposition de leur malfaisance, affamés, pratiquemment nus, enfumés dès le matin par des brûlis de goudron, particulièrement toxiques, à titre prophylaxique..paraît-il.

Le commandant de ce mouroir est le capitaine Laly, qui applique les ordres de la Convention: "faire mourir ces hommes, sans bruit".

Tout le monde se félicite de la fin de la Terreur avec la chute de Robespierre. Leurre rime avec Terreur car si on adoucit à partir de juillet les conditions de détention - considérons le nombre des morts de ce jour - cette théorie est totalement ridicule.

En ce jour, le chanoine Charles Serre de Farsat, 58 ans, de Limoges n'a pas le temps d'apprécier cette embellie de ses conditions d'emprisonnement, il repose à l'Ile Madame

Demain, le 9, ce sera au tour de l'abbé Jonathas Larcher, 52 ans, curé du diocèse de Rouen.

Et il y a ceux qui meurent loin de chez eux et de leurs paroissiens, là bas, en Guyane.

Et il y a des imbéciles, ou ignares ou honteux ou foncièrement de mauvaise foi, qui osent encore nier la motivation anti-religieuse de la Révolution ?

Ah! s'il s'était agi de clergé protestant, que ne nous reprocherait-on pas encore cette Barthélémy (il n'y a pas de saints chez les calvinistes et autres luthériens).


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