"ça chauffe à l'Assemblée !".....Il y a 220 ans !

Publié le par culture

Robespierre_Maximilien_Inverse.jpg VergniaudUn grand nombre de parisiens battant le pavé devant les assemblées nationale ou sénatoriale devraient bien adhérer au Souvenir Chouan de Bretagne, pour -apprendre leur Histoire et s'imprégner de sa seconde devise:

Connaître le Passé,

C'est mieux vivre le Présent

Et préparer l'Avenir.

Ce qui se passe à l'heure actuelle, le mépris pour le peuple souverain n'est jamais qu'une reprise, un "remake" du scénario d'il y a 220 ans. Nous le relirons dans La Revue de juin: la condamnation à mort de Louis XVI n'a pas bénéficié d'un appel au peuple. Barère a  "désarticulé" l'argument,(comme sur un autre plan le fait actuellement le conglomérat ministériel actuel arguant de propositions de campagne présidentielle) en rappelant que "le (peuple) souverain avait délégué sa souveraineté (à la Convention)". Nouveau Barère, le vallseur reprend des arguments vieux de 220 ans !

Mais en cette mi-avril 1793 le temps se gâte à la Convention. Les Girondins ont joué aux apprentis sorciers ; ils vont s'apercevoir rapidement qu'ils ont perdu : ils vont le payer très cher.

Tout a commencé avec la création du Tribunal révolutionnaire, le 10 mars dernier. Son rôle est de "purger" la France des ennemis de la révolution. Vergniaud s'y était opposé en ces termes: "on nous propose de décréter l'établissement d'une Inquisition mille fois plus redoutable que celle de Venise ! Nous mourrons plutôt que d'y consentir !".

Robespierre veut de la rapidité:" C'est avec la lenteur des Anciens parlements que le Tribunal révolutionnaire procède. Il s'est entortillé de chicanes pour juger des crimes dont le germe doit être étouffé en vingt quatre heures. Quant il s'agit du salut de la Patrie, la lenteur des jugements équivaut à l'impunité !"

Pourtant, ce Tribunal ne laissera pas le souvenir d'avoir péché par lenteur ou indulgence ; ceux qui l'ont créé utiliseront les arguties de la coalition européenne contre la France (la faute à qui ?) et les soulèvements de 60 départements sur 85, Jules (Michelet) utilisant le terme de poignard planté dans le dos des jeunes armées républicaines.

Vergniaud, le député le plus éloquent des Girondins, déclare à la tribune de la Convention : " Robespierre nous accuse d'être devenus tout à coup des modérés, des Feuillants. Nous, modérés ! Je ne l'étais pas le 10 août, Robespierre, lorsque tu étais caché dans ta cave ! Des modérés ! Non je ne le suis pas dans ce sens que je veuille éteindre l'énergie nationale.Si, sous prétexte de révolution il faut, pour être patriote, se déclarer le protecteur du meurtre et du brigandage, alors je suis modéré !"

Le Tribunal révolutionnaire a pour vocation de juger tous ceux qui sont suspects de porter atteinte à "la Liberté, l'Egalité, l'Unité, l'Indivisibilité de la république ou de comploter pour rétablir la royauté". Ce qui fait beaucoup de monde ! Robespierre, à la tribune de la Convention rappelle que "Le Tribunal révolutionnaire ne connaît qu'une sorte de délit : la haute trahison ; il n'applique qu'une seule peine : la mort."

Vergniaud, qui doit commencer à perdre la foi en la révolution qu'il a prêchée :"On cherche à consommer la révolution par la terreur ; j'aurais voulu la consommer par l'amour !".

A son tour Marat prend la parole pour justifier le Tribunal révolutionnaire :" C'est par la violence que doit s'établir la liberté et le moment est venu d'organiser momentanément le despotisme de la liberté pour écraser le despotisme des rois !"

Vergniaud: "Donnez un verre de sang à ce cannibale : il a soif !"

Attaqué par les Girondins Marat le haineux, porte-parole des sans-culottes responsable en grande partie des Massacres de septembre, est mis en accusation devant le Tribunal révolutionnaire. Il va se cacher après l'intervention du député Buzot qui a déclaré : "Quant à Marat, je le pense et je le déclare, la majorité de Paris applaudira au décret qui chassera cet homme impur du sanctuaire de la liberté ; dans nos départements, on bénira le jour où vous aurez délivré l'espèce humaine d'un homme qui la déshonore." Quant à Lecointe il en rajoute une couche :"Je vous dénonce un homme qui ne cesse de tapisser les murs de ses déclarations incendiaires. Un homme en état de démence !"

Voilà quelques jours passés dans une assemblée de la Convention :" ça chauffe !". Ce sont des pages de la fondation des valeurs républicaines !

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