6 Mai, le début de la fin...

Publié le par culture

En effet, détail oublié, dans l'enchaînement des faits qui vont amener la France à une très longue période de désordres, c'est un certain 6 mai que tout a commencé.

Nous sommes en 1789, le brave Louis XVI a convoqué les Etats Généraux afin d'étudier un nouveau système fiscal pour renflouer les caisses du royaume presque vides après la coûteuse, mais victorieuse,  Guerre aux Amériques.

La dette est importante, énorme même pour les financiers de l'époque (34% du PNB) ; ils doivent se "tordre de rire" en voyant celle de la France 220 ans après : 87% du PNB !

La pauvreté est importante et la dette pèse sur ceux qui travaillent (à peu près 100€ par personne ayant un revenu en 1789) (26.000 pour chaque individu en 2012).

Sortant de ses prérogatives, le Tiers se déclare, le 6 mai 1789,  Assemblée des Communes, la noblesse et le haut clergé refusant de s'associer au Tiers, ce qu'ils feront le 16 juin 1789  en se déclarant  alors Assemblée Nationale.

Mais dès septembre 1791, sous l'influence de celui qui est encore abbé, Siéyes, les conditions électorales ont été changées. Sièyes introduit le vote censitaire ; ne peuvent voter que ceux qui paient au moins trois jours d'impôt, ne sont pas journaliers ou agriculteurs, ni ouvriers. Il estime en effet qu'il faut, car pour lui le vote est une responsabilité, être un citoyen responsable, productif voire riche. Bien entendu, les femmes sont exclues.

(Imaginons le charivari si un homme de gauche tenait un tel langage actuellement ! en effet depuis la cessation d'activité de la Constituante, la chambre législative est passée majoritairement à gauche - terme relatif par rapport à maintenant.)

Pour Siéyes, le fait de participer à la gestion de l'Etat par le paiement d'un impôt, est un signe des responsabilités de participation à la souveraineté du Royaume.

Le renforcement des mesures anti-religieuses, l'affaiblissement de l'autorité et des prérogatives royales, l'isolement dans lequel "on" enferme le Roi, la poussée hors de raison des Girondins vont laisser place rapidement à une surenchère avec les ultras qui prendront rapidement le nom de Montagnards (non à cause de leur hauteur de vue mais par leur place sur les gradins).

La catastrophe est enclenchée avec l'erreur de la déclaration de guerre à l'Autriche le 24 avril 1792, le jeu des alliances intervenant le conflit va s'étendre. Là où, sous la monarchie, des conciliabules auraient calmé les tensions la France va partir pour 23 ans de guerres sanglantes (dans le seul cycle de la Révolution).

Les jeux politiques et la surenchère intervenant, Robespierre qui était jusque là contre le conflit va s'engager en sa faveur, ainsi que Danton, Saint Just, Desmoulins, Monge etc...

La folie révolutionnaire est enclenchée, et dans son sillon la répression des objections, la Terreur, les populicides, la persécution, la souffrance, les douleurs, les massacres, au nom de "Liberté, Egalité, Fraternité".

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Au début de l'ère chrétienne, le sage PLINE l'écrivait: "Quid magiis via irrepunt vitia, quam publica ?" " Le public n'est-il pas le grand chemin du vice ? ".

Cette sagesse n'est-elle pas toujours d'actualité ?

Comme en 1789 et en 1792, plus il est proposé de bonheur au peuple, même contre sa volonté, plus il est enthousiaste et plus le réveil est douloureux.

Les courageux dont notre Association salue et rappelle la mémoire et le combat contre la veulerie ne furent-ils pas eux aussi les victimes de promesses dont ils s'aperçurent très rapidement qu'elles étaient contraires à leurs convictions.

En 1792, il y a 220 ans, tout nous montre le début de la fin...

 

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