24 MAI 1871, ASSASSINATS COMMUNISTES

Publié le par culture

 

  cachot1

Il y a 140 ans exactement, l'Archevêque de Paris, Monseigneur Georges Darboy retenu comme otage depuis le 4 avril, est extrait de la cellule N° 23 de la prison  de La Grande Roquette où il est détenu ; avec lui, le séminariste Paul Seigneret, otage lui aussi.

Monseigneur Darboy avait été arrêté sur l'ordre de la Commune de Paris et enfermé d'abord à la prison de Mazas. Tous les efforts de ses amis pour le faire libérer en l'échangeant (ainsi que 73 autres otages) contre Louis-Auguste Blanqui, éternel révolu-tionnaire, détenu à la prison de Morlaix seront vains. Cet échange sera en effet refusé par Adolphe Thiers et ses versaillais ; il aurait permis de conserver la vie de 74 personnes !

Quelle responsabilité !

 

mur.jpg

 

  

Monseigneur Darboy, le chanoine Gaspard Deguerry, curé de La Madeleine, l'abbé Jean-Michel Allard aumônier des ambulances, les Pères jésuites Léon Ducoudray, Alexis Clerc, le magistrat  Louis-Bernard Bonjean, premier Président - à titre provisoire - de la Chambre de Cassation.

   

Monseigneur-Darboy-en-cellule.jpg

 

otagesfusilles.jpg

 

 Après la Commune, Monseigneur Darboy recevra des obsèques nationales ; il repose dans la cathédrale Notre Dame de Paris, dans le déambulatoire sud près de l'autel du Saint Sacrement, non loin du tombeau de Monseigneur Sibour assassiné par un prêtre devenu fou, en 1857 et pas éloigné non plus de celui de Monseigneur Affre tué sur une barricafe en juin 1848, en tentant d'amener le calme. (3 archevêques en 23 ans !)

Le chanoine Gaspard Deguerry est inhumé dans le choeur de l'église de La Madeleine.

Le séminariste  Paul Seigneret est inhumé dans la crypte de la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice à Issy  les Moulineaux, à peu de distance de la cellule de Monseigneur Darboy et du mur devant lequel eurent lieu les fusillades ; ces deux éléments de construction furent démontés lorsque la Grande Roquette fut démolie en 1900 et reconstruits dans la crypte sus-nommée. Ils constituent un lieu de recueillement.

 

Paris hotel de ville incendiéMais ce 24 mai voit aussi l'incendie de l'Hôtel de Ville de Paris par ordre de Pindy qui en est le responsable. Il sacrifie ainsi, par bêtise et vengeance, un patrimoine exceptionnel en peinture, les plafonds étaient peints par Delacroix, en mobilier de style Louis XVI, Napoléon, Louis-Philippe, en ouvrages d'art divers ; mais surtout part en fumée un élément irremplaçable: tout l'Etat Civil depuis le XVI ème siècle, entreposé là. Ce qui nous empêche de savoir exactement l'heure de l'exécution de Georges Cadoudal et sa place. Premier ? Dernier ?

Pindy arrivera à fuir, condamné à mort par contumace.

Ferré, l'incendiaire du Palais de Justice, où disparaîtra la deuxième copie de l'Etat Civil, sera fusillé en novembre 1871.

Bien que brûlé par des Révolutionnaires, alors qu'il était l'emblème de la Révolution et du contre pouvoir des Tuileries en 1792, l'Hôtel de Ville sera reconstruit à l'identique et fonctionnera à nouveau dès 1882, date à laquelle le Palais des Tuileries sera démoli. Dans la lutte des bâtiments, c'est l'Hôtel de Ville qui a gagné.

Dans la lutte pour les idées, les Révolutionnaires de 1871 n'ont guère évolué par rapport à leurs prédécesseurs de 1792-1793-1794-1848: détruire des monuments, "tuer du curé" et tous ceux qui ne pensent pas comme eux ou qui sont les représentants du pouvoir, brûler tout ce qui appartient à la culture, au savoir à la mémoire. Pauvres types !

Mais que de destructions, de massacres, de morts, de pertes irréparables !

 

 

Commenter cet article