1792, ROBESPIERRE ENCORE ORDINAIRE ET ROYALISTE

Publié le par culture

Pour l'installation du Tribunal Criminel de Paris, celui qui porte encore son nom complet (avant que dans le feu de l'action les raccourcis ne se fassent tous azimuts) Maximilien de Robespierre prend la parole en tant qu'Accusateur Publique, définissant son rôle qui ne deviendra celui d'un assassin légal que dans quelques mois:

Robespierre-1792.jpg"Sous ce rapport, on voit que le nom d’accusateur public ne caractérise pas exactement ses fonctions ; mais qu’il est plutôt le défenseur impartial des intérêts de la société, l’adversaire du crime, le défenseur de la foiblesse et de l’innocence ; car la sûreté publique, qui est la devise des magistrats dont je parle, est beaucoup plus compromise encore par l’assassinat judiciaire d’un innocent que par l’impunité d’un coupable. Il est temps enfin que cette maxime, consacrée dès long-temps dans les livres philosophiques, adoptée verbalement par ceux mêmes qui n’étoient pas philosophes, soit pratiquée par les magistrats, et réalisée dans les jugemens. Telle sera la première règle de ma conduite ; et quoique puissent dire ceux qui veulent présenter les amis du bien public et de l’humanité comme les fauteurs de désordre et de l’anarchie, je tâcherai de prouver, par mon exemple, que la haine du crime et le zèle pour l’innocence opprimée, ont une source commune dans les principes de la morale et dans le pur sentiment de la justice"

 

De petite noblesse de l'Artois, M. de Robespierre est né à Arras en 1758 ; élu aux Etats Généraux en 1789, il est arrivé à Paris pour représenter son département. Il va, le 6 mai, fêter  son 34 ème anniversaire. Avocat de formation, il accède à la magistrature ; rien ne laisse présumer de cet homme jeune assez discret à l'élocution un peu pénible mais d'un réel talent de persuasion, qu'il va devenir la Terreur personnalisée du peuple.

Certes de condition modeste, il y a en cet avocat aux cheveux poudrés (farinés ?) portant bésicles une volonté de se démarquer de son père, on le verra bien par la suite lors de ses diverses harangues politiques, en haut d'estrades, acclamé par le peuple, ce peuple dont il se réclame, peuple dont lui, le disciple de Jean-Jacques Rousseau affirme devant les Jacobins "personne ne nous a donné une plus juste idée du peuple que Rousseau, parceque personne ne l'a plus aimé".

Il aime le peuple mais ne le fréquente pas de trop près, sans doute pour éviter que son amour ne devienne contagieux ?  Il a des idées sur La Liberté mais tempérées par ce qu'en disait Voltaire "Les Français ne sont pas faits pour la Liberté, ils en abuseraient"

Dans l'air du temps, il a la bouche pleine du mot égalité, applaudie par une équipe de Bobos Nantis, favorisés par le sort ou la famille, il aime citer son ami Saint-Just:" Quand tous les hommes seront libres, ils seront égaux ; quand ils seront égaux, ils seront justes".

Déjà, des mots qui vont tuer apparaissent " le peuple français vote la liberté du monde" qui entraînera "pas de liberté pour les ennemis de la Liberté". Mais personne ne perçoit le danger sous des mots sympathiques.

Est-ce une volonté amphigourique, est-ce dans le feu verbal ? Le bonheur va coûter très cher au peuple "tant aimé", dont le non-amour pour les révolutionnaires va, en milliers de quintaux de sang, couler au pied des autels du sacrifice que seront les guillotines.

Peut-être ce curieux individu qu'était Mirabeau, le prévaricateur, aura été lucide quand il disait de lui en 1789 :" Il ira loin car il croit en tout ce qu'il dit". Le disait-il en 1 H 25 ?

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