14 FEVRIER 1793, MENSONGES, ANNEXIONS, VOLS, la routine.

Publié le par culture

C'est sous la Présidence de Jean-Jacques Bréard, Conventionnel régicide, député de la Charente-Inférieure, que s'ouvrent, depuis le 7 février 1793, les séances de la Convention. Il vota la mort de Louis XVI en ces termes: "je demande, sans craindre les reproches de mes commettants, sans craindre le jugement de la postérité qui ne peut blâmer celui qui fait son devoir, je demande la peine de mort".

En ce 14 février:

Décret qui réunit à la France la ci-devant pricipauté de Monaco et autres communes.

Article 1er: La ci-devant principauté de Monaco est réunie au territoire de la République et fait partie du département des Alpes-maritimes. La Convention nationale suspend le général Millo commandant de la place de Monaco. 

Monaco sera rebaptisé Fort Hercule.

Cela est un détail de l'histoire de la révolution. Mais il faut noter, car cela est la démonstration du double langage de l'époque tel que le démontrera en 1797 Jean-François de La Harpe, l'absolution donnée à cette invasion par Lazare Carnot. Il reprend les arguments de Danton le 31 janvier 1793:"Les limites de la France sont marquées par la nature ; nous les atteindrons des quatre coins de l'horizon: du côté du Rhin, du côté de l'Océan, du côté des Pyrénées, du côté des Alpes. Là doivent finir les bornes de notre république".

Mais Lazare Carnot ajoute ce qui se révèlera un odieux mensonge:" La révolution n'annexe pas de territoire, elle rétablit les frontières naturelles de la France. Les limites anciennes et naturelles de la France sont le Rhin, les Alpes et les Pyrénées ; il n'y a donc aucune infraction à les reprendre. Le maintien de la France dans ses frontières naturelles rassurera l'Europe, la France se contentant d'annexer les territoires situés à l'intérieur de son ancien territoire, l'Europe n'a plus à craindre la guerre que voulait la Gironde".

(La Gironde va apprendre dans peu de temps que l'on ne joue pas avec le feu et avec les fous !)

Carnot, par une tel déni, fait oublier aux générations de l'avenir que le territoire de la France, sous la magistrature du Roi, était un ensemble de provinces ou d'Etats (comme la Bretagne, Monaco ou le Comtat venaissin) qui vivaient en parfaite harmonie ; c'est ce que la révolution détruit au nom d'un pouvoir centralisateur, jacobin, irrespectueux des coutumes et langages propres à chaque région, ce qui n'entachait en rien l'union du royaume. Brisant en tous les lieux le ciment qu'était la religion, certainemant pas parfait mais certainement beaucoup moins délictueux et criminel que ce qui va être amené par les adeptes des Lumières et leurs convois criminels et funèbres. On va faire du Bolchévisme avant l'heure.

En ce 14 février, le décret de la Convention concerne aussi des territoires allemands rattachés à la Moselle ou à l'Alsace et (Article 6) la récupération  des biens qui sont devenus nationaux sous - notons l'hypocrisie - la sauvegarde de la Nation et des Lois !

Ce n'est plus la révolution, c'est la légalisation du Hold-up, de la spoliation, du mensonge et du crime. C'est ce que Chirac appelle les valeurs de la République.

Commenter cet article