14 AOÛT 1792 A LANNION

Publié le par culture

En juillet 1792 la levée en masse est décrétée.

Faible résultat.

 

 

Dans les Côtes du Nord (vieux style), devant le piètre résultat, le directoire du département ordonne, le 14 août, un tirage au sort chez les célibataires de 18 à 45 ans.

On peut se douter que la mesure fut très mal accueillie. Les habitants vivaient tranquillement dans leur pays breton et se souciaient comme d'une guigne des soucis de la Révolution  et des combats qu'elle avait provoqués aux frontières.

 

Armés de bâtons, les insurgés gagnent l'église Notre Dame de Coat-Covézou où doit se dérouler le tirage au sort, en chassent les administrateurs. Ils font de même à Penvénan et à Saint-Derrien.

Perros-Guirrec, Tréguier, Ploubazlanec ainsi que Pontrieux voient les commissaires-recruteurs chassés à coup de penbaz, rossés, les gardes nationaux, les patriotes et les volontaires étant désarmés et un peu secoués par les paysans et les marins en colère refusant le tirage.

" Nous ne donnerons pas un soldat à la Nation. Nous ne connaissons que le Roi et il est prisonnier en ce moment. Que les citoyens marchent à la frontière ! Nous ne sommes pas des citoyens. Nous descendrons avec nos armes dans la ville ou bien on dissoudra la Garde Nationale. Vous avez emprisonné plusieurs de nos camarades, rendez-les nous !"

Dix mille insurgés attaquent Lannion, ils exigent le désarmement des Gardes Nationaux et la libération des prisonniers et des prêtres réfractaires.

Aux coups de feu tirés par les paysans répond un tir nourri des Révolutionnaires qui mettent en fuite les assaillants lesquels laissent sur place blessés et morts.

Ce même 14 août, 7000 insurgés sont repoussés à Pontrieux.

Le lendemain, plus de mille patriotes venus de Morlaix et Guingamp débloquent Lannion et passent à la répression dans les paroisses révoltées.

500 Gardes Nationaux sont envoyés à Tréguier pour permettre la reprise du tirage au sort et le recrutement du nombre nécessaire de soldats.

De ces affrontements, il resterait que 1792 a été surnommée "l'année des coups de bâtons", Blavez an tiollo baz.

Soulèvement éphémère mais le signe, déjà, que la bienheureuse Révolution n'est pas acceptée.

  

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