11 JUILLET 1792, dans un village paisible............

Publié le par culture

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 "Le tocsin qui va sonner n'est pas un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la Patrie. Pour les vaincre, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée".

Ces paroles sont prononcées par Danton à la tribune de la Convention pour fulminer contre l'ennemi autrichien et accélérer la première levée en masse due à la déclaration par la Convention de la patrie en danger.

 

A mille kilomètres au sud de la capitale parisienne, le petit bourg de Saint André de Cruzières, en Ardèche, à la limite du Gard, dont le tort des habitants est d'être en pays cévenol, d'être une majorité catholique et d'être voisins du camp de Jalès où se trouvent réunis ceux "qui ne veulent pas du bonheur contre leur volonté", sous les ordres du comte de Saillans.

Si le tocsin sonne en ce 11 juillet 1792, ce n'est pas pour annoncer la patrie en danger mais le village en danger.

En effet les troupes du général d'Albignac déferlent sur le petit village et... on ne sait pas trop ce qui s'est passé car les textes sont d'une virginale pudeur. Il est seulement évoqué l'incendie généralisé du village quelques dégâts à l'église, que quatre prêtres furent massacrés dont un, l'abbé de Fabrègue avait été envoyé pour demander la paix du village à cette troupe.St-Andre-de-Cruziere-eglise.JPG

On sait seulement que le village fut reconstruit quelques années après, sans doute les habitants avaient détruit leur biens,  et laborieusement, car la population avait diminué, on ne sait trop comment (maladie, suicides ?) en grand nombre. Il fallu faire quelques petits travaux à l'église, reconstruire le clocher, la voûte et une partie des murs, travaux dus sans aucun doute à une vétusté aussi soudaine que précoce. En 1942, il fallut changer la colonne de gauche et son chapiteau " à demi renversés depuis 1792"..........

Cette croix, sauvegardée, devrait pouvoir nous raconter la vraie histoire de Saint André de Cruzières, paisible petit village des Cévennes dont la vie s'est arrêtée le 11 juillet 1792, alors que la déclaration de la patrie en danger n'était même pas connue.

Saint André la catholique a donc subi les affres d'une Terreur ordinaire, accélérée depuis les premières déclarations officielles contre l'Eglise catholique, par les élus de la Constituante, Louis XVI étant (encore) roi.

Les Cévennes vivent encore sous cette discrétion oecuméniquement correcte, au mépris de l' Histoire. Pourtant il s'y est passé la même chose que dans l'Ouest, plus tôt, aussi violemment (on ne compte pas les abbés Barbedette là-bas).

Lorsque sont évoqués les dates de reconstruction de certains édifices, églises ou château, on évoque pudiquement les Guerres de Religions - sans doute les catholiques ont détruit et souillé leurs propres édifices - ou les "excès" de la Révolution où, là encore, les mêmes masochistes s'en sont pris à leurs propres biens et personnes !

Vraiment, que les gens sont curieux !!!!!

 

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